vendredi 2 novembre 2007

2 novembre Requiem

Pour moi, ce "jour des morts" est une autre Toussaint, loin de l'image cimetierre-chrysanthèmes qu'on veut nous faire endosser.
C'est l'occasion, cependant, d'écouter quelques réquiems (un réquiem, des réquiems? Que dit l'Académie?)

Le plus beau, le plus priant, est celui de Maurice Duruflé (1902-1986), écrit en 1947. Basé sur des thèmes grégoriens, s'inspirant de la musique de la Renaissance, il est "moderne" dans ses accords subtilement douloureux, mais transfigure l'Espérance.

Le plus "païen", selon le jugement sévère de l'ineffable L. Rebatet, est celui de Gabriel Fauré, de 1887. Il a surtout beaucoup souffert des arrangements pour grand orchestre et grandes orgues, à la mode dans les églises élégantes du VII et du XVIème arrondissements de Paris, pour des enterrements mondains. C'est en réalité une oeuvre intimiste et délicate, qui va très bien avec un petit orchestre de chambre, une voix d'enfant pour le sublime Pie Jesu.

Le plus grandiose, à écouter à donf, est celui de Giuseppe Verdi, écrit pour son ami Manzoni (donné pour la 1ère fois en 1874). Après avoir écouté ce Requiem, Wagner se contente de dire… « Il vaut mieux ne rien dire ». Jalousie entre confrères! Le Dies Irae était autrefois le "jingle" d'une émission de radio : quand j'étais enfant, cette fureur orchestrale me saisissait. Longtemps, j'en ai cherché la partition, pour comprendre "comment c'était fait". C'est très bien fait, et ça produit l'effet recherché, ce qui n'est pas mal. Mais c'est à écouter comme un opéra, par comme une Messe.

Le plus connu est celui de Mozart. Il est beau, mais il est usé. On l'a trop entendu, c'est dommage. Qui me redonnera le plaisir de le ré-écouter pour la première fois?

Le plus poignant est le Requiem allemand de Johannès Brahms. Il est peu connu, rarement diffusé à la radio, et pourtant, il est vraiment beau. A la protestante, des psaumes remplacent le texte catholique traditionnel.

Le Requiem de Dvorak est celui qui m'a laissé le moins de souvenir. Il se laisse pourtant écouter.

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