jeudi 15 novembre 2007

La pyramide des besoins de Maslow

Curieux, cet acharnement à défendre des intérêts catégoriels! Ceux des autres nous paraissent des privilèges, mais les miens ne sont que justice. On touche aux stratégies de défense de chaque individu pour sa survie : on est capable de déployer une énergie considérable qui peut nous surprendre nous-même, quand un de nos intérêts "vitaux" est en jeu.

Cela a été théorisé par Maslow qui nous propose une pyramide des besoins. Les 4 premiers niveaux sont plutôt des motifs de "déficit" : leur non-satisfaction entraîne la maladie ou le mécontentement. Leur satisfaction est source de santé et permet l'émergence du motif immédiatement supérieur.

1 à la base : les besoins physiologiques (faim, soif). Ventre affamé n'a pas d'oreilles, c'est bien connu. Dans les camps, les ghettos, en Afrique, on a pu voir jusqu'où l'homme pouvait aller, juste pour pouvoir manger.

2 Le besoin de sécurité : ce n'est pas seulement la protection contre des agressions. Avoir un toit pour dormir est un besoin immédiat, primaire. Ne pas savoir où dormir ce soir peut créer des angoisses terribles.

3 Les besoins sociaux : l'homme vit de relations avec les autres. L'enfant-loup reste au stade du mammifère. La construction de la sphère relationnelle nécessite cependant une énergie qui ne peut parfois être mobilisée, soit par troubles psychiatriques, soit tout simplement, parce que les besoins 1 et 2 ne sont pas satisfaits (les SDF sont souvent seuls, et refusent qu'on s'occupe d'eux).

4 Estime, besoins du "Moi" : (voir Freud pour la définition du "moi", en gros l'ego). Montrer votre mépris à quelqu'un, humiliez-le, et vous le blessez profondémént. Nous avons besoin de reconnaissance, de sentir l'estime des autres. Dire "merci" ne coûte pas cher, et fait tellement plaisir ( c'est un message pour le MEDEF).

5 La réalisation de soi, un objectif insatiable dont la satisfaction génère des exigences toujours plus élevées.

Pour moi, lorsqu'on parle "retraite", "revenus", "privilèges", on interpelle directement le niveau 2 : besoins de sécurité. Un niveau basique qui justifie que, aussitôt, on sort les griffes. C'est comme un gâteau à se partager : si l'un a plus, je vais avoir moins, je tire d'abord, et on verra après s'il y a de quoi causer (niveau 3).
Autre façon de le dire : quand on aborde ces problèmes, on se fait chacun la représentation qu'un privilège d'un autre est injustifié, coûteux, inutile, tandis que le mien est vital.

Difficile de se comprendre dans ces conditions. Et dangereux d'affonter les forces qui peuvent être violentes sans savoir où on met les pieds. La remise en cause de la satisfaction d'un besoin peut entraîner de donner des garanties sur la réalisation future de ce besoin, qui peuvent être plus coûteuses que l'état initial.

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