lundi 3 décembre 2007

Provocation, Répression, Révolution!

C'était un des slogans de mai 68, le vademecum du gauchiste.
Maintenant, ça ressert, mais les provocations ont changé de nature.

L'autre jour, au musée de l'Architecture et du Patrimoine, j'ai été houspillé par les gardiens, des jeunes types méprisants. On se serait cru revenu à l'époque des Surgé en récré. Chaque semaine, dans le métro, je suis contrôlé au moins une fois -surtout à La Motte-Piquet, en plein ghetto-, et parfois, 3 fois de suite -entre Paris et Versailles, banlieue difficile- (il est vrai que, depuis la grève, on les voit moins, ils doivent reprendre des forces).

Quant à la Police, depuis qu'on lui a dit que le produit des contraventions servirait à l'achat de leurs équipements et à leurs primes, elle fait du stakhanovisme primaire.

"Alors, vous êtes pour les fraudeurs?" qu'il me dit à la RATP. "Vous êtes en panne? Je ne veux pas le savoir" qu'elle me dit la Police du stationnement. De toutes façons, on ne peut pas "réclamer" : il faut payer d'abord, écrire, attendre, engager des frais, etc.

Comme les radars sur les routes, pour traquer les chauffeurs. Ca ne prend que les gens qui ne sont pas du coin, et mesurent surtout l'absence de signalisation visible. Et on se glorifie de la "diminution des chauffards" par l'augmentation des revenus de ce rackett.

On met des vidéos partout : seuls ceux qui ont à cacher quelque chose sont contre, n'est-ce-pas? Donc des voyous. CQFD.

C'est le même schéma manichéen. Il y a les voyous et les honnêtes gens : l'un ou l'autre. Il n'y a pas de problème social dans les banlieues, comme il n'y a pas d'homosexuels en Iran. Ca a force de loi. Point.

Aussitôt après la provocation, la répression. En forme de provocations réitérées.
Bien motivés, tous ces gens en uniforme, surtout qu'ils ont été remontés comme des pendules par les discours martiaux de la semaine derrière.

Bientôt, ce sera une Milice. La Justice s'occupe, grâce à Mme Dati, de sauver ses emplois et ses bureaux, elle ne l'ennuiera pas avec des détails. (Quand elle s'occupe des détails, elle relaxe : la Police s'était trompé de coupables, pourtant ils avaient la tête de l'emploi). Déjà la Presse est muselée. Prochainement, il faudra faire venir en France Reporters sans Frontière et l'ACAT, mais on expulsera ces gauchistes, sûrement d'origine étrangère. A quand un Guantanamo bien français?

Enfin, viendra sans doute la Révolution qu'on nous prépare, une Révolution Nationale, bien sûr.
Il vous faudra choisir votre camp : honnêtes gens ou voyous, et vous serez voyou pour avoir traversé en dehors des clous. Vous resterez "bien-pensant" tant que vous ne serez pas tombé dans le traquenard. Un jour, vous vous révolterez contre cette "milicisation" de la Société", et vous serez devenu un voyou sans savoir comment. Un jour tout le monde sera en prison, mais la vraie liberté sera pour ceux qui seront dedans. Comme dans les hôpitaux psychiatriques où, à l'intérieur, les malades croient que les fous sont de l'autre côté du mur.

Pendant ce temps, on ne fait apparemment rien d'efficace contre les dealers, le travail au noir, la délinquance en col blanc. On laisse assassiner des jeunes filles dans le RER... On ne lutte pas contre l'insécurité, on combat le sentiment d'insécurité des honnêtes gens en asticotant et en humiliant d'autres honnêtes gens, de préférence petits retraités aux rares cheveux blancs, et on nous sort les statistiques de contredanses "a craché sur le trottoir" comme des victoires. Des Victoires sur des Récidivistes!

Au secours!

5 commentaires:

couhé a dit…

un peu désabusé peut-être, votre discours? François, ayez confiance en la France éternelle...(je sais, ca vous agace..).Une bonne guerre, un homme providentiel, et tout repart!

Couet a dit…

Une bonne guerre, non! Mais une bonne grippe aviaire, oui!
L'homme proviendentiel : on l'a. C'est un anthrax mal placé pour la France.
Pas de Tamiflu pour moi, merci.
Si Bachelot était cohérente avec son gouvernement de guignols, au lieu de fluor, elle mettrait du valium, du témesta et du bromure dans l'eau du robinet.

populiste a dit…

Nous sommes dans une société du mépris où plus personne ne respecte son voisin.
ex :
Vous allez à Paris en voiture avec une voiture immatriculée en 03 et il faut que vous démarrez en 1 milliseconde sinon vous avez droit à l'index pointé vers le haut et au coup de klaxon. il y a des jours où on a envie de s'acheter un flingue..
Pa s étonnant que les petites gens en uniforme se vengent de leur humiliation quotidienne sur le petit retraité à cheveux blancs

François a dit…

Ce matin, sur FranceInter, les journalistes s'étonnaient que, dans les banlieues, il n'y a pas que les flics qui soient détestés : mais aussi les pompiers(!), le SAMU, les journalistes eux-mêmes...
C'est grave.
Ils feraient bien d'y réfléchir, là-haut, avant de jeter des anathèmes et de l'huile sur le feu.
On a l'injustice et le désordre. Bravo!

Anonyme a dit…

On formate les cervaux. Il l'avait dir, il le fait!