dimanche 3 février 2008

Phèdre

Je ne sais pourquoi, j'ai envie de vous parler de Phèdre.
La plus belle pièce de Racine, la plus grande tragédie classique.

Etudiants, en sortant de la salle de classe, nous nous félicitions :
Le dessein en est pris, je pars, cher Théramène,
Et quitte le séjour de l'aimable Trézène.
Dans le doute mortel où je suis agité,
Je commence à rougir de mon oisiveté.

Une femme arrive, les problèmes commencent :
Cet heureux temps n'est plus. Tout a changé de face
Depuis que sur ces bords les Dieux ont envoyé
La fille de Minos et de Pasiphaé.

Avez-vous rêvé sur :
Ariane, ma soeur ! de quel amour blessée,
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !

Tremblé pour elle :
Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m'accable,
Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable.

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue,
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue


Déprimé avec elle : (diagnostic? traitement?)
Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.

Ma blessure trop vive a aussitôt saigné,
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.
J'ai conçu pour mon crime une juste terreur ;
J'ai pris la vie en haine, et ma flamme en horreur.

Elle porte au hasard ses pas irrésolus ;
Son oeil tout égaré ne nous reconnaît plus.

HIPPOLYTE en est la première victime, Théramène nous glace le sang :
Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois
Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix,
L'oeil morne maintenant et la tête baissée,
Semblaient se conformer à sa triste pensée.
Un effroyable cri, sorti du fond des flots,
Des airs en ce moment a troublé le repos ;
Et du sein de la terre une voix formidable
Répond en gémissant à ce cri redoutable.
Jusqu'au fond de nos coeurs notre sang s'est glacé ;
Des coursiers attentifs le crin s'est hérissé.
Cependant sur le dos de la plaine liquide
S'élève à gros bouillons une montagne humide ;
L'onde approche, se brise, et vomit à nos yeux,
Parmi des flots d'écume, un monstre furieux.

Et ce cri déchirant?
OEnone, qui l'eût cru ? j'avais une rivale.

M. Charles Morazé nous faisait tout un cours sur ce seul vers, peut-être le plus célèbre :
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur.

Auquel répond la dernière phrase de Phédre :
Et la mort, à mes yeux dérobant la clarté,
Rend au jour, qu'ils souillaient, toute sa pureté.

Jour-Pur/Fond-Coeur = Jour-Pureté/Mort-Yeux...

Ah, je sais pourquoi je voulais vous en parler : Phédre, mariée à Thésée (qui a abandonné sa soeur Ariane), devient amoureuse du fils de Thésée (et d'Antiope, la reine des Amazones)... Une telle situation ne peut créer que des catastrophes.
Thésée avait déjà 2 pensions alimentaires à payer...Pourvu que Carla ne parte pas avec un des fils Sarkozy... 92 200 Trézène/Seine?

1 commentaire:

Naugy a dit…

Bon anniversaire!!
peut-etre pourrais-tu t'offrir un tour d'auto tamponneuse pour fêter ça!