vendredi 18 juillet 2008

Une nouvelle période

Pour la première fois, un ami m’a dit : « je le reconnais, j’ai eu tord de voter Sarkozy ». Cet ami était militant UMP à fond, et on ne pouvait même pas en parler il y a un an, tellement il était sûr qu’il allait sauver la France.

« Même Ségolène n’aurait pas fait pire », a-t-il ajouté par dépit. Une Présidence Royal n’est pas été possible, tant elle aurait été matraquée par la presse et les télévisions, et M Sarkozy, battu, eut été dans une opposition systématique allant jusqu’à la politique du pire, dont on a vu qu’il était capable.

Il fallait lever l’hypothèque Sarkozy, soit en le virant dès le premier tour, soit en l’élisant au deuxième. Après tout, on pouvait essayer de voir ce qu’il donne, ce jeune homme qui veut faire la « rupture », le pouvoir d’achat, etc. Et Ségolène faisait un peu dinde, il faut le dire aussi .

Et bien on l’a élu, on a vu : on n’a plus qu’à le virer. La méthode passe par les députés de la Majorité, qui peuvent le pousser à la démission (rejet des projets de Loi, censure du gouvernement Fillon, etc). Il se soumettra ou il se démettra. Ou par le Conseil Constitutionnel qui peut « constater » (sans appel possible) son « incapacité à tenir ses fonctions ».

Avant de parler de « qui » peut prendre la suite, il faut poser quelques principes sur le « quoi » et le « comment », parce que sa tâche ne sera pas de repartir de 2007, mais de l’état qu’il trouvera.

D’abord, et surtout, refonder les valeurs de la République, et les faire partager. Le slogan « Liberté, Egalité, Fraternité » a perdu le sens qu’il avait au XIXème. La valeur du Travail et sa dignité, c’est autre chose que des heures sup et du bouclier fiscal. De même pour « Le service public », à considérer comme un service offert à un consommateur-client qui paie par ses impôts ce qu’il ne paye pas directement. Et non, une rente de situations pour les employés.
Solidarité, Intégration sont des mots, dont on ne nous a pas dit le sens : chacun y met ses fantasmes, et on est prêt de la déchirure musculaire dans l’application.

Je voterai pour celui qui me parlera d’abord de ses valeurs et de celles qu’il veut faire partager à ses concitoyens. Au moins on aura quelqu’un qui nous représentera dignement à l’extérieur, sans piquer des stylos ou tabotter Mme Merkel.

Ensuite, je demande qu’il aborde le problème par le bon bout, en regardant la dette (qui continue d’augmenter). Les efforts sont colossaux, et on doit avoir confiance dans l’honnêteté de son partage.

Du coté des recettes, il faut évidemment revenir sur les baisses inconsidérées faites par Chirac et Sarkozy sur l’impôt sur les revenus, en 5 ans par exemple, ce qui ne devrait pas toucher les classes moyennes. Pas amusant, mas incontournable. Avec une impartialité rigoureuse face aux lobbies.

Du côté des dépenses, inutile de chercher des consultants en RGPP : les méthodes de l’industrie ne marchent pas dans l’administration (ne serait-ce que culturellement). Il faut demander aux fonctionnaires eux-mêmes les voies et moyens d’y arriver. En les prenant dans le sens du poil, ils savent très bien faire. Et la hiérarchie doit être présente pour accompagner un changement qui est difficile en soi.
Ah, vous me direz, ce n’est pas si simple, le statut ne va pas, on n’a pas de DRH, que des services de personnel, on n’a pas de managers, que des administrateurs ! C’est vrai : changez les statuts, créez des DRH, formez des managers, et virez les autres. Accompagnons les mobilités professionnelles des administrations en surnombre vers celles qui ont des besoins. Faites des Budget Base Zéro.

Abandonnez l’idée idiote de ne pas remplacer un fonctionnaire sur 2 qui part à la retraite : ce n’est pas assez pour les services sous-encadrés, et trop pour ceux qui ont du gras. Et cette façon de voir ne permet pas de se doter des compétences indispensables.

Le chef n’est pas là pour dire « comment », mais pour donner la vision, le cap, et faire en sorte que ça devienne possible. J’aurais bien d’autres idées à faire valoir, mais ce post serait trop long.

Ce futur président aura un avantage, il aura pu voir rapidement tout ce qu’il ne fallait pas faire, du bling-bling aux annonces saugrenues (petits-juifs, Pub à la TV, manuels scolaires, cartes FN, etc).

Dans l’état actuel de décrépitude de la Gauche, il ne faut pas espérer que les « camarades » arrivent à de telles conclusions. Peut-on avoir de l’espoir dans la Majorité, alors qu’ils sont tous compromis avec la merveille qu’ils nous ont proposée ?

Je cherche un homme (ou une femme) honnête, ayant compris tout cela et donc plutôt dans la « société civile » que dans le personnel politique actuel.

7 commentaires:

Sigismond a dit…

Intéressant : pourquoi pas vous ? pouvez-vous nous donner le suite du programme ?

François a dit…

Sigismond : on voit bien que vous êtes socialiste : on vous parle de valeurs, et aussitot vous en faites une affaire de personne...

Il y aura une suite, bien sûr, car il faut mainteant reconstruire à partir du champ de ruines que va nous laisser le nabot

Sarkostique a dit…

Nabot vous avez dit? Mais est-ce que vous vous êtes regardé François?

Anonyme a dit…

C'est sûr qu'il vaut mieux du centriste non?
Du mou du mou et encore du mou!

Anonyme a dit…

Etre nabot en politique , ce n'est pas une question de taille. C'est un qualificatif qui a trait plutôt à la classe intrinsèque du bonhomme. Dans le cas de NSNB, c'est évident: il ne ressemble à rien même en se mettant des talonnettes..

Anonyme a dit…

disons simplement que la qualité s'est diluée dans la masse, et
ça on ne peut rien y faire : c'est trop tard

Anonyme a dit…

oups trompe de message