mardi 18 novembre 2008

Stock-options et parachutes dorés

Je voulais faire l'éloge de ces mécanismes.

Quoi de plus vertueux en effet que de donner une prime sous forme de stock options à des dirigeants d'entreprise, lorsque celles-ci ont fait de bonnes affaires, et que donc le cours de bourse a augmenté? D'autant plus que ce n'est pas l'entreprise qui paie les stock-options, c'est l'actionnaire, par dilution. Mais si lever ses stock options est rentable pour le détenteur, cela veut dire que l'actionnaire s'en est mis plein les poches.

Oui, mais voila, il y a eu un os : l'économie virtuelle a remplacé l'économie réelle. Et donc les cours de bourse n'ont plus reflété la valeur économique de l'entreprise, mais sa valeur instantanée dans le casino des spéculations. Le dirigeant ne dirige plus sa boite, il s'en sert pour spéculer aussi. Il est passé du monde des entrepreneurs à celui des financiers, du côté des salariés à celui des spéculateurs. Il a tout intérêt à faire du "windows dressing", de la comptabilité créative, des délocalisations (il prend le bénef, et les ASSEDIC prennent la perte).

Comment faire que cela redevienne vertueux? Sarkozy a trouvé la mauvaise solution : s'il doit y avoir des stock option, alors tout le personnel doit en bénéficier. Par exemple, une entreprise veut distribuer 20 millions d'€. Répartis sur 10 personnes dirigeantes, c'est valable. Éparpilles sur 100 000 personnes, c'est nul : 200€ par personne en moyenne, une misère, une aumône, qui ne produiront pas les effets attendus. Même Mme Lagarde (qui rit) peut comprendre cela.

Les stock options, c'est très bien pour faire monter la bulle. Quand elle a crevé, autant les supprimer. Mais rassurez-vous, ils trouveront bien autre chose. Et puis, comme on va alléger le droit des affaires....

Le problème des parachutes dorés est un peu semblable : il est bon que les dirigeants ne puissent être soumis au chantage par les actionnaires. S'ils le virent, ils paient, et cher! Ça donne aux PDG une indépendance et une liberté d'esprit qui peut être précieuse. Un peu comme, mutatis mutandis, le statut des fonctionnaires : si un préfet est viré -ce qui est son droit-, il devient hors cadre, et il ne va pas pointer à l'ANPE.( Mais il perd ses primes, et ce n'est pas rien)

Sauf que ces messieurs ont abusé. Un belge qui a passé 5 semaines à la tête d'une banque en perdition a touché 3 M€ de parachutes. Ce n'est plus de l'or, c'est du platine! Alors Sarko veut réglementer ça : un problème, une loi!

Sauf qu'en même temps, il en crée pour ses amis : les ministres virés vont retrouver automatiquement leurs sièges de députés (il n'y a plus d'intérêt à être suppléant : vous voyez Frédéric Lefebvre rendre sa place à Santini! Donc Santini va rester ministre, car tel est son bon plaisir). Et il ne supprime pas son parachute à lui : le Conseil Constitutionnel, qui sert de belles rentes viagères.

Les profiteurs du système ont tué la poule aux oeufs d'or, c'est ça la crise. M Greenspan ne pensait pas qu'ils seraient bêtes à ce point, et donc qu'il n'y aurait pas de crise. M Greenspan s'est trompé, car ceux qui ont tué la poule étaient déjà gavés, et après eux le Déluge.

Le salaire du président devrait être indexé sur le niveau de la dette : plus elle augmente, moins il reçoit. Ça le calmerait.

1 commentaire:

slobo a dit…

Enfin parfois, le parachute ne s'ouvre pas...
Ce qu'il nous faut, c'est mettre un peu d'éthique dans les affaires. Qu'un PDG gagne bien sa vie, c'est normal: il prend des responsabilités, travaille beaucoup, se donne du mal. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on a l'impression que ce PDG ne travaille pas beaucoup, ne se donne pas beaucoup de mal et surtout ne prend pas du tout ses responsabilités. Et cela en toute impunité. Je rappelle que le général Cuche a démissionné, estimant que sa responsabilité était engagée dans l'affaire de Carcassonne.
Que faire?

http://fr.youtube.com/watch?v=za8qUsCWp5Q