lundi 2 février 2009

Les Oiseaux


Vous avez peut-être vu, ou revu, les Oiseaux, d'Alfred Hitchcock, hier soir sur Direct8, la TV bien pensante de M Bolloré, qui a eu le droit de s'embarquer sur la TNT.

Tout est fait pour qu'on ait peur, mais jamais on ne nous dit pourquoi les oiseaux, de toutes espèces, se mettent à attaquer les hommes.

La tradition veut que l'arrière plan du film illustre la haine de la mère possessive contre tout jupon qui pourrait venir lui prendre son fils. Un thème hitchcockien récurrent.

Divers éléments permettent une autre lecture.

D'abord la scène célèbre, appelé "le plan de Dieu" : nous sommes très haut dans le ciel, nous voyons la ville en feu et les habitants courant en tous sens... Et puis, une mouette, puis deux, trois, passent par dessus notre tête en planant, regardant le désastre, puis se précipitant pour participer à la curée...

Ensuite, la crise de nerf de la mère de famille dans le restaurant : elle accuse Tippi Hedren d'être la cause du comportement agressif des oiseaux, car ça a commencé quand elle est arrivée à Bodega Bay. "Vous êtes le Diable!" On comprend qu'au Moyen-Age, elle aurait été immédiatement brûlée comme sorcière.

Enfin, la vieille ornithologue explique que ces oiseaux ne sont pas assez intelligents pour préméditer des méchancetés, et qu'ils ne sont que désorientés la nuit par un brouillard. La Nuit et le Brouillard"? Et pourtant, "ils observent, se rassemblent et attaquent". On peut être bête et méchant.

Aussi, je pense qu'on peut y voir une métaphore du mal qui s'abat sur le monde. Le fameux "plan de Dieu" serait plutôt "le plan du Diable". Certains en meurent, tous sont frappés. On peut vivre avec quelques corbeaux, mais pas avec des milliers. Le processus de fabrication du "bouc émissaire", typique des sociétés primitives, cher à René Girard, est particulièrement décrit.

Ceux qui fuient sont perdus, et ceux qui pensent s'en sortir en barricadant portes et fenêtres s'illusionnent : la nuit sera longue. Le salut est pour ceux qui courageusement affrontent le danger, se fraient un passage au milieu des monstres, vers la sortie que montre le soleil levant, à l'Est.

Je ne peux m'empêcher d'y voir une illustration des événements récents.

2 commentaires:

Mathilde a dit…

En tout cas j'ai vu ce film bien trop jeune, en cachette des parents, et j'ai bien été punie car j'ai eu la frousse de ma vie en rentrant du collège, en hiver, cernée par de gros corbeaux noirs...Voilà ce que c'est de ne pas écouter ses parents !
J'ai revu ce film il y a peu et j'ai trouvé que cela faisait très carton pâte... C'est bon manintenant je peux rentrer chez moi sans peur !

François a dit…

Merci Mathilde...
Oui, il faut toujours écouter ses parents!