lundi 28 septembre 2009

Violences

Le monde est violent, la société est violente, certains individus le sont.

L'Etat revendique le droit à une "violence légitime", qu'il exerce notamment par l'armée, la police, la pénitentiaire. Mais ce n'est qu'une violence "légale", qui n'est légitime que si le gouvernement qui l'exerce est lui-même légitime, et que si la mission est légitime en elle-même. Nos gouvernants actuels feraient bien d'y réfléchir. La frontière entre la démocratie et la dictature est bien mince, et la ligne jaune aisément franchissable.

Mais il y a d'autres violences que la société, et l'Etat le premier, exercent en toute impunité. Banalement, le fait qu'il soit de fait impossible de contester un PV est une violence. Faire un rempart de réglementations dissuasives pour prétendre à un droit, comme d'obtenir un papier, en est un autre. En théorie, le droit existe, mais en pratique c'est autre chose : il faut du temps et de l'argent.

Plus graves, les violences faites aux personnes en vertu du droit fondamental à la propriété, qui est inscrit en dur dans toutes nos lois, et qui vient de la trouille qu'a eue la bourgeoisie au XIXème siècle. Vous êtes propriétaire d'une usine, vous avez le droit de la fermer du jour au lendemain. Bien sûr il faut quelques papiers comptables, mais quand vous êtes un fonds de pension du Tennessee, ce n'est pas un problème. Il y a assez de consultants qui vous aideront.

Alors les ouvriers se révoltent, et on envoie des CRS. Ce qui est légal, c'est la grève. Mais elle ne sert à rien. Alors, ils occupent les locaux, kidnappent le directeur de l'usine (avec la complicité du gouvernement, je vous l'ai déjà dit). Ça ne sert à rien non plus.

On peut couper la circulation, comme les routiers. Ça ennuie tout le monde, et ça ne sert à rien.

Alors, de nouvelles formes de violences se développent : la prise en otage de la société. Vous prenez des bouteilles de gaz, et vous dites que vous allez faire sauter l'usine, le village d'à-coté peut-être aussi., et vous demandez 30 000 € par licencié. Là, ça marche! Extraordinaire... Depuis, les prix ont monté : j'entends ce matin que certains demandent 150 000€.

Il y a une variante : si l'usine possède des produits toxiques, vous menacez de les vidanger dans le ruisseau local. J'aurais plein d'idées à ce sujet, mais je ne veux pas les dire ici. Mais imaginez ce que ça pourrait donner si les conducteurs de train, les aiguilleurs du ciel, les gaziers, etc s'y mettaient... Quant aux producteurs de lait, ils ont plus fait pour leur cause en perturbant la réunion des députés UMP au Touquet qu'avec leurs images-choc.

Il y a une entreprise où le service public fonctionne bien, c'est France Télécom... Les gens se suicident... C'est avantageux pour tout le monde : le gars n'a plus d'ennuis, et le DRH réussit à diminuer les effectifs sans plan social, c'est-à-dire sans payer.

Bon, ce n'est pas drôle, mais quand les victimes de violence n'ont plus d'autres ressources pour (ne pas) se faire entendre, il ne faut pas s'étonner.

Il faut trouver d'autres formes de résistance à la violence qui soient autres que celles que j'ai résumées plus haut, qui fassent un efficace boomerang contre les décideurs, sans les faire porter sur d'autres. Vous avez des idées?

7 commentaires:

Prospectiviste a dit…

Il n'y a pas de pouvoir sans violence duce telle être légitime!
Il est assez etrane en démocratie que les citoyens, conscients des règles du jeu acceptent sauf exception ou folie punissable de quelque Goulag,se pretent au jeu qui consiste à désigner ses maîtres et ses boureaux.
Les hommes sont trouillards avant d'être courageux et ils vont chercher à se protéger en recourant à des chêfs qui jouent parfaitement le jeu en retour.Les plus éclairés de ces derniers sauront retenirleur main mais les plus habiles sauront user de toutes les armes et surtout du desespoir pour arriver à leurs fins ou pire à la destruction de ce qui les a porter au pouvoir comme dans une sorte de vertige !
A ce titre, la serie de France 2"l'Apocalypse" a su retranscrire l'impensable parcours d'Hitler.
C'est bien du côté du cerveau reptilien qu'il faut chercher les ressorts de la soumission.

Prospectiviste a dit…

Le choc est brutal : encore un suicide chez FT!
Comment est ce encore possible après tout le battage et l'hypermédiatisation de la repentance de M LOMBARD sommé de s'expliquer devant la commission du senat (les senateurs eux ne risquent pas de se suicider au travail, et ont du le convoquer par curiosité!!).
Le coup est rude pour notre homme visiblement très affecté cette fois ci par le fait de son impuissance à règler le problème d'un coup de baguette médiatique, en un soir comme l'impose la vindicte populaire et journalistique bien pensante.
Et oui, les faits sont tétus et la réalité ne se plie pas aussi facilement au desir de quelques policiers de la pensée et du yakaïsme!
Les mots ne sont rien et les discours servis inefficaces si l'on ne s'en sert que pour calmer la rumeur et non pour agir.
Il faut virer la direction rh qui se moque de tout , même de son patron.Allez M LOMBARD, un peu de courage et de panache pour terminer en beauté !Montrez qui est le vrai patron là dedans.
"En avoir ou pas"disait Hemingway

François a dit…

M Lombard ne savait pas...
M Lombard ne voulait pas savoir...
Faute d'avoir su scier à temps les 2 branches pourries que M Breton lui a léguées, il va tomber lui-aussi de son perchoir.
Ah, ils souffrent? Jamais autant que ce qu'ils ont fait subir à des milliers de gens.
Et pour quels résultats?

Prospectiviste a dit…

Nouvelle erreur de communication chez FT : un nouvel immeuble est sur le point d'être terminé.
Il est adapté pour éviter les suicides : fenetres impossibles à ouvrir et rambardes surèlevées !!
On ne corrige pas les causes mais on traite passivement les conséquences.
Les suicidaires iront se flinguer à l'extérieur et les explications tordues pourront de nouveau avoir cours.
Je suggere donc à M LOMBARD de virer la RH et la Dir Com,et de court circuiter les hierarques afin de faire du bon vieux management de terrain et de proximité et de traquer les courbeurs d'échine qui ne relayent pas l'info dans les services.
Plus facile à dire qu'à faire me dirons certains.Vrai ! mais c'est sans doute pour cela que je ne suis pas et ne serais jamais PDG de FT.

François a dit…

Mais non, Prospectiviste : les erreurs commises étaient simples, évidentes, évitables.
Ce n'est pas difficile de mal gérer. Bien gérer, écouter, entendre, c'est effectivement plus difficile.
Je ne sais pourquoi, mais c'est l'Etat, donc Sarkozy, qui choisit les PDG de ces entreprises : voyez EDF.

Prospectiviste a dit…

Ah François, et en plus je ne connais pas ce ....Sarko...
Etrange système en effet que le modele français pris entre les restes d'une organisation de type hiérarchique de droit divin, une bureaucratie digne du communisme, une dictature de classe de moins en moins élitiste mais de plus en plus clanique et dans laquelle s'y perdraient les Roux Combaluzier et autres Schindler !

Prospectiviste a dit…

François, il ne fallait pas que les nouveaux virent les gens d'expérience et les empécheurs de ne pas penser du tout !
Thierry BRETON a suivi le modèle si bien appliqué par son mentor Descarpentries, le roi de la mise en tention des organisations et du débarquement de cadres à la mode 2ieme REP !
C'est tout le problème des doctrinaires des cabinets de consultants qui suivent bravement les methodes de theoriciens qui généralisent des cas traités aux USA et qui ne servent que de matière à facturation pour les cabinets de stratégie.
Il suffit donc aux consultants de quitter le navire assez tot pour ne pas avoir à supporter les conséquences de leurs solutions.
Classique et dramatique !
Mais en attendant tous se seront gavé sur la bête !
C'est pour cela qu'il ne faut pas mettre de jeunes diplomés aux manettes et encore moins des consultants.
Ceux de chez FT devraient être traduits en justice pour mise en danger de la vie d'autruit.