vendredi 16 octobre 2009

Marie-Antoinette

Vous n'êtes pas allés à la messe aujourd'hui, bande de moldus, alors que nous sommes le 16 octobre! J'en étais sûr...

Oui, le 16 octobre 1793, la reine Marie-Antoinette fut conduite à l'échafaud, après un procès inique, où elle fit preuve d'une grandeur d'âme exemplaire. Elle mourut dignement, sous les quolibets des tricoteuses.

On en a tellement raconté sur elle, des histoires et des calomnies, qu'il est difficile de retrouver un peu de vérité. Elle était la 15ème fille de Marie-Thérèse, qui faisait des enfants comme une poule pondeuse, pour servir à sa politique : échapper à l'encerclement de la Prusse et de l'Angleterre.

La pauvre est conduite en France, à 14 ans, pour être mariée (vendue?) au dauphin de France, un brave bougre qui ne fut pas un très bon mari. On l'appelait l'Autrichienne, autant pour la dénigrer à la Cour, que pour s'opposer au renversement d'alliance.

On lui imposa l'Etiquette, de vieilles règles qui avaient perdu tout sens commun, et fut obligée de dire un mot à la comtesse du Barry, après plusieurs mois de refus, à celle que son mari et ses beaux-frères appelaient "maman Putain".

Elle fit un peu la fête, elle qui ne devint femme qu'au bout de 10 ans de mariage, et mère un an après. Elle eut néanmoins 4 enfants, l'aînée fut la psychorigide duchesse d'Angoulème après avoir épousé son cousin, le second mourut en juin 1789, le troisième le futur Louis XVII, et la petite Sophie morte en bas-âge.

On lui reprocha ses dépenses. Mais surtout son beau-frère Provence, futur Louis XVIII, n'apprécia pas la naissance du premier dauphin : elle l'éloignait du trône.

Puis il y eut l'affaire du collier. Une sombre affaire où elle n'était pour rien, qui avait pour but d'escroquer le cardinal de Rohan, mais qui lui retomba dessus : elle demanda justice au Parlement qui, par intérêt, dédouana le Rohan. La honte fut pour elle, et les libelles de caniveau se déchaînèrent contre elle.

Louis XVI était clairvoyant, et sentait les menaces gronder, mais il avait un caractère à les subir, sans les affronter. Ses frères, notamment Provence, et son cousin, le duc d'Orléans, lui savonnèrent la planche. En 1787 et 1788, l'Assemblée des notables n'aboutit à rien, alors que le budget est en déroute. En 1789, les États Généraux échappent au contrôle du Roi, la Révolution est partie, pour finir dans un bain de sang, et finalement conduire à l'absolutisme impérial.

La jeune Marie-Antoinette, mûrie par les épreuves, n'a le souci que de son mari de de ses enfants. On lui prête une liaison avec le beau Fersen, mais rien n'a jamais prouvé qu'elle a manqué à ses devoirs. Il fallait des boucs émissaires, Louis XVI pour le symbole, et elle pour le bas-peuple : ils furent emprisonnés aux Tuileries, puis après la calamiteuse fuite "à Varennes", à la prison du Temple, humiliés, traînés dans la boue, mal jugés, et finalement exécutés.

Elle n'avait sûrement pas un grand sens politique, c'était une gamine au temps de ses folies, et elle avait été élevée comme ça et pour ça : être la fille de l'Impératrice d'Autriche et devenir la reine du premier royaume d'Europe.

Devant les épreuves, elle fut grande, et fit honneur à son rang et à son sang. Elle n'a pas eu une mauvaise vie.

7 commentaires:

Slobodan a dit…

Il paraît que les avocats du barreau de Paris ne portent pas d'épitoge pour dénoncer le jugement inique de cette pauvre Marie-Antoinette. C'est bien la 1ère fois que les baveux font quelque chose de bien!!!
Vive le roi!

François a dit…

Mais mon post n'était pas royaliste!

Je voulais juste dire que bien né, sans Rolex ni études au Lycée, on pouvait avoir eu une bonne vie.

La famille Bourbon, comme celle d'Orléans, sont définitivement illégitimes en France.

Comme les familles Bonaparte et Sarközy de Nagy-Bocsa.

UMP : Marie-Antoinette a eu droit à des "baveux". Des jeunes, qui n'ont eu connaissance du dossier qu'au même moment que l'accusée, avec la promesse de suivre le même sort s'ils la défendaient trop.

Les "baveux" parisiens se moussent avec ça depuis 1814 : ils ont toujours été opportunistes.

Mathilde a dit…

Remarquable cher François. Il ne faut pas oublier non plus Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI dont la fin fut aussi exemplaire..Je pense souvent à elle en me promenant dans ce qui fut son domaine,désormais propriété du conseil général des Yvelines.
Elle, non plus, n'a pas eu une mauvaise vie.

leon a dit…

bravo à tous! ma fille est inconsolable!Etre une fille "bien" et mourir sous le couteau du Dr Guillotin....vous lui expliquez ca comment?

philippe a dit…

J'explique cela par une machination montée par les frères :. . Marie- Antoinette avait d'ailleurs elle même senti le rôle joué par cette société secrète (Le duc d'Orléans, Mirabeau, La Fayette,Necker, Cagliostro, etc, en étaient) qui a tout fait pour salir sa réputation et par la même la monarchie.

François a dit…

A Léon : consolez votre fille! Il n'y a pas de prédestination liée au prénom, et de plus je suis sûr que vous l'élevez comme il faut. Surtout mariez-la avec un jeune homme qui ait son inclination, et bien "sous tout rapport".
A Philippe : oui pour la machination, montée par ses beaux-frères Artois et Provence, et son cousin Orléans, par simple intérêt dynastique, ce qui du reste a fonctionné.
Les frères :. comme vous dites, n'avaient à l'époque rien à voir avec ceux de maintenant, et ne sont pas plus coupables en l'occurrence que les adeptes des Lumières issus du XVIIIème.
Évidemment, on peut espérer que la lumière reste sous le boisseau, mais alors elle finit par faire tout exploser. Ce n'est pas la faute de la lumière, mais du boisseau.

Duby..tatif a dit…

De l'Histoire, j'ai toujours peur de son coté...réducteur !