vendredi 6 novembre 2009

M Chirac : rendez l'argent et le reste!

C'est un peu difficile de suivre l'actualité judiciaire en ce moment.

Je vous recommande la lecture des "attendus" du procès de l'Angolagate : ils sont bien plus terribles que les résumés qu'en a donné la presse... toujours courageuse, mais pas téméraire.

Le résultat de ce procès, vous le savez, est que M Pasqua a décidé de ch... dans le ventilateur, au risque d'arroser un peu n'importe qui et n'importe quoi. Je me réjouis déjà de ces importantes contributions à l'histoire de la Vème République.

L'audace des juges est sans limite : n'ayant plus rien à perdre face aux réformes qui vont définitivement les soumettre, ils refusent d'entériner les petits arrangements de l'Exécutif.

CYRANO:

Les feuilles! ...Comme elles tombent bien!
Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que cette chute ait la grâce d'un vol!


C'est maintenant le tour de Chirac, avant peut-être une relaxe pour Villepin dans l'affaire Clearstream. Le désordre serait alors à son comble.

Mais Chirac, quand même! C'est de notoriété publique qu'il s'est toujours "goinfré", selon le mot de Mme Bachelot. Il est entré en politique pour lui, et avec son culot reconnu, a toujours utilisé l'Etat et la République pour ses petites affaires.

Son premier poste ministériel a été à l'Agriculture, il y a plus de 40 ans. Il a joué à fond la FNSEA, et lancé la PAC qui a permis d'arroser tous les paysans, d'autant plus qu'ils étaient déjà riches. La paysannerie française, et leur banque, le Crédit Agricole, ont eu leurs 40 "glorieuses", avec les sous de l'Europe dont on oublie qu'ils sont aussi les nôtres. Ensuite il ne lui a fallu qu'entretenir la flamme, en tapant le cul des vaches aux comices et au Salon de l'Agriculture, et en mangeant de la tête de veau en toutes occasions. Les voix de "la terre", celle qui sait mentir, surtout sur les feuilles d'impôt, lui ont été promises pour l'éternité.

C'est ça la méthode Chirac : acheter des voix avec du fric qui ne lui appartient pas, tout en en gardant un peu pour lui : les voix des parisiens, y compris ses faux électeurs, en renvoyant les pauvres en banlieue ; les voix des corréziens par les subventions, et en y délocalisant l'usine à fabriquer les cercueils de la mairie de Paris ; les voix de ses proches en donnant des prébendes (loyer de faveur pour de beaux appartements, voitures avec chauffeurs, tout ça comme s'il en pleuvait) ; les voix de droite en parlant "d'odeur" et les voix de gauche en causant sur la fracture sociale.

Le fric, il en trouvait : celui de l'Etat ou de la mairie de Paris, le notre donc, mais aussi celui des entreprises, d'HLM ou autres (qu'on retrouvait dans nos impôts), mais aussi celui de son ami "Trafiq" Hariri qui continue post mortem à lui offrir un bel appartement, de son ami le roi du Maroc, de ses amis les rois nègres ... J'en oublie?

Et puis les trahisons et autres coups de poignard dans le dos : Chaban en 74, VGE en 81 sont les plus célèbres. la liste serait longue. Et sans compter les ignominies : la grotte d'Ouvéa et l'affaire des otages au Liban, en 88, simples exemples bien connus.

Considéré comme "sympa", Chirac a surtout été maître dans l'art de se faire élire. Oh, pour ça, il a bien joué... mais ensuite, il restera surtout celui qui a beaucoup causé mais peu fait. Jusqu'à avoir l'idée de dissoudre en 97 : à la gauche de gouverner péniblement pendant 5 ans, de façon à arriver usée en 2002, à lui le beau rôle de roi-fainéant . Le pire est que cette stratégie de long terme a fonctionné, et que j'ai mis du temps à comprendre pourquoi il avait fait ça: pour son confort personnel.

Alors, les affaires des frais de bouche, les billets d'avion, les belles vacances à Maurice, le compte japonais, le château de Bity, le Fondation de France, les emplois fictifs, etc, ne sont que l'écume des choses. Avec "son" statut pénal et les prescriptions, et l'aide de magistrats complaisants, il a toujours réussi à sortir son épingle du jeu. Et ça durera bien encore assez longtemps pour ne pas être ennuyé avant son Alzheimer ou son prochain AVC.

Alors, qui nous rendra nos décennies de démocratie volées? Nos milliards dilapidés?

2 commentaires:

Slobodan a dit…

Vive la raie publique, vive la démocrassie!

http://www.youtube.com/watch?v=UVR4tsVoVy0

radjic a dit…

fine analyse ! comme toujours. mais il faut aller plus loin car le système est plus en cause que les hommes. La démocratie repoublicaine favorise la ploutocratie et la venue des parasites du genre Chirac et Sarkozy.