mercredi 20 janvier 2010

L'invitation au voyage

Pour vous changer de ce monde de brutes, rien de tel qu'un poème de Baudelaire, surtout celui-là!

Chantez-le, si vous pouvez, dans sa version par Henri Duparc, et appréciez ses modulations


L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

4 commentaires:

Mathilde a dit…

La poésie attire moins de commentaires...dommage.
Continuez François, cela fait du bien

François a dit…

Merci, Mathilde!
On a l'impression que certains ne cherchent qu'a pourchasser les juifs et a virer les arabes : pas d'autre centre d'interêt dans leur vie...

Fetenat a dit…

la caricature ici et la censure il y a deux jours, bravo françois ! bientôt des autodafés?

François a dit…

Oui.
Et la castration pour des gens comme toi.