samedi 19 mars 2011

Longtemps je suis allé...

Longtemps je suis allé au Salon du Livre de bonne heure. La passion me l'inspire autant que la raison : le calme et la tranquillité dans la plus grande librairie de Paris.

Aujourd'hui, j'y suis allé à l'heure de pointe, un samedi. 3 queues de 200 mètres pour entrer, en zigzags très fractals, que j'ai doublées sans complexe : les portes poussées, on s'aperçoit qu'il y a 10 caisses ouvertes, dont 7 n'ont que 4 mètres d'attente. C'est très plouc de faire la queue aux caisses, car normalement on se débrouille pour avoir des billets VIP, au pire des gratuits. Ce moment de honte est vite passé, d'autant plus que j'ai eu le ticket offert au titre des Bibliothèques de la Ville de Paris...

J'ai pu enfin assister à cet exploit mythique, dont je n'avais fait qu'entendre parler : les séances de dédicaces. Je ne vous parle pas des pathétiques auteurs de "PubliBook", version moderne de "la Pensée Universelle", autrement dit, les éditions à compte d'auteur. Un jeune Gabonnais vantait sa biographie de 338 pages et me résumait sa philosophie : si l'Afrique en est là, c'est que De Gaulle a largué les colonies comme de vieilles chaussettes, y compris l'Algérie, et que sans l'argent et le "savoir-faire" des Français, plus rien ne marche. Ah, mon bon monsieur...

Non, les "grands auteurs" des "grands éditeurs". Marc Lévy! Cabu! Jacques Chancel! Serge Moatti! En vrai, comme à la TV. Et j'ai raté Rocard (Si ça l'amuse de venir signer...) et bien d'autres. Tous entourés d'une foule compact prête à en découdre. Le stand Dargaud frôlait l'émeute, tous les gamins brandissant des BD à faire signer.

Michel Serres tenait conférence sur "la Musique", tout simplement lumineux et passionnant. Mais difficile à écouter dans le bruit et derrière le rempart des dos.

Et le clou : émission en direct de France Culture, une conférence du philosophe Raphaël Enthoven en personne! Oh le beau mec! Je me disais : je vois l'homme qui a b... la femme qui a b... l'homme qui nous a tous b...s! Ceci pensé, je ne suis pas resté... A propos de philosophe beau mec, il n'y a avait pas BHL, trop fatigué sans doute de ses passages à la TV, ou occupé à des choses avec l'ambassadeur d'Israël (car Benghasi n'a rien à voir avec Gaza).

Les plus beaux stands sont ceux des "grands" éditeurs : ils peuvent. Mais aussi celles des Conseils Régionaux, autour de leurs éditeurs locaux : ils doivent pouvoir. Certains valent le déplacement, mais j'ai fait un détour quand j'ai aperçu celui du CG de la Vendée. En fait, j'ai quand même jeté un oeil : des bio de la Duchesse de Berry, des Mémoires de "Bleus", etc.

Une exception : le stand des écrivains haïtiens, fortement subventionné je suppose, mais très beau, bien fourni, avec des conférences non stop.

Pas de stand du Mexique. Dommage.

L'ennui est qu'on en revient chargé des livres qu'on a achetés et des regrets pour ceux qu'on n'a pas achetés. C'est lourd, tout ça... Je reviendrai!

2 commentaires:

lèche-bottes a dit…

Mon Dieu qu'on vous aime !!!

marin du Léon a dit…

Ah, Michel Serres, encore un marin!