lundi 28 mars 2011

Redon Odilon

Si vous allez voir l'exposition Odilon Redon au Grand Palais, vous ne manquerez pas de vous poser des questions sur la santé mentale de ce peintre originaire de Bordeaux.

Bertrand Redon, dit Odilon Redon, est né en 1840,  a vécu sa jeunesse à Peyrelebade, près de Listrac. Épileptique, il sera voué à la Sainte-Vierge de Verdelais (près du vignoble). Tout s'explique.

"Monté sur" Paris, élève de Delacroix et de Gérôme, il rompt avec toutes les écoles pour inventer son style personnel : du noir, des "noirs", fusain ou litho qu'importe pourvu que ce soit noir.

Et son inspiration est purement onirique, fantastique, inquiétante. Baudelaire et Edgar Poe l'inspirent, comme plus tard la Tentation de saint Antoine, de Flaubert, autant de prétextes pour nous faire un oeil exorbité déguisé en montgolfière, élevant une petite tête informe, ou bien des anges déchus aux ailes noires (évidemment), ou bien des Pégase qui n'arrivent pas à décoller. Et cette tête négroïde, plantée dans un pot de fleurs, couverte d'épines, et gentiment intitulée "plante grasse".

Il l'a dit lui-même : "Tout se crée par la soumission docile à la venue de l'inconscient". Autrement, ce n'est pas la peine de fouiller plus loin.

Vous pourrez en voir là.

Plus tard, très tard, il a enfin osé la couleur. Mais c'est beaucoup mieux! Il pouvait le faire. Peut-être était-il guéri. Des beaux portraits et d'étonnants bouquets de fleurs, parfois japonisants.

Mais il reste onirique, plutôt tendance symbolisme, ce qui nous donne des contrastes de couleur , vert et rouge, bleu et jaune, tout-à-fait caractéristiques. Mais hélas, mon préféré n'est pas à l'expo : cette tête de Christ au serpent :


Il est mort fort bourgeoisement en 1916 à Paris, nous laissant des noirs, des yeux, des araignées, des monstres et des fleurs pour nous faire peur très longtemps...

1 commentaire:

leon en dit long a dit…

On en apprend des choses!
"Qui ne connait pas Odilon
restera sempiternel con
Qui ignore ce vieux Bertrand
sera toujours un ignorant"