lundi 17 décembre 2012

Minable?

Minable, vous avez dit "minable"? Comme c’est minable.

Je suis né en 1947, j’ai travaillé juste après mes études, à l’âge de 23 ans, comme  une bête, mal payé comme fonctionnaire, puis comme cadre dirigeant avec de lourdes responsabilités. J'ai fait mon service militaire, et j'ai toujours payé mes taxes et impôts quel qu’en soit le taux sous tous les gouvernements en place.

À aucun moment, je n’ai failli à mes devoirs. Les sacrifices auxquels j’ai participé témoignent de mon amour de la France et de son avenir. J'ai élevé avec ma femme 5 enfants qui font partie maintenant de l'élite de la nation.
Vous n'avez plus rien à faire de moi,  mais je continuerai à aimer les Français et ce pays  avec lequel j’ai partagé tant d’efforts. 

Je reste parce que vous considérez que maintenant je dois payer pour réparer le gâchis, les déficits  la mauvaise gestion, les fractures de ces 20 dernières années.

Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté. J'ai cotisé pour ma retraite, et on veut me faire croire que je suis à charge. Sur cette retraite, je cotise à la Sécurité Sociale et à une mutuelle, et je n'arrive plus à me faire soigner ou arracher une dent. 
Je n’ai pas à justifier les raisons de mon choix, qui sont nombreuses et intimes. Je tiens à garder mon passeport, même si vous cherchez à me le reprendre, parce que les hasards de l'histoire ont fait que je suis né loin de la mère Patrie. Tous ceux qui paient en France n’ont pas été injuriés comme je le suis
Je reste, après avoir payé, en 2012, 45% d’impôt sur mes revenus, 20% de taxes sur mes dépenses courantes, 80% pour l'essence. Tout cet argent disparaît dans un trou semble-t-il sans fond. Mais je conserve l’esprit de cette France qui était belle et qui, j’espère, le restera.

Je vous rends mon passeport périmé pour en avoir un autre, et je garde ma Sécurité sociale, qui peut quand même servir. Nous avons la même patrie, et je suis un vrai Européen, un citoyen du monde, comme mon père me l’a toujours inculqué.

Je trouve minable l’acharnement de la police contre les automobilistes, quand tant d’autres échappaient à la prison pour des faits autrement plus graves.

Je ne jette pas la pierre à tous ceux qui ont du cholestérol, de l’hypertension, du diabète ou trop d’alcool ou ceux qui s’endorment sur leur scooter ou qui pissent dans les avions : je suis un des leurs, comme vos chers médias aiment tant à le répéter.


Je n’ai jamais tué personne, je ne pense pas avoir démérité, j’ai payé  des millions d’impôts en quarante-cinq ans, je fais travailler une femme de ménage à 10%.
Je ne suis ni à plaindre ni à vanter, mais je refuse le mot "minable"

Qui êtes-vous pour me juger ainsi, je vous le demande monsieur le politicien, je vous le demande, qui êtes-vous? Malgré mes excès, mon appétit et mon amour de la vie, je suis un être libre, Monsieur, et je vais rester poli.

François

vendredi 14 décembre 2012

Saint Louis

Saint Louis, roi de France et saint devant l'Eternel parmi les plus célèbres, fait partie de notre patrimoine national, et sa vie est d'une étonnante actualité.

Il est né en 1215 dans la région parisienne, il mata les barons régionaux et voulut introduire un pouvoir juste, fondé sur la justice et la prévention des conflits par la négociation. Il interdit les jeux d'argent, le prêt à intérêt, la prostitution et punit le blasphème. Il mena des campagnes contre l'Islam, et prit des mesures contre les Juifs. Il créa ce qui devint la Cour des Comptes. Il meurt de la peste devant Tunis en 1270 et est canonisé bien vite en 1297.

Et il eut onze enfants, de sa femme Marguerite de Provence.

Tout cela fut bel et bon, presque"normal". En tout cas, grâce aux chroniques de Joinville et de Guillaume de Saint-Pathus, son histoire édifiante s'est popularisée, moins comme roi que comme un second saint François, se faisant donner la discipline, lavant les pieds des pauvres, etc. Il fit construire la Sainte-Chapelle pour y enchâsser la Couronne d’Épines et les Trois Clous de la Crucifixion, ce qui suffirait à sa gloire posthume. Ce modèle de "Sainte-Chapelle" fur repris en de nombreux endroits : (Champigny sur Veude, Riom, Logelbach, Chateaudun, etc)

Alors, évidemment, son culte se déploya partout. Il y a partout des églises et des cathédrales Saint-Louis. Au XVIIème siècle, il devient le patron de la monarchie française, et il devient une figure tant dynastique que nationale. Il est nommé Protecteur des Jésuites, il est saint patron des maçons et charpentiers, des merciers, des brodeurs-chasubliers, des coiffeurs (parce que, dit Joinville, il était "moult bien peigné"), des pêcheurs à la ligne (?), des lingères. On l'invoquait contre la surdité (l'ouie!), et contre la cécité (il a fondé l'Hôpital des Quinze-Vingt).

Il est représenté partout, d'autant plus que cela servait au prestige du roi de service. On le représente en costume royal avec des fleurs de lys, la couronne et le sceptre auxquels s'ajoutent la couronne d'épines et les 3 clous, et le modèle de la Sainte-Chapelle.

On peut notamment aller admirer le Maurice Denis de Saint-Louis de Vincennes, et surtout La piété de saint Louis pour les morts, de E Debat-Ponsan, en la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle.


On le fête bien sûr le 25 août.



mardi 20 novembre 2012

Copé-Fillon : jeu, set et match 0-0

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Figaro, un connaisseur :

Et j'avoue avoir bien ri, en voyant ceci :
(pour info, le gros lardon, derrière JF Copé, est Edouard Curtial, député de l'Oise, ancien ministre!)

Puis cela :
(Valérie Pécresse a son sourire Colgate)

Mais maintenant, après la détente, il faut réfléchir un peu. C'est quand même une mauvaise nouvelle.

Certes, en plaisantant, je disais que je souhaitais la victoire de Copé, mais comme Laval souhaitait celle de l'Allemagne : à cause des conséquences. Mais une victoire comme celle-là, c'est aussi mauvais pour la France.

Certes, Fillon ne m'a jamais paru très courageux. Je l'ai vu mollir en 1995, quand il était ministre des PTT : il se vante de la réforme qu'il y a fait, sans dire qu'elle s'est faite malgré lui et sans lui, après un joli pas de clerc. Je me souviens de sa réforme des retraites de 2003, où il a réduit en douce les retraites des mères de famille. Je me souviens surtout de celui qui pendant 5 ans a occupé la fonction de Premier Ministre, acceptant d'être réduit au rang de "collaborateur" (je parlais de Laval tout-à-l'heure, mais ça n'a pas de rapport), disant qu'il dirigeait un pays en faillite, tout en faisant voter la loi TEPA de 2007, qui allait nous couler.

Mais par rapport à Copé, il est quand même plus présentable. Copé, avocat "sur titres",  traîne déjà à 48 ans un tombereau de casseroles, de ses appartements de fonction à la piscine de M Takkiedine. Il est soutenu par ce qu'il y a de pire en politique, comme Valérie Rosso-Debord ou Nadine Morano (celle qui est fière que des soldats français soient morts "grâce à Sarkozy"). Et par Madame Boutin, qui fête ainsi sa victoire :
Joie sereine et déterminée!!!!

Et il a fait campagne -dite du pain au chocolat- sur ce qu'il y a de plus mauvais en France, avec ses relents de populisme, dans la ligne "Buisson", qui consiste à reprendre les thèmes du FN tout en disant qu'il n'en est rien. C'est "clivant", il trouve ça bien. On n'est pas homme d'Etat en "clivant". Et moi, je n'aime pas que les enfants d'immigrés viennent m'expliquer comment il convient d'être français. 

Il a fait son petit putsch dimanche soir, essayant de forcer le destin avec un manque d'élégance qu'on n'oubliera pas. Il a quand même gagné, de 98 voix, d'une victoire sans panache puisqu'il est désormais évident que les 2 camps ont bourré les urnes. Mais c'est leur problème...

Ce type est prêt à tout, y compris à faire alliance avec le FN aux municipales, sous prétexte de front anti-socialo. Fillon a parlé de fracture politique et morale, ne l'oublions pas. 

On s'achemine vers des temps troublés. Copé ne sera jamais président, en particulier parce que Fillon, qui a le génie du "coup de pied de l'âne", lui gardera un chien de sa chienne : la machine à perdre de la Droite est de nouveau en marche. Mais la Droite, bien décomplexée, prend une mauvaise direction, celle des extrêmes. La perspective d'un "dialogue républicain" s'éloigne, -à défaut d'un gouvernement d'union nationale qui serait nécessaire pour faire face à la crise.

Les français seront hélas les victimes de cette farce.

dimanche 11 novembre 2012

Merci Madame Morano

Certains de mes lecteurs ne connaissent pas twitter, ne savent s'en servir, et se privent ainsi de belles perles.

Je choisis aujourd'hui de vous présenter le tweet que Madame Morano, Nadine de son prénom, a cru bon d'envoyer aujourd'hui 11 novembre 2012 à 11h04, et qu'elle a supprimé quelques instants plus tard.


L'hommage permanent à Monsieur Sarkozy est une de ses constantes, la bêtise aussi, en prime.

Pour votre information, elle appelle les militants à voter pour Monsieur Copé. Moi aussi, mais sans doute pas pour les mêmes raisons.

mercredi 7 novembre 2012

Mais oui, mon petit.....

Tiens, je vais vous raconter une anecdote, une histoire vraie, qui m'est arrivée pour de vrai.

C'était au début du siècle. J'étais le patron des directeurs régionaux du sud-est de la France, et donc responsable d'environ 15 000 personnes, magistère plutôt relationnel qu'opérationnel, mais enfin il y avait de quoi s'occuper.

Le Président de l'époque, voulant transformer la vision des cadres d'Etat-Major par rapport aux réalités opérationnelles, proposa un programme "Noël en agences" : il s'agirait d'aller aider les agences commerciales à accueillir le surcroît de clients qu'on attendait pour les fêtes. Je fus bien sûr enthousiaste, et m'inscrivis aussitôt (à la différence de certains que je ne nommerais pas, qui estimaient cela indigne d'eux). Je fus affecté dans la boutique du Cherche-Midi, à deux pas du Bon Marché (qui est très cher) et de l'église Saint-Ignace (où vont les gens biens).

Je passais à mon bureau le matin, et de midi à 20 heures, j'allais travailler avec les 4 ou 5 personnes de cette agence. Je restais bien sûr jusqu'à la fermeture, question de principe.

Dans la pratique, ce n'est pas si facile de s'intégrer à une équipe de vente. Il faut faire attention. Ne jamais toucher à la caisse, question de respects pour leur responsabilités. Ne pas essayer de vendre, car c'est leur métier, et il ne faut pas leur laisser croire que n'importe qui peut le faire. Et puis, on n'est pas sûr de bien connaitre toutes les options et tous les prix, les promotions, les arguments.

Mais on peut se rendre utile : emballer les cadeaux, expliquer Internet à des débutants en consacrant un temps qu'ils ne pourraient dégager, accueillir et faire attendre. On finit au pire à se faire oublier, au mieux à se faire apprécier.

Et on apprend des tas de choses. Comment par exemple ils se débrouillent pour que la caisse soit exacte tous les soirs, alors qu'on leur a mis un programme d'enfer impossible à gérer. Par exemple, il faut le compte exacte des pièces de 10c, de 20c, etc. Le responsable au niveau national en était très fier. Mais dans la réalité, les gars utilisaient la mitraille de la machine à café (payante pour les clients) pour ajuster la caisse à ce que l'ordinateur croyait qu'il y avait. Pas de quoi fouetter un chat, puisqu'il s'agissait de petites sommes, mais cela montrait bien l'écart qui existe entre ce que les chefs croient savoir et ce que les personnes de terrain savent.

Donc un jour, me voila à l'aiguillage : Bonjour Madame (/Monsieur/), bienvenue dans notre agence, que puis-je pour vous? Etc.

Et voila que rapplique ce que j'appelle depuis une p... du VIIème : une dame en vison, frisottée de près, foulard Hermès et bagouses, l'allure de Mme de Grand-Air, du genre que l'on rencontre à la messe de 11h à St François-Xavier.

- Bonjour Madame, bienvenue, que puis-je pour vous?
- Je voudrais un téléphone portable....
- Si vous vous bien vous installer ici, notre spécialiste, M Marcel, va vous conseiller...

Et alors, elle me répliqua sèchement :
- Mais oui mon petit, c'est cela, allez me chercher quelqu'un de compétent!

lundi 22 octobre 2012

Edward Hopper, le misogyne ferrovipathe

Edward Hopper ne peint pas les hommes, ni les femmes.

Ceux qu'il représente sont anecdotiques ou incongrus. On ne voit pas leur visage, car ils lisent, ils regardent ailleurs. Ou alors le regard est celui d'un cheval qui s'ennuie, vide. Admirez ainsi le néant de ces personnages dans People in the sun

Il avait épousé Josephine Verstille Nivison dont on devine que c'était, comme disait Valéry, une emmerdante, emmerdeuse et emmerderesse. Il se venge en la représentant cachée (Compartiment C, voiture 93), ou bovine au soleil (Morning Sun et Morning in a city). Très méchamment, il la montre en effeuilleuse vulgaire (Girlie Show) : c'est bien elle, on la reconnait. Et voyez comment il la traite dans la soirée en bleu.

Jalouse, elle ne voulait sans doute pas qu'il prit d'autres modèles qu'elle. C'est ainsi qu'elle nous restera pour l'éternité.

La prédilection de Hopper le porte plutôt vers des paysages, mais des paysages construits, architecturés, avec des gares et des lignes de chemins de fer, des routes et des pompes à essence, des phares et des ponts. Des paysages grandioses ou bien un bout d'immeuble new-yorkais entrevu d'une fenêtre. Un quotidien banal et inquiétant, marqué toujours d'une forte verticalité, de nuit, au crépuscule ou à l'aube.

La composition est savante, les ombres sont fortes, et le sentiment de vide est total.

Prenez donc le célèbre Nighthawks : on en a froid dans le dos en regardant, comme un chercheur examinant ses cloportes dans une cage en verre, ces paumés solitaires désespérés.

Le plus beau est l'avant dernier : du soleil (froid) dans une pièce vide

Bien sûr, il a inspiré Hitchcock. On le dit, mais ça se voit évidemment. Mais aussi la BD, XIII par exemple.

L'expo est à Paris jusqu'en janvier. Et puisque la politique des Musées est toujours de gagner du fric, il y a même une apps payante. Je n'ai pas mis de photos, seulement des liens, à cause des copyrights envahissants.




mardi 9 octobre 2012

Théorème vivant, de Cédric Villani

Oh, le beau livre de Cédric Villani!

Un vrai livre, publié chez Grasset, pour le grand public, mais à ne pas mettre entre toutes les mains : si vous ne savez pas ce qu'est un nabla (  \nabla  ), ou si vous n'avez jamais entendu parler de laplacien ou d'équations aux dérivées partielles, la lecture peut vous rebuter. Mais persistez, cela en vaut la peine.

Cédric Villani est un jeune mathématicien français au look inimitable (lavallière et broche en forme d'araignée), qui a connu la célébrité médiatique -il a des dons en ce domaine- lorsqu'il a obtenu, en 2010, la médaille Fields, qu'on appelle, pour les ploucs français, le Nobel des mathématiques (Je vous expliquerai un jour pourquoi il n'y a pas de prix Nobel de maths). Il est Directeur de l'Institut Poincaré, ce qui n'est pas rien.

Vous trouverez sa photo ici.

Vous aurez du mal, sauf exception à me signaler d'urgence, à le suivre de ses travaux sur l'équation de Bolztmann à son "fameux" théorème", qu'il dévoile à la fin, sur l'amortissement "Landau", tout cela faisant d'importantes avancées en mathématiques et en physique théoriques. Car tout cela se passe essentiellement dans les plasmas, qui sont réels, et selon des équations qui ne sont pas piquées par les hannetons.

Mais ce qui est passionnant, c'est le parcours de la découverte qu'il raconte. 99% de transpiration pour 1% d'intuition, selon la règle bien connue, et une modification de l'autre règle du métier : "un mathématicien transforme du café en théorèmes", car lui carbure au thé. Des litres!

On le voit à Lyon, prof à l'ENS, puis invité à Princeton, à l'Institute for Advanced Study, où on peut croiser pas mal de génies, plus ou moins fous. Et dans des tas de villes exotiques où se tiennent des colloques, Kyoto, Prague, jusqu'à Hyderabad où on lui donne la MF tant espérée.

Il nous raconte la vie des gens qu'il a rencontrés, ou qui sont dans la légende, comme Nash, Perelman (qui a prouvé la conjecture de Poincaré, chapeau!), Weil, Kolmogorov, et bien sûr Boltztmann, Landau, Poincaré et Mittag-Leffler.

Il nous donne à lire les mails échangés à toutes les heures du jour et de la nuit avec son complice Clément Mouhot. Il a trouvé une erreur dans le petit 2 du grand III! On recommence tout...

Et en même temps, il est gentil papa. Il assiste à l'audition de violoncelle d'un gamin, les conduit à l'école le jour où "Claire" n'est pas là. Et il nous donne à lire ses poèmes préférés, et sa playlist à écouter. La nuit, il gribouille sur du papier; en buvant du thé, des formules que 10 personnes au monde peuvent comprendre...

On suit le processus de création, tout en voyant vivre un type comme tout le monde.. Enfin presque.





lundi 17 septembre 2012

Rouler à droite?

Vous l'aurez remarqué comme moi : on roule à droite, et sur l'autoroute, on double aussi à droite.

De mon temps, c'était interdit par le Code de la Route. Maintenant, c'est tellement habituel que j'en suis à me demander si on ne l'a pas modifié.

Deux raisons à cela : la généralisation des cruisers dans les voitures, et le fait qu'on n'a pas inventé de radars capables de constater ce délit. Donc, pas de machines à fabriquer des PV à la chaîne, et surtout pas de primes pour la flicaille. Conclusion, ce délit impuni est devenu la règle.

Cette initiative routière est devenue un "must", un incontournable. On double à droite.

On l'a bien vu en politique, où M Sarkozy de Nagy-Bocsa a tenté, vainement mais de peu, de doubler sur sa droite pour siphonner Marine, laissant NKM et Bachelot tout interdites, les laissant coites.

On le voit bien en religion, où il est de bon ton de dénoncer les fondamentalistes, tout en cherchant désespérément un accord avec eux pour les "ré-intégrer" (le mot est bien choisi), dans la "communauté", ce dont ils n'ont que faire.

On le voit très bien dans la vie courante. Il faut doubler à droite tous ceux que l'on rencontre. Pas un dîner sans blâmer le type "qui ne fait rien" tout en pestant contre les 20 milliards d'impôts. Justice sociale? Quelle bêtise : si on prend l'argent aux riches, où va-t-on!

Prendre l'argent des riches est de nature à les rendre hystériques, au sens propre. Ils sont en permanence en état de rage froide, se vengent sur le petit personnel pris à témoin de leur immense malheur. Bon, me direz-vous, on peut les comprendre...

Et bien, ça ne suffit pas. Il faut les doubler sur leur droite : il faut en rajouter, les plaindre, dire que avec les socialos, c'est toujours comme ça, ils commencent par dépenser de l'argent, et après ils taxent. La justice sociale, c'est comme les Droits de l'Homme pour le FN : une absurdité, une contre-vérité d'origine communiste.

Exemple de riche : la famille a fait fortune pendant la guerre en vendant de la dynamite aux Allemands, et a réussi depuis à vivre de ses rentes. Comme disait NS, "y z'ont bien le droit de profiter du produit d'une vie de labeur". Sauf que les petits-enfants n'ont jamais rien fichu. Mais c'est tellement dégueu ce qui leur arrive, c'est vrai, quoi, qu'on est invité à les plaindre de devoir aller en Belgique.

Exemple de classe moyenne : pas très riches, travaillant tous les deux. Ils ont oublié que la hausse de la TVA a été supprimée, mais râlent comme les riches, sans avoir les moyens d'aller en Belgique. L'unique objet de leur ressentiment est la hausse des impôts,  qu'on ne paie que pour encourager l'assistanat, c'est bien connu, et pour payer des fonctionnaires à ne rien faire, mais dans leur école, il manque 2 instit! Scandale.

La pensée unique est devenue de droite. De préférence réactionnaire, ultramontaine, du côté des riches, des dictateurs, des intégroïdes, des complotistes. Si vous ne doublez pas à droite, vous n'avez droit qu'à du mépris hautain. Pauvre c., salauds de pauvres....



dimanche 22 juillet 2012

Cher Maître,

Cher Maître,

Votre décès me touche, mais montre que la philosophie conserve, puisque vous êtes allé rejoindre Platon, Descartes, Kant, Bergson à l'âge vénérable de 94 ans.

Vous étiez gentil. Touchant même lorsque vous essayiez de nettoyer vos lunettes avec votre mouchoir en confessant que vos enfants avaient "mis de la confiture dessus". On ricanait, car on était des sales gosses.

Vous saviez qu'on en avait pas grand chose à faire, de votre philosophie, en Terminales. Gentiment vous nous donniez des polycop où il y avait l'essentiel de ce qu'il fallait retenir. Grâce à vous, j'ai eu le bac : un 13 inespéré en philo, qui m'a valu d'échapper à l'oral de repassage... Je les regrette ces polycop, je suis sûr qu'ils m’intéresseraient maintenant...

Vous étiez philosophe. Vous acceptiez de monter au poteau, condition sine qua non pour que les cyrards arrêtent le chahut. Vous montiez, et vous faisiez votre cours pendant que les cyrards lisaient leurs revues favorites genre "Raid", ou se délectaient avec le règlement intérieur de l'Infanterie. C'était aussi des sales gosses.

Vous étiez philosophe. Un jour, vous avez voulu faire l'appel. Tout le monde était là. Au milieu du cours, on frappe à la porte et notre camarade X (dois-je encore garder son anonymat?) entre, et va s'installer à sa place au fond. Vous avez accepté le fait, malgré la perception contradictoire de votre expérience du réel. C'était pourtant simple : le bâtiment en travaux était couvert d’échafaudages, il était facile de se glisser dans le renfoncement du mur, puis de sortir par la fenêtre pour se représenter à l'entrée.

Vous étiez philosophe. Un jour, un camarade rapporte triomphalement une boite de capotes. Pendant votre cours, il en gonfle une, jusqu’à ce qu'elle prenne une taille... disproportionnée. "M Untel, veuillez ne pas jouer au ballon pendant le cours". "Mais, Maître, ce n'est pas un ballon!". 

Vous étiez philosophe. Le prof de maths nous explique le raisonnement par récurrence, et ajoute que ça ne fait pas un pli pour les matheux, mais que les philosophes trouvaient à y redire. Sous entendu : ces tarés coupent les cheveux en 4, et ne comprennent rien. A la pause, on vous saute dessus. On apprend que, docteur en philo, vous aviez commencé par une licence de maths. Timidement, vous nous dites que, dans le temps, vous aviez écrit des choses "pas idiotes" sur le sujet. Comment retrouver "ces choses"? Maintenant, j'aimerais les lire.

Maître, vous avez distribué de la confiture à des cochons (que nous étions)! Margaritas an porcos, disaient les Grecs. J'espère cependant que vous avez été heureux.

Requiescat, cher Maître

Vive la Police Parisienne...

On commémore la rafle du Vel d'Hiv, où les Juifs, petits et grands, ont été regroupés par la Police Parisienne, sous Vichy, en 1942. Bien.


On peine à commémorer son autre exploit : avoir, sous Papon, jeté quelques dizaines de bicots dans la Seine, en 1961. Peut mieux faire.


Sous Guéant, elle met des PV, attend les petits chinois à la sortie de l'école, et re-met des PV.


Et quand elle vous jette votre dossier de renouvellement de CNI à la figure en vous disant "vous n'êtes pas français", et bien, il y a une différence de degré, pas de nature.


Voila ce que je pense de la Police de Paris et de la Préfecture de Police de Paris.


samedi 14 juillet 2012

Fausses Mémoires...


Tiens, j'ai retrouvé ce texte, écrit en 2007. Il aurait été dommage qu'il disparaisse. Toute ressemblance avec des personnes existantes est voulue.
François

Jeudi 23 novembre 17…
 Il n'en est pas trop paru, hier, au bal chez Madame, qui recevait pour ses obligés, sous le haut patronage de SM la Reine de Corrèze, à l'Opéra de Versailles, où l'on écouta de la musique agréable de M de Mozart et du chevalier Glück. Le prétexte était de lever des fonds pour l'Ordre Souverain des Chevaliers de Malte, dans sa croisade contre les Infidèles. Ce fut charmant, et le buffet de M Lenôtre restera dans les mémoires de tous les courtisans.

Cependant, les proches de Madame s'interrogeaient sur les rumeurs de disgrâce de la favorite. Depuis l'été, elle avait réussi à force de manoeuvres, à vrai dire peu habiles mais efficaces, à s'emparer de l'esprit de Madame, lui faisant accroire qu'elle était experte en finances, notamment fiscales,  en juris-prudence, et surtout en l'art de communiquer.

Elle se disait forte de fournir à Madame des entre-vues dans des gazettes illustres, comme le "Courrier du Bourbonnais", "Gala", "Potins de la Cour-Images de notre Monde", et de la faire admirer dans les étranges lucarnes, dans "Dieu merci!" sur Direct 8, ou dans "Quel veut gagner des millions?", où, disait-elle, "même un âne peut gagner 100 000 livres...".

Elle s'était depuis longtemps introduite dans la famille princière, soignant jusqu'à son dernier soupir la feue mère de Madame, avec beaucoup de dévouement, selon ses partisans, à son grand profit disaient les héritiers, en cachant sous de gros sanglots le bruit de tous les bijoux qu'elle avait subtilisés pendant la royale agonie... Il s'en trouva un cependant, dont l'esprit naïf et la courte vue étaient connus de tous, pour l'accueillir à son tour, en marque de reconnaissance! Il s'en sépara ensuite quand il constata la disparition de tableaux et de papiers illustres qu'il tenait de son grand-oncle SAR le duc de B.

Habitée par une sombre culpabilité inconsciente, Madame eut donc recours à elle pour transmettre son patrimoine illustre à son fils, M. le Prince de L, en assurant lui éviter tout frais, notamment l'insoutenable impôt sur les avoirs. Ce Prince est maintenant sous le coup d'une enquête fiscale, ce qui ne semble pas avoir ébranler la confiance absolue que Madame portait à sa favorite.

Progressant rapidement dans la maison de madame, elle tenta d'éliminer toute concurrence, fit partir un commis de la comptabilité, dont elle craignait qu'il la démasquât, et qui se riait de ses supposées compétences. Par d'adroites calomnies, elle sut convaincre Madame que seule la malveillance à l'égard de son sexe et de sa race dictait les recommandations de ses conseillers à une plus grande prudence dans l'emploi des fonds. Elle poussa l'audace jusqu'à dicter à Madame des billets à son ordre, dont elle fixait le montant, à chaque fois plus élevé! Madame, véritablement ensorcelée, croyait en signant faire preuve d'autorité, une autorité qu'elle tenait du Créateur même, et que des lois de l'Etat, par nature illégitimes, ne sauraient contrer.

M le Contrôleur des Finances lui fit des représentations orales, puis écrites, sans succès. Il fit finalement appel à la menace du Contrôleur général des Comptes, qui a obligation de signaler au Parlement en sa Cour de Justice tout fait délictueux dont il aurait connoissance. Madame se résolut enfin à demander avis à certains Conseillers d'Etat, qui l'ébranlèrent.

Elle accepta enfin de regarder les pièces jointes, dont le montant était par ailleurs bien dérisoire par rapport aux avances consenties. Les notes de restaurant ne lui semblèrent pas poser de problème, ainsi le restaurant "essayé" pour un déjeuner avec un gazetier, deux jours après celui-ci! Un ticket de caisse, et le ticket de carte bancaire du même montant et de la même heure, présentés pour un double remboursement, qu’y a-t-il de mal ? Des notes de fiacre, pour 50 livres la course dans Paris, en plus de la carte orangée, quels scrupules ! Mais, mon Dieu, le train luxueux de la favorite, en 1ère classe, cela ne pouvait se supporter plus longtemps, alors que le Prince, père de Madame, lui, voyageait en 3ème classe!!!

Voila ce qui causa sans doute la chute de la plus admirée des femmes, qualifiée de "génie", disgrâce mieux méritée mais tout aussi brutale que celle de M de Turgot. Priée de rendre la clé des appartements de travail, sans avoir le droit de venir y prendre ses affaires qui y étaient serrées, et qui lui furent portées par une femme de chambre, elle tenta de paraître avec son outrecuidance habituelle, mais ne put cacher son dépit. Elle doit assurer samedi la cérémonie de "Dieu Merci!", mais son rôle se limitera à la conduite de Madame, et devra ensuite rentrer en ses terres de Bourges, où son sort sera définitivement arrêté.

Le premier mouvement de Madame fut de l'enfermer dans un couvent pour le restant de ses jours. Sera-t-elle obligée de porter plainte auprès d'une Justice qui est celle des hommes et non celle de Dieu? Pour l'instant, elle garde un silence complet, ne voulant ajouter l'humiliation à l'inconséquence.

Le bal, où la Reine partit fort tard, même après Madame, était réussi. Toute la cour se réjouit de ce que l’assassinat, la veille, de M Pierre G., par les infidèles, n’eut pas troublé la fête, après la minute de silence que le protocole exigea. 

lundi 18 juin 2012

Corrigés du bac philo 2012

Bien intéressants ces sujets du Bac 2012! Préparés bien avant les Présidentielles, ils en sont au coeur.


"Que gagne-t-on en travaillant?"  pour les L, et «Travailler, est-ce seulement être utile ?" pour les ES.


La réponse à la première question est simple : pas grand-chose en général, surtout si c'est un vrai travail. Un travail pour lequel on se lève tôt et après lequel on se couche tard et fatigué ne rapporte pas grand chose. A peine plus que si vous avez un faux travail, c'est-à-dire si vous êtes fonctionnaire (précisez : sauf les profs, pour ne pas irriter le correcteur), ou roumaine à la porte des boulangeries.


Une erreur serait de disserter sur le thème :" on travaille pour gagner sa vie". D'abord parce qu'on peut la perdre, lorsqu'on est pris dans des délires managériaux commandés par des financiers irresponsables. La souffrance au travail est une réalité, et peut conduire au suicide. Ensuite parce qu'on ne la gagne pas. Le SMIC est à peine plus élevé que le seuil de pauvreté, et il est bien connu que l'on ne peut faire vivre une famille, surtout en Région Parisienne, avec 2 SMIC.


Autre erreur : "on travaille pour s'accomplir, se réaliser". Si on travaille pour ça, c'est qu'on a un faux travail, et rien d'autre à faire. On travaille un peu pour avoir du fric, et surtout pour créer de la valeur pour les actionnaires de l'entreprise. Si vous ne comprenez pas cela, il vous est inutile de poursuivre des études. Ne demandez jamais d'augmentation à votre patron, vous détruiriez de la valeur pour l'actionnaire, et le patron perdrait sa prime.


"Arbeit macht frei" : cette fine allusion peut plaire aux 18% de la population nostalgique d'un ancien temps, qui croient que nombreux sont ceux qui partagent leurs "valeurs". Néanmoins, la probabilité que le correcteur en fasse partie est faible, soyez donc prudent.


N'oubliez pas non plus de dire qu'en travaillant plus, vous gagnerez plus, notamment le droit de payer des impôts. Ceci est vrai dans certaines limites, car au delà d'une très grosse somme, il est prouvé qu'on paie moins d'impôts. 


Certains ont fait le calcul inverse : "que gagne-t-on en ne travaillant pas?" Et bien, parfois beaucoup. On peut, parait-il, s'enrichir en dormant. Ou en faisant des visites à des vieilles dames. 


Pour la deuxième question, c'est plus subtil encore : on présuppose que le travail, c'est être utile, et ce point mérite une discussion préalable. J'en connais trop qui pensent travailler  et ne font que gêner les autres. Leur utilité sociale est négative, et il faudra bien des années pour réparer le mal qu'ils peuvent faire en 5 ans.


Certains peuvent croire qu'ils sont utiles, alors que leur travail est vain. Il ne faut pas leur dire, au risque de mettre en péril leur équilibre psychologique.


Alors, admettons que travailler c'est être utile. Y a-t-il autre chose de plus? Et bien non! Et s'il y en a, il faut supprimer ça tout de suite. Si vous ne savez pas faire, faites appel à des consultants qui vous diront comment supprimer les pauses tabac ou pipi dans le temps de travail. Toute inattention, distraction, réflexion, au travail est un abus de biens sociaux, punissables comme tels. 


L'inutilité est une perte de temps, et le temps c'est de l'argent. CQFD.




Serez-vous plus inspiré par «Toute croyance est-elle contraire à la raison ?». A moi, Auguste Comte et Petit Père Combes! Quel sujet stupide et indigne! 


Oui, il y a des croyances stupides, comme le créationnisme. Non, toutes les croyances ne sont pas stupides. Elles sont des signes de ce qu'il reste à découvrir. 


Le monde est plus grand que nous. Le réduire à la seule raison est se priver de ses merveilles. Car


 "La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles"


"Serions-nous plus libres sans l'Etat ?», voila ce que quoi ont planché les S. La réponse philosophique est non, mais en pratique cela dépend de l'Etat, surtout lorsqu'il est mis au service d'ambitions personnelles. Nous serions plus libre si certain ministre de l'Intérieur ne s'amusait pas à lire nos mails et écouter nos conversations téléphoniques, et à nous ficher systématiquement, allant jusqu'à créer un "fichier des citoyens honnêtes".


Ou encore  «Avons-nous le devoir de chercher la vérité ?"  : la réponse est oui, mais ça peut être dangereux.


Encore en ES : «Peut-il exister des désirs naturels ?». Ne pas confondre "désir" et "besoin", au risque de commettre une regrettable confusion. 


Tout ce qui est dans la nature est naturel par définition, alors pourquoi parle-t-on de désir "contre-nature"? Nous sommes mis au défi de trouver un désir naturel! Je n'ai sans doute pas bien compris la question...
Le sujet me parait bien chaud pour de jeunes bacheliers. Seul saura répondre peut-être le doyen des candidats, âgé de 84 ans...
 

jeudi 17 mai 2012

L'ascension de NS

Il vient en effet de s'envoler pour Marrakech, invité par on ne sait qui, pour on ne sait combien de temps.

La cité sainte de Marrakech (malgré le grand nombre de personnes d'apparence musulmane) sera donc à NS ce que l'Irlande fut au général De Gaulle, le lieu idéal pour une méditation sur l'ingratitude des peuples et les vanités de ce monde.

Santo Subito, semblaient dire tous ceux et celles qui ont assisté, impuissants et désespérés, à cette fin pourtant inéluctable. IL A REUSSI SA SORTIE, voila ce que disaient les fans hystériques le 15 mai, comme les femmes au tombeau le matin de Pâques.

Certes, on le reconnait, il avait raté son entrée, mais il était jeune et ne savait pas. Mais maintenant, il sait sortir!

La reconstruction hagiographique de son calamiteux quinquennat est en marche : Salvator Mundi Euronisque! La Boétie de Bush et Sénèque d'Obama! Abélard d'Angela! Alexandre de la Libye, de la Cote d'Ivoire et de l'Afghanistan!  Refondateur de la syntaxe et protecteur de la chanson carlalesque!

Le meilleur chef d'Etat que la France ait eu depuis Napoléon Le Grand, voila ce que j'ai lu sur Tweeter.

Et bien, mes frères, je vous le dis : tout ça ne durera pas deux mois. On se force jusqu'aux législatives, pour ne pas désespérer Neuilly (sur Seine). Et l'été viendra, et on partira en vacances. A l'automne, on l'aura oublié, et ce ne sont pas ses amis qui faciliteront son retour : à eux de jouer maintenant! Du reste, bizarrement, personne ne parle de ses succès dans son domaine de prédilection : la sécurité.

Le militant UMP de base en est encore dans les phases de déni et de révolte. Mais il en viendra bientôt à penser qu'il aurait été bien aise de se choisir un meilleur candidat.

Le mieux que je puisse leur conseiller, et d'abord à Mesdames Morano,  Boutin, Rosso-Debord, est de se calmer, de laisser passer de l'eau sous les ponts, et de commencer un début de commencement de réflexion (si possible).

dimanche 13 mai 2012

Saint Gautier de Pontoise

Gautier est un prénom qui porte, comme Baudouin, Amaury ou Arthur, une sympathique connotation médiévale. Commencez un roman par "Messire Gaultier...", et vous verrez!

Car on écrit Gautier, Gauthier, Gaucher, Wautier, Authier, selon les règles bien connues de l'évolution des prononciations, et qui finissent par l'orthographe.

Ce même Gautier nous a donné les Walter (Walt Disney, vous y êtes?), Walther, Wouter, et même Gualtiero  en italien. Et en latin, c'est Gusiterius.

Gautier est donc un fier prénom dont l'usage est reparti au XIXème lors de la "redécouverte du Moyen-Age", grâce notamment à Michelet et à Walter (encore un) Scott. Mais il s'est surtout fixé comme patronyme, avec toutes les variations orthographiques possibles. Je parierais même que le nom de Fabien Galtier vient de Gautier. Et je vous rappelle que la Dame aux Camélias de Dumas (la Traviata de Verdi), s'appelait Marguerite Gautier.

Mais revenons à notre saint Gautier qui fut le premier abbé de Saint-Martin de Pontoise au XIème siècle, mort en 1099. Il tient trois épis de blé et deux grappes de raisin : Pontoise devait être riche à l'époque. Du coup, on en a fait un patron des vignerons, sans pour autant faire de l'ombre à saint Vincent.

Deux caractéristiques à noter :
- Il a passé sa vie à fuir. Il en avait tellement assez de ses moines (du genre Camembert), et il voulait tellement servir plutôt qu'ordonner, qu'il a craqué 2 fois. Il s'est caché une fois à Cluny, une autre fois près de Tours, mais il a toujours été reconnu et ramené de force à son poste. Enfin, il est allé à Rome demander au pape la permission de démissionner. Le Pape refusa tout net, le renvoya à son abbaye et lui défendit d'en partir. Là il fut tabassé et enfermé par les moines qui en avaient assez de ses harangues. Gautier était vraiment un saint.
- Il a été canonisé en 1153 par l'évêque de Rouen : dernier saint à avoir été canonisé par une autorité "subalterne". La décentralisation était terminée.

On le fête ordinairement le 8 avril, sauf en Ile de France, où c'est le 4 mai.


mardi 8 mai 2012

Saint Joseph

Ce pauvre saint Joseph n'a été reconnu comme un grand saint qu'après le Concile de Trente, lorsque sainte Thérèse d'Avila l'adopte pour patron et surtout après que les Jésuites lui ont fait place dans leur Trinité : "Jésus-Marie-Joseph".

Il était auparavant représenté comme un vieillard grippe-sou, assez niais, mettant le voile de la Vierge et son chapeau en gage pour acheter du vin, ou renversant la bouillie du petit.

Il est à peine mentionné dans les Évangiles, mais les Apocryphes ont comblé ces lacunes en inventant toutes sortes de fariboles. Il aurait eu 80 ans au moment de son mariage avec Marie, et aurait obtenu sa main parce que son bâton a fleuri (Miracle dit de "la baguette fleurie").

Trêve de balivernes, la sainteté de Joseph a enfin été reconnue, comme "gemma mundi, nutritor Domini".

En 1598, l'Eglise San Giuseppe dei Falegnami lui est dédiée à Rome par les charpentiers et menuisiers, comme le premier couvent d'Avila et l'église des Carmes à Paris. Saint François de Salles le donne comme patron aux religieuses de la Visitation.

Son rôle dans la Révélation a été très important : il ne fallait pas que le diable s'aperçoive de la naissance de Jésus. Il fallait donc un père nourricier, et une famille "normale" pour le Sauveur. Le diable a égaré Herode, mais a été finalement berné.

Il est le patron bien sûr des ouvriers du bois, mais plus encore des ouvriers en général. N'ayant pu se loger à Bethléem, il est le patron des SDF et des mal-logés. 

Mais surtout, il est le saint patron de la bonne mort. Il eut en effet la chance d'être administré par Jésus qui fit venir les archanges Michel et Gabriel pour recueillir son âme guettée par le démon.

Enfin, au XIXème, il fut promu patron de l'Eglise universelle, ce qui n'est pas rien. Le mois de mars est celui de saint Joseph, comme le mois de mai est celui de Marie.

Sa dévotion est toute particulière à Montréal, où on a construit pour lui une basilique en pierre blanche dont la coupole rivalise avec celle de St-Pierre de Rome, modestement appelé Oratoire Saint-Joseph de Mount-Royal.

On a peine à imaginer les difficultés qui furent les siennes, de la découverte de la maternité de Marie à la fuite en Egypte, mais aussi le souci quotidien de nourrir et de protéger sa famille. 

Les pères de famille partagent les mêmes inquiétudes, et peuvent utilement s'en remettre à lui. On le fête le 19 mars.

Ses titres sont : Josephus, faber lignarius, sponsus Mariae, nutritor Domini. On dit Giuseppe en italien, José en Espagne, Josef en hollandais, Osip en russe et Yusuf en arabe.

lundi 7 mai 2012

Gueules de bois


C'est vraiment triste, personne ne pense à remercier les électeurs du Front National, sans lesquels cette défaite n'aurait pas été possible.

Car cette élection est d'abord la défaite de Sarkozy, de son style, de son bilan, de ses copains, plus que d'une victoire de FH.

La Droite, si elle voulait gagner, devait se choisir un autre candidat. Elle ne l'a pas pu, semble-t-il, tant l'emprise de NS sur leurs esprits ou sur leurs intérêts était forte. Elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même.

Sarkozy, s'il voulait gagner, devait se choisir une autre stratégie. Il a voulu, comme en 2007, siphonner les voix FN, au moment même où celui-ci voulait lui faire payer cela. Il a sous-estimé la haine du FN contre lui. Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même.

S'il avait fait une campagne au centre droit, il aurait peut-être quand même perdu, sauf son honneur. Aujourd'hui, il a tout perdu. Mais il a été un si mauvais président que je ne veux pas pleurer. Jupiter rend fou ceux qu'il veut perdre, en voila encore une démonstration.

Mon souhait est qu'effectivement, il quitte la politique, et qu'on n'entende plus jamais parler de lui, ni de son clone Copé. La droite a 5 ans pour se reconstruire sur des bases morales mieux assurées. On verra si elle en est capable.

M Hollande aurait donc bien tort de s'attribuer seul le mérite de cette victoire par défaut. Ses marges de manœuvre sont extrêmement étroites. Mais il pourra au moins, je l'espère, changer le style et la moralité de la vie politique française. On sera vite fixé.

Il lui faut gagner les législatives, et encore une fois, il aura besoin des électeurs du FN.
Il lui faut s'imposer en Europe, et ce n'est pas simple.
Il lui faudra distribuer des cacahuètes, sans pénaliser le budget.
Il lui faudra reconstruire une unité nationale mise en pièces, et reprendre dans le bon sens les réformes nécessaires.

Et pendant ce temps-là, on va entendre caqueter les péronnelles (les Nadine Morano, les Valérie Rosso-Debord, les Valéries Pécresse, les Christine Boutin...), on va voir les rapaces (Guaino, Guéant, Wauquiez,...) lui scier la branche, et les copains du Fouquet's (Bouygues, Proglio, Lagardère, Dassault...) lui glisser des peux de bananes. Ca va être très pénible...

vendredi 4 mai 2012

Bien voter le 6 mai

Et bien, pauvres de vous, vous ne m'avez pas écouté et nous nous retrouvons devant le duel qu'il fallait éviter, celui de la peste contre le choléra, celui de l'Ebola contre l'AVC à répétition, ou autres métaphores que l'humeur vous inspirera. Vous pourrez accuser la démagogie, le complot juif, l'inculture politique, rien ne peut changer cet état de fait.

Vous avez 3 solutions : voter Sarkozy, voter Hollande, aller à la pêche à la ligne.

Si vous avez voté NS ou FH au 1er tour, continuez au second : par COHERENCE (c'est le mot clé de cette époque , il faut être "cohérent"). Cependant, si vous avez voté NS et que vous êtes écoeuré par la tournure de sa campagne entre les 2 tours, il est permis de voter FH en représailles.

Si vous avez voté Joly, Cheminade, Mélanchon, Artaud, Poutou, votez FH. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, parait-il.

Si vous avez voté Le Pen, Dupont-Aignan ou Bayrou, vous avez encore le choix, car ces messieurs-dames ont laissé la liberté de vote à leurs électeurs. Je trouve cette expression bien bonne, car personnellement je n'ai pas l'habitude de suivre quelque injonction que ce soit.

Normalement, si vous êtes riche, bien-portant, catho, vieux, peu cultivé, vous devriez voter NS : c'est ce que disent les sondages. C'est votre intérêt, avec une bonne caution morale (genre "on ne veut pas du mariage gay").

De même, si vous êtes assisté, sans vrai travail, genre classe très moyenne, le choix FH s'impose.

Mais il y a aussi le vote de rejet. Vous pouvez voter, en pleurant, pour l'un, parce que vous détestez l'autre encore plus.

Si vous trouvez que le bilan de NS est calamiteux et que son énergie ressemble à celle du hamster dans sa cage roulante, que vous avez honte qu'il ait si mal représenté la France, si vous en avez assez de sa syntaxe approximative (hier : "il n'y a pas d'accord avec le FN qui se prépare"), si vous voulez qu'il soit enfin convoqué par un juge d'instruction, , si vous voulez "qu'il se casse", "qu'il dégage", votez FH.

Si vous pensez que FH ressemble vraiment à un Flamby, que vous avez peur de ses soutiens communistes, trotskystes et écologiques, si vous tenez à Fessenheim (qui est à l'abri des tsunamis), votez NS.

Je reconnais que pour les électeurs de Marine, tout cela est un peu compliqué, et que la pêche à la ligne soit la seule solution envisageable. Normalement, avec tous les efforts faits par NS, ils devraient le remercier en votant pour lui. D'un autre côté, la défaite de NS serait une telle aubaine qu'il serait dommage de la laisser passer.

Mon choix est fait, je l'assume. Faites le votre, et assumez.

PS : n'oubliez quand même pas l'intérêt supérieur du pays...

mardi 17 avril 2012

Prof de gym

Il fallait que je la raconte, celle-là, avant d'oublier...

J'étais jeune alors, en première, dans un lycée où seuls les profs étaient des civils, sauf le prof de gym, choisi pour ses biscotaux et son front bas. Autant dire que je n'existais pas pour lui.

Il y avait, pour le bac, une épreuve de gymnastique, pour laquelle il était aussi compétent que le pape. On ne comprenait rien à ses explications, mais il donnait des conseils en particulier aux grands et forts de la classe pendant qu'on chassait le grillon avec des brins d'herbe.

Un jour qu'il était occupé ailleurs, je tombe sur son "livre de cours" : 3/4 pages où étaient indiqués les enchaînements, et surtout les points qui seraient observés pendant la démonstration : immobilité de 3 secondes à tel endroit, cou de pied pendu à tel autre, etc. Pages dont j'ai facilement retenu l'essentiel pendant qu'il parlait foot avec les autres.

Le jour du bac, il était assis avec l'examinateur venu d'un autre lycée. Je passe enfin, après les costauds qui ont eu à peu près la moyenne. Je le vois faire une moue à l'examinateur, l'air de dire que ça va être vite fini.

Je fais ma démonstration, dans un nuage, en me récitant les mouvements, marquant les poses, tendant le pied, comme dans le livre. Un saut à la fin : je me réveille, et l'examinateur dit : "François : 18/20".

La tête du "prof"!

samedi 7 avril 2012

Bien voter le 22 avril et le 6 mai 2012

Encore une fois, c'est un exercice difficile. Comme toujours, les élections ont un côté "pièges à c...", qu'il est vain de chercher à éviter complètement.

Par exemple, comment exprimer le fait qu'on est d'accord avec le candidat X avec ses propositions 5, 8, 13, 21, mais que je descendrais dans la rue s'il essaie par malheur de mettre en oeuvre les 2, 3, 6, 18?

Autre exemple : je vois bien qu'un candidat Y me fait une promesse alléchante, parce qu'elle est bien ciblée sur ma situation socio-professionnelle et va me rapporter de l'argent, mais il est évident en revanche qu'elle est coûteuse et injuste pour les autres catégories. Dois-je être solidaire des dentellières de Calais ou des marchands de couteaux de Thiers, à qui on n'a rien promis?

D'autre part, les promesses, on sait bien ce qu'en vaut le kilo...

Les évêques de France nous proposent une grille de lecture pour mieux réfléchir à notre vote. C'est a priori une bonne idée, sauf que quand on a lu leur papier, on est conduit "naturellement" à voter Sarkozy. On n'est donc pas plus avancé.

Aussi, je vous donne quelques clés de décodage, que vous pourrez utiliser à votre guise.

Il y a 10 candidats, dans l'ordre officiel du Conseil Constitutionnel, parmi lesquels, sauf accident, sera élu le futur président :
- Madame Eva JOLY, 
- Madame Marine LE PEN, 
- Monsieur Nicolas SARKOZY, 
- Monsieur Jean-Luc MÉLENCHON, 
- Monsieur Philippe POUTOU, 
- Madame Nathalie ARTHAUD, 
- Monsieur Jacques CHEMINADE, 
- Monsieur François BAYROU, 
- Monsieur Nicolas DUPONT-AIGNAN, 
- Monsieur François HOLLANDE. 


Si vous souhaitez que soit élu l'un des suivants : Eva, Philippe, Nathalie, Jacques, Nicolas D-A, votre cas est un peu désespéré, et vous serez conduit au 2ème tour à un choix cornélien.

Il nous reste donc à choisir entre les 5 ayant leur chance : Marine, Nicolas S, Jean-Luc, François B, François H.

Il faut se fixer 2 objectifs : celui qu'on veut élire, et celui dont on ne veut à aucun prix.

Pour faire élire votre candidat préféré, il faut voter pour lui au 1er tour, et au 2ème s'il est encore là. Facile.
Mais pour essayer qu'un autre ne soit sûrement pas élu, c'est plus subtil.

Marine :
- pour qu'elle ne soit pas élue, votez pour un autre candidat au 1er tour.

Nicolas S :
- Pour qu'il ne soit pas élu, votez pour un autre candidat au 1er tour, et contre lui au 2ème.

Jean-Luc :
-pour qu'il ne soit pas élu, votez Hollande au 1er tour.

François B :
-pour qu'il ne soit pas élu, votez pour un autre candidat au 1er tour.

François H
-pour qu'il ne soit pas élu, une seule solution : votez François B au 1er tour, dans l'espoir qu'il passe devant Nicolas S. Au 2ème tour, il a plus de chance de battre François H que Nicolas S.

Si vos choix pour et contre coïncident, vous êtes heureux! Sinon, il faut regarder la suite.

Si votre poulain n'est pas au second tour, vous serez conduit à choisir entre la peste ou le choléra. Sur les 10 possibilités de duels, seuls 6 vous concernent, les 6 où votre héros n'est pas présent.

Sur ces 6 possibilités, il y en a 3 où celui que vous ne voulez pas voir élire est encore là : voter contre lui. Facile.

Il reste 3 possibilités, parfois bizarres. Par exemple, vous êtes pour François B et le second tour est Jean-Luc contre Marine. La probabilité est faible, me direz-vous, mais elle existe! Pour moi, la réponse est évidente, mais pour vous?

Vous êtes pour François H, et vous avez Nicolas/Marine?
Vous êtes pour Marine ou Nicolas, et vous avez François H/Jean-Luc?

Finalement, il n'y a qu'un cas intéressant : Vous êtes pour François B, et vous avez Nicolas/François H. Vous avez en grande partie la clé du scrutin, et c'est un cas de figure probable. Pour moi, en ce cas, le choix est fait. Mais pour vous? Reprenez le raisonnement au début : si vous ne voulez pas que François H soit élu, votez François B au 1er tour! En prime, vous n'aurez pas non plus Nicolas. Si vous ne voulez pas que Nicolas soit élu, ne votez pas pour lui au 1er tour.

J'espère vous avoir aidé.

samedi 24 mars 2012

Français d'origine contrôlée

10 jours de drames en France, comme il en arrive parfois. L'émotion submerge, la raison s'égare, et les politiques gèrent dans l’intérêt général, du moins on l'espère.

Le premier meurtre est passé inaperçu, un simple fait divers.

Les suivants ont commencé à affoler, parce que que c'était la même arme, à Toulouse comme à Montauban. Deux pistes : le fou d'extrême droite, ou le fou islamiste.

Le souffle de l'extrême droite s'est suspendu. Si c'était un arabe, bingo. Mais si on avait à faire avec un espèce de norvégien fondamentaliste, "chrétien", ancien du FN, et c'était bien vraisemblable, comment Marion Le Pen aurait-elle pu échapper au lynchage ?

La violence de son attaque quand on a su que, par chance, c'était un "islamiste", montre bien son immense soulagement. Et cela apporte de l'eau putride à son moulin, que par ailleurs son concurrent de l'extrême droite entend bien lui disputer.

Le Français d'origine algérienne est dénoncé tant par le Français d'origine hongroise que par la Française d'origine bretonne. Ces deux compères entendent bien récolter la monnaie et les marrons de cette affaire.

Dans ces conditions, on ne sait si on a le droit de poser quelques questions, de peur de déranger.

- Pourquoi la Police, si pressée par ailleurs de distribuer des PV à tout le monde, a-t-elle laissé ce terroriste bien tranquille? On a vendu nos libertés contre une promesse de sécurité, et on n'a ni les unes ni l'autre.
Est-ce le résultat exaltant de 10ans de politique sécuritaire? A ce niveau, on en vient à souhaiter une politique laxiste.

- Pourquoi le RAID, que les téléfilms médiocres des TV aux ordres nous montrent comme l'élite de l'élite de la Police Française, a-t-il autant raté son intervention? Que faisait un ministre sur place, quand l'action est juridiquement sous le contrôle d'un juge d'instruction, ou, à défaut, par un procureur?

- Pourquoi nous annonce-t-on des mesures anti-terroristes ciblant les islamistes, et rien contre les faiseurs de haine des mouvances nauséabondes de l’extrême droite, nostalgiques de la Grande Allemagne, de la collaboration, antisémites et anti-musulmans notoires? Pourquoi sinon parce que c'est LA cible électorale de M Guéant?

M Copé, français d'origine tant roumaine qu'algérienne, aboie à la récupération dès lors qu'on ose s'interroger. Seul Sarkozy est légitime à en profiter, qu'on le sache et se le dise.

Immense gâchis, incompétence, illusions, voila le beau bilan du gouvernement. Honte à lui.

lundi 19 mars 2012

Attention demain, delta = 0.

Demain, 20 mars 2012, à 06h14, heure légale, il va se passer quelque chose d'important.

C'est presque l'heure où la Police peut débarquer chez vous, comme à Tarnac, où les huissiers récemment libérés vont pouvoir vous saisir et vous expulser. C'est donc une heure banale.

Sauf à considérer que le soleil va comme chaque année traverser notre équateur, de bas en haut, si je puis dire, de l'hémisphère Sud à l’hémisphère Nord. A ce moment, le soleil sera quelque part au Zénith, et cet endroit sera sur l'équateur. La déclinaison (delta) sera nulle.

Les vecteurs rotation, de la Terre sur elle-même, et de la Terre autour du Soleil, seront colinéaires. Le soleil est juste dans la direction du point Gamma, ou point vernal, origine des angles sur l'écliptique.

Ce jour-là, la nuit sera aussi longue que le jour, et réciproquement. Mais ensuite, le jour sera plus long.

On appelle cette période le printemps. Ce printemps qui verra enfin notre LIBERATION!

lundi 12 mars 2012

Conseil de classe

Madame, je vous ai demandé de venir avec votre petit garçon, parce que vraiment ça ne va plus du tout...

- C'est pas vrai. C'est tout qui va bien!

- Mais non, Nicolas, c'est pas tout qui va bien, comme tu dis. Prends le chômage, par exemple : tu avais dit que tu le baisserais de moitié, et il a doublé.

- Ca, c'est pas ma faute, y'a la plus grave crise financière depuis les années 20. C'est les journalistes qui disent du mal de moi..

-Mais enfin, Nicolas, tu ne peux pas toujours dire que c'est la faute des autres. Avoue que ce n'était pas ta première préoccupation, le chômage. Au contraire, tu te contentais de dire que tu en avais assez de l'assistanat, et et qu'ils n'avaient qu'à travailler.

Autre point : on t'a surpris plusieurs fois à copier sur ta voisine de droite. Pourquoi?

- Et ben pourquoi, elle, elle a de bonnes notes, alors que moi qui me farcis tout le boulot, on fait que m'engueuler! C'est pas juste.

- Mais ce n'est pas une raison pour copier, surtout si ça ne sent pas très propre. Parlons aussi de ton comportement. On te reproche toujours ton bling bling, le Fouquet's, le yacht.

-Alors ça, c'est vraiment dégueu! Parce que j'ai changé, et j'ai dis que j'le ferai plus.

-Mais enfin, Nicolas, on voit bien que c'est une attitude, et qu'en fait tu aimes ça. L'argent, ça t'a toujours fasciné, et ça te fascinera toujours. En 5 ans, tu n'as pas trouvé le moyen de faire oublier ça, par exemple, en allant manger une moule-frite à Bandol, alors qu'on sait que tu adores le homard du Bristol.

- Madame, intervient enfin la maman, vous laissez entendre qu'il ne va pas être admis en classe supérieure? Mais c'est terrible! Avec tout le mal qu'il s'est donné! C'est vrai, il a couru après toutes les balles, il en a fait de l'avion, et puis, une loi après chaque fait divers. Vous avez vu ça : une loi par semaine en moyenne pendant 5 ans! Il a fait tout ce qu'il a pu.

- Mais, il est exclu qu'il passe au niveau supérieur. Peut-être sera-t-il autorisé à redoubler, si il promet de bien se tenir pour cette fois? Mon petit Nicolas, peut-on te faire confiance?

-Ah ça oui, j'vous l'promets, j'ai changé.

-Bon, mon petit, le conseil de classe en décidera le 22 avril et le 6 mai.

- Bon, y'a intérêt à c'que j'passe, passe que Fraise des Bois, y va vous faire le mariage gay, l'euthanasie, des impôts pour les riches, et plein de saloperies!

-Nicolas! Voyons! Surveille ton langage!

samedi 11 février 2012

Scénario 2

Ce qui paraissait impossible était finalement arrivé : M Sarkozy avait réussi à gagner son second mandat.

Dans une situation a priori désespérée, il avait tenté le tout pour le tout. Sous prétexte d'inaugurer là une crèche, ici un commissariat, il avait tous les jours que Dieu fait maintenu un rythme soutenu d'annonces toutes plus folles les une que les autres.

Tous les jours, Mme Morano et autres hystériques criaient au génie ("Le Génie des Carpettes", titra le Canard), tandis que ses opposants en avaient le souffle coupé d'indignation.

Les referendum contre les chômeurs ou les immigrés, furent des coups d'essai réussis, et il enchaîna :
- la suppression par ordonnance du statut de fonctionnaire (rien que le code du travail, sans convention collective). On cria "au boulot, les feignasses!", et il gagna 5 points sur ce coup-là.
-pour faire bon poids, il annonça la suppression des 13ème, 14ème et 15ème mois dans le secteur bancaire, avec pour slogan "les banques doivent payer". Les chefs banquiers furent du reste ravis, allez savoir pourquoi!
-il se donna 6 mois pour créer des "agences" pour gérer tout ce qui était collectif : agence des routes nationales et agences départementales des routes éponymes (le mot est de Guaino), écoles et lycées, services d'Archives, musées et bibliothèques, sapeurs-pompiers, collecte des impôts... On fit passer l'information comme quoi ces agences seraient par nature privatisables, et que le budget de l'Etat serait définitivement sauvé.
-la généralisation à toute la France du régime du Concordat, limité auparavant à l'Alsace-Lorraine. Cette riposte à la proposition de F Hollande laissa pantois nos Eminences, qui n'en demandaient pas tant.
-le refus du mariage Gay et la fermeture par extinction (pas de remplacement des personnels partants) des centres de planning familial et d'IVG, mit tous les cathos en pâmoison, qui devinrent d'ardents prosélytes : soit on votait pour Sarkozy, soit on était pour l'avortement obligatoire. Le Net fut envahi de leurs pétitions, qu'on devait "liker", et RT, sous peine de péché mortel.

En promettant ainsi tout, -et je parle pas des engagements locaux (chaque département aurait son EPR à 2000 emplois pièce, etc)-, grâce au matraquage des TV et du Figaro, l'opinion changea, un peu. Dans le tas, il arrivera bien à faire des choses, quand une seule suffirait à sa gloire. Comme il aimait le dire, il "cliva", et il cliva fort!

Cerise sur le gâteau, Point de Vue montra Solal jouant avec sa tante Giulia, et le coeur de Margot fondit...

 Les oppositions furent mises à mal. Mme Boutin se rallia, comme prévu, comme "pro-Vie". Villepin et Dupont-Aignan disparurent des radars, mystérieusement, comme s'ils avaient été soumis à un méchant chantage. A gauche, on n'entendit plus leurs propositions dans le vacarme publicitaire et  les invectives. Ils tentèrent un slogan "Sarko et son programme à la hongroise", ça ne passa pas.

Au premier tour, M Sarkozy surpris donc avec ses 28%, contre 31 à Hollande, et 17 à Marine : le siphonnage des voix avait encore bien fonctionné, et Marine en fit une grosse colère à la TV : Guéant lui répliqua d'arrêter de copier sur le programme de Sarkozy : c'était maintenant lui l'original, et elle se rallia.

Le débat pour le 2ème tour fut terrible : Sarkozy prit un air de commisération chaque fois que Hollande parlait, n'écoutait pas sa réponse, puis récitait un morceau de son programme. C'était tout, sauf un débat. Hollande ne trouva pas le défaut de la carapace, et s'énerva : Sarko fut déclaré vainqueur.

Le soir du second tour restera dans la mémoire collective. A 20heures, tout le monde retenait son souffle quand les TV annoncèrent leurs évaluations : c'était 50/50! L'exaspération était à son comble, quand Guéant lui-même annonça qu'il s'en remettait au Conseil Constitutionnel, ses ordinateurs convergeant vers un écart inférieur à 100 voix...

Enfin, à la fin de la semaine, le Conseil trancha : c'était M Sarkozy, sans discussion possible puisque les électeurs de Wallis et Futuna avaient voté à 98% pour lui. Hollande disparut 3 jours... On parla de La Pierre Qui Vire...

Le résultat est qu'il revint plus fort que jamais : nous ne laisserons pas faire cette infamie! Nous allons gagner les législatives, et le bouter hors de France.

Etait-ce l'arrogance de Copé, nouveau Premier Ministre, ou les gaffes de la nouvelle Ministre du Tourisme, Mme Le Pen? Toujours est-il que la gauche gagna son pari, et que commencèrent pour M Sarkozy les 5 années les plus difficiles de sa vie...

samedi 21 janvier 2012

Le Maître

Je viens d'apprendre le décès, à 94 ans, de mon ancien professeur de philosophie, M Jean-René CORROT, universellement connu sous le nom de "Le Maître". Je suis heureux de vous faire partager le texte ci-joint, qui évoque un lointain passé.
François


Cher Maître,


Votre décès me touche, mais montre que la philosophie conserve, puisque vous êtes allé rejoindre Platon, Descartes, Kant, Bergson à l'âge vénérable de 94 ans.


Vous étiez gentil. Touchant même lorsque vous essayiez de nettoyer vos lunettes avec votre mouchoir en confessant que vos enfants avaient "mis de la confiture dessus". On ricanait, car on était des sales gosses.


Vous saviez qu'on en avait pas grand chose à faire, de votre philosophie, en Terminales. Gentiment vous nous donniez des polycop où il y avait l'essentiel de ce qu'il fallait retenir. Grâce à vous, j'ai eu le bac : un 13 inespéré en philo, qui m'a valu d'échapper à l'oral de repassage... Je les regrette ces polycop, je suis sûr qu'ils m’intéresseraient maintenant...


Vous étiez philosophe. Vous acceptiez de monter au poteau, condition sine qua non  pour que les cyrards arrêtent le chahut. Vous montiez, et vous faisiez votre cours pendant que les cyrards lisaient leurs revues favorites genre "Raid", ou se délectaient avec le règlement intérieur de l'Infanterie. C'était aussi des sales gosses.


Vous étiez philosophe. Un jour, vous avez voulu faire l'appel. Tout le monde était là. Au milieu du cours, on frappe à la porte et notre camarade X (dois-je encore garder son anonymat?) entre, et va s'installer à sa place au fond. Vous avez accepté le fait, malgré la perception contradictoire de votre expérience du réel. C'était pourtant simple : le bâtiment en travaux était couvert d’échafaudages, il était facile de se glisser dans le renfoncement du mur, puis de sortir par la fenêtre pour se représenter à l'entrée.


Vous étiez philosophe. Un jour, un camarade rapporte triomphalement une boite de capotes. Pendant votre cours, il en gonfle une, jusqu’à ce qu'elle prenne une taille... disproportionnée. "M Untel, veuillez ne pas jouer au ballon pendant le cours". "Mais, Maître, ce n'est pas un ballon!". 


Vous étiez philosophe. Le prof de maths nous explique le raisonnement par récurrence, et ajoute que ça ne fait pas un pli pour les matheux, mais que les philosophes trouvaient à y redire. Sous entendu : ces tarés coupent les cheveux en 4, et ne comprennent rien. A la pause, on vous saute dessus. On apprend que, docteur en philo, vous aviez commencé par une licence de maths. Timidement, vous nous dites que, dans le temps, vous aviez écrit des choses "pas idiotes" sur le sujet. Comment retrouver "ces choses"? Maintenant, j'aimerais les lire.


Maître, vous avez distribué de la confiture à des cochons (que nous étions)! Margaritas in porcos, disaient les Anciens. J'espère cependant que vous avez été heureux.


Requiescas, cher Maître.