mardi 20 novembre 2012

Copé-Fillon : jeu, set et match 0-0

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Figaro, un connaisseur :

Et j'avoue avoir bien ri, en voyant ceci :
(pour info, le gros lardon, derrière JF Copé, est Edouard Curtial, député de l'Oise, ancien ministre!)

Puis cela :
(Valérie Pécresse a son sourire Colgate)

Mais maintenant, après la détente, il faut réfléchir un peu. C'est quand même une mauvaise nouvelle.

Certes, en plaisantant, je disais que je souhaitais la victoire de Copé, mais comme Laval souhaitait celle de l'Allemagne : à cause des conséquences. Mais une victoire comme celle-là, c'est aussi mauvais pour la France.

Certes, Fillon ne m'a jamais paru très courageux. Je l'ai vu mollir en 1995, quand il était ministre des PTT : il se vante de la réforme qu'il y a fait, sans dire qu'elle s'est faite malgré lui et sans lui, après un joli pas de clerc. Je me souviens de sa réforme des retraites de 2003, où il a réduit en douce les retraites des mères de famille. Je me souviens surtout de celui qui pendant 5 ans a occupé la fonction de Premier Ministre, acceptant d'être réduit au rang de "collaborateur" (je parlais de Laval tout-à-l'heure, mais ça n'a pas de rapport), disant qu'il dirigeait un pays en faillite, tout en faisant voter la loi TEPA de 2007, qui allait nous couler.

Mais par rapport à Copé, il est quand même plus présentable. Copé, avocat "sur titres",  traîne déjà à 48 ans un tombereau de casseroles, de ses appartements de fonction à la piscine de M Takkiedine. Il est soutenu par ce qu'il y a de pire en politique, comme Valérie Rosso-Debord ou Nadine Morano (celle qui est fière que des soldats français soient morts "grâce à Sarkozy"). Et par Madame Boutin, qui fête ainsi sa victoire :
Joie sereine et déterminée!!!!

Et il a fait campagne -dite du pain au chocolat- sur ce qu'il y a de plus mauvais en France, avec ses relents de populisme, dans la ligne "Buisson", qui consiste à reprendre les thèmes du FN tout en disant qu'il n'en est rien. C'est "clivant", il trouve ça bien. On n'est pas homme d'Etat en "clivant". Et moi, je n'aime pas que les enfants d'immigrés viennent m'expliquer comment il convient d'être français. 

Il a fait son petit putsch dimanche soir, essayant de forcer le destin avec un manque d'élégance qu'on n'oubliera pas. Il a quand même gagné, de 98 voix, d'une victoire sans panache puisqu'il est désormais évident que les 2 camps ont bourré les urnes. Mais c'est leur problème...

Ce type est prêt à tout, y compris à faire alliance avec le FN aux municipales, sous prétexte de front anti-socialo. Fillon a parlé de fracture politique et morale, ne l'oublions pas. 

On s'achemine vers des temps troublés. Copé ne sera jamais président, en particulier parce que Fillon, qui a le génie du "coup de pied de l'âne", lui gardera un chien de sa chienne : la machine à perdre de la Droite est de nouveau en marche. Mais la Droite, bien décomplexée, prend une mauvaise direction, celle des extrêmes. La perspective d'un "dialogue républicain" s'éloigne, -à défaut d'un gouvernement d'union nationale qui serait nécessaire pour faire face à la crise.

Les français seront hélas les victimes de cette farce.

dimanche 11 novembre 2012

Merci Madame Morano

Certains de mes lecteurs ne connaissent pas twitter, ne savent s'en servir, et se privent ainsi de belles perles.

Je choisis aujourd'hui de vous présenter le tweet que Madame Morano, Nadine de son prénom, a cru bon d'envoyer aujourd'hui 11 novembre 2012 à 11h04, et qu'elle a supprimé quelques instants plus tard.


L'hommage permanent à Monsieur Sarkozy est une de ses constantes, la bêtise aussi, en prime.

Pour votre information, elle appelle les militants à voter pour Monsieur Copé. Moi aussi, mais sans doute pas pour les mêmes raisons.

mercredi 7 novembre 2012

Mais oui, mon petit.....

Tiens, je vais vous raconter une anecdote, une histoire vraie, qui m'est arrivée pour de vrai.

C'était au début du siècle. J'étais le patron des directeurs régionaux du sud-est de la France, et donc responsable d'environ 15 000 personnes, magistère plutôt relationnel qu'opérationnel, mais enfin il y avait de quoi s'occuper.

Le Président de l'époque, voulant transformer la vision des cadres d'Etat-Major par rapport aux réalités opérationnelles, proposa un programme "Noël en agences" : il s'agirait d'aller aider les agences commerciales à accueillir le surcroît de clients qu'on attendait pour les fêtes. Je fus bien sûr enthousiaste, et m'inscrivis aussitôt (à la différence de certains que je ne nommerais pas, qui estimaient cela indigne d'eux). Je fus affecté dans la boutique du Cherche-Midi, à deux pas du Bon Marché (qui est très cher) et de l'église Saint-Ignace (où vont les gens biens).

Je passais à mon bureau le matin, et de midi à 20 heures, j'allais travailler avec les 4 ou 5 personnes de cette agence. Je restais bien sûr jusqu'à la fermeture, question de principe.

Dans la pratique, ce n'est pas si facile de s'intégrer à une équipe de vente. Il faut faire attention. Ne jamais toucher à la caisse, question de respects pour leur responsabilités. Ne pas essayer de vendre, car c'est leur métier, et il ne faut pas leur laisser croire que n'importe qui peut le faire. Et puis, on n'est pas sûr de bien connaitre toutes les options et tous les prix, les promotions, les arguments.

Mais on peut se rendre utile : emballer les cadeaux, expliquer Internet à des débutants en consacrant un temps qu'ils ne pourraient dégager, accueillir et faire attendre. On finit au pire à se faire oublier, au mieux à se faire apprécier.

Et on apprend des tas de choses. Comment par exemple ils se débrouillent pour que la caisse soit exacte tous les soirs, alors qu'on leur a mis un programme d'enfer impossible à gérer. Par exemple, il faut le compte exacte des pièces de 10c, de 20c, etc. Le responsable au niveau national en était très fier. Mais dans la réalité, les gars utilisaient la mitraille de la machine à café (payante pour les clients) pour ajuster la caisse à ce que l'ordinateur croyait qu'il y avait. Pas de quoi fouetter un chat, puisqu'il s'agissait de petites sommes, mais cela montrait bien l'écart qui existe entre ce que les chefs croient savoir et ce que les personnes de terrain savent.

Donc un jour, me voila à l'aiguillage : Bonjour Madame (/Monsieur/), bienvenue dans notre agence, que puis-je pour vous? Etc.

Et voila que rapplique ce que j'appelle depuis une p... du VIIème : une dame en vison, frisottée de près, foulard Hermès et bagouses, l'allure de Mme de Grand-Air, du genre que l'on rencontre à la messe de 11h à St François-Xavier.

- Bonjour Madame, bienvenue, que puis-je pour vous?
- Je voudrais un téléphone portable....
- Si vous vous bien vous installer ici, notre spécialiste, M Marcel, va vous conseiller...

Et alors, elle me répliqua sèchement :
- Mais oui mon petit, c'est cela, allez me chercher quelqu'un de compétent!