dimanche 28 décembre 2014

15 règles de management

Je ne sais pas où j'ai trouvé ça, mais j'ai j'ai pensé que ça pouvait intéresser les managers. C'est à un pot de fin d'année, le discours du big boss.
François
En ce début d’année, nous nous retrouvons pour les traditionnelles salutations. Avant tout, je voudrais vous souhaiter à tous – collaborateurs, actionnaires, stakeholders- et à tous ceux qui vous sont chers, une bonne et heureuse année. Je désire vous remercier cordialement pour votre engagement quotidien au service de notre entreprise et de notre business.
Comme nous sommes des personnes et non des matricules, je souhaite tout particulièrement me souvenir de ceux qui, au cours de cette année, ont achevé leur service parce qu’ils sont partis en retraite, ou dans d’autres sociétés, ou parce qu’ils sont  décédés. Mes pensées et ma gratitude vont également à eux tous et à leurs proches.
Et je voudrais que notre rencontre d’aujourd’hui et les réflexions que je vais partager avec vous, servent pour nous tous d’appui et nous poussent à un véritable examen de conscience afin de réussir la prochaine année.
Notre organisation, un ensemble complexe
En pensant à ce pot annuel, m’est venue à l’esprit l’image de l’Entreprise en tant que corps vivant. Le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment quun seul corps. Il y règne cependant une diversité de membres et de fonctions. Unique est notre Vision Stratégique pour le bien de l’Entreprise à la mesure de ses richesses et des exigences du service.
En réalité, notre Etat-Major est un corps complexe, composé de tant de directions, de sous-directions, de commissions, de fonctionnels, et de nombreuses entités qui n’ont pas toutes les mêmes tâches, mais sont coordonnées pour fonctionner de manière efficace, disciplinée et exemplaire, en dépit de la diversité culturelle, linguistique et nationale de ses membres.
Quoi qu’il en soit, l’Etat-Major étant un corps dynamique, celui-ci ne peut vivre sans se nourrir et sans se soigner. De fait, l’Entreprise ne peut vivre sans avoir un rapport, personnel, authentique et solide avec notre Vision. Un membre de l’Etat-Major qui ne partage pas pleinement cette Vision, deviendra un bureaucrate (un formaliste, un fonctionnaire, un simple employé) : une branche qui se dessèche, meurt peu à peu, et finit par être jetée.
Des maladies et des tentations qui affaiblissent notre service.

L’Etat-Major est appelée à s’améliorer, à s’améliorer en permanence pour pleinement mener à bien sa mission. Pourtant, comme tout corps, comme tout corps humain, il est exposé aussi aux maladies, au dysfonctionnement, à l’infirmité. Et je voudrais mentionner ici certaines de ces probables maladies, les « maladies du sommet ». Ce sont des maladies assez communes dans notre vie d’Etat-Major. Ce sont des maladies et des tentations qui affaiblissent notre service au Client.

  1.    La maladie de celui qui se sent « immortel », « immunisé » ou tout à fait « indispensable » et néglige les contrôles nécessaires et habituels. Un membre du staff qui ne fait pas son autocritique, ne s’ajuste pas en permanence, ne cherche pas à s’améliorer, est un corps malade, infirme. Une simple visite au cimetière nous permettrait de voir les noms de nombreuses personnes, dont certaines pensaient peut-être qu’elles étaient immortelles, immunisées et indispensables ! C’est la maladie de l'homme riche et insensé qui pensait vivre éternellement et de tous ceux qui se transforment en maîtres et se sentent supérieurs à tous, et non au service de tous. Elle découle souvent de la pathologie du pouvoir, du « complexe des élus », du narcissisme qui consiste à regarder passionnément sa propre image et à ne plus voir l’Entreprise.
  2. Autre maladie : l’activité excessive. Elle concerne ceux qui se noient dans le travail et négligent inévitablement « la meilleure part. C’est pourquoi je vous demande de vous reposer un peu, car négliger le repos nécessaire conduit au stress et à l'agitation. Le temps du repos, pour celui qui a mené à bien sa mission, est une nécessité, un devoir, et doit être vécu sérieusement : en passant un peu de temps avec sa famille et en respectant les jours fériés. Il y a un moment pour tout.
  3. Il y a aussi la maladie de la « pétrification » mentale et spirituelle. Ceux qui en sont atteints possèdent un cœur de pierre et une « nuque raide » Ce sont ceux qui, chemin faisant, perdent leur sérénité intérieure, la vivacité et l’audace, et se cachent derrière leurs dossiers, devenant les « rois du formulaire » et non des managers. Il est dangereux de perdre cette sensibilité humaine qui permet de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui se réjouissent. Car, au fil du temps, leur cœur se durcit et devient incapable d’animer leur équipe. Être manager, en fait, signifie avoir les dispositions à l'humilité et au don, au détachement et à la générosité.
  4. La maladie de la planification excessive et du fonctionnarisme. Quand un manager planifie tout minutieusement et croit que planifier à la perfection fait réellement avancer les choses, il se transforme pratiquement en expert-comptable ou en fiscaliste. Tout bien préparer est nécessaire mais il ne faut jamais succomber à la tentation de vouloir enfermer ou trop piloter la liberté de nos collaborateurs, qui demeure toujours plus grande, plus intelligente que toute planification humaine. On se laisse gagner par cette maladie parce qu’il est toujours plus facile et plus commode de se caler dans ses propres positions statiques et inchangées. La réussite est « fraîcheur, imagination, nouveauté ».
  5. La maladie de la mauvaise coordination. Quand il n’existe plus de Vision commune et que le corps est privé de son fonctionnement harmonieux en devenant un orchestre qui produit seulement du chahut, parce que ses membres ne collaborent pas et ne vivent pas l’esprit d’équipe. Lorsque le pied dit au bras : « je n'ai pas besoin de toi » ou la main à la tête : « c'est moi qui commande », provoquant ainsi malaise et scandale.
  6. Il y a aussi la maladie d’« Alzheimer », c’est-à-dire l’oubli de notre culture d’Entreprise, de son histoire personnelle. Il s'agit d'un déclin progressif des facultés relationnelles qui, à plus ou moins long terme, provoque de graves handicaps chez la personne, la rendant incapable d'exercer une activité autonome. Celle-ci vit dans un état de dépendance absolue vis-à-vis de ses vues souvent imaginaires. Nous détectons cette maladie chez ceux qui ont perdu la mémoire de leur arrivée dans l’Entreprise ; chez ceux qui ne perçoivent pas le sens historique de notre action ; chez ceux qui sont totalement dépendants de leur présent, de leurs passions, caprices et manies ; chez ceux qui construisent autour d'eux des murs et des habitudes et deviennent de plus en plus esclaves des idoles qu'ils ont sculptées de leurs propres mains.
  7. La maladie de la rivalité et de la vanité . Quand l’apparence, le style vestimentaire, les signes honorifiques deviennent le premier objectif de la vie, et que l’on oublie les préceptes : « Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres » : c'est la maladie qui nous pousse à être des hommes et des femmes faux et à vivre un faux activisme, et un faux management. Ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte.
  8. La maladie de la schizophrénie existentielle. C’est la maladie de ceux qui ont une double vie, fruit de l’hypocrisie typique du médiocre et du vide spirituel progressif que les diplômes et les titres académiques ne peuvent combler. Une maladie qui frappe souvent ceux qui, abandonnant le service opérationnel, se limitent aux tâches bureaucratiques et perdent ainsi le contact avec la réalité, avec les personnes concrètes. Ils créent ainsi un monde parallèle, à eux, où ils mettent de côté tout ce qu'ils enseignent sévèrement aux autres et où ils commencent à vivre une vie cachée et souvent dissolue. La remise en cause et les visites terrain sont assez urgentes et indispensables pour lutter contre cette maladie extrêmement grave.
  9. La maladie de la rumeur, de la médisance, et du commérage. C’est une maladie grave, qui commence simplement, peut-être seulement pour faire un brin de causette, et qui s’empare de la personne. Celle-ci se met alors à « semer de la zizanie » et dans beaucoup de cas à « assassiner de sang froid » la réputation de ses propres collègues. Mes amis, gardons-nous du terrorisme des bavardages !
  10. La maladie qui consiste à diviniser les chefs. C’est la maladie de ceux qui courtisent leurs supérieurs, en espérant obtenir leur bienveillance. Ils sont victimes du carriérisme et de l’opportunisme, ils honorent les personnes  sans profit pour l’Entreprise. Ce sont des personnes qui vivent le service en pensant uniquement à ce qu'ils doivent obtenir, et non à ce qu'ils doivent donner. Des personnes mesquines, malheureuses, et inspirées seulement par leur égoïsme fatal. Cette maladie pourrait frapper aussi les supérieurs quand ils courtisent certains de leurs collaborateurs pour obtenir leur soumission, leur loyauté et leur dépendance psychologique, mais il en résulte au final une véritable complicité.
  11. La maladie de l’indifférence envers les autres. Elle survient quand chacun ne pense qu’à soi et perd la sincérité et la chaleur des relations humaines. Quand le plus expert ne met pas ses connaissances au service des collègues qui le sont moins. Quand on vient à apprendre quelque chose et qu’on le garde pour soi au lieu de le partager de manière positive avec les autres. Quand, par jalousie ou par ruse, on éprouve de la joie à voir l'autre tomber au lieu de le relever et de l'encourager.
  12. La maladie du visage lugubre. Elle est celle des personnes bourrues et revêches, qui estiment que pour être sérieux il faut porter le masque de la mélancolie, de la sévérité, et traiter les autres – surtout ceux que l’on considère comme inférieurs – avec rigidité, dureté et arrogance. En réalité, la sévérité théâtrale et le pessimisme stérile sont souvent les symptômes d’un sentiment de peur et de d’insécurité. Le manager doit s'efforcer d'être une personne courtoise, sereine, enthousiaste et joyeuse qui transmet la joie quel que soit l’endroit où il se trouve. Un cœur vaillant est un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à tous ceux qui l'entourent : cela se voit tout de suite ! Ne perdons donc pas cet esprit joyeux, qui sait manier l'humour, et même l'autodérision, qui font de nous des personnes aimables même dans les situations difficiles. Comme une bonne dose d'humour sain nous fait du bien, soyez « fun » !
  13. La maladie qui consiste à accumuler. Souffre de celle-ci le collaborateur qui cherche à combler un vide existentiel dans son cœur en accumulant les biens matériels, non pas par nécessité, mais seulement pour se sentir en sécurité. En réalité, nous ne pourrons emporter avec nous rien de matériel parce que le coffre-fort ne suit pas le corbillard, et tous nos trésors terrestres – même si ce sont des cadeaux – ne pourront jamais combler ce vide. Au contraire, ils le rendront encore plus exigeant, et plus profond. L'accumulation ne fait que nous alourdir et ralentir inexorablement notre chemin ! Nos déménagements trop volumineux sont un signe de cette maladie.
  14. La maladie des cercles fermés, quand l’appartenance à un petit groupe devient plus forte qu'à celle de l’Entreprise. Cette maladie elle aussi commence toujours par de bonnes intentions, mais au fil du temps, elle asservit ses membres, devient un cancer qui menace l’harmonie de la structure et cause tellement de mal – des scandales. L'autodestruction ou le « tir ami » des frères d’armes est le danger le plus sournois. C'est le mal qui frappe de l'intérieur.
  15. Et la dernière, la maladie du profit mondain, des exhibitionnismes (17). Elle est celle du collaborateur qui transforme son service en pouvoir, et son pouvoir en marchandise pour obtenir des profits mondains, ou davantage de pouvoir. C’est la maladie des personnes qui cherchent insatiablement à multiplier les pouvoirs et dans ce but, ils sont capables de calomnier, de diffamer, de discréditer les autres, jusque dans les journaux et les magazines. Naturellement, dans le but de s'afficher et de montrer qu'ils sont davantage capables que les autres. Cette maladie fait elle aussi beaucoup de mal à notre image de marque parce qu'elle conduit les personnes à justifier l’usage de n’importe quel moyen pour atteindre ce but, souvent au nom de la justice et de la transparence ! Il me vient à l'esprit le souvenir d'un jeune cadre qui mettait sur son blog des informations pour raconter – et inventer – des choses privées et personnelles sur ses collègues et ses clients. Pour lui, seul comptait le fait de se voir follower, parce qu'ainsi il se sentait « puissant et irrésistible ». Il faisait tellement de mal aux autres et à l’Entreprise. Le pauvre !
Chers collègues, de telles maladies et de telles tentations sont naturellement un danger pour toute organisation, service, filiale, etc. Et elles peuvent frapper au niveau individuel ou collectif.
La guérison doit être le fruit de la conscience de la maladie et de la décision personnelle et collective de se soigner en supportant le traitement avec patience et persévérance. J’ai lu un jour que les entreprises sont comme les avions : elles ne font la une des journaux que lorsqu’elles s’écroulent à Wall Street, mais il y en a beaucoup qui volent. Beaucoup critiquent et peu agissent pour elles.

Je vous verrai bientôt en tête à tête pour parler de tout ça. D’ici-là, profitez de votre famille pour les fêtes.

dimanche 14 décembre 2014

I can't breathe....

Je ne peux plus respirer : c'est ce qu'a dit le dernier (the last, not the least) type qui a été tué par la police nouillorquaise (le fameux NYPD si cher à notre 2ème ex, son modèle, son inspiration...).

Le fait que ce soit encore un noir n'est qu'un hasard. Car les policiers n'ont pas de balles à blanc, et celui-là a été étranglé.

Chère Amérique, patrie de la Liberté et des droits fondamentaux, notamment son 2ème amendement qui autorise le port d'armes.


(Merci Pétillon).
Mais le pire n'est pas là. Le pire, c'st le fondamentalisme religieux, qui est le fond de commerce commun des télévangélistes et du Parti Républicain dans son aile droite.

Et le pire du pire, c'est que ce mouvement nous gagne. On en voit tous les jours les ravages, les mails et les tweets remplacent les télévangélistes pour nous inonder de leur vérité, dont la conviction exclut toute charité. 

I can't breathe...


samedi 1 novembre 2014

Halloween

Halloween c'est pour faire peur aux petits, et rassurer les grands : ils ont peur de la mort.

Chaque année, les américains se font un grand happening. Ca commence par des tas de citrouilles à mettre devant sa maison.

Et puis divers accessoires, fruit d'un profitable commerce entre la Chine (fabriquant), et américains (consommateurs).

Un costume de bagnard pour le gamin, quelle bonne idée pour le préparer à l'enfer! Un squelette gonflable....




Après vous pouvez décorer votre maison, avec des sorcières pendues, ou un crane 
Vous mettez partout de la toile d'araignée, et des pierres tombales de fantaisie

Et puis un chat noir, complètement électrifié : il vous suit du regard, il est prêt à vous sauter dessus.


Mais voici les consignes de sécurité, données par la Police aux parents prévoyants :

 Costume Safety
  • Wear clothing that is bright, reflective and flame-retardant; wear short clothing that prevents tripping.
  • Wear sneakers or comfortable shoes.
  • Use face paint (non-toxic, hypoallergenic) and avoid masks – especially if the eye holes obstruct the child’s vision.
  • Don’t wear floppy hats or wigs that slide over the eyes. Also, children should not wear long, baggy, or loose costumes or oversized shoes.
  • Avoid toy weapons – if desired, use costume knives and swords that are flexible, not rigid.
  • Stay away from pets. The pet may not recognize the child and become frightened.
Pedestrian Safety
  • Children should stay within familiar areas and surroundings. Parents should establish a route for children.
  • Children should use flashlights and stay on sidewalks.
  • Children should cross the street at corners / crosswalks and not between parked cars.
  • Motorists should drive slowly and watch carefully for children.
General Safety
  • Many police districts, community groups, business associations and others host Halloween parties. Parents should consider these as a safe alternative to door-to-door “trick-or-treating” for their children.
  • Children should never go into homes – stay on the porch or stoop when asking for treats.
  • Children should avoid homes that don’t have their outside lights turned on.
  • Children should never talk to strangers or get into strangers’ cars.
  • Children should travel in small groups and be accompanied by parents or an authorized adult chaperone.
  • Children should know their home phone number and their parents’ cell phone numbers, when applicable.
  • Children should have their names and addresses attached to their costumes.
  • Children should bring home treats before eating them so parents can inspect them. When children get home, parents should inspect all candy and other treats before they are eaten. Discard all unwrapped or loosely wrapped candy or fruit.
  • If you have any questions about suspicious looking treats, call the police department.
  • Adults should only give and accept wrapped or packaged candy.
  • Adults should keep porch lights on and their driveways illuminated.
  • Homeowners should ensure that their walkways are cleared of debris on which children may trip and fall.
  • Parents should cut into fruit, such as apples, to make sure they do not contain foreign objects.
  • If in doubt, throw it out.




samedi 4 octobre 2014

Le président et moi

Pendant au moins une semaine, je ne me lave plus la main droite.

En effet, il y avait ce soir l'inauguration des "20 ans de la Grande Galerie de l'Evolution" au Muséum national d'Histoire Naturelle, où j'étais invité en tant que prince consort, présidée par, comme son titre l'indique, le Président de la République, accompagné des ministres de tutelle, Mme Royal, Mme Belkacem et Mme Fioraso, pilotés par le président et le directeur général du dit Museum.

Dans le discours introductif, reprenant l'anecdote bien connue du Président Mitterrand traîné dans le bâtiment abandonné et qui demande combien de temps il faudra pour le restaurer : "moins d'un septennat", le directeur général rappelle en particulier que les plus anciens fossiles datent de 3.5 milliards d'années (détail qui aura son importance par la suite).

Enfin le Président parle. Pas très bien du reste, mais il y avait l'essentiel : l'assassinat de l'otage français (et hier celui de l'humanitaire britannique), qui a occulté, et c'est bien naturel, l'autre aspect de la récente réunion à l'ONU : biodiversité, déréglement climatique, transition énergétique, fonds "vert". Il s'impliquera dans la conférence de Paris fin 2015, que le gouvernement prépare activement.

Il annonce qu'il a bien compris l'intérêt qu'il y aurait à rénover la galerie de paléontologie qui est dans son jus XIXème. Et il a cette formule : "...les fossiles datant de la Création il y a 3 500 millions d'années!" Les créationnistes ont dû applaudir intérieurement, les ultramontains rappeler que c'était le 23 octobre 4004 av. J.-C., les évolutionnistes s'arracher les cheveux. La conclusion : il faut sauver l'espèce, non représentée ici : l'espèce humaine.

  La photo n'est pas très bonne, mais c'est pour vous monter la réalité de ce que je vous raconte.

La chorale de la Sorbonne nous charme les oreilles, pendant qu'il commence son bain de foule, en commençant par Jack Lang, qui était là avec Mitterrand il y a plus de 25 ans. Le champagne attendra.

Par un hasard curieux, nous sommes placés sur son chemin. Il s'approche, suivie de son ex.
Et alors... je le regarde droit dans les yeux! Il va vers moi, me serre la main, et je lui dis :
-M. le Président, merci d'avance pour la Galerie de Paléontologie! 
-Mais oui, certainement...
-Parce que le bâtiment est magnifique, qu'il y a des trésors mal présentés, alors que les musées équivalents à l'étranger, Washington, Londres, se sont rénovés! 
-Oui, oui, mais il faudra du temps, 20 ans.... (petite blague)
-Non, ça peut être fait plus vite!
-Il faudra que la Région aide l'Etat. Merci Monsieur, au revoir, à bientôt...

Devant la longueur (relative) de cet échange, auquel Mme Royal et Mme Belkacem ont été attentives, ces ministres se sont senties suffisamment en sympathie pour me tendre leurs mains, que j'ai serrées (sans baise main : l'une au moins n'est pas mariée), et ne voulant pas avoir l'air de ne pas me reconnaître, l'une d'elle m'a dit : ça va? comme si on s'était rencontré la veille.

Comme le Président avait évoqué la Région, l'adjointe de la région IdF est venue se présenter à moi, m'assurant de son soutien! On aura tout vu...

Le champagne arrive, et il me revient tout ce que j'aurai pu lui dire, mais c'était trop tard :
- la paléontologie, c'est un gros mot, mais pour le grand public, c'est les squelettes de dinosaures : si on rénove le pavillon, tous les gamins viendront avec joie : on pourra alors leur parler d'évolution et d'écologie.
- un quinquennat suffit.
-pour la galerie de Paléontologie, on ne lâchera rien!

Le roi n'est pas mon cousin. Il ne m'a pas dit de me casser, c'est mieux que celui d'avant.

samedi 20 septembre 2014

La Breizhie

Récemment, je suis allé à l'étranger. Le poste de douane est à la Gravelle, et ce pays est la Bretagne.

Sur l'autoroute, déjà, avant d'arriver on est prévenu :

"La France est un petit pays coincé entre la Bretagne et la Belgique", sur une boite de petits gâteaux.

A noter la coiffe bigouden qui leur sert de signe de ralliement. A l'aise Breizh , la bidouden déjantée, est "l'ambassadrice" des bretons "expatriés".


Sur place, on constate la bretonnisation systématique et assez artificielle des noms de lieu sur les panneaux routiers,  y compris en "pays gallo", où le breton n'a jamais été parlé.

Quelques exemples :
 La "prefeti" CH de Gaulle, sans doute parce le grand-père du Grand Charles était barde. Mais je m'interroge sur la majuscule du H.
Meukon, ça fait quand même plus distingué, isn'it?
En revanche "LESKON" résume bien la situation.

Dans ce pays, il n'y a pas de péages. La promesse du général de Gaulle pour "désenclaver" a conduit à la réalisation par l'Etat de travaux gigantesques, des 4 voies partout. Ensuite, après la décentralisation, ce sont les conseils généraux qui ont poursuivi "pour maintenir l'emploi dans le BTP". Pas un patelin qui n'ait sa "rocade", pas un croisement qui n'ait son rond-point. Le record est à ma connaissance celui au sud de Saint-Brieuc qui doit bien faire 800 m de diamètre. Et maintenant la LGV, avec des travaux gigantesques, pour leur faire gagner 1/4 heure pour aller à Paris.

La vitesse est limitée à 110 km/h, dit-on, en contrepartie. C'est une plaisanterie. Car les préfets sont bien gentils. Il y a peu de radars, et ils sont bien signalés par des panneaux. Et puis ils connaissent les endroits. Jamais dans le pays voisin, la France, je n'ai vu autant de contrevenants : le radar passé, les bretons montent à 150, et si par malheur vous êtes resté à 110, vous vous faites coller et allumer "Dégage parigot..."

C'est un pays qui vit de subventions, notamment agricoles, qui nitrate les rivières, qui produit du bas de gamme (poulets Doux!) et qui réagit par la violence. Dans un hôtel, la "déco" rappelle les exploits passés : l'incendie du parlement de Bretagne par des pêcheurs "en colère" en 1994. Ils ont oublié, par exemple, la destruction du relais de TV de Roc'h-Tredudon, en 1974.

On se souvient des "Bonnets rouges" qui ont incendié les portiques écotaxes. Hier, ces "Bonnets rouges" ont été lourdement condamnés à de la prison ferme. On ne s'étonnera donc pas de l'incendie cette nuit du centre des Impôts de Morlaix. L'"excuse" est cette fois les artichauts. 
                                   

Dans un lieu touristique prisé, on découvre cette revendication "Breton toujours! Français jamais!"
Evidemment, ça a été un peu barré, mais c'est toujours bien visible. De même, il n'y a pas un pont sur la 4 voies Vannes - Quimper (Kemper) qui n'ait son slogan vengeur contre le mariage pour tous, ce qui témoigne d'une bonne organisation.

Vous aurez remarqué les bateaux : toutes les rivières, les golfes, les abers, sont remplis de beaux voiliers, à tel point que seul un étroit chenal permet le passage. 

Il y a de l'argent en Bretagne. La sociologie montre une majorité "de droite", avec des poches de gauche, tous d'accord pour tirer le maximum de l'Etat, un  "nationalisme" plus ou moins exprimé, mais prêt à l'indépendance dès qu'ils verront qu'il n'y a plus rien à tirer de la France.

La Bretagne est en voie de corsification. Poutine est son modèle et son héros.  Allez voir http://www.bretagne-gouv.eu  Rien que le nom du site est un symbole. Je crains le pire.

jeudi 28 août 2014

Paul Adrien Maurice Dirac

Vous ne connaissez pas Paul Adrien Maurice Dirac? Dommage. C'est un anglais, fils d'un suisse charentais et d'une anglaise, né en 1902.

Un vrai génie. il obtient le prix Nobel avec Schrödinger en 1933 (à 31 ans) pour avoir mathématisé la mécanique quantique, en intégrant (par induction) les "intuitions" de Broglie, Pauli, Schrödinger, Heisenberg, et quelques autres.

La traduction de son livre, "Les principes de la Mécanique quantique", de PAM Dirac, la "bible" de la MQ,  est en accès libre dans une bibliothèque municipale d' une petite ville de province, alors que ce livre est inaccessible dans les bibliothèques municipales de Paris, et sans doute toujours sorti dans les bibliothèques universitaires.

Sa démonstration consiste en une seule algèbre, dont on peut constater qu'elle est conforme à l'expérience, ce qui n'était pas le cas avant lui : on pouvait "inventer" une loi qui marchait, mais on ne savait pas pourquoi, ou bien on pouvait faire des théories, issues de la mécanique classique, qui ne menaient à rien.

C'est très simple, dès lors qu'on accepte l'idée que la lumière agit par "quantum" : les transferts d'énergie ne peuvent pas être continus, mais obligatoirement par un saut d'énergie, de valeur hν, ν étant la fréquence  du rayonnement émis ou reçu, et h la fameuse constante de Planck.

Dans ce cas considérons l'état d'une particule quelconque, à un moment donné, à une position donnée, sous la forme d'un vecteur, qu'on appelle un "ket", et qu'on écrit |x>. Ces états s'additionnent et se multiplient par des nombres, réels ou complexes, de façon habituelle. 

On peut l'intégrer sur un paramètre, s'il en dépend : ∫ |x> dx = |Q>


Il est aussi superposable : il peut être la somme de kets indépendants ou non. Mais il ne se superpose pas à lui même : a |x> + b |x> = (a+b) |x>.

Comme on a des vecteurs, on peut toujours construire des vecteurs dans l'espace dual : ce sont des vecteurs "bra" notés tout simplement, et c'est un nombre : le bra-ket, parce que bracket veut dire "parenthèse" en anglais. Nice, isn't it?

On définit un bra lorsque son produit scalaire avec tout ket est défini. 

Ceci est simple. Mais le génie a consisté à dire qu'on peut appliquer à ces vecteurs un opérateur : multiplication, dérivation, etc, et qu'on appelle un "observable". Donc, observer une particule n'est pas VOIR son état, mais le résultat à l'issue du passage dans l'opérateur. Si l'état est |a>, on observera |F> = α |a>. 

Quelques calculs plus loin, on comprendra qu'on le résultat de l'observation ne peut être qu'un "vecteur propre" de l'opérateur, tel que α|P> = a |P>. Ces valeurs propres sont discrètes, ou continues, et donc revoila le principe quantique!

On peut alors généraliser la formule de Schrödinger, qui donne l'évolution du système dans le temps et comprendre que le carré des solutions, dite "fonction d'ondes" donne la probabilité de présence de la particule dans le coin d'espace et de temps considéré.

On démontre dans la foulée les principes d'incertitudes d'Heisenberg : si les opérateurs ne commutent pas ( [a,b] = ab-ba  0 -le fameux "crochet de Poisson"-), alors les observables associés ne peuvent être précis à la fois : Dx * Dy  h/2π. C'est le même h que la constante de Planck! C'est le cas notamment de la vitesse et de la position : si on sait où est la particule, on ne peut savoir à quelle vitesse elle va, et réciproquement. 

Conséquences entre autres :
- le photon va à la vitesse de la lumière, on ne sait donc pas où il est : c'est une "onde" qui remplit l'espace, qui explique les interférences de Young. Mais c'est aussi une particule, dont on ne sait par quel trou elle passe... Mais si son énergie est connue, hν, sa masse est nécessairement nulle.
- si une particule est interchangeable avec une autre, que se passe-t'il si on en échange 2? On a un état |a>|b>|c>....|x> qui devient par exemple |b>|a>|c>...|x>. Un ket de tous ces états peut être symétrique, ou antisymétrique pour toute permutation. Mais un état symétrique, ou antisymétrique,  doit le rester au cours du temps. 

Il y a donc des particules "symétriques" et "antisymétriques" : les antisymétriques sont des "fermions" (électrons, neutrons, protons, etc) qui ne peuvent pas  coexister dans le même état. C'est le principe d'exclusion de Pauli. En particulier, deux électrons ne peuvent se trouver sur la même orbite que parce qu'ils ont des spins différents. S'il y a plus de 2 électrons, le 3ème doit se trouver de la place sur une orbite supérieure. En changeant d'orbites, les électrons absorbent ou émettent des photons, de la lumière, le spectre, qui nous renseigne sur la composition des étoiles.

D'autres sont "symétriques" : elles peuvent s'empiler sans problème : on retrouve le "condensat de Bose-Einstein". Les photons et autres bosons en font partie. 

C'est un simple résumé. Mais pourquoi la nature est-elle si compliquée au niveau sub-atomique? Parce que autrement, il n'y aurait rien, et nous ne serions pas là pour la contempler : c'est le principe anthropique faible. Le principe anthropique fort va plus loin : c'est pour qu'on puisse l'observer que le monde est ainsi fait. En 7 jours. Avec des fermions et des bosons...

A noter qu'on ne s'aperçoit de rien à notre échelle macroscopique : la constante de Planck est très petite à notre échelle.

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

jeudi 21 août 2014

Saint Augustin

Il n'est pas possible d'évoquer saint Augustin en quelques lignes : cet homme était un géant.

C'était un berbère du Maghreb, né en 354, latinisé, fils de (sainte) Monique, qui reçut une bonne éducation, mais fut un garnement et un noceur. Il aimait notamment les Ferias et la bière.

Par "hasard", il va à Milan et se fait convertir par saint Ambroise. Il est baptisé, avec son fils Adéodat, en 387.

En 395, il est nommé évêque d'Hippone (que les Français appelaient Bône), et il écrit pour partager sa conception philosophique du christianisme, et lutter contre toutes les sortes de hérésies du moment.

Il meurt en 430 pendant que les Vandales attaquaient Hippone.

Je ne pense pas qu'il soit possible de lire tout saint Augustin. Vous pouvez les lire sur ce site http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/index.htm, mais il, faut payer en francs suisses. C'est énorme : la Pléiade a déjà publié les Confessions, la Cité de Dieu, des textes de philosophie, Catéchèse, en 3 tomes de 1500 pages chacun, et ce n'est qu'une toute petite partie, la plus connue, de son Oeuvre. 

On connait de lui quelques belles citations :
-« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus » : celle-ci a laissé Einstein lui-même sans voix.

-« Nondum amabam sed amare amabam et secretiore indigentia oderam me minus indigentem. »

(traduction : « Je n’aimais pas encore, mais j’aimais aimer et par un besoin secret, je m’en voulais de ne pas en avoir encore assez besoin.)
Il y en a des milliers comme celles-la. Découvrez-les vous-même. 
Il a reçu après sa mort les hommages prévus en de telles circonstances : canonisé et fait Docteur de l'Eglise (il y en a très peu). On le fête le 28 août. Il est enterré à Pavie, en Italie, où ses restes ont été transférés.
Il est célébré partout dans le monde, et c'est dans l'église Saint-Augustin de Paris que Charles de Foucauld s'est lui aussi converti après une vie de débauché.




vendredi 1 août 2014

Juillet - 2 aout 14 : mémoires de mon grand-père

Permettez-moi de vous mettre sous les yeux quelques pages de mon grand-père, écrites pendant la 2ème guerre, où il raconte ses souvenirs de jeune homme -il avait 18 ans- : c'était il y a 100 ans.

            Une matinée de juillet sur les boulevards et je flâne en ne songeant à rien. La journée sera belle et il monte de la chaussée récemment arrosée une exquise fraîcheur. Il y a peu de passants car c’est l’heure où les employés commencent à travailler dans les bureaux ou les magasins.
            L’immeuble du Matin dresse sa haute façade baroque dont les couleurs criardes m’ont toujours été insupportables, et j’achète, en passant devant un kiosque à journaux, la feuille d’Edouard Drumont.
            Mon regard se pose sur le titre d’un article signé "Intérim". Je lis cet article d’abord distraitement et puis je me mets à réfléchir longuement sur son contenu. Il y est question de l’attentat de Sarajevo et soudain, j’éprouve que le journaliste a fait passer en moi sa conviction que la guerre était inévitable.
            La Russie soutenait la Serbie, et l’Allemagne était derrière l’Autriche-Hongrie. Les alliances joueraient et la France serait entraînée dans le conflit en même temps que la Grande-Bretagne, sans doute.
            Tout cela au fond ne m’effrayait pas. Et puis il fallait bien que la guerre éclatât quelque jour. Chacun prévoyait d’ailleurs un conflit qui ne durerait que peu de temps. Néanmoins, il était permis de penser qu’à cause de la puissance meurtrière des armements modernes le premier choc serait terrible. C’était d’ailleurs l’avis de mon père, mais ce n’était certainement pas le mien puisque je n’avais jamais réfléchi sur ce sujet.
            Je n’ai rien lu d’autre dans la Libre Parole, même pas l’éditorial dont j’étais d’ordinaire si friand, et j’ai envisagé la guerre très vague-ment ainsi qu’une aventure héroïque où l’on se couvre de gloire en prenant des drapeaux.

            Une matinée de juillet sur les boulevards et un peu d’inquiétude malgré tout dans l’esprit d’un jeune homme qui venait d’ouvrir un journal…

Le 2 août 14

            Dans l’après-midi du 2 août, je trouvai en sortant de chez moi un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants, et mon attention fut attirée soudain par une affiche qu’ornait un faisceau de drapeaux tricolores.
            La mobilisation générale venait d’être décrétée et chacun ajoutait ses commentaires aux propos qui s’échangeaient devant cette palissade de bois, en pleine rue.
            Certes, et cela avait été dit officiellement, la mobilisation générale, ce n’était pas la guerre, mais ce propos ne trompait personne. La guerre approchait, elle était déjà présente. Elle était dans cet arrêt soudain des préoccupations les plus ordinaires de chacun, et la vie même de mon quartier semblait suspendue dans l’attente de quelque chose qui était dans l’air et bouleverserait tout, bientôt, dans un souffle irrésistible et ardent.
            Cependant une ardeur, un enthousiasme, un patriotisme incroyables montaient de ces hommes qui, dans quelques heures ou dans quelques jours, quitteraient leurs foyers. Un grand élan les soulevait tous et ils se sentaient par avance fraternellement unis pour supporter ensemble toutes les souffrances ou accepter en commun tous les sacrifices.
"Et puis, ça devait arriver. Il faut bien en finir une fois pour toutes. Qu’est-ce qu’on va leur mettre à ces cochons…"
Cela ne durerait pas longtemps et on serait tous de retour pour la Noël.
Le lendemain, je m’en allai rue Mercoeur, au bureau Suchard. Monsieur Simon avait revêtu son uniforme de sous-officier d’infanterie et il serrait des mains en prononçant des paroles encourageantes. Il souriait et un autre employé qui venait de l’Entrepôt de l’usine souriait aussi, car il était de ceux qui partaient tout de suite rejoindre leur régiment.
            Nous étions quatre de la classe 1916 qu’un grand désir de partir agitait intérieurement, et nous en voulions un peu à Monsieur Simon lorsqu’il déclarait qu’on n’aurait pas besoin de nous et que nous n’avions d’ailleurs qu’à attendre notre tour.
            Monsieur Richard, dont le fils allait partir dans deux ou trois jours, félicita Monsieur Simon de son moral élevé et lui dit en riant :
            "Et n’oubliez pas de nous rapporter des pendules…"
            Il s’agissait, je pense, des pendules que les Prussiens nous avaient volées en 1870.
            Monsieur Simon nous quitta et nous ne le revîmes jamais plus.
           Les départs se succédaient rapidement, et déjà l’on nommait avec gouaille ou mépris ceux qui ne partaient pas. On partait avec foi, avec fierté, avec honneur, mais la guerre était déjà là et elle se manifestait dans les yeux des mères et des épouses, et des larmes en coulaient parfois qu’il était bien difficile de retenir.

jeudi 31 juillet 2014

Au voleur (bis)

C'est fou ce qu'on est en insécurité.

Un jour, je ne me fais rien voler, ce qui en soi est déjà une information. Mais c'est la dame postière qui, avant de monter les étages d'un HLM pourrave, laisse son vélo devant la porte, et se fait donc chouraver ce qui s'appelle dans son jargon sa "sacoche financière". On en a licencié pour moins que ça.

Pendant ce temps, je vaque à mes occupations dans une insouciance suspecte, quand je reçois une lettre injurieuse du Carrouf du coin me mettant en demeure de lui payer des milliers de francs :  chèque à mon nom, certes, mais déclaré volé. Première nouvelle.

J'appelle ma banque, qui me dit avoir été informée que des chéquiers à mon nom avaient été volés. Ah bon? Vous m'en direz-tant! J'appelle la poste, mais non il faut s'adresser au CMD, centre M(otorisé?, ilitaire?) de Distribution. La postière s'est fait voler MES chèques, et c'est comme cela que je l'apprends? -Ben oui, ce n'est pas vous qui avez été volé, c'est la Poste. Je comprends bien, lui réponds-je, donc je fais comment pour le faire savoir à tous les commerçants qui se seront fait avoir? Vous les renvoyez sur nous! Bien.

Je récupère les numéros des chèques volés, et je fais un tableur Excel, de 75 lignes. Je fais un formulaire où je raconte l'histoire, que je photocopie en 75 exemplaires. A chaque lettre d'injures reçue, je complète mon Excel et j'envoie ma circulaire.

Sur les 75 "formules" volées, environ 50 me sont revenues. J'ai donc rapporté à la Poste l'équivalent de 50 timbres, sans compter les courriers à ma banque (par erreur, des chèques avaient été quand même débités de mon compte). 

Environ 10% des courriers étaient corrects : Monsieur, nous pensons qu'il y a dû y avoir une erreur avec ce chèque, et nous vous serons reconnaissants de vous mettre en rapport avec nous pour régler le problème. Ceux-ci recevaient avec la circulaire une formule de politesse bien choisie.

Environ 40% provenaient des services comptables des entreprises : vous avez 30 jours pour vous régulariser, faute de quoi nous passerons le dossier au contentieux. Ils avaient droit à la formule de politesse classique, genre parfaite considération.

Le reste, environ la moitié, venait directement des huissiers de justice. Loin de moi l'idée de généraliser, mais enfin, j'ai vu la façon de procéder de plusieurs cabinets : j'ai 8 jours pour payer le principal, plus leurs frais, plus les taxes. En gros de 50 à 100% du montant qu'ils estimaient dû. Au bout des 8 jours, il y aurait de nouveaux frais et de nouvelles procédures, jusqu'à la saisie de mon mobilier, la retenue sur salaire, le bagne, que sais-je encore. Le tout en recommandé avec accusé de réception. 

Je leur renvoyais ma circulaire habituelle, en rayant la formule de politesse standard et l'adresse de la Poste coupable, mais leur rappelant que dans cette affaire, j'étais la principale victime, que leur menace de me signaler à la Banque de France m'avait beaucoup plu et que je l'avais appréciée à sa juste valeur, enfin que les commerçants qui avaient accepté ces chèques n'avaient pas procédé avant aux vérifications élémentaires, et que c'était tant pis pour eux. Quant à moi, contrairement à leur affirmation, j'avais bien fait tout ce que j'avais à faire, et que sur ce plan leur accusation était sans fondement. 

J'ajoutais, s'il voulait  bien être aimable avec moi et me le demander dans des formes obligeantes, que je pourrais leur donner les coordonnées de l'entreprise qui pourraient éventuellement les rembourser de leur préjudice.

C'est curieux, en rangeant mes affaires cet hiver, en retrouvant cet épais dossier, qui m'a occupé bien 6 mois, jusqu'à ce que les derniers chèques soient arrivés, de retrouver la rage vécue à l'époque d'être traité comme un malpropre. J'ai pu reconstituer l'itinéraire de ces valseurs, mais je n'ai pu me résoudre à le jeter. Je le garde pour l'Histoire.

mercredi 16 juillet 2014

Libéralisations - bis

Je ne peux que conseiller à mes fidèles lecteurs de relire mon blog du 24 janvier 2008 "libérer la croissance", ou, éventuellement, celui du 6 février 2008 . 

J'y saluais les audaces du rapport Attali (celui de 2008 remis à son Excellence M Sarkozy, Président de la République, depuis déchu), et mettais au défi le récipiendaire de les appliquer. De quoi s'agissait-il : de libérer la croissance, en particulier en libéralisant les professions réglementées, en premier lieu les taxis.

Naturellement, il n'en fit rien, car le monsieur ne faisait que dans le verbe (plutôt vif) et le fric (plutôt liquide).

Ces bonnes idées sont reprises dans le rapport Attali remis à Guimauve le Conquérant, qui tente de les mettre en oeuvre. Pour les taxis, c'est du reste la concurrence qui s'en charge avec l'invention des VTC qui les contourne.

Hier, attaque en règle, via la Cour des Comptes, contre les abuseurs du Peuple : pharmaciens, huissiers, notaires, orthoprothésistes, et j'en passe. On rappelait hier sur les ondes que devant chaque niche fiscale il y a un chien, et pour chaque profession libérale deux bouledogues : ceux-ci sont lâchés et mordent furieusement. Je ris.

Il faut avoir eu la chance de rencontrer ces gens une fois dans sa vie, pour avoir envie de les pousser à la ruine. Un notaire vous prend 5000 € de caution pour un acte, et vous rend 4800 € 6 mois plus tard, sans intérêt. Un huissier vous poursuit pour une facture que vous ne devez pas payer, car elle résulte d'une erreur de facturation de votre opérateur de téléphone qui s'est trompé de personne. Débrouillez-vous avec, les frais augmentent comme le cube des délais, et ils sont du genre à ne pas vouloir savoir. Si en plus vous êtes pauvres, vous devenez vite TRÈS pauvres.

Quant aux pharmaciens, ils sont doublement pénalisés, car on leur avait donné la liberté des prix sur la parapharmacie en échange du blocage des prix sur les médicaments remboursables. Et maintenant tout ça va partir dans les supermarchés...

Enfin, je n'y crois pas trop. Leur puissance de nuisance est particulièrement élevée. Politiquement et sociologiquement, ils sont à droite, ce qui explique la reculade de Paul Bismuth. Socialement, ils sont puissants, et Flamby risque de flageoler.

Et pourtant, quand on est à droite, on doit être pour la liberté d'entreprendre. Et les bénéfices élevés qu'ils retirent de leur activité ont pour contrepartie le risque de faillite. Et oui! Ils applaudiraient cette réforme, si elle ne les concernait pas.

Dès qu'on parle de changement, alors l'immobilisme se met en marche. J'attends la suite avec impatience.


samedi 12 juillet 2014

La bonne ratatouille : la recette

Faire une ratatouille est une chose, en faire une bonne une autre. Idem pour la chouchouka (la différence m'échappe).

Il y a du reste autant de ratatouille que de ratatouilleuse, mais cela vaut pour beaucoup de recettes, y compris celles pour se faire réélire.

Pour une vraie bonne ratatouille, il faut une grand-mère. Elle doit se lever à 6 heures, ranimer le feu, et aller au jardin cueillir les légumes à la rosée. Elle peut aussi boire son jus, mais ce n'est pas indispensable pour la ratatouille.

Elle épluche les aubergines une à une, et vite, avant qu'elles noircissent, les coupe en rondelles pour les faire revenir à bon feu, dans l'huile d'olive, une vraie de chez vrai. Le secret est là : ne pas éplucher les aubergines avant que la cocotte (en fonte) ne soit prête à les accueillir. Plus on mettra d'huile, plus longtemps les aubergines auront doré et fondu, et meilleure sera la ratatouille. Si vous suivez un régime, passez votre chemin. 

Vous réservez les aubergines jusqu'à la fin de l’opération, en les laissant égoutter gentiment. 

Ensuite vous épluchez les autres légumes, coupés en morceaux, et posés au fond de la cocotte (sans huile maintenant) : courgettes, poivrons, tomates, oignon, échalote, olives, ail (au moins). Puis les aubergines. Vous salez, poivrez, touillez. Mettez le couvercle et faites mijoter très lentement, tout doux : ça ne doit pas attacher, ni cramer, juste fondre. L'eau s'en va, puis s'évapore. Quand il n'y a plus d'eau, c'est cuit. (variante : mettez au bon moment du riz à cuire dans le jus de la ratatouille, mais fermez bien votre cocotte, et mettez de l'eau fraîche sur le couvercle, pour que la vapeur retombe bien).

Vers midi, ça doit être prêt, sinon la grand mère va être désolée. Normalement, c'est tout bon, mais sachez que c'est encore meilleur réchauffé.

Que faire si vous n'avez pas de grand-mère? Essayez vous-même, avec les légumes du Super Market, votre gamelle en fer blanc et votre gaz : ça ne sera pas aussi bon, mais hausgemacht, ce qui n'a pas de prix.

Il faut bien 2 aubergines par kilo de courgette, et au moins un poivron (achetez-les les plus légers possible : ils seront moins chers, car ils n'auront pas fait leurs graines). 3 tomates. Enfin, ce que vous avez.

Vous pouvez aussi y mettre du navet, du poireau, des patates, du chou, mais ça ne s'appelle plus une ratatouille.

jeudi 19 juin 2014

Philippes d'Espagne

Le roi d'Espagne est en réalité roi de Castille, de Leónd'Aragondes Deux-Sicilesde Jérusalemde Navarrede Grenade, de Tolède, de Valence, de Galicede Majorque, de Minorque, de Séville, de Sardaigne, de Cordoue, de Corse, de Murcie, de Jaen, des Algarves, d'Algésiras, de Gibraltar, des îles Canaries, des Indes orientales et occidentales, de la terre ferme et des îles des mers océanes ; archiduc d'Autricheduc de Bourgognede Brabantde Milan, comte de Habsbourg, de Flandre, de Tyrol et de Barceloneduc d'Athènes et de Néopatrie, seigneur de Biscaye et de Molina, marquis d'Oristan et de Gozianos.

Vous avez bien lu : roi de Corse. Il peut reprendre son bien quand il veut.

L'actuel Philippe porte le numéro 6. Mais qui sont les précédents?

-Philippe Premier (1478-1506), dit le Beau, était un Habsbourg, gendre des Très Catholiques Ferdinand et Isabelle, marié à Jeanne la Folle (relire le Cardinal d'Espagne de Montherlant) et père de Charles Quint.

-Philippe II (1527-1598), le roi prudent
-Philippe III(1578-1621)
-Philippe IV (1605-1665), dit Le Grand, frère de la reine de France Anne d'Autriche, dont Velazquez a laissé des portraits étonnants que vous connaissez sûrement :


-Philippe V (1683-1746), dit Le Brave, petit-fils de Louis XIV de France, duc d'Anjou, nommé roi d'Espagne faute d'héritier direct, après une bonne guerre, par les droits qu'il tenait de sa grand-mère Marie-Thérèse, et de son arrière-grand-mère Anne.

-Et enfin notre Philippe VI, installé le 19 juin 2014, fils de Jean-Charles I