vendredi 31 janvier 2014

Jeanne d'Arc et la théorie du genre

Notre chère Sainte, Jeanne, est née il y a plus de 600 ans. Sa vie météoritique, son oeuvre considérable en un temps très court, forcent l'admiration. Elle est célébrée à Orléans, qu'elle libéra, depuis les origines.

Cependant, il aura fallu 5 siècles pour que l'Eglise la reconnut comme sainte. Je peux comprendre qu'il a été difficile de revenir sur un jugement ecclésiastique, mais la révision du procès de Galilée a quand même duré moins longtemps. 

La pauvre Jeanne aura de plus subi de nombreux affronts. Alors qu'à Orléans, on la célèbre pour ce qu'elle a été, la grande mode depuis 30 ans est de la récupérer sur des motifs indignes : "elle aurait "bouté" (du mot boutin) les étrangers hors de France, car elle est "de souche". Depuis 30 ans le FN en a fait la figure tutélaire de son mouvement le 1 mai, et M Nicolas Sarkozy en janvier 2012 n'a pas manqué un pèlerinage johannique à Domrémy et Vaucouleurs, 3 mois avant les présidentielles et une campagne qualifiée depuis de "à droite toute".

Mais la vraie Jeanne est au dessus de tout cela.

Mais voila qu'on lui cherche encore des ennuis. Vous savez (ou vous n'êtes pas sans ignorer, pour parler comme à l'ENA) que le motif de sa condamnation à Rouen conduite par Monseigneur Cauchon, évêque de Beauvais, était d'être relapse, c'est-à-dire récidiviste. En effet elle portait, dans ses campagnes militaires, un habit d'homme. Elle avait continué en prison. On lui avait enjoint de mettre des habits de femme, ce qu'elle fit. Mais après quelques jours, elle avait repris ses habits d'homme, ce qui fut constaté le 28 mai 1431. Le motif était trouvé, et 3 jours après, on l'emmena sur le bûcher.

La question est là : Jeanne aurait-elle choisi son sexe à l'âge adulte, et décidé d'être un homme? La réponse classique, telle qu'elle a été précise dans le procès en réhabilitation,  est que, vivant au milieu d'hommes, et plutôt du genre fruste, soldats ou geôliers, elle aurait mieux protégé sa pudeur et sa virginité avec des habits d'homme que vêtue de robes.

On ne sait malheureusement pas si Jeanne en son enfance, au bord de la Meuse endormeuse, jouait à la poupée ou aux petites carrioles. Mais sa tenue masculine est attestée par de nombreux témoins dignes de foi, qui en ont fait procès-verbal.

Si l'on parle de Jeanne d'Arc à l'école, ne serait-ce pas pour porter insidieusement la théorie du genre dans la tête de nos bambins? Je pose la question. 

3 commentaires:

Mr Saladin a dit…

Entre Jeanne d'Arc, vrai garcon manqué, et Louis XIV qui, enfant, portait des robes, c'est tout l'histoire de France qui fait mauvais genre!

Mr Saladin a dit…

Entre Jeanne d'Arc, vrai garcon manqué, et Louis XIV qui, enfant, portait des robes, c'est tout l'histoire de France qui fait mauvais genre!

François a dit…

Tous les garçons nobles à l'époque étaient habillés comme les filles, et élevés par les femmes jusqu'à l'âge de 7 ans. Puis ils passaient sous le férule des hommes, militaires ou ecclésiastiques, pour leur éducation.
Vous auriez mieux évoqué le chevalier d'Eon, dite Émilie de Bourmont.
Ou encore Monsieur, frère du roi Louis XIV, qu'on appelait Madame pour rigoler, tandis que la Palatine, sa femme légitime, était surnommée "Monsieur" pour son physique tudesque.
C'est à vie qui a mauvais genre, M Saladin, pas l'histoire.