samedi 20 septembre 2014

La Breizhie

Récemment, je suis allé à l'étranger. Le poste de douane est à la Gravelle, et ce pays est la Bretagne.

Sur l'autoroute, déjà, avant d'arriver on est prévenu :

"La France est un petit pays coincé entre la Bretagne et la Belgique", sur une boite de petits gâteaux.

A noter la coiffe bigouden qui leur sert de signe de ralliement. A l'aise Breizh , la bidouden déjantée, est "l'ambassadrice" des bretons "expatriés".


Sur place, on constate la bretonnisation systématique et assez artificielle des noms de lieu sur les panneaux routiers,  y compris en "pays gallo", où le breton n'a jamais été parlé.

Quelques exemples :
 La "prefeti" CH de Gaulle, sans doute parce le grand-père du Grand Charles était barde. Mais je m'interroge sur la majuscule du H.
Meukon, ça fait quand même plus distingué, isn'it?
En revanche "LESKON" résume bien la situation.

Dans ce pays, il n'y a pas de péages. La promesse du général de Gaulle pour "désenclaver" a conduit à la réalisation par l'Etat de travaux gigantesques, des 4 voies partout. Ensuite, après la décentralisation, ce sont les conseils généraux qui ont poursuivi "pour maintenir l'emploi dans le BTP". Pas un patelin qui n'ait sa "rocade", pas un croisement qui n'ait son rond-point. Le record est à ma connaissance celui au sud de Saint-Brieuc qui doit bien faire 800 m de diamètre. Et maintenant la LGV, avec des travaux gigantesques, pour leur faire gagner 1/4 heure pour aller à Paris.

La vitesse est limitée à 110 km/h, dit-on, en contrepartie. C'est une plaisanterie. Car les préfets sont bien gentils. Il y a peu de radars, et ils sont bien signalés par des panneaux. Et puis ils connaissent les endroits. Jamais dans le pays voisin, la France, je n'ai vu autant de contrevenants : le radar passé, les bretons montent à 150, et si par malheur vous êtes resté à 110, vous vous faites coller et allumer "Dégage parigot..."

C'est un pays qui vit de subventions, notamment agricoles, qui nitrate les rivières, qui produit du bas de gamme (poulets Doux!) et qui réagit par la violence. Dans un hôtel, la "déco" rappelle les exploits passés : l'incendie du parlement de Bretagne par des pêcheurs "en colère" en 1994. Ils ont oublié, par exemple, la destruction du relais de TV de Roc'h-Tredudon, en 1974.

On se souvient des "Bonnets rouges" qui ont incendié les portiques écotaxes. Hier, ces "Bonnets rouges" ont été lourdement condamnés à de la prison ferme. On ne s'étonnera donc pas de l'incendie cette nuit du centre des Impôts de Morlaix. L'"excuse" est cette fois les artichauts. 
                                   

Dans un lieu touristique prisé, on découvre cette revendication "Breton toujours! Français jamais!"
Evidemment, ça a été un peu barré, mais c'est toujours bien visible. De même, il n'y a pas un pont sur la 4 voies Vannes - Quimper (Kemper) qui n'ait son slogan vengeur contre le mariage pour tous, ce qui témoigne d'une bonne organisation.

Vous aurez remarqué les bateaux : toutes les rivières, les golfes, les abers, sont remplis de beaux voiliers, à tel point que seul un étroit chenal permet le passage. 

Il y a de l'argent en Bretagne. La sociologie montre une majorité "de droite", avec des poches de gauche, tous d'accord pour tirer le maximum de l'Etat, un  "nationalisme" plus ou moins exprimé, mais prêt à l'indépendance dès qu'ils verront qu'il n'y a plus rien à tirer de la France.

La Bretagne est en voie de corsification. Poutine est son modèle et son héros.  Allez voir http://www.bretagne-gouv.eu  Rien que le nom du site est un symbole. Je crains le pire.