dimanche 1 mars 2015

La résidence des mille vieux

Le salon de l'Agriculture est merveilleux. Une grande ferme pour les parisiens, voila qui nous rapproche de nos origines paysannes, et tous les politiques et les people viennent se prêter à cette opération de communication-relations publiques de la FNSEA, dans le but de nous faire adhérer aux subventions agricoles et au productivisme. 

Comme il y avait de la contestation dans l'air, on nous a vanté dans les étranges lucarnes le mérite de la robotisation des étables, robotisation justifiée par le grand nombre de vaches, et le petit nombre de personnel. Les vaches sont heureuses, elles vont se faire traire par le robot quand elles en ont envie, passent à la douche, vont faire la causette, mangent leurs granulés quand il faut. C'est ce qu'on nous a dit. On le faisait déjà pour les poules, pas de raison que les vaches y échappent.

Mais les vaches ne savent pas que l'ordinateur mesure chaque jour leur production de lait, et que s'il se tarit, elles finissent chez McDo, automatiquement.

Je pense que le concept doit être étendu pour d'autres besoins sociaux, liés notamment au vieillissement de la population. On va avoir de plus en plus d’octogénaires et plus, tandis que la population active diminue. Les retraites sont insuffisantes pour assurer le coût des EHPAD, tout en garantissant les dividendes pour leurs actionnaires.

Il faut donc robotiser les maisons de retraite, mais pour que l'investissement soit rentable, il faut que le nombre de pensionnaires soit suffisant, et le chiffre de 1000 semble un optimum. Là ou il faut 80 ETP pour 100 résidents, il doit être possible de passer à 50 emplois pour 1000 petits vieux.

Ils seraient bien sûr munis d'une puce électronique qui permettraient de piloter à distance tous les actes quotidiens. Un système de fauteuils automatisés permettrait les déplacements pour tout le monde, comme ceux que l'on voit à l'Hôpital Pompidou pour porter le linge et les repas. Le résident peut commander un fauteuil quand il veut se déplacer, et celui-ci arrive rapidement, ou bien il s'assoit sur celui qui arrive, comme on le lui aura vite appris.

Le fauteuil le conduira chez la coiffeuse, à l'infirmerie, au restaurant, le pèsera, mesurera sa température. Ainsi tous les paramètres vitaux seront contrôlés, et en cas dé décès, le transfert à la morgue sera automatique.

En cas d'épidémie, grippale par exemple, les fauteuils éviteront de mélanger les malades et les bien-portants, et il n'y aura plus besoin de mettre en place des dispositifs coûteux de quarantaine. 

S'il fait beau, le programme pourra les conduire au jardin, et il n'y aura plus personne pour oublier de regarder "les chiffres et les lettres". 

Ultérieurement, l'ordinateur pourra être connecté à celui de la Sécu, et au delà d'un certain seuil de dépenses dépendant de l'âge, les soins deviendront insensiblement palliatifs, de façon à accélérer le turn-over et faire de la place pour ceux qui sont en file d'attente.

Nous ne serons jamais assez reconnaissant à l'agriculture FRANCAISE pour son apport à la résolution des problèmes. (On pourrait les remercier aussi de nous avoir évité l'écotaxe). Et tout ça avec l'argent de l'Europe!

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