samedi 11 juillet 2015

Ecolos, écologisons, il en restera toujours quelque chose

Nous sommes invité à vivre de façon plus frugale pour assurer l'avenir de nos petits-enfants, et à la fin de l'année, il y aura un grand raout (combien de tonnes de CO² ?) à Paris pour définir tout ça.

Mais on en est loin, tant les réalités sont cruelles. En pratique, c'est organisé par les Communautés de Communes, qui sont des fromages pour élus locaux dispendieux.

Dans mon coin, où la taxe poubelle est plus chère qu'à Paris, ils ont construit une plateforme de type nucléaire : on monte sur une rampe, et il y a des conteneurs partout, sans compter les points de dépôt spécialisé : électronique, peinture acrylique, peinture non-acrylique, batteries de voiture, etc. C'est tellement compliqué que tout le monde s'y perd.

Dans les bacs "plastique", on peut y mettre les meubles de jardin, mais pas les pots de fleur. Dans le bois, on peut y mettre des palettes, mais pas du contreplaqué. Evidemment, les branches d'arbre ne sont pas du bois, mais du "vert". Un dragon, parfois une dragonne, vous crie dessus à la moindre erreur. Le jeu consiste donc à attendre qu'il soit appelé au loin pour vider son coffre. Et comme j'ai passé l'âge de me faire  crier dessus, je pense que je finirai par aller jeter le tout dans le marais.

Je précise que ces gens si occupés ne relèvent les ordures ménagères qu'une fois par semaine, même si il y a canicule : je renonce à vous expliquer les odeurs dans tout le patelin.

Je connais une autre déchetterie, où ils ne prennent la cargaison que si la voiture a le numéro du département, ou alors il faut aller se faire établir une carte spéciale en mairie. Mais quand on a réussi à entrer, c'est finalement commode : une bande de Roms se précipite pour récupérer tout ce qu'ils veulent, et met le reste dans un bac, au hasard. Je demande ingénument où lettre un vieux pot de peinture, et le gars me dit de revenir le jour de la prochaine collecte : c'est dans un mois et demi.

Le pire, c'est à Paris. On doit téléphoner à un numéro spécial pour les encombrants, et ils vous donnent une adresse près de chez vous pour déposer vos trucs. On le fait une fois, et on s'aperçoit qu'on est bien bête : il y a là un tas permanent où on peut aussi bien déposer que se servir. Des gars passent d'ailleurs tous les soirs en camionnette, juste devant les camions de la Mairie, trient pour revendre aux Puces. Il n'y a pas de déchetteries connues, sauf une qui est sous le périph, dont je n'ai jamais trouvé l'entrée.

Pour les piles, les cartouches d'encre et les ampoules, il y a des bacs dans le supermarché. Mais ils sont tellement désagréables, que j'en mets des neuves, prises dans les rayonnages. Ça défoule.

Une fois, ils m'ont écrit : dans mes ordures ménagères qu'ils avaient fouillées, ils avaient trouvé une vieille enveloppe, donc mes nom et adresse. Suivaient 3 pages de morale sur le tri du papier, et qu'on ne vous y reprenne pas...

Normalement, je mets mes vieux papiers dans une corbeille, que je vide avec les autres dans un sac de Carrouf, que je descends à la cave dans le bac à couvercle vert. mais là, je me suis fait avoir : je n'avais pas fait le ménage avant le passage de Conchita! Ah les Conchita! les anti-écolos par devoir, par fonction, par atavisme.

L'éducation, la formation permanente, pratique ou théorique, les remarques gentilles (ou pas), ça ne marche pas. Toutes les "saletés" vont dans le vide-ordures, y compris vieux papiers et bouteilles vides. Ne prenez pas de lessive ultra-concentrée : elle en met toujours un verre plein. Rationnez l'eau de Javel : moi, Monsieur François, j'aime bien quand ça sent le propre! Et quand ça sent le propre, je suis obligé d'aérer pendant 3 heures, même en plein hiver, pour pouvoir respirer. Supprimez la cire, elle en mettrait plein sur le parquet vitrifié, comme sur la vielle commode. Mais quand vous aurez tout tenté, sachez renoncer. Le combat est vain.

Entre les Conchitas et les bureaucrates intercommunaux, l'écologie ne s'en sortira pas.








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