samedi 7 novembre 2015

Lettre de dénonciation

Une histoire sans intérêt, mais il fallait quand même qu'il y en ait une trace quelque part...


En 1980, je suis nommé directeur régional dans une petite capitale régionale de province. Comme c'est la règle, puisque je deviens ordonnateur secondaire, donc responsable des dépenses et des recettes qui se comptaient en centaines de millions de francs, je suis nommé par un arrêté ministériel.

En 1981, François Mitterrand est élu président de la République, Jacques Dondoux devient directeur général à l'été 1981.

Sur place, je deviens l'homme à abattre, car "nommé par Giscard", du reste ma femme est cousine d'Anne-Aymone, c'est bien connu.

Je garde un bon souvenir des occupations de bureaux que j'ai dû subir, parce que je ne leur donnais pas les 38 h, alors qu'on avait des instructions fermes pour s'en tenir aux 39 h (du reste, on est passé immédiatement aux 38 h dès qu'ils ont envahi le bureau de Dondoux). Et même après, ils sont venus demander 1 journée de congés supplémentaire, sous le prétexte que les congés avaient été acquis sur la base d'une semaine de 40 h, et que je ne les leur donnerais que sur une base à 38 h. Authentique.

Toujours est-il que, bizarrement, j'étais encore là un an après. Un coup de fil au cabinet du ministre Mexandeau, et j'ai droit à un contrôle de l'Inspection Générale. Un brave type, spécialiste des faisceaux hertziens, nommé à L'inspection Générale, est venu pour compiler et examiner toutes les factures payées depuis depuis 3 ans, Et alors, ils m'ont dénoncé!


Le brave gars est resté 2 mois et demi, il n'a rien trouvé. Je lui ai demandé un certificat comme quoi il n'avait rien trouvé. Impossible : ils ne font de rapport que si ils trouvent quelque chose, pas si ils n'ont rien à dire. Et puis, il est parti en urgence, pour une histoire de frigo qu'un chef quelconque avait acheté pour son usage personnel avec les sous de l'Administration. Enfin, une affaire importante.

Voilà comment les choses se passaient en 1982.

Le hasard a voulu que je rencontre 25 ans après, dans un aéroport, le gars du cabinet qui avait gentiment écouté les camarades syndicalistes et envoyé l'Inspection Générale, et je lui raconte ma version : comment on disait que j'avais été nommé par Giscard, parce que ma femme était soi-disant cousine de Madame VGE, que la CFDT avait dénoncé "des anomalies dans l'exécution du budget", mais que l'IG n'avait rien trouvé, et que ce n'était pas faute d'avoir cherché. Il ne savait pas! S'il avait su! 

Ah les innocents et les pauvres d'esprit, ils en ont de la chance...


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