vendredi 4 décembre 2015

Le Crépuscule des Déesses

Voila une vieille légende venant des profondeurs des forêts rhénanes, imprégnée de mythes fondateurs qu'il faut aborder frontalement.

Le grand-père c'est Wotan. Il se prenait pour Dieu, mais il ne croyait pas en Lui. Il croyait en la valeur de sa race, supérieure, destinée à dominer toutes les autres. Dans sa jeunesse, il s'était bien amusé en terres infidèles avec son frère Loge, dieu du feu et de l'électricité, et y avait même perdu lors d'une ratonnade un couteau marqué à son nom.

Par hasard, il avait gagné un siège de député, et perdu un oeil dans un bagarre. Par calcul, il avait réussi à trouver le Trésor magique, l'Or des Ciments. Il acheta alors son Château du Walhalla (celui qui montre tout, au sens littéral), et plaça le reste en Suisse.

De sa femme Fricka, la mal nommée, il eut des filles, les Walkyries, surnommées les "vache-qui-rit". Mais il répudia Fricka qui pour se venger posa nue dans un magazine de charme.

De ses filles, seule Brunnhilde (trompe marine, en français) revendiqua son héritage, puis l'ayant obtenu, poignarda son père dans le dos. Entourée de mâles dominants à la sexualité incertaine, elle progressait dans les sondages, profitant du pourrissement général des affaires comme les rats dans une cave abandonnée.,.

Jusqu'où ne montera-t-elle pas! Mais dans la famille, la petite fille de Wotan apparaît, toute jeunette, mais avec toutes ses dents. Elle se dit catholique, la petite Marion, qui porte le nom de son grand-père au lieu de celui de son père qui ne l'est pas. Brunnhilde avait repeint la façade sur rue de la Famille en la"dédiabolisant", selon la formule consacrée. Marion lui donne un air de vertu, au point d'attirer l'attention de l'évêque du lieu, depuis longtemps connu pour ses positions réactionnaires, et de manière si subtile que dans les paroisses, on crut qu'elle était bénie par l'Eglise, surtout pour avoir, contrairement à son illustre Tante, dénoncé le "mariage pour tous". Cette alliance du bigot et du fagot allait la faire triompher dans toute la région du soleil du midi, quand sa Tante n'aurait que celle des brumes du Nord.

La fin de cette famille fait l'objet de plusieurs versions, selon les sources. Dans l'une, le grand-père meurt, et avec lui disparaît le clan des vétérans, celui des néo-collabos anciens combattants de l'OAS. La colonne vertébrale atteinte, le front s'effrite. Dans une autre, les turpitudes financières sont enfin traitées par la Justice, et le front s'effondre. Dans tous les cas, cela finit par des catastrophes terribles, et de grands malheurs pour le peuple un moment abusé.

Aucun commentaire: