jeudi 19 février 2015

l'Archange Gabriel

Gabriel est un archange, dont le nom veut dire "Dieu est ma force". Le suffixe "el" désigne spécifiquement Dieu, comme dans "Allah".

Les anges ne sont pas tous égaux, mais hiérarchisés en 9 chœurs, regroupés en 3 Ordres, et la Vierge est leur Reine :

  • Premier Ordre : Les Séraphins (ils sont rouges, et ont 6 ailes ocellées), les Chérubins (ils sont bleus , et n'ont que 4 ailes), les Trônes (représentées par des roues embrasées et ailées, parsemées d'yeux),
  • Deuxième Ordre : les Dominations(elles portent le sceptre et la couronne, ou bien un casque et une épée), les Vertus (qui tiennent un livre), les Puissances,
  • Troisième Ordre : les Principautés (vêtues tantôt en guerriers, tantôt en diacres, elles portent une branche de lys), les Archanges (leur mission est de lutter contre les démons), les Anges (simples soldats de base).
Il y avait bien un dixième chœur, mais il est passé à l'ennemi et s'est rallié à Satan.

Les Archanges forment une classe à part, car ils sont les seuls à ne pas être anonymes, bien qu'à l'avant-dernière place dans la hiérarchie. Ils ont normalement deux ailes rattachées aux omoplates, et leur sexe est indéterminé : ils agissent comme des hommes, et s'habillent parfois comme des femmes.

Il y en a 7 :
  •  Michel, le chef de la Milice céleste, a vaincu le Dragon, et brandit l'épée ou la lance,
  • Gabriel, le messager envoyé à la Vierge, tient une lanterne allumée et un miroir de jaspe vert sur lequel s'inscrivent les ordres de Dieu.
  • Raphaël, le médecin de Tobie aveugle, porte un vase d'onguent et donne la main droite au jeune Tobie et son poisson.
  • Uriel, précepteur d'Esdras, brandit l'épée flamboyante à l'entrée du Paradis, et se reconnait aux flammes qui sortent  de sous ses pieds.
  • Jehudiel, précepteur de Sem, celui qui récompense et qui punit, porte une couronne d'or et un fouet à 3 lanières.
  • Barachiel, (ou Peliel, ou Raziel), qui lutta avec Jacob, découvre des roses blanches dans le pan de son manteau. Raziel est celui qui a viré Adam et Eve du Paradis.
  • Sealtiel, qui arrêta le sacrifice d'Isaac, a les mains jointes dans l'attitude de la prière.
Le culte catholique ne reconnait que les 3 premiers (Concile du Latran, 746), et symbolisent les pouvoirs religieux, militaire et civil. Mais on y ajoute parfois Uriel pour représenter les 4 points cardinaux, et faire le pendant aux 4 évangélistes.

Pour en revenir à Gabriel, on le voit partout, car il est presque toujours présent dans les tableaux évoquant l'Annonciation, moins souvent quand il annonce la naissance de Saint Jean-Baptiste. Il aurait aussi révélé à Mahomet sa mission et lui aurait dicté le Coran : évidemment, cela n'est jamais dessiné.

SS Pie XII, par un bref apostolique du  1 avril 1951, l'accrédite comme patron des PTT : postiers, télégraphistes, téléphonistes, mais aussi de l'Arme des Transmissions. On le fête le 24 mars.

samedi 14 février 2015

Affaires de famille

Mon cher Robert,

Votre "ami" Théodore a bien voulu m'écrire une lettre charmante. Je n'oublierai jamais que j'ai eu l'honneur de vous être présenté par Madame de Villeparisis, l'amie de ma Grand-mère Bathilde, qu'on appelait Madame Amédée, et qui me fit découvrir Madame de Sévigné et bien sûr Bergotte. Avez-vous entendu parler de ses soeurs Céline et Flora?

Le frère de mon grand-père, l'oncle Adolphe était l' un des nombreux amants de madame votre ravissante belle-mère, du temps où elle était Odette de Crécy, séparée de Pierre de Verjus, comte de Crécy. Ne le confondez-pas avec mon oncle Octave, qui laissa inconsolable ma pauvre tante Léonie, connue pour tremper ses madeleines dans une cuillère de thé.

Nous avions connu votre beau-père, le délicat Charles Swann, quand il rendait visite à mes parents à Combray, car mon grand-père était ami avec son père. Et c'est par Odette, avant leur mariage, qu'il fut entraîné dans les salons des Verdurin, où il eut la chance de rencontrer Brichot, le pédant toponymiste, le marquis de Cambremer, dit "Cancan" (qui avait épousé une demoiselle Legrandin!), le comte de Forcheville, le docteur et madame Cottard, Dechambre le violoniste, Elstir le peintre, Saniette, et bien d'autres encore. On s'y amusait beaucoup, du moins selon l'avis de Madame Verdurin.

Vous avez aussi rencontré bien sûr Charles Morel, qui essayait de cacher que son père avait été le valet de chambre le l'Oncle Adolphe, et qui avait réussi à s’introduire à la Raspelière avec votre oncle le baron de Charlus, et à faire prendre du Meyerbeer pour du Debussy. Il se disait "presque fiancé" avec avec la nièce de Jupien, le giletier qui habitait dans notre immeuble, au côté de l’hôtel de Guermantes, puis qui  a géré une maison de rendez-vous où passait bien du beau monde.

A propos des Guermantes, qui font assez savoir qu'ils descendent de Geneviève de Brabant, d'un maréchal et d'un académicien français, j’aurais besoin de quelques précisions. Basin et Oriane, le prince et la princesse des Laumes, devenus duc et duchesse de Guermantes à la mort du duc, étaient-ils vraiment cousins? Palamède XV, baron de Charlus, et Marie-Aynard de Saint-Loup, comtesse de Marsantes -votre mère- complètent la fratrie de la branche aînée. Mais quel est votre rapport de cousinage avec le prince Gilbert de Guermantes, mari de Marie, née duchesse de Bavière? Auriez-vous imaginé que Mme Verdurin, veuve de M Verdurin puis du duc de Duras deviendrait à son tout princesse de Guermantes? Heureusement, cela n'est arrivé qu'après votre mort héroïque au front.

(à suivre)