lundi 14 août 2017

Août 1917 Verdun Souvenirs de mon grand-père (6) (suite)

Avez-vous remarqué le rôle crucial du Lieutenant Nonorgue? Lisez la suite....

Je venais de rejoindre ma compagnie après avoir eu un entretien avec le lieutenant Nonorgue. Il m’avait parlé de mon patriotisme, qui ne pouvait que m’inciter à accomplir je ne sais plus trop quelle mission ou à accepter je ne sais plus trop quel risque. J’avais répondu qu’on pouvait disposer de moi comme on voudrait, non à cause de mon patriotisme qui n’avait rien à voir dans l’affaire, mais parce que, étant le plus jeune sergent de la compagnie, je considérais comme une obligation de m’exposer plus que quiconque au danger.
            
Je me suis toujours demandé ce qui avait pu motiver cette réponse de ma part, cette réponse qui satisfaisait ma fierté par le seul fait qu’elle me semblait aller au-devant d’une lourde ironie ou d’une perfide intention.
            
Puis l’ordonnance de celui que je venais de laisser à des ridicules machinations tenta de me faire rire en me racontant les dernières de son supérieur. Il riait tout en faisant reluire une paire de brodequins et me tenait un discours interrompu de "s ‘pas", mais je n’avais pas, mais pas du tout alors, envie de rire.

Mes hommes s’inquiétaient peut-être de me voir souvent solitaire et pensif, souvent absorbé par une lecture, et un pari s’était tenu entre eux sur le point de savoir si j’étais ou non séminariste. Je m’étais associé un soir aux libations qui suivirent cet étrange pari, mais après mon départ, le lieutenant Nonorgue ayant fait irruption dans le cantonnement entendit cette appréciation sur sa personne :
           
"Nonorgue, c’est une vache…"
            
L’homme aux "s’pas", qui venait d’avoir l’idée de remplacer les balles ordinaires par les balles de bois, pour économiser sans doute les munitions nécessitées par le tir des grenades à fusil, et fut, de ce fait, l’auteur de quelques accidents, me demanda de réunir la compagnie afin d’exposer ce que je pensais de la discrétion et des moyens à prendre pour rester, en toutes circonstances, discret. Comme le sujet qui m’était proposé m’étonnait, notre inénarrable commandant de compagnie, qui se tenait à mon côté au milieu des hommes formés en carré, vint à mon secours et de la manière la plus imprévue qu’on saurait imaginer. Il fallait pour être discret ne pas dire tout haut en première ligne le numéro de son régiment, ne pas parler pendant les relèves, et ne pas boire trop vers le soir, dans les cantonnements. L’allusion était évidente, mais ce n’est pas tout de suite qu’elle apparut dans tout son comique.
            
Mais chacun avait confusément compris que la discrétion consistait surtout à ne pas assimiler verbalement et sous l’influence du vin le lieutenant Nonorgue à un ruminant monté sur deux pattes et galonné aux manches de deux ficelles d’or…

          
On avait fait des simulacres d’attaque où la cote 304 pouvait bien être figurée par un champ ou par un pré sans altitude aucune.
            
Et puis, un matin, sous le soleil, on avait présenté le drapeau. Toutes les poitrines étaient bombées et toutes les baïonnettes se dressèrent ensemble vers le ciel, immobiles. On sentait comme un cœur immense et unique qui battait.
            
Un grand miracle de silence et d’amour venait de s’accomplir à cause de ces trois couleurs qu’on voyait émerger là-bas, au-dessus de quelques casques.
            
Je voyais pour la première fois le drapeau de mon régiment et souvent j’avais détesté cette guerre où l’on ne voyait jamais de drapeaux.
            
Maintenant, je connaissais mon drapeau et je venais de mesurer toute cette force et toute cette fidélité qui me bouleversaient éperdument.

 Le commandant Dubec m’avait fait appeler par un agent de liaison :
           
"Allez me chercher mon petit sergent…"
            
Je me trouvais maintenant immobile, figé en ce "Garde à vous" impeccable qu’il exigeait de tous ceux qui se présentaient devant lui.
           
La pièce était vaste et claire, meublée de choses anciennes. Dans un angle se trouvait une petite table qui servait de bureau. Tout était net, bien en ordre.
            
Cet homme était un chef. De taille moyenne, le corps bien pris dans un uniforme bien taillé, le commandant Dubec était le type même de l’officier français. En le considérant, on pensait à une épée et à des gants blancs. En lui de vieilles traditions militaires vivaient intensément.
            
Le visage n’était pas harmonieux. Le front avait un pli, le nez légèrement bourbonien déviait un peu de côté, la moustache et la barbe grisonnaient. Le regard s’abaissait souvent sur le sol et puis montrait deux yeux vifs et perçants aux reflets gris ou bleus, qui faisaient songer à ces lueurs qu’ont certains aciers de guerre. La voix était nette et parfois d’une infinie douceur.
            
Comme il m’entretenait de la tenue des hommes et de la propreté des norvégiennes des roulantes, un régiment passa dans la rue, dont les hommes portaient la fourragère vert et or.
            
Il m’entraîna vers la fenêtre dont il ouvrit largement les deux battants, puis, me serrant affectueusement l’épaule de cette main qu’il avait si fine et si ferme :
            
"Voyez-vous, je voudrais que notre régiment portât un jour la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire…"
            
Je ne répondis rien à ce désir qui venait de s’exprimer d’une manière aussi inattendue.

            
Un grand silence s’était fait entre nous où passait peut-être la vision dorée d’une gloire impondérable et capricieuse.

vendredi 11 août 2017

Août 1917 Verdun Souvenirs de mon grand-père (5)

(suite)            

On apercevait un coin de ciel à travers le toit de l’église de Rambercourt aux Pots. De durs combats s’étaient livrés là, en septembre 1914.
            
Une jeune étrangère, une infirmière anglaise, venait chaque matin méditer ou prier sous la vieille voûte endommagée, et un jour, je la vis qui prenait des photographies.
            
Le village où nous venions d’arriver au repos était un gros bourg meusien que seules animaient alors ces multiples activités qui sont celles des soldats au repos. De vieilles maisons paysannes, aux escaliers souvent extérieurs, bordaient une route assez large. Des hommes se tenaient par groupes au seuil des cantonnements constitués par quelques granges qui ouvraient sur d’étroits trottoirs mal définis.
            
Je logeais dans la maison du percepteur, à côté de l’infirmerie où, chaque matin, un tout jeune major administrait l’ipéca, le bismuth, la purge ou la pilule d’opium à des malades dont la maladie donnait prétexte à une exemption de service d’un à trois jours. Il m’arrivait vers le soir d’emprunter la bicyclette du cycliste de bataillon pour une petite randonnée vers des villages voisins, mais ce véhicule était si petit pour mes longues jambes que je ne pouvais quitter la ligne droite, à cause de mes genoux qui venaient à chaque coup de pédale heurter contre le guidon.
            
La vie, à Rambercourt aux Pots, aurait été bien monotone si je n’avais fait connaissance avec une jeune institutrice et sa mère. Cette dernière n’avait pas toutes ses facultés et regrettait le temps où, selon ses dires, elle aurait pu s’entretenir longuement avec Monsieur Poincaré en personne sans éprouver la moindre gêne.
            
La jeune institutrice m’entretenait de ses lectures et de ses projets en un lieu situé à proximité de la popote des officiers, sous un arbre il me semble, au milieu d’un pré, et cela n’était pas sans intriguer le lieutenant Nonorgue, qui s’en venait parfois rôder dans nos parages. Le lieutenant Nonorgue ne me portait certes pas dans son cœur, mais il devait souverainement détester cette jeune fille qui avait, un soir, décliné ses avances en lui signalant qu’ "il sentait le juteux".
            
Comme, à la nuit tombante, un jeune clairon s’entretenait au seuil d’une grange avec une fille du pays, et cela assez longtemps après l’extinction des feux, notre Breton survint et me rendit responsable de ce qu’il venait de voir. Je lui répliquai que, n’étant pas de service, ces choses-là ne me regardaient pas, et que d’ailleurs je n’étais pas jaloux…
            
Ce petit incident n’en contribua pas moins à tendre encore davantage, entre le lieutenant Nonorgue et moi, des rapports dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils manquaient de confiance et de cordialité, mais je savais que, dans peu de jours, je perdrais cette indépendance que m’avaient value depuis un mois mes fonctions bureaucratiques, vis-à-vis d’un supérieur qui savait que bientôt je rejoindrais sa compagnie et qui, sous une lourde paupière, guettait déjà d’un œil satisfait une proie qui ne pouvait plus lui échapper.

 Le sergent Tassain venait quelquefois visiter ses anciens camarades. Il était un ancien légionnaire, d’origine alsacienne. Au début de la guerre, il avait assommé, dans une auberge de Bartenheim, un officier allemand qui lui avait affirmé que, dans trois jours, les armées du Kaiser défileraient à Paris. Puis il était passé chez lui, avait pris quelques marks et, par la Suisse et malgré ses cinquante-quatre ans, il avait rejoint les lignes françaises.
            
Tassain, de son nom véritable, Groner, était une sorte de géant sec et tout en nerfs. Le masque était énergique, les yeux noirs et durs, mobiles étonnamment. Le geste et la parole étaient vifs. Deux désirs menaient sa vie : tuer ses beaux-frères qui avaient servi dans l’armée allemande, et rentrer à Bartenheim avec "le Métaille militaire" sur la poitrine.
            
Tassain était un magnifique soldat et des instincts de primitif le liaient à la guerre, hors de laquelle, semblait-il, ils n’eussent pu se manifester. Il avait quelque chose du chasseur ou du trappeur, et comme gibier, le Boche lui suffisait. Lorsqu’on lui parlait d’un coup de main ou d’une attaque, il coupait net :
            
"Le Poche, tu peux pas l’avoir que par le païonnette…"
           
Le capitaine Mazella lui avait fait obtenir la Médaille militaire, et il portait la glorieuse récompense avec la fierté d’un grand enfant qui n’aurait attendu que cela pour être heureux. Il avait été, disait-on, proposé pour la Légion d’honneur, et ses exploits faisaient l’admiration de tous.
           
Il m’avait demandé, au cas où il ne reviendrait pas de la guerre, d’aller visiter ses enfants en Alsace.

            
Il fut tué quelques jours plus tard et je ne manquai pas de m’acquitter, en 1921, de la promesse que je lui avais faite.

(à suivre)

jeudi 10 août 2017

Août 1917 Verdun Souvenirs de mon grand-père (4)





(Cliché Etienne DUFAU, droits réservés)

Ce caporal infirmier faisait de la photographie et il retirait de cet art un profit certain. Il s’était spécialisé dans les scènes de guerre et il était passé maître dans la fixation sur pellicules de toutes les horreurs possibles. Son chef-d’œuvre avait été la prise, à Vermandovillers, d’un bout de tranchée où s’entassaient des morts. Il n’arrivait pas à satisfaire toutes les demandes, et ce n’était certes pas parce qu’il manquait d’hyposulfite de soude, ce produit qu’il trouvait en abondance au poste de secours. Il me disait souvent, en épanouissant un sourire satisfait et en esquissant un geste de lassitude :

"Ils veulent tous "les Cadavres". Je n’arrive plus à fournir des cadavres. Je n’ai plus de cadavres".
            
Les cadavres, ainsi prononçait-il, avaient tous les succès mais les saucisses ne se vendaient pas, et pourtant il avait très nettement saisi la descente des parachutistes sous les ballons d’observation incendiés. Le marchand de cadavres et de saucisses s’appelait Lejeune et tout le régiment le connaissait comme vendeur de cadavres et de saucisses.
            
Des sapes s’ouvraient à mi-côte, au flanc d’une crête dénudée. Le lieu où nous nous trouvions s’appelait le ravin des Fontenettes. Non loin d’un ruisseau presque à sec se trouvait une fontaine, où nous allions chercher de quoi nous rafraîchir ou nous laver. Cette fontaine était constamment sous le feu des fusants et son accès n’était pas sans danger.
            
Un matin, comme je m’étonnais que la plupart des obus qui tombaient non loin de nous n’éclatassent pas, je pensai tout d’abord que c’était à cause du terrain qui formait marécage de chaque côté du lit de la rivière, mais cela m’étonna tout de même, et tout de suite je pensai à des obus chargés de gaz. Je réveillai le clairon, qui donna l’alarme, et je mis mon masque. Cependant, beaucoup d’hommes avaient été pris pendant leur sommeil par ce qu’il était accoutumé d’appeler alors des gaz de combat, et on en évacua un grand nombre.
            
Vers le soir, le secteur devint mouvementé et des bruits coururent. On rassembla les hommes et le commandant Dubec se tenait impassible au milieu de nous. Des blessés encombraient des carrefours pendant que le ciel répercutait les bruits infernaux de la terre. Je me souviens du danger qu’il y avait à franchir, par-dessus un ruisseau sinistre, une petite passerelle de bois sur laquelle s’acharnait l’artillerie ennemie, mais je ne sais plus ce qui advint par la suite car je me trouve, après tant d’années et aussi à cause de la forte commotion que j’éprouvai au moment où je fus blessé, comme devant des vides que mes souvenirs ne peuvent combler.
            
Je ne saurais même plus dire ce qui m’arriva lorsque je fus, à la suite d’un coup de main, chargé de flanquer de feux un ravin que je n’arrivai pas à découvrir sur la carte, et qui devait être le ravin de Noifontaine.
            
D'autres faits encore m’échappent, qui sont les faits ordinaires de la guerre, mais qu’importe, je ne raconte pas la guerre mais je laisse plutôt défiler quelques ombres sur l’écran que la lumière des jours défunts n’éclaire que misérablement.
            
En quittant un bois, en plein sur la route poudreuse qui nous conduisait vers l’arrière, un obus, un seul obus a sifflé. Personne n’a quitté la colonne, personne sauf l’adjudant Meudec, qui s’en est allé vers un trou pour se mettre à l’abri. La mort l’a pris là-même où il pensait l’éviter.
            
L’adjudant Meudec était un Breton lourd et têtu, quelque chose, dans le civil, comme un mandataire aux Halles. Sa femme le tenait au courant des cours dont il nous faisait part. On savait que les carottes se trouvaient en hausse ou en baisse, et on s’intéressait par sympathie.
            
"Tu te souviens, Monganaste, à Marcheville ?… Et aux Eparges, tu sais, le point X…"

            
Il est des timbres de la voix, des inflexions de rien du tout qui vous rendent une présence. Les voix comme les musiques sont de terribles revenants.
(à suivre)

mercredi 9 août 2017

Août 1917 Verdun Souvenirs de mon grand-père (3)

Voila une carte qui vous permettra de suivre les événements sur le terrain. Verdun est au milieu à droite, Avocourt en haut à gauche, Cheppy au NW d'Avocourt.

Je le revois encore, non pas bouleversé par les torpilles, mais net et intact, tel qu’il m’apparut aux toutes premières lueurs de l’aube, après une relève, en ces instants où l’on essaie de se situer dans l’inconnu d’un secteur nouveau.

Et tout de suite je m’étais attaché à ce petit poste situé à la pointe extrême de nos positions en avant d’Avocourt, sur la rive gauche de la Meuse. J’avais même éprouvé pour lui comme une sorte d’attachement charnel à partir du jour où des avions ayant signalé des rassemblements ennemis dans le bois de Cheppy, il m’avait été plus particulièrement confié à cause des attaques dont il serait probablement l’objet. J’aimais ce petit coin de terre française dont je me sentais si hautement responsable, et nous étions quatre hommes qu’unissait une récente camaraderie, faite de confiance et de loyauté.

Et nous avons tenu tous les quatre quand les mauvaises heures sont venues, tenu dans la fumée et dans le bruit, comme savent tenir ceux qui n’ont plus d’espérance parce que les autres ne savent pas et que, même s’ils savaient, ils ne pourraient pas venir pour soutenir ceux qui se savent sans soutien. C’est tout de même quelque chose de grand que le désespoir car il tend les muscles et les volontés jusqu’à cette inconscience farouche où tout se facilite en se simplifiant. Et magnifiquement on supporte l’enfer en le dominant et il semble qu’on porte en soi quelque chose d’immatériel et d’inconnu rebelle à toutes les mauvaises forces qui se conjuguent pour le déchirement, l’engloutissement, l’anéantissement.

Je voudrais me rappeler les angoisses ou les défaillances, les terreurs aussi, mais je ne sais rien exprimer de certaines heures où je percutais des grenades contre mon casque pendant que les fusils tiraient, que les mitrailleuses crépitaient et que la terre s’entrouvrait alentour de nous sous de monstrueux chocs qui laissaient nos poitrines sans souffle, dans une haletante oppression. Des jours et des nuits passaient et je n’avais même pas une fusée rouge pour demander le barrage d’artillerie. Insensiblement, nos forces s’usaient ou nous abandonnaient, et il arriva un temps où, après avoir fait tout mon possible pour soustraire mes camarades au sommeil, ce dernier s’empara de moi traîtreusement, juste parce que j’avais pensé pendant une seconde à la bienfaisance d’un repos grâce auquel il me serait permis d’oublier jusqu’à ma propre existence. Combien il est inexorable ce besoin de sommeil de la vingtième année, et comment y résister lorsqu’on se sent à la limite de ses forces ?
            
Comme le jour allait se lever, un officier qui s’appelait Gautier se glissa vers moi et m’éveilla brusquement. Je ne le connaissais pas, mais il avait été envoyé de l’arrière pour voir ce que nous étions devenus.

 Ma surprise fut extrême et j’ajoute très désagréable. Je ne savais plus exactement qui j’étais ni où j’étais, mais ce que je savais bien, c’est que j’étais une pauvre chose passible d’un article du Code de Justice militaire, lequel prévoit la peine de mort pour ceux qui s’abandonnent au sommeil en présence de l’ennemi.

 Rien ne se passa, fort heureusement, mais il me resta de cette aventure un souvenir amer que j’ai d’ailleurs depuis longtemps chassé et qui suffirait à m’expliquer pourquoi j’ai conservé de ce petit poste tant aimé l’image qu’il me laissa lorsque j’y pénétrai pour la première fois, et que fidèlement la pellicule de mon West Pocket me conserva longtemps.

(A suivre)

mardi 8 août 2017

Août 1917 Verdun Souvenirs de mon grand-père (2)

 suite....          

 J’ai eu la visite d’un jeune officier long et maigre qui, après m’avoir demandé des renseignements sur le secteur, s’est mis à examiner à la jumelle l’espace chaotique et s’étendait devant lui. Il a tenu absolument à décréter qu’un tronc d’arbre était un emplacement de minnen et qu’une planche était un créneau de mitrailleuse. J’ai d’abord discuté et puis je me suis tu car, étant l’officier de renseignement du régiment, il devait savoir toutes ces choses bien mieux que moi. Et puis, il ne pouvait décemment rapporter qu’il n’avait rien vu et ne pas donner ainsi l’occasion d’économiser des obus qui, une amabilité en appelant une autre, nous seraient royalement ou plutôt, nos ennemis étant gouvernés par des empereurs, impérialement rendus.

 J’ai même eu la visite d’un général, une visite très courte, mais au cours de laquelle une manche étoilée s’est agitée devant mes yeux pour marquer un vif mécontentement. Le motif qui me valait une observation et une colère était assez sérieux puisque mon visiteur avait découvert, dans la personne d’un de mes guetteurs, un homme sans cravate. Je ne savais pas tenir les hommes dans les petites choses, et comment ferais-je donc pour les tenir dans les grandes, celles qui regardent et intéressent le destin de la Patrie ?

 Je veux me souvenir ici d’un aumônier qui était venu me voir. Il semblait très vieux et marchait péniblement à cause de l’âge ou de la boue. Il avait relevé sa soutane sur le devant, et en maintenait le bas fixé sur son abdomen, à la manière d’une couche-culotte pour bébé, fixée au moyen d’une épingle de nourrice.

L’homme de Dieu m’a dit quelques mots puis m’a offert deux ou trois cigarettes. En s’en allant, il me laissa la paix du Christ dont j’avais sans doute besoin à ce moment-là, et je savais bien que cette sorte de paix n’était pas celle que les hommes, et encore moins la guerre, étaient capables de me donner.

 Un peu avant minuit, c’est-à-dire un peu avant l’heure où je devais reprendre ma garde, le sergent Lebouc vint me réveiller, et immédiatement je sortis de l’abri que constituait pendant mon sommeil une tôle ondulée, qui maintenait une faible épaisseur de terre au-dessus d’une excavation située entre un bout de tranchée et un pare-éclats.

            "Ils attaquent…"

Je dormais si bien, si profondément, maintenant je me trouvais dans le vacarme et la fumée. Des grenades éclataient en miaulant, des mitrailleuses enchaînaient leurs rafales, des hommes tiraient, l’artillerie donnait à plein pour le barrage qu’une fusée rouge venait de déclencher. La nuit s’était subitement éclairée de fusées qui s’attardaient au sol avant de s‘éteindre, lentement poussées par le vent. Le fracas des minnen perturbait tout et à mesure que je me sentais impuissant à dominer tout ce tumulte et toute cette horreur, un calme extraordinaire me pénétrait jusqu’à porter mon esprit à un haut degré de lucidité. Je voyais tout, j’entendais tout, je dominais tout en éprouvant sur ces hommes dont je voyais sous les casques les traits tendus, comme un ascendant que j’avais toujours ignoré. Cependant, je les sentais un peu désemparés car celui qui m’avait sorti de mon sommeil ne semblait plus maître de lui. Le sergent Lebouc était blessé et il me demanda de lui donner sa musette. En boitant, il se dirigea vers l’arrière en me laissant sa section.

 Je me revois à cette minute même où, follement, je me dressai sur le parapet, de toute ma taille, pour qu’on me vît de partout et qu’ainsi on me sentît comme un chef et au-devant d’un danger que mon attitude niait puisque je savais bien que l’ennemi n’attaquait pas. Je ne juge pas cette attitude, je ne sais pas si les circonstances la commandaient, mais j’avais obéi à un ordre intérieur dont le caractère impérieux m’avait poussé à agir de cette sorte.

 Le barrage cessa, et l’on n’entendit plus ni grenades ni balles. Des fusées continuaient seulement à balancer au ras du sol de faibles clartés en découpant sur celui-ci des ombres qui tournaient. Le calme était revenu et tout s’était apaisé comme sous la baguette d’un invisible chef qui, après avoir déchaîné de monstrueux instruments, ne jugerait pas utile à sa gloire de prolonger plus longtemps son infernal effet.

 Quelques jours plus tard, au repos, on remettait une brillante citation au sergent Lebouc. Il n’avait, disait cette citation, quitté une position violemment bombardée qu’après avoir passé les consignes à son successeur. Le successeur que j’avais été en ces circonstances héroïques se rappelait très bien que le sergent Lebouc aurait pu être cité non pour m’avoir passé des consignes, mais pour m’avoir demandé une musette à laquelle il tenait sans doute tout particulièrement.

 Inutile d’ajouter que l’histoire en amusa plus d’un…

Et cela me remet à l’esprit ces citations qui furent données à notre colonel, qui fut tué ainsi qu’un commandant, un capitaine et deux hommes, dans une sorte d’entonnoir qu’ils avaient pris comme observatoire pour mieux voir les lignes allemandes. Un obus était arrivé et je ne crois pas qu'on ait jamais retrouvé les traces de ces infortunés.

"Au moins, me dit un territorial qui circulait dans un boyau, les Boches, ce sont de vrais socialos car, regardez un peu, ils bouzillent tous les gros…"

Malgré l’union sacrée chère à Maurice Barrès, la politique ne perdait donc pas tous les droits.

On libella des citations pour les victimes, et en les écoutant, je remarquai que plus les grades étaient élevés, plus les citations étaient longues. Cela allait de quelques mots à quelques phrases. Mais, était-ce un oubli, il n’y avait rien pour les deux soldats qui pourtant avaient, eux aussi, bien mérité chacun au moins un «mort pour la France", qui eût tout de même laissé au repos cet esprit de justice et d’égalité qui veille toujours au fond des cœurs des humbles de chez nous, et particulièrement quand ces cœurs-là sont généreux et qu’ils battent sous une capote bleu horizon.

(à suivre)

lundi 7 août 2017

Août 1917 Verdun Souvenirs de mon grand-père (1)

Nous arrivons au centenaire de la bataille dans laquelle mon grand-père fut grièvement blessé le 20 août 1917 devant Verdun. Il est affecté au 303ème  Régiment d'Infanterie.

Je vous mets, pour l'Histoire, quelques extraits de ses Souvenirs.

Devant Avocourt

 Nonorgue n’était pas un surnom mais le nom même de l’officier qui commandait la compagnie à laquelle on venait de m’affecter, la 21ème.

 Je n’oublierai jamais le jour où, pour la première fois, je me trouvai devant cet homme. Il m’avait fait demander par un de ses agents de liaison, et je m’étais trouvé, au fond d’un baraquement en bois, face à face avec l’être le plus antipathique qu’il m’ait jamais été donné de rencontrer. Et tout de suite, un curieux malaise m’avait saisi, comme celui qu’on éprouverait à la vue d’un animal dangereux.

Quelquefois la terre tremblait et gémissait sous les chocs et sous les explosions. Elle se soulevait aussi comme pour s’entrouvrir afin d’engloutir à jamais ces hommes qui lui faisaient horreur et qu’elle ne voulait plus porter. Cependant, elle restait maternelle et protectrice et, à force de souffrir, se faisait presque humaine. Elle avait pitié, au fond, des pauvres hommes qu’elle avait, pendant des siècles, aimés et nourris. Ils le sentaient fort bien d’ailleurs, et sous les monstrueuses et meurtrières rafales, ils se confondaient avec elle jusqu’à ne plus faire qu’une même argile ou une même chair. Elle ne les repoussait pas, elle les acceptait pour le prix d’un peu de peur ou d’un peu de sang. Et puis, le calme un instant revenu, elle les rendait dans un nuage de fumée en leur laissant encore cette force étrange qui vient des profondeurs inviolées qui est celle des roches et des granits tièdes. Mais j’ai senti souvent qu’elle était lasse et indifférente, hostile même mais d’une hostilité qui ne se découvre pas. Elle est la plus forte car elle est la sagesse en opposition permanente avec la folie des hommes. Elle sera surtout la plus forte parce qu’un jour viendra où elle aura tout nivelé, tout recouvert. On dirait qu’elle a conscience de l’avenir et que c’est sa paix, à elle, qui aura raison.

La terre ne pardonne pourtant pas encore qu’on lui ait fait violence et n’accepte pas que ses chemins et ses plaines deviennent des tranchées, ses sources et ses ruisseaux des bourbiers, ses champs et ses prés des entonnoirs, et ses bois et ses forêts des alignements irréguliers de piquets déchiquetés ou calcinés. Elle n’accepte pas non plus, elle, la terre, de devenir la nuit sous les fusées multicolores, un paysage lunaire et désolé. Enfin, elle ne comprend pas, n’admet pas et repousse la guerre qui dénature, bouleverse et anéantit.

 Tout ce secteur portait autrefois le nom d’une forêt et on a conservé sur une carte le nom de cette forêt. On ne voit plus, sur un plan directeur, que des lignes bleues ou rouges, et maintenant ce n’est plus que cette topographie-là qui importe. L’ennemi est pourtant dans le bois de Cheppy, mais on sait surtout qu’il a logé son artillerie ici, dans un angle formé par deux traits rouges. Il possède là des calibres autrichiens, des 88 et des 130 dont on n’entend même pas arriver les obus tant ils sont rapides. On n’a même pas le temps de se coucher et cela éclate à peine au contact du sol, et avec des éclats qui rasent et auxquels même à plat ventre, on n’échappe que difficilement. Et il y a des grenades qu’on appelle des tourterelles, des minnen qui retournent tout en faisant éclater les poumons, et aussi des rafales qui balayent tout ce qui est à découvert. Il y a aussi cette tranchée qui se présente d’enfilade et dans laquelle trois hommes, les plus anciens du régiment, viennent d’être pulvérisés.

 Il parut alors que le destin, en permettant la disparition de ces trois hommes, venait de nous frapper tous d’un deuil spécial. Ces infortunés, qui avaient été de toutes les actions auxquelles avait pris part notre régiment depuis le début des hostilités, ne représentaient-ils pas pour tous comme une possibilité de survivre quand même malgré le temps, malgré les dangers ? Non seulement les dangers passés mais les dangers à venir. C’était donc cela l’infanterie, c’était donc cela la guerre ! On pouvait nourrir l’illusion de demeurer en dépit de tout, mais un jour venait qui n’épargnait personne et même pas ceux qui, en très petit nombre, avaient échappé à la mort. Etait-ce donc vraiment pour plaisanter qu’aux instants de détente on se donnait, sans y croire, cette liberté de prétendre qu’on l’aurait bien un jour, comme tant d’autres, la croix de bois ?

Malgré tout, les hommes tenaient, et je ne cessais d’aller de l’un à l’autre, silencieusement, leur donner à chacun le soutien d’une présence discrète. Ils me regardaient un court instant, puis reprenaient leur garde au créneau, cette garde muette et attentive qui est calme et conscience, honneur et fidélité.

Je ne revois plus les visages, mais sous les casques des mentons bien pris dans des jugulaires et des regards clairs qui ne perdent rien de ce qui est devant eux, du côté de l’ennemi. Ils sont, vu de dos, comme solidement installés sur leurs jarrets tendus et leurs reins qu’entoure le large ceinturon de cuir fauve semblent inébranlables et capables de tout supporter des fardeaux et des fatigues de la guerre. Ils sont tous comme des forces ramassées et prêtes à la détente, à la riposte, à l’action, et ce sont des forces saines et sûres comme seule la terre de France pouvait en réaliser.

 J’ai en tous et en chacun d’eux une confiance infinie et j’éprouve une sorte de fierté audacieuse à me sentir de leur race et de leur sang. Je voudrais tous les protéger, tous les sauver et leur rendre même leurs travaux et leurs fêtes, tout là-bas, au fond de leurs provinces natales. Mais où sont ceux qui foulaient cette terre d’angoisse au temps où elle portait des arbres et des champs, des routes et des maisons ? Je voudrais entendre dans l’air léger de cette soirée où le canon s’est tu le tintement d’un angélus de paix, en imaginant que la guerre n’a pas eu lieu et qu’elle n’aura jamais lieu. Je voudrais les démobiliser tous et me démobiliser moi-même après une victoire à laquelle j’aspire tous les jours et qui a été déjà si lourdement payée qu’on s’étonne qu’elle ne soit pas encore là.


Et quand le soir tombera et qu’avec les premières fusées les canons se réveilleront, avant de réunir toutes les énergies et tous les courages que la nuit perfide et hostile pourra exiger de moi, je me laisserai, pendant une minute, glisser vers le pays des jours anciens, vers le pays des souvenirs.

(à suivre)

mardi 13 juin 2017

Combien coûte un bébé?

Je vous en parlais déjà dans cet article Comment avoir des enfants? Ce n'est pas facile.

Mais dans ce pays que Dieu a donné aux migrants pour poursuivre le bonheur en libérant toute l'énergie créatrice du capitalisme, un bébé a un coût : environ 100 000$, frais d'avocats compris.

Certes, on ne peut pas empêcher les pauvres d'avoir des enfants, mais ce serait idiot d'interdire aux riches d'en acheter : pas de restriction à la liberté du commerce, thank you.

Mais enfin réfléchissez aux conséquences : si ça vaut ce prix-là, la tentation du vol est forte : à  peine 3 kg, facile à dissimuler...

Donc des mesures sont prises, on n'accouche pas comme ça. À l'arrivée à la maternité, la maman, le papa, ou les mamans, ou les papas et la porteuse, sont vérifiés comme pour monter dans un avion transatlantique, et on leur confectionne des bracelets indéchirables avec un barcode.

Dès la naissance, le bébé est aussi bagué avec son barcode, mais surtout on clampe son cordon ombilical avec une boîte noire dont on ne comprend qu'après que c'est une alarme. UNE ALARME !

Pendant 1 à 2 jours le papa ( cas général) va et vient : quand il arrive, on vérifie son barcode et quand il repart, on fouille son sac ou sa valise pour vérifier qu'il n'y a pas un bébé dedans.

Pour le départ, on revérifie les identités, les barcodes, on fouille les valises (vous auriez pu aussi en voler un autre), on démonte l'alarme ( on peut constater qu'un morceau de plastique reste dans la cicatrice du cordon), et on peut s'en aller...

Et ben non : une nurse formée par la Homeland Security vient constater que le bébé est bien harnaché dans son siège auto, lui-même bien attaché aux barres de fixation de la voiture. Alors seulement vous pouvez franchir la limite de l'hôpital.

Et après? Ben, rien, ce n'est plus leur problème. Vous pouvez faire ce que vous voulez, sauf aller tuer le Président ( ce ne serait pas une perte, mais ce serait enfreindre la Loi).

Et qu'est-ce qui se passe si vous emportez un bébé illégalement ? Et bien, l'alarme se déclenche, ce qui bloque tous les ascenseurs et toutes les portes, le FBI arrive en hélico dans les 3 minutes, et vous êtes fait comme un rat.

100 000$, faut pas deconner avec ça...

lundi 29 mai 2017

La Pentecôte



Comme le Saint-Esprit semble s'être enfin penché sur le sort misérable de la France, il est intéressant de rechercher les traces de sa visite.

Les Grecs l'appelaient la "Pneumatos parousia", ou "Kathodos tou Hagiou Pneumatos". En latin "Adventus Spiritus Sancti". En espagnol la "Venida" ou en portugais la "Descida" : Il "descend" aussi bien qu'Il "advient".

Les anglais parleront aussi de "the Gift of tongues" pour rappeler que les apôtres ont subitement connu toutes les langues dont ils auront besoin pour leurs prédications : la glossolalie, et le polyglotisme.

On ne prendra pas pour une représentation de la Pentecôte le tympan du narthex de Vézelay, qui est celle de l'apparition du Christ après la résurrection. Combien s'y sont trompés!

On se figure plutôt la scène avec des "langues de feu", ou "d'éclairs et d'orages". A Notre-Dame de Paris, on reconstituait le miracle en faisant descendre de la voûte une colombe et des étoupes enflammées.

L'émission des rayons de l'Esprit Saint est toujours représenté, par une roue enflammée, ou par une colombe, ou par la main de Dieu, lançant des langues de feu ou des rubans, ou de câbles, comme à la Daurade, à Toulouse.

Par ailleurs, est associée à la Pentecôte la représentation du monde que les Apôtres vont devoir enseigner

Heures enluminées de Jean Fouquet

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Pierre Reymond 1522

mercredi 17 mai 2017

Le macron quantique

Monsieur Eric-Emmanuel Schmitt a fait un article dans le Figaro pour demander à notre nouveau président d'être "littéraire". C'est assez idiot car le jeune homme est diplômé de philosophie, et a même été surpris à réciter la 1ère scène du Misanthrope. Il est sûrement plus cultivé en littérature que ses 2 prédécesseurs, et il a de plus une très bonne prof à la maison.

Monsieur EES aurait dû donc le dire 10 ans plus tôt. Ou se taire (ma préférence).

Mais il aurait pu lui demander d'être scientifique, parce que ça manque, et pourtant sa démarche est clairement quantique.

En effet son positionnement est une superposition d'états quantiques |droite> + |gauche>, comme le chat de Schrödinger est |mort> + |vivant>. Une expérience faite aujourd'hui a donné un ket plutôt |droite>, mais il en faudra d'autres pour mieux connaitre sa fonction d'onde. On appelle ça une réduction de l'état quantique.

On a assisté ces derniers mois à d’intéressants phénomènes d'annihilation, que les ignares ont appelé "dégagisme" : Juppé, Valls, puis Fillon, Hamon, Dupont-Teigneux... Normalement leur énergie de masse s'est transformé en lumière, mais les photons étaient tellement peu énergétiques qu'on ne les a plus jamais revus.

Et bien sûr, l'action de l'opérateur création a pu être détectée : un zombie sortant de nulle part, issu d'une fluctuation de l'énergie du vide ambiant (je vous l'ai assez dit), qu'on a appelé un macron, qui interagit de façon nouvelle et surprenante sur les autres particules.

Parmi ces autres particules, on a relevé un nombre de spin assez élevé (le spin est un moment angulaire, autrement dit un retournement de veste). Ce serait donc plutôt des fermions que des bosons, sauf le macron qui est de spin 0 donc un boson. Les plus célèbres sont Ducon-Aignan (il a tourné trop près du fachion), Valls (autour du flambion, du hamon et du macron), Estrosi (autour du fillon puis du macron).

On assiste en ce moment à des fissions, les noyaux LR et PS étant les principales victimes, sans qu'on ait vu pour l'instant des fusions nucléaires. On parle néanmoins d'une possibilité de noyau REM.

Révisez donc vos équations de Schrödinger, Dirac, ça peut servir!

mardi 9 mai 2017

Bon boulot!

Alors, voilà : la large coalition destinée à faire barrage au candidat des banquiers, au bébé-Hollande, celui qui vient toujours avec sa mère, le traître, j'en passe, a échoué.

Voila les arguments selon lesquels il fallait voter pour Marine (à lire de bas en haut, car rien n'est simple) :


Elle vote donc MLP, puisque c'est sans risque, et pour faire péter le système! Une vraie insoumise...

Elle a rejoint en cela les Fillon-un papa-une maman, qui ne sont pas prêts de s'en remettre, les hamonistes déçus, les mélanchonistes désespérés, les asselinéos et les cheminadomorphes, le tout faisant 34% des voix. C'est bien triste pour eux, mais c'est la démocratie (seul problème, ils sont tous contre, par royalisme ou pour la révolution). Les seuls contents faisaient partie de l'équipe de campagne de Marine : elle n'était pas là pour gagner, juste mettre le souk, comme on l'a bien vu lors du débat, à coups de fausses nouvelles (FN), de hoax, de rumeurs et de calomnies.

Et cependant, le Ciel immanent était contre eux, et c'était vu en premier par un respectable(?) dominicain :
Et repris par l'inimitable Boutin (tiens revoila du Boutin)

On ne fait pas plus bête.

Ah si! J'ai trouvé l'abbé Laguérie, le supérieur de l'Institut du Bon pasteur, un pseudo-curé en soutane et chaussures à clous, qui disait que les catholiques ne peuvent objectivement voter pour Macron :

" ... cet individu dangereux, et ceci sous peine de péché grave. Seules des conditions subjectives, inconscience, démence, perte de l'usage de la raison etc. pourrait l'en excuser. Si vous votez Macron, vous devrez vous en confesser... Et comme dans une élection à 2 candidats le seul moyen de stopper efficacement l'un est de voter pour l'autre (et non de s'abstenir : laissez-cela aux mélanchonistes!), la conscience des catholiques doit se libérer enfin du joug insupportable du pseudo-péché qu'on lui impute depuis trente ans. Il fallait qu'un prêtre enfin le dise. La vérité vous rendra libre".

Comme quoi la mère Tintin n'est pas la seule à enfermer. Mais elle, elle n'aura pas besoin d'aller à confesse...


jeudi 4 mai 2017

Ras le Front : bas les pattes!

Vous avez vu hier la pitoyable prestation de Marion Le Pen (elle se fait appeler Marine). Rien à proposer de sérieux, des invectives, des mensonges (au moins 11 repérées par les décodeurs), de la basse calomnie (le compte aux Bahamas). On a pu voir son vrai visage, et non photoshopé.


Clichés : oui, mais c'est vrai!

Dimanche soir, ce sera pour elle Aboukir, Trafalgar, Mers-el-Kebir et Toulon réunis. Il faut le souhaiter. Et absolument voter pour Macron, pour l'empêcher de nuire.

Et on a vu l'infâme travail de ses groupes de supporters sur les réseaux sociaux. de la pire propagande à la Trump et à la Goebbels. Ces petits salauds ont même réussi à bloquer mon compte FaceBook, je ne sais même pas pourquoi. Alors, je préviens : si elle passe, je m'armerai et je me défendrai contre ces bas du crâne, à tête d'anciens de l'OAS, nostalgiques de Pétain et du Grand Reich épuré. 

Macron contre Maquerelle : Macron!


vendredi 28 avril 2017

Cruels dilemmes

Après un premier tour conforme aux prévisions des sondages (il faut le dire), on se retrouve avec nos deux candidats au second tour : Marine Le Pen et Emmanuel Macron (par ordre alphabétique).

Les électeurs de droite et de gauche se sentent à juste titre floués : ils avaient choisi dans les primaires le plus extrême des candidats, ce qui a conduit à leur élimination, et laissant un "centre" béant que le jeune Macron s'est opportunément pressé de conquérir.

Mais ils ne doivent s'en prendre qu'à eux-même de leur manque de jugement politique. C'était couru d'avance.

Sans même parler de ses ennuis judiciaires, Fillon était fichu dès lors qu'il se plaçait en  concurrent du FN en essayant de draguer ses électeurs. Plus réac que lui, il n'y avait pas, à l'en croire. Ensuite ses maladresses, son côté borné de chez borné, son appel aux tratras réacs de Sens Commun n'ont fait que précipiter sa chute. Tant pis pour lui.

Coté gauche, le petit Hamon n'espérait quand même pas qu'après avoir sabordé le quinquennat de Hollande, à la plus grande joie des Républicains, en frondant sans se souvenir de qui l'avait fait exister, les socialos "normaux" allaient voter pour lui : ils ont préféré Mélanchon ou Macron. Tant pis pour lui.

Ce qui m'étonne, c'est que certains soient surpris du résultat. Tant pis pour eux, il fallait réfléchir avant : voter Juppé ou Valls par exemple (je précise que ce n'aurait pas été mon choix : Valls est un petit Sarko qui a fait moins bien que lui dans son rôle de protecteur inconditionnel de la maison Poulaga). Il aurait donc fallu  trouver de meilleurs candidats au 1er tour pour espérer être au deuxième.

Qu'on soit pour Macron ou pas, c'est bien entre lui et elle qu'il faut choisir.

 Pour moi, le choix est clair : je suis un vieux monsieur, je connais les dangers mortels du nationalisme, de l'anti-sémitisme (devenu anti-musulman, mais ils n'oublient pas le premier), de la division, de la haine, de rejet de l'autre. Ce sera #TousSaufMarine, donc Macron.

Mais je suis effaré de constater que ce simple raisonnement n'est pas partagé.

La droite de la droite préfère voter FN que Macron, tellement leur propagande anti-Macron a été violente au 1er tour. Mme Boutin en tête, les évêques derrière elle, avec des arguments tellement ineptes que j'en reste bouche bée :
- Il veut inscrire les enfants issus de GPA à l'étranger  : c'est la loi, ou plutôt un traité international, qui vise à protéger les intérêts de l'enfant. Qu'on le veuille ou non, cet enfant existe, ou faut-il l'euthanasier à son arrivée en France? (Mais comme il s'agit d'une pratique interdite en France, je propose qu'on taxe cette inscription très cher). Ah vraiment, ça justifie de sortir de l'Europe!
- la PMA sans père : Macron a dit que ce n'était pas dans son programme, mais la calomnie perdure.
-le "genre" ! Qui ne voit qu'il y a une discrimination contre les femmes dans la société? Que veut-on exactement? Réduire les femmes aux 3K : Kinder, Küche, Kirsche? L'égalité hommes-femmes est une atteint au machisme, c'est cela...

Et le mieux, c'est que notre avenir "civilisationnel" qui est en jeu... Je vous le dis : une telle civilisation, qui se réfère à un passé qui n'a jamais existé, ne mérite plus de durer. Mme Boutin s'est vouée aux Gémonies, qu'elle y reste.

Du côté Mélanchouilletonesque, ils se tâtent aussi : voter pour un ex-banquier leur fait tellement mal où je pense que ça ne les gène pas de laisser gagner Marine. Quelle perversion. Un banquier qui va rapidement augmenter le pouvoir d'achat des plus faibles (en faisant payer les riches, et notamment les retraités, avec la CSG, je le dis en passant).

 Bref nos "élites" sont en train de perdre la tête avec leur "ni-ni". Si Marine passe, je les en tiendrais pour responsables.

Il faut voter Macron. Marina delenda est.



lundi 17 avril 2017

Pourquoi il est raisonnable de voter pour Emmanuel Macron.

Nous avons 11 candidats officiels, et 4 parmi eux sont autour de 20% d'intentions de vote, les autres étant distancés par des écarts trop importants pour qu'ils puissent espérer  être au 2ème tour. Voter pour eux ne sert à rien.

Ces 4 candidats sont Fillon, Le Pen, Macron et Mélanchon (par ordre alphabétique). L'un d'entre eux sera le futur président, 2 d'entre eux seront au 2ème tour, ce qui fait 6 possibilités de 2ème tour, et ces 6 possibilités sont possibles, et même toutes vraisemblables.

Première conclusion : il est très important de voter, car ça peut être serré. Ne pas voter, c'est voter pour le vainqueur, et il ne faudra pas se plaindre après s'il ne vous convient pas.

Ensuite, 2 candidats doivent être éliminés, quoiqu'il arrive, et ne jamais parvenir à l'Elysée : la Le Pen et Mélanchon.

La fille de son père MLP est une facho vulgaire qui essaie de générer une guerre civile que par ailleurs elle dit craindre. Elle est populiste, recrute chez les bac -8, a de mauvaises fréquentations (GUD, identitaires). Elle porte des valeurs qui ne sont pas chrétiennes, critique le pape, l'Europe. Elle ne peut que conduire le pays à la catastrophe. Lepena delenda est.

L'autre est un bon tribun, la Méluche, qui a des idées de taré qu'on compare au chavisme, et qui est une forme de trotskisme illuminé qui nous perdra. Il parle bien, mais c'est aussi un populiste qui ne rassemble que les gogos, et, malheureusement, ça en fait du monde. Il promet la lune, et ce sera la ruine garantie.

Deuxième conclusion : il faut tout faire pour éviter un 2ème tour entre Le Pen et Mélanchon, auquel cas l'une ou l'autre de ces sombres perspectives conduirait notre pays dans des impasses.

Lemme : il faut donc voter au 1er tour pour Fillon ou Macron.

Ah, je sais bien que Macron a bien des défauts. Il est jeune (mais ça s'arrange avec le temps), il a accepté d'être ministre de Hollande, il ne propose pas la suppression totale de l'ISF. Il a quelques idées idiotes, comme celle du service militaire d'un mois... Mais il a l'avantage d'une méthode, le rassemblement et la construction collective. Il fait des promesses qu'on espère qu'il tiendra,  mais ça vaut bien celles qu'on a déjà entendues et qu'on n'a jamais vues.

Et puis, il y a le cas de M Fillon. Et alors? Et ben alors non, tout le monde ne fait pas rémunérer sa femme par des copains, ne se fait pas offrir des costards sur mesure, tout le monde ne ment pas, tout le monde ne triche pas. Présider la France, parler en son nom, suppose une autorité morale qu'il a perdue. Il propose un programme de rigueur "clivant" qu'il ne pourra mettre en oeuvre sans déclencher des concerts de casseroles. Mais je n'y peux rien, et je ne peux rien pour lui. Il s'est mis tout seul dans son pétrin, quoiqu'il nous dise sur le prétendu "Cabinet Noir".

Il est soutenu par des officines habituées aux coups bas, modèle Pasqua-Chirac, celles qui ont inventé #AliJuppé, et qui nous disent maintenant que Macron est gay, pour le suicide assisté, et j'en passe. Leurs calomnies sont sans limites, mais ça marche. Derrière, il y a l'affairisme des sarkozystes, et la psychorigidité de Sens Commun.

Troisième conclusion : il faut voter Macron au premier tour.

Il faut espérer qu'il soit retenu pour le 2ème tour, car on pourra alors avoir encore un choix. Et à mon avis, il faudra l'élire. Car il vaut mieux une promesse d'avenir qu'une médiocrité revendiquée, qu'une honte mondiale.

Si ce n'est pas le cas, je réserve ma décision pour le second tour en fonctions des résultats du premier. Sur les 6 cas de figure, un est inenvisageable, trois sont faciles, et deux sont problématiques.

C'est mon avis, irrévocable. Inutile de me conspuer, mais réfléchissez.


mercredi 29 mars 2017

Terrible cas de conscience

Il faut bien examiner les programmes des candidats.

M Fillon a l'intention de supprimer l'ISF, qu'on appelle improprement impôt sur la fortune. C'est une mesure que des millions de français attendent avec impatience.

Or, une enquête IPSOS et Apprentis d'Auteuil nous apprend que un donateur sur deux ne le fait que parce qu'il y a une déductibilité de 75% du don au titre de l'ISF (dans la limite de 50 000€), ce qui est plus que pour l'impôt sur le revenu (66% dans la limite de 20% du revenu imposable). Les Apprentis d'Auteuil avaient du reste constaté une hausse de 20% des dons lorsque cette mesure avait été introduite. Inutile de dire combien ses responsables sont inquiets à la perspective de la suppression de l'ISF, tandis que les donateurs n'attendent que ça.

Or les Apprentis d'Auteuil sont une organisation catholique, et fière de l'être. Il en est de même du Collège des Bernardins qui fait un large usage de cette possibilité en envoyant chaque année une belle plaquette en quadrichromie destinée aux malheureux assujettis à l'ISF.

Or M Fillon est le seul candidat catholique et fier de l'être. D'où ce terrible cas de conscience : Voter Fillon, ne pas payer l'ISF mais couler l'OAA et les Bernardins, ou ne pas voter Fillon, payer l'ISF et continuer à aider ces associations.

Mme LePen et M Macron proposent de le maintenir en, le modifiant : sortie de la résidence principale dans l'assiette pour le FN, et assiette réduite à l'immobilier pour EM!

Mon Dieu, que c'est difficile de trancher, surtout quand on est proche du plafond, soit 50 000€ d'ISF.

samedi 18 mars 2017

Pour qui voter?

On ne pouvait pas se poser la question sans en connaître la liste : voila. Normalement, mais qu'est-ce qui est normal en ce moment?, l'un d'entre eux sera le futur président. 
Le 18 mars 2017, LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL A DÉCIDÉ : 

Article 1er. - La liste des candidats à l'élection du Président de la République, dont l'ordre a été établi par voie de tirage au sort, est arrêtée comme suit : 
- M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, 
- Mme Marine LE PEN, 

- M. Emmanuel MACRON, 
- M. Benoît HAMON, 
- Mme Nathalie ARTHAUD, 
- M. Philippe POUTOU, 
- M. Jacques CHEMINADE, 
- M. Jean LASSALLE, 
- M. Jean-Luc MÉLENCHON, 
- M. François ASSELINEAU, 
- M. François FILLON. 

(Le dernier est M Fillon, pas de chance au tirage au sort, il retrouve sa place au collège.)

Alors, il faut éliminer, puis choisir entre ceux qui restent.

J'élimine les voleurs, mis en examen ou pas : - Mme Marine LE PEN, ,- M. François FILLON. Et ça m'arrange, parce que leurs discours haineux, revanchards et réactionnaires, je ne les supporte plus, eux, leurs fachos, leurs identitaires et leur sens commun.

J'élimine ceux qui veulent couler l'Europe, quitte à déclencher une guerre : - M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, - Mme Marine LE PEN, - M. François ASSELINEAU, (néanmoins, c'est une bonne idée qu'il soit là, il va faire baisser le score du Front).

J'élimine les tordus qui n'ont rien à faire ici, qui polluent le débat  : - M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, - M. Jacques CHEMINADE, - M. François ASSELINEAU. 


J'élimine les fous furieux, ou irréalistes - M. Jean-Luc MÉLENCHON,  - Mme Nathalie ARTHAUD, - M. Philippe POUTOU.

Et bien il ne reste plus grand monde : - M. Emmanuel MACRON, - M. Benoît HAMON, - M. Jean LASSALLE,  

Nous voila bien. Bon, je vais rajouter  M. François FILLON. à la liste, histoire de ne pas être accusé de sectarisme. Je voterai donc "normalement" pour l'un de ces quatre-là. Je vais écouter ce qu'ils ont à dire et voir celui qui présente le meilleur projet pour l'avenir. Les autres perdront leur temps à essayer de me convaincre, qu'ils se le disent! 

 Je serai particulièrement attentif à ce qu'ils diront si ils sont au 2ème tour face à Mme Marine LE PEN. En particulier, un duel Fillon-Le Pen, ça fait un peu bonnet blanc-blanc bonnet qui risque de se terminer par un bon week-end à la campagne. Le Pen-Hamon : ce serait un peu la chance de Le Pen car la droite, toujours cohérente, ira voter avec joie contre le socialo. Macron devrait gagner contre elle, enfin peut-être. Le risque est réel qu'on devienne aussi ridicule que les US trumpisés.

Les autres perdront leur temps à essayer de me convaincre, qu'ils se le disent!

mardi 14 mars 2017

Alors, filloniste ou fillonâtre?

Je vous remercie vraiment beaucoup : je suis parti quelques jours, et j'avais laissé ce pauvre Monsieur Fillon en de cruels embarras.

Vous partîtes cinq cents; mais par un prompt renfort vous vous vîtes deux cent mille en arrivant au Trocadéro. Merci à vous, car s'il était indispensable de virer M Sarkozy à la primaire de la droite, comme M Valls à celle de la gauche, il est tout à fait nécessaire que M Fillon soit candidat pour qu'il ait l'honneur et l'avantage d'être battu aux prochaines élections.

Vous pouvez être filloniste si vous pensez qu'il est le seul capable de redresser la France en lui administrant une purge dont elle ne se remettra pas, ou plus probablement qu'il ne fera pas. Vous êtes filloniste si vous pensez que les bricoles dont on l'accable sont peu de choses face au défi du redressement, et qu'on ne fait pas d'omelette sans casser quelques oeufs. Payer sa femme et ses enfants, (et récupérer l'argent), se faire offrir des costumes et des pulls en cachemire à quelques milliers d'euros pièce, sont des usages courants auxquels il ne convient pas de s'arrêter.

Pour une fois qu'on a un VRAI chrétien, (celui qui ne pardonnera jamais à ceux qui ont salopé la vie de Pénélope...), on ne va pas le lâcher. On n'en a pas d'autres en stocks, donc on le garde, et jusqu'au bout. Il n'est pas buté, il est solide. Il n'est pas psychorigide, il a des convictions. Il fait face au Canard, il saura faire face aux protestataires.

Mais il y a aussi des fillonâtres : ceux-ci s'en distinguent par le fait qu'ils refusent les faits eux-mêmes, ou les justifient avec un bonne foi qui sent bon le bénitier jésuite. Voyez ce qu'en dit un très éminent théologien Bertrand Binnendijk, par ailleurs et ce n'est pas un hasard, général à la retraite (on dit 2s) : 
En droit comme en morale, il ne faut jamais perdre de vue la notion d'imputabilité. Je m'explique : une faute est d'autant plus grave (imputable) que son auteur a conscience de sa faute. C'est ce qu'un juge digne de ce nom cherchera à déterminer dans un procès équitable. Le Pape François ne dit pas autre chose dans Amoris laetitia. Il n'existe pas de péché en soi. Il faut toujours le replacer dans son contexte.

Merci donc à notre cher Pape, dont la bien-pensance veut que l'on critique les positions sur les migrants et sur la communion des divorcés, d'avoir par avance absous notre Fillon : il n'y a rien à lui pardonner, car il n'a pas péché. Comme quoi, qui veut faire l'ange fait la bête.

Il poursuit :
Il n'est pas juste de faire au seul FF le procès de pratiques certes immorales (c'est moi qui souligne) mais néanmoins légales qui sont le fait de l'immense majorité des élus. C'est le cadre réglementaire de ces pratiques qu'il convient de condamner et de réformer. Je souligne d'ailleurs qu'à part le distingué M. Bayrou, les élus de tous bords rasent plutôt les murs et se gardent curieusement de hurler avec les loups!

On rejoint le point des vue des fillonistes. Mais :
En fait, la question est de savoir si une élection sert à élire un saint ou un dirigeant politique. l'Histoire nous enseigne que malheureusement, les deux sont très rarement compatibles. La dernière fois que la France a été dirigée par un saint, elle l'a payé très cher! Je fais allusion au fait qu'en restituant ces domaines français au roi d'Angleterre, le bon roi  Saint (sic) Louis, a semé les germes de l’effroyable guerre de cent ans dont on sait le lot de malheurs qu'elle attira sur notre malheureux pays!!

Notre bon roi saint Louis (pas de majuscule à saint, ici c'est un adjectif ; on met une majuscule quand il s'agit d'une église : la basilique Saint-Louis. Mais qu'est-ce qu'on apprend à la Catho????) aurait donc été la cause de la guerre de cent ans! Moi qui croyais que le bon roi saint Louis avait mis fin à la "première guerre de cent ans" par le traité de Paris (1259), complété par celui d'Amiens (1279 par Philippe le Hardi) et de Montreuil-sur-Mer (1299 par Philippe le Bel). Notre général n'a pas dû être assidu aux cours d'histoire de l'école de Guerre où on lui a sans doute parlé de la revendication de l'héritage de Isabelle de France, reine d'Angleterre, héritage confisqué par les Valois.

Le constat est limpide : mieux vaut voter pour un voleur que pour quelqu'un d’intègre. Voila un bon fillonâtre.