mardi 14 mars 2017

Alors, filloniste ou fillonâtre?

Je vous remercie vraiment beaucoup : je suis parti quelques jours, et j'avais laissé ce pauvre Monsieur Fillon en de cruels embarras.

Vous partîtes cinq cents; mais par un prompt renfort vous vous vîtes deux cent mille en arrivant au Trocadéro. Merci à vous, car s'il était indispensable de virer M Sarkozy à la primaire de la droite, comme M Valls à celle de la gauche, il est tout à fait nécessaire que M Fillon soit candidat pour qu'il ait l'honneur et l'avantage d'être battu aux prochaines élections.

Vous pouvez être filloniste si vous pensez qu'il est le seul capable de redresser la France en lui administrant une purge dont elle ne se remettra pas, ou plus probablement qu'il ne fera pas. Vous êtes filloniste si vous pensez que les bricoles dont on l'accable sont peu de choses face au défi du redressement, et qu'on ne fait pas d'omelette sans casser quelques oeufs. Payer sa femme et ses enfants, (et récupérer l'argent), se faire offrir des costumes et des pulls en cachemire à quelques milliers d'euros pièce, sont des usages courants auxquels il ne convient pas de s'arrêter.

Pour une fois qu'on a un VRAI chrétien, (celui qui ne pardonnera jamais à ceux qui ont salopé la vie de Pénélope...), on ne va pas le lâcher. On n'en a pas d'autres en stocks, donc on le garde, et jusqu'au bout. Il n'est pas buté, il est solide. Il n'est pas psychorigide, il a des convictions. Il fait face au Canard, il saura faire face aux protestataires.

Mais il y a aussi des fillonâtres : ceux-ci s'en distinguent par le fait qu'ils refusent les faits eux-mêmes, ou les justifient avec un bonne foi qui sent bon le bénitier jésuite. Voyez ce qu'en dit un très éminent théologien Bertrand Binnendijk, par ailleurs et ce n'est pas un hasard, général à la retraite (on dit 2s) : 
En droit comme en morale, il ne faut jamais perdre de vue la notion d'imputabilité. Je m'explique : une faute est d'autant plus grave (imputable) que son auteur a conscience de sa faute. C'est ce qu'un juge digne de ce nom cherchera à déterminer dans un procès équitable. Le Pape François ne dit pas autre chose dans Amoris laetitia. Il n'existe pas de péché en soi. Il faut toujours le replacer dans son contexte.

Merci donc à notre cher Pape, dont la bien-pensance veut que l'on critique les positions sur les migrants et sur la communion des divorcés, d'avoir par avance absous notre Fillon : il n'y a rien à lui pardonner, car il n'a pas péché. Comme quoi, qui veut faire l'ange fait la bête.

Il poursuit :
Il n'est pas juste de faire au seul FF le procès de pratiques certes immorales (c'est moi qui souligne) mais néanmoins légales qui sont le fait de l'immense majorité des élus. C'est le cadre réglementaire de ces pratiques qu'il convient de condamner et de réformer. Je souligne d'ailleurs qu'à part le distingué M. Bayrou, les élus de tous bords rasent plutôt les murs et se gardent curieusement de hurler avec les loups!

On rejoint le point des vue des fillonistes. Mais :
En fait, la question est de savoir si une élection sert à élire un saint ou un dirigeant politique. l'Histoire nous enseigne que malheureusement, les deux sont très rarement compatibles. La dernière fois que la France a été dirigée par un saint, elle l'a payé très cher! Je fais allusion au fait qu'en restituant ces domaines français au roi d'Angleterre, le bon roi  Saint (sic) Louis, a semé les germes de l’effroyable guerre de cent ans dont on sait le lot de malheurs qu'elle attira sur notre malheureux pays!!

Notre bon roi saint Louis (pas de majuscule à saint, ici c'est un adjectif ; on met une majuscule quand il s'agit d'une église : la basilique Saint-Louis. Mais qu'est-ce qu'on apprend à la Catho????) aurait donc été la cause de la guerre de cent ans! Moi qui croyais que le bon roi saint Louis avait mis fin à la "première guerre de cent ans" par le traité de Paris (1259), complété par celui d'Amiens (1279 par Philippe le Hardi) et de Montreuil-sur-Mer (1299 par Philippe le Bel). Notre général n'a pas dû être assidu aux cours d'histoire de l'école de Guerre où on lui a sans doute parlé de la revendication de l'héritage de Isabelle de France, reine d'Angleterre, héritage confisqué par les Valois.

Le constat est limpide : mieux vaut voter pour un voleur que pour quelqu'un d’intègre. Voila un bon fillonâtre.





2 commentaires:

Anonyme a dit…

Alors tu vas voter pour qui gros débile ?

François a dit…



Je prends mes lecteurs à témoin... Voila comment la fachosphère traite les honnêtes citoyens. Un subtil avant-goût de ce qui nous attend si l'héritière remporte les élections, ou si c'est l'escroc bien habillé, racketteur de sa femme, de ses enfants, et du contribuable, avec laquelle il a tant d'affinités. Trois exemples de la déchéance dans notre beau pays (elle, lui, et l'anonyme)... Inutile de me répondre : je mettrais là où ça doit être, à la poubelle.