mardi 31 janvier 2017

Ceci est un message de ...

* ceci est un message du Gouvernement * : la grippe commence tôt cette année, mouchez-vous dans votre manche....

* ceci est un message du FN * : ne votez ni pour Ali Juppé, ni pour Rachid Fillon, ni pour Bilal Hamon.

*ceci est un message de EDF * : il fait froid, ne vous chauffez pas, on n'a plus assez de centrales nucléaires, elles sont en panne. Et si on vous a facturé 2 fois, c'est juste un bug. Tout est sous contrôle.

*ceci est un message de Trump*: you  FAKE tears assh*les, I'll do what I said. Take IT or leave.

*ceci est un message pour les futurs électeurs * : nous augmenterons les crédits de la Justice, de la Police, de la Gendarmerie, on construira 2 ou 3 porte-avions, mais les impôts baisseront.

*ceci est un message de Mme Taubira * : le mariage pour tous demeure facultatif.

*ceci est un message de Fillon* : je suis chrétien, donc je ne pardonnerai jamais à ceux qui ont fait ça à ma femme.

*ceci est un message de Macron* : merci Hamon, merci Mélenchon, merci Fillon, par ici la bonne soupe.

*ceci est un message du Pape* : s'il y en a un encore qui me cherche, il me trouvera.



lundi 16 janvier 2017

Comment pourrir son ennemi battu?

L'Illustration était un hebdomadaire bien-pensant, auquel les familles de la bourgeoisie étaient abonnées, un précurseur de Paris Match et de Coins de Rue , fort bien documenté, libéral républicain sans excès.

En feuilletant l'année 1919, je me suis permis de relever quelques articles concernant l'Allemagne, dont on devait tirer une juste revanche.

Le numéro 3957 du 4 janvier 1919 s'ouvre par la reproduction de l'Alsacienne de Henner "Elle attend..." Ne me dites pas que vous ne la connaissez pas.

Donc, les troupes françaises avaient découverts une gravure, sur laquelle un officier bavarois, le comte Schoeffer, avait écrit "Sie kann noch lange warten..." (je ne vous le traduis pas...). Et les français avaient répondu "Elle n'a pas attendu en vain!"

Et, sur la même page, une photo ridicule de l'ex-Kaiser Wilhelm, découverte aussi lors de l'occupation qui suivit l'armistice du 11 novembre 1918.

C'était parti : le pilonnage anti-allemand pouvait commencer.

N° 3957 : plan de Paris avec les impacts de bombes reçues depuis 1914, liste, adresse et bilan des dégâts (183 obus de Gross Bertha, 256 morts, 620 blessés pour la seule année 1918).


Récit "gourmand"  des insurrections spartakistes de Berlin.

N° 3958 du 11 janvier : longue liste des œuvres d'art à exiger des allemands au titre de compensation pour les destructions : Poussin, Mignard, Watteau, Chardin, qui ornaient les châteaux prussiens.

Récit de la Révolution Hongroise, avec les dernières photos officielles du roi Charles et de la reine Zita.

N° 3959 du 18 janvier : une statue d'un Poilu remplace celle du Kaiser à Metz!

Carte des zones dévastées (à plus de 50%), dans le Nord-Est de la France.

Prague en fête pour l'arrivée de Mazaryk.

Expulsions des "allemands" d'Alsace, sous les quolibets.

N° 3960 du 25 janvier : récit d'un massacre dans un camp de prisonniers français, à Langensalza, par le capitaine Koch, APRES l'armistice.

Explications sur le camouflage de la Gross Bertha dans les forêts, pour ne pas être vue des avions : les allemands avaient enterré des tubes le long des voies ferrées et y avaient posé des petits arbres pour faire croire que la végétation avait repoussé. Ils enlevaient les arbres pour faire passer le convoi, puis remettaient les arbres. 

Destruction des ponts et des voies ferrées à Hirson, Pont de l'Escault et Valenciennes.

La conclusion est nette : ils paieront!

samedi 7 janvier 2017

Post-vérité

Il m'aura fallu la diffusion hier sur France Culture (un "merdia" repaire de "bobos gauchiasses journalopes", d'après certains), dans l'émission "Du grain à moudre", pour enfin mettre un mot sur cette évidence : la post-vérité.

Définition : « qui fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles».

On nous donne comme exemple le pieux mensonge du député anglais Nigel Farage : les 350 millions de £ qu'ils donnent à l'UE par semaine serviront pour leurs hôpitaux, information démentie dès le Brexit voté. On peut aussi évoquer Sarkozy "sauvant" la Géorgie des griffes de Poutine, ou la promesse de Trump que les mexicains paieront la construction du mur entre leur pays et les USA.

Les faits ne comptent pas, facts don't matter. L'important est de le répéter en boucles, surtout sur Twitter ou FB, et de traiter de "naïfs" ceux qui mettraient en doute ces vérités. Il n'y a qu'à voir comment sont traités les "décodeurs" qui, pour chaque affirmation péremptoire de nos politiques, vont chercher la bonne information. 

On peut aller très loin dans le genre. Il y a les complotistes (le 9/11 est l'oeuvre de la CIA, etc), les fondamentalistes (le monde, qui du reste est plat, a été créé le 6 septembre -3761 avant JC),  les Républicains amerloques trumpistes, les cathos béats, le FN dans son ensemble, les "ré-informateurs" (généralement financés par le Kremlin).

La méthode se répand, puisque ça marche, et que plus c'est gros, mieux ça passe. Mme Boutin s'offusquait d'un article du Gorafi et annonçait la mort de Chirac, sans en être gênée. Je pense qu'on va bientôt demander l'abrogation de la loi d'Ohm, la restauration des quatre-temps (qu'on ferait passer pour les quatre-jeudis), la déposition du pape, les frontières aux limites de chaque département, le retour au denier tournois (c'était mieux avant), que sais-je. La suppression de 500 000 fonctionnaires par exemple?

La répulsion de toute idée scientifique, le rejet des experts ou des sources (qui est allé lire les attendus du jugement de la Cour d'Appel concernant Mme Sauvage, à part moi?), tout ceci n'est que le prélude à une immense régression de la société que l'inculture générale ne fait que hâter. 

J'aurais prévenu. La fin de la civilisation ne viendra pas des migrants, mais des gogos qui avalent ça.


lundi 2 janvier 2017

Répétitions

Je suis en train de lire un livre très intéressant, dont je vous donne à lire l'extrait suivant :

"X, quant à lui, n'était aucunement inquiet. Il lisait peu, écartant les informations désagréables qui auraient pu le rendre hésitant. Il était, avant tout, désireux et curieux de fouler le sol berlinois ; il s'imaginait que son voyage constituerait un événement sensationnel et décisif, qui marquerait dans l'histoire. Il jugeait le parlementarisme d'outre-Rhin en homme habitué au nôtre et ne s'arrêterait pas aux manifestations de l'opposition. Il était sûr de lui, de son pouvoir de séduction et de sa chance. "

Non, ce n'est pas un portrait de Sarkozy par Buisson, mais celui du "Président" Laval en 1931, au moment de son voyage à Berlin pour rencontrer le Chancelier Brüning. Car les "Souvenirs d'une ambassade à Berlin 1931-1938", par André François-Poncet, viennent heureusement d'être réédités.

On revit cette période de l'histoire, qu'on n'aurait pu inventer, que la jeunesse ne connait pas, et on est frappé des correspondances avec notre situation. Certes le bashing remplace l'assassinat politique, mais on y viendra.

En particulier, on est frappé par la manipulation faite par les Nazis du parti Catholique : ils s'en sont servi, au point même de signer un concordat avec le Vatican, pour mieux les éliminer ensuite. Merci Marion  de t'être dévouée pour remplir ce méchant rôle.