vendredi 17 février 2017

Le Trump dans le texte

Le site de la Maison Blanche https://www.whitehouse.gov/ donne la transcription de tous les discours de leur so-called président, et c'est une source de jubilation intense de parcourir ces textes, surtout quand il improvise. Voila le CR de sa réunion avec des membres du congrès, le 16 février 2017. 

Je m'essaie à une traduction, le texte original est en dessous, vous vérifierez que je n'invente rien. Je ne traduis pas le mot "great" qui revient souvent, qui veut dire selon la phrase : grandiose, génial, grand, fort, etc. Mais on perdrait ainsi le bénéfice de la répétition obsessionnelle du mot. Je vous laisse juge du fond.

Remarques du Président Trump lors de sa rencontre avec des membres du congrès

Salle Roosevelt 

10 h 53 heure de la côte Est

Le Président : merci à vous d'être venus ici. J'ai eu ce matin beaucoup de bonnes discussions. J'ai négocié beaucoup de contrats qui vont épargner des milliards et des milliards de dollars pour le peuple américain  et pour nous tous, et j'en suis très fier.
Vous savez, le programme du chasseur F-35, celui de Air Force One, qui était complètement hors de contrôle, et qui maintenant est revenu vers où il était censé aller, et beaucoup d'autres choses. En plus, j'ai eu un très bon coup de fil ce matin à propos d'une grande usine qui va revenir aux Etats-Unis. On en reparlera bientôt.
Et je prendrais un peu de temps libre vers midi. Parce que je ne pense pas que la presse veuille se pointer, mais je crois que j'ai une conférence de presse à midi dans la salle de l'Est. On a un peu de temps entre ces trucs. Donc, si la presse veut se pointer - est-ce que quelqu'un va venir à cette conférence de presse?- (Rires). D'habitude, ils se fichent de ce genre de trucs. Pour moi, ils viendront. Donc, je pense que vers midi, on aura une conférence de presse dans la salle de l'Est de la Maison Blanche.
Je veux juste vous remercier, les gars, d'être venu aujourd'hui. C'est bien. C'était programmé depuis un bout de temps, quelques uns de mes tout, tout premiers soutiens. Et je vous ai soutenus aussi. On a fait ça très bien. Les médias de fausses-nouvelles n'aiment pas parler de l'économie ; je n'ai jamais vu la Bourse marquer de nouveaux records chaque jour. Je n'ai jamais vu ça. Mais je pense que le peuple comprend ça.
On fera un discours samedi à Melbourne, Floride. Je crois que ce sera vers 4 heures, et j'ai entendu que les tickets, vous n'avez pu en avoir, mais c'est OK. Il vaut mieux en avoir trop, non? Donc ce sera GREAT. Je m'en occupe. Donc ce sera à Melbourne à 4 heures.
Je vous apprécie vraiment, les gars. Les gars, vous avez été GREAT.  Et bons depuis le début et, Tom, oui, bons depuis le début. Chacun de vous,  depuis le début. Quelques uns l'ont été un peu après le début (rires). Mais je pardonne. Mais je pardonne.
Bon, allons-y, et pour les médias, vous vous présentez et on commence à parler, et on reverra les médias à midi.
Chris?
CONGRESSMAN COLLINS : Bien, Monsieur le Président, nous sommes tous honorés d'être ici. C'est notre organisation de la primaire Trump qui se retrouve pour la première fois en petit comité, mais notre première rencontre a eu lieu début mars. Duncan Hunter et moi vous avons soutenu le 24 février, ça fera une semaine demain, donc c'est un premier anniversaire. Mais c'est la campagne de la primaire Trump qui se retrouve et nous sommes très honorés que vous preniez de votre temps si occupé pour être avec nous.
LE  PRESIDENT :  Ca, ce sont des vrais amis.
CONGRESSMAN COLLINS :  Western New York.
LE PRESIDENT :  Merci. C'est bien.  
CONGRESSMAN HUNTER :  Duncan Hunter, Mr. President, de San Diego, Californie.  
CONGRESSMAN CRAMER :  Kevin Cramer,  du North Dakota.
CONGRESSMAN SHUSTER :  Bill Shuster, de Western Pennsylvania et président de la commission des Transports. 
LE PRESIDENT :  C'est bien. On vous donnera de l'argent pour les Transports. C'est bien. Bon territoire.
CONGRESSMAN REED :  M. le President, Tom Reed. Ça a été un plaisir de voyager avec vous en Floride. 
LE PRESIDENT :  C'est vrai
CONGRESSMAN REED : Félicitations
LE PRESIDENT :  Merci.  Merci.  
CONGRESSMAN MARINO :  Mr. President, Tom Marino de Williamsburg, Pennsylvanie. Et excusez-moi 30 secondes. J'ai quelque chose pour vous. 
LE PRESIDENT Uh oh.  (Rires.)  
PARTICIPANT :  Quelque chose à vous faire signer, c'est sans doute ce qu'il veut (Rires). 
LE PRESIDENT :  Je pense que c'est GREAT 
CONGRESSMAN MARINO :  C'est un portait fait par un ingénieur, Joe Padmerino, un gentleman, qui a environ 60 ans. Il n'a jamais voté. Jamais inscrit. Il s'est inscrit pour vous, et a voté pour vous, et m'a demandé de vous donner ça. Il y a une gentille lettre là. Je suis désolé, Monsieur le Vice-Président, mais c'est comme ça. Je mets ça  là.
LE PRESIDENT :  C'est beau. Merci. 
CONGRESSMAN MARINO :  (Inaudible.)
LE PRESIDENT : C'est un type qui a du talent, je vois ça. 
CONGRESSMAN MARINO : Et une autre chose ici est ...
LE PRESIDENT : c'est sympa..
CONGRESSMAN MARINO :  -- le président et DG de la Petite Ligue mondiale de Baseball.
LE PRESIDENT :  Bien.
CONGRESSMAN MARINO :  Et, M. le Vice Président, je me doutais que vous seriez là, et ceci vient de l'équipe de New York qui l'an dernier était dans la sélection mondiale. C'est un maillot de l'équipe de New York en sélection mondiale l'an dernier. Et il y en a un aussi pour vous.
LE PRESIDENT : Merci Beaucoup (Rires et applaudissements). OK. Très bien. Remerciez-les pour moi.
CONGRESSMAN MARINO : Je le ferai.
LE PRESIDENT :  Remerciez-les pour moi. Rick, je sais qui vous êtes..
CONGRESSMAN DESJARLAIS :  Scott DesJarlais du Tennessee.  Et je veux juste vous dire que le Tennessee a été à la traîne en mars -- et nous sommes très excités par le travail que vous faites. Nous savons que  la réforme de l'assurance santé et des impôts devra être faite cette année et nous aimons le travail que vous faites, et nous avons besoin de vous pour nous aider.
LE PRESIDENT :  Nous allons faire ce qu'il faut pour que ce soit fait. Ça marche vraiment bien pour l'assurance santé. Et maintenant que nous avons enfin Tom, Tom Price -- c'est une grande chose. Je veux dire on aurait pu ne pas l'avoir.
On va annoncer -- je suppose que je le ferai à midi -- un nouveau Secrétaire au Travail, qui est vraiment phénoménal. Donc ce sera à midi. Et nous aurons --je veux dire, ceci est la plus lente de l'histoire-- l'approbation pour le Gouvernement. Et ces gens sont exceptionnels. L'homme que je vais annoncer pour le Travail est une star, GREAT personne, une GREAT personne.
Et donc je suis impatient. Mais j'apprécie tout ce que vous avez fait. Vous avez été fantastiques, et j'apprécie. Merci à vous.  
CONGRESSMAN KELLY  :  Mr. le Président, heureux de vous voir.  Mike Kelly.
LE PRESIDENT : Je vous connais, Mike.
CONGRESSMAN KELLY :  A la droite  au dessus de Pittsburgh, en haut près de Érié. Merci beaucoup. Quel été excitant nous avons eu ensemble. 
LE PRESIDENT :  Nous l'avons bien fait.
CONGRESSMAN KELLY :  Nous l'avons fait mieux que bien.
LE PRESIDENT :  Nous avons pris une zone qui n'était pas très Républicaine, et on les a submergés, pas vrai? (Rires).
CONGRESSMAN KELLY :  C'est vrai. C'est vrai. Trente quatre ans que Érié n'avait pas voté pour un Républicain.
LE PRESIDENT :  Wow.
CONGRESSMAN KELLY :  Merci beaucoup
LE PRESIDENT :  Bien, merci beaucoup à vous.
CONGRESSMAN KELLY :  Oui Monsieur.
Fin à 11h01.
Et dans le texte, si vous avez le courage...

Remarks by President Trump in Listening Session with Members of Congress

Roosevelt Room
10:53 A.M. EST
THE PRESIDENT:  Thank you all for being here.  I had a lot of good discussions this morning.  I'm negotiating a lot of contracts that are saving billions and billions of dollars for the American people and for all of us, and I'm very proud of it.
You know, the F-35 fighter jet, the Air Force One program, which was totally out of control and now it's back where it's supposed to go, and many other things.  In addition, I had a very good phone call this morning about a major plant that's moving back into the United States.  We'll be talking about it soon.  
And what I do have is a little free time at about 12 o'clock.  So I don't think the press will want to show up, but I think I'll have a press conference probably at 12 o'clock in the East Room.  We had a little time in between things.  So if the press would like to show up -- will anybody show up to that press conference?  (Laughter.)  Historically, they didn't care about these things.  For me, they show up.  So I think 12 o'clock in the East Room of the White House we'll have a press conference.
I just want to thank you folks for coming today.  This was good.  This was scheduled a long time ago -- some of my very, very early supporters.  And I've been your supporter also.  We're doing really well.  The fake-news media doesn't like talking about the economy; I never see anything about the stock market sets new records every day.  I never see it.  But I think the people understand it.  
We're giving a speech in Melbourne, Florida on Saturday.  I think it's going to be around 4 o'clock.  and I hear the tickets, you can't get them, but that's okay.  It's better than you have too many, right?  So it's going to be great.  I look forward to that.  So that will be Melbourne at 4 o'clock. 
I really appreciate you folks.  You folks have been so great.  And right from the beginning, and, Tom, right at the beginning.  Just about every one of you, right at the beginning.  Some of you were a little after the beginning.  (Laughter.)  But we forgive.  But we forgive.  
Let's go around, just for the media, and you'll introduce yourselves and then we'll start talking, and I'll see the media back at 12 o'clock. 
Chris?
CONGRESSMAN COLLINS:  Well, Mr. President, we're all honored to be here.  This is really our Trump caucus reconvening for the first time in a little bit, but our first meeting was the first part of March.  Duncan Hunter and I both endorsed you on February 24th, a week from tomorrow.  So it’s the one-year anniversary.  But this is the Trump caucus, reconvening, and we’re just so honored you’re taking time out of your busy schedule to be with us.
THE PRESIDENT:  These are real friends.
CONGRESSMAN COLLINS:  Western New York.
THE PRESIDENT:  Thank you.  That’s right.  
CONGRESSMAN HUNTER:  Duncan Hunter, Mr. President, from San Diego, California.  
CONGRESSMAN CRAMER:  Kevin Cramer from North Dakota.
CONGRESSMAN SHUSTER:  Bill Shuster from Western Pennsylvania and chairman of the transportation committee. 
THE PRESIDENT:  That’s right.  We’re going to give you some money for transportation.  That’s good.  Good territory.
CONGRESSMAN REED:  Mr. President, Tom Reed.  It was a pleasure to travel with you to Florida.
THE PRESIDENT:  That’s right.
CONGRESSMAN REED:  Congratulations.
THE PRESIDENT:  Thank you.  Thank you.
CONGRESSMAN MARINO:  Mr. President, Tom Marino from Williamsburg, Pennsylvania.  And please indulge me for 30 seconds.  I have something for you.  
THE PRESIDENT:  Uh oh.  (Laughter.)  
PARTICIPANT:  Something for you to sign, I think he means.  (Laughter.)  
THE PRESIDENT:  I think this is great.  
CONGRESSMAN MARINO:  This is a portrait by an engineer -- a gentleman, Joe Padmerino(ph), who -- 60-some years old.  Never voted.  Never registered.  He registered for you and voted for you, and he asked me to give this to you.  There’s a nice letter there.  I’m sorry, Mr. Vice President -- but that’s that.  I’ll set this over here.
THE PRESIDENT:  That’s beautiful.  Thank you.
CONGRESSMAN MARINO:  (Inaudible.)
THE PRESIDENT:  He’s a talented guy, I can see that.
CONGRESSMAN MARINO:  And the other thing here is --
THE PRESIDENT:  It's nice.
CONGRESSMAN MARINO:  -- the chairman and CEO of Little League World Series baseball here.
THE PRESIDENT:  Right.
CONGRESSMAN MARINO:  And, Mr. Vice President, I kind of figured that you would be here as well, so this is from the New York team last year that was in the World Series.  That’s for you.  And this is a jersey that -- an original jersey of the New York team in the World Series last year.  And this is for you as well.  
THE PRESIDENT:  Thank you very much.  (Laughter and applause.)  Okay.  All right.  Thank them for me.  
CONGRESSMAN MARINO:  I will do that.  
THE PRESIDENT:  Thank them for me.  Rick, we know who you are.
CONGRESSMAN DESJARLAIS:  Scott DesJarlais from Tennessee.  And I just want you to know that Tennessee was falling behind in March -- and we're excited about the work you’re doing.  We know that health care and tax reform has to be done this year, and we like the work you’re doing, and we need you to help us.  
THE PRESIDENT:  We’re going to get it done.  And the health care is going really well.  And now that we finally have Tom, Tom Price -- so that’s a big thing.  I mean, we couldn’t get him. 
We are going to be announcing -- I guess I’ll do it at 12 o'clock -- a new Secretary of Labor, who is really phenomenal.  So that will be at 12 o'clock.  And we’re getting -- I mean, this is the slowest in history, the approval of a Cabinet.  And these people are outstanding people.  The man I’ll be announcing for Labor is a star, great person.  A great person.
And so I look forward to that.  But I appreciate everything you've done.  You've been fantastic, and I appreciate that.  Thank you.  
CONGRESSMAN KELLY:  Mr. President, good to see you.  Mike Kelly.
THE PRESIDENT:  I know, Mike.
CONGRESSMAN KELLY:  From right above Pittsburgh, up near Erie.  Thanks so much.  What an exciting summer we had together.
THE PRESIDENT:  We did okay.  
CONGRESSMAN KELLY:  We did better than okay.
THE PRESIDENT:  We took an area that wasn’t a big Republican area, and we swamped them, right?  (Laughter.) 
CONGRESSMAN KELLY:  We did.  We did.  Thirty-four years since Erie actually voted for a Republican.
THE PRESIDENT:  Wow.
CONGRESSMAN KELLY:  Thanks to you.
THE PRESIDENT:  Well, thank you very much. 
CONGRESSMAN KELLY:  Yes, sir.
CONGRESSMAN LONG:  Billy Long, Missouri 7th.  And I’m co-chair of the Congressional Study Group on Japan.  I’m going to be leading the delegation to Japan Saturday, meeting with Prime Minister Abe on Monday.  
THE PRESIDENT:  He’s a great guy.
CONGRESSMAN LONG:  So if you will tell me how many golf balls he lost in Florida.  I don't know how many House of Representative golf balls to take.  (Laughter.)  
THE PRESIDENT:  He played well, I'll tell you.  And you know, we played with Ernie Els.  I called up Billy -- I said, see if you can get me somebody good to play with; I have the Prime Minister of Japan who wants to play golf.  So we get to the front of the club, and Ernie Els is waiting for us.  He said, when you're ready.  So we had a good time.
No, he played very nicely, and he’s a great guy.  You're going to like him.  I like him.
CONGRESSMAN LONG:  Oh, yeah, I’ve met him the last three or four years -- met with him there.  He’s a great guy.  And I knew you all would hit it off because you're both people persons and a great personalities.
THE PRESIDENT:  Well, we had a good feeling.
CONGRESSMAN LONG:  So I knew you guys would get along good.
THE PRESIDENT:  Well, I always said about President Obama, it’s great to play golf, but play golf with heads of countries.  And, by the way, people like yourself, when you're looking for votes, don't play with your friends who you play with every week.  (Laughter.)  Does that make sense?
CONGRESSMAN LONG:  Yeah, it does.
THE PRESIDENT:  I hit it off with the Prime Minister.  He is a fabulous guy.  He’s -- loves his country.  And we spoke all day long and well into the night.  As you know, they launched a missile in North Korea, and we were discussing that.  So it was really something.  
But have a good time over there. 
CONGRESSMAN LONG:  I will.
THE PRESIDENT:  And give him my regards.
CONGRESSMAN LONG:  Ambassador Sasae was in my district for two full days, and he mentioned he was with you down there to play golf.
THE PRESIDENT:  He was.
CONGRESSMAN LONG:  He’s another great guy -- he and his wife both.
THE PRESIDENT:  They're all good.
CONGRESSMAN LONG:  One last quick thing.  Fran Drescher, from “The Nanny” -- 
THE PRESIDENT:  Right. 
CONGRESSMAN LONG:  -- said you were on “The Nanny” one time.  She has a request with her battle for cancer that you have a cancer board that has one non-medical person.  So she wanted me to put her name in the hat for that.  My daughter came through a successful cancer battle.
THE PRESIDENT:  She’s fought hard.  She’s fought hard.  Yes.  You know what, if you would, Billy, why don't you give me that request?  And we’ll see if we can do that.
CONGRESSMAN LONG:  We will.  I’ll give it to your people.  Thank you. 
THE PRESIDENT:  Marsha.
CONGRESSWOMAN BLACKBURN:  Yes, I’m Marsha Blackburn from Tennessee.  I chair the Telecommunications and Technology Subcommittee of Energy and Commerce.  And we are looking forward to broadband expansion.  Go broadband!
THE PRESIDENT:  We're going to get it.
CONGRESSWOMAN BLACKBURN:  Yes.  All right.
THE PRESIDENT:  Thank you very much, everybody.  I’ll see you at 12 o’clock if you want.  If you don't want, don't be there.  (Laughter.)  If you don't show up, I won’t be offended.  (Laughter.)  
Q    Are you going to find some of those leakers, Mr. President?
THE PRESIDENT:  We're going to find the leakers.  We're going to find the leakers.  They're going to pay a big price for leaking.  It’s all about the leakers.  You know the Russians are just a muse -- it’s all about the leakers.
END
11:01 A.M. EST

mardi 14 février 2017

Sudokus

Les Sudokus (prononcer soudokou) sont une invention récente, et c'est bien dommage car on aurait pu accumuler des tas de grilles intéressantes de Gauss ou d'Euler.

Quand il est bien fait, on peut vraiment apprécier la subtilité du raisonnement. A quand un sudoku au bac?

On en voit partout, généralement très faciles à résoudre : un carré 9*9, chaque case comprenant un chiffre entier de 1 à 9, avec les règles suivantes :

  • il n'y a qu'une fois le même nombre dans chaque ligne, dans chaque colonne, et dans chacune des 9 zones 3*3.
  • des cases sont affichées, et la résolution ne doit conduire qu'à une seule solution. 
Un sudoku ne doit donc pas conduire à 2 solutions possibles. Pour cela, on a montré qu'il fallait donner au moins 17 des 81 cases possibles. En voilà un à 17 clés :


Un nombre minimal de clés n'est pas nécessairement un indice de difficulté. On a trouvé un sudoku qualifié de "plus difficile du monde", c'est AI l'escargot, essayez pour voir :

Il y a  9! × 722 × 27 × 27,704,267,971 = 6,670,903,752,021,072,936,960 sudokus différents, mais puisque par permutations des chiffres, des lignes, des colonnes, par rotation, symétrie, etc, il n'y en a que 5,472,730,538 qui soient vraiment différents : plus de 5 milliards, de quoi s'occuper un bout de temps.

On peut compliquer le jeu. On peut faire une grille 16*16, en ajoutant les lettres ABCDEFG, mais ce n'est pas drôle : on perd en complication sans ajouter à la difficulté.

Plus amusant : le sudoku "killer" : là, on ne donne que des sommes partielles sur certaines zones. Par exemple, si vous avez 17 sur 2 cases, il y a obligatoirement 8 et 9. Là aussi, une seule solution possible.


Plus vicieux le, sudoku "greater" : on ne donne comme indication que des inégalités. La résolution est un peu mécanique, mais il y a de belles subtilités.



Enfin, on peut essayer le sudoku irrégulier :  les blocs de 9 cases ne sont plus carrées.



Je ne vous ai pas mis les références de tout ça : vous allez sur Qwant (pour embêter GGle - c'est aussi bien, français, sans pub, sans pistage), vous tapez sudoku, et vous trouvez tout. Le meilleur site est e-sudoku, on en trouve beaucoup, avec 4 niveaux de difficultés.


dimanche 5 février 2017

Le 5 février 2007, tropique du Cancer

Le 5 février 2007, le soleil se lève sur Abou Simbel, non pas un jour glorieux où il pénètre jusqu'au fond pour illuminer les dieux, un jour ordinaire parmi une foule de touristes. 




Au retour, le car prend du retard car nous avons des squatteurs : un capitaine de l'Armée en inspection, et sa famille en passagers clandestins. Le temps de demander aux différents points de contrôle si la soupe est bonne, et nous avons perdu une demi-heure. 

Donc le convoi va très vite, trop vite, environ 120 km/h sur une route improbable, parsemée de nids de poule et de travaux en cours, et l'accident arrive, inch'Allah. Le car touche, le car pète sur les cailloux du désert, se soulève pour retomber heureusement sur ce qui lui reste de roues, et finit par s'échouer dans le sable et dans un nuage de poussière.


A l'intérieur, on est secoués comme des pois chiches dans une boite. C'est interminable, mais curieusement ça finit par s'arrêter. On est sonnés, mais je ne n'en sais rien, je suis dans les pommes. Tout le monde descend, et je reste, caché derrière le rideau bleu.


J’avais vaguement conscience que les secours allaient venir, et qu'on essayait de me ranimer. Mon destin était fixé, pour un bon bout de temps : on s’occupait de moi, et moi, je me laisserai dorloter !

L’ambulance attendue a été longue à venir, mais nous n’avons pas été déçus : un engin sorti du fond des âges mécaniques, un truc à roues – quand même !- tiré d’un hangar d’une caserne de ce coin de désert, une récupération au moins de la bataille d’El Alamein. Le chauffeur et son aide, baptisés brancardiers, m’ont sorti du car, enfourné, et nous sommes partis à toute allure (80km/h en pointe ?). La boite de vitesse grinçait, malgré le double pédalage obligatoire, et on sentait chaque bosse. J’étais
allongé sur le plancher sur ce que je ne saurais appeler un brancard, une espèce de planche en fer, très inconfortable, mais plus sûre que le coffre à outils en bois où mes accompagnants s’étaient assis : 3 cahots plus tard, les voila effondrés dedans, le derrière par terre et les pieds en l’air ! Voila une
photo de perdue !

Voila enfin l’hôpital d’Aswan ! Au début on croit que c’est tout neuf. J’ai été bluffé par leur équipement radio et le scanner auxquels j’ai eu droit dès mon arrivée.  Mais le reste ! Je suppose que l’investissement a été offert par un Roi du Pétrole de la région, mais qui a oublié le fonctionnement…Pas de drap de dessus dans les lits, juste une couverture en poil de chameau, jamais nettoyée, tout le reste à l’avenant. Les pauvres gens…

Enfin un diagnostic : fracture-écrasement d'une lombaire.Le schéma continue : je me laisse dorloter.   et on s’occupe de moi. Les médecins, 2 ou 3 fois, pour me dire que je suis « rapatriable » sur le Caire. 

Grave problème le soir : il me fallait un engin « version homme » que l’on appelle « pistolet » dans nos hôpitaux bien de chez nous. … Enfin on nous apporte CA !


De la tôle émaillée éclatée, avec des traces de bordures bleues Si vous le prenez pour une bouilloire, ne prenez pas de thé ici ! On l’a baptisé « l’objet de fouille », mais sans pouvoir vraiment l’identifier : abandonné par les soldats de Napoléon lors du nettoyage d’Assouan, ou donné en signe d’amitié éternelle par un kolkhoze de l’Oural, lors de la construction du barrage ?

Vers 11h le soir, on perçoit un peu de calme, et on se risque à éteindre la lumière… Erreur : brusquement ça rallume, la police, toujours en masse, arrive, triomphale, me rapporter mon téléphone portable oublié dans le car… En fait un arabophone de la famille a appelé notre numéro, est tombé sur le commissaire de police d’Assouan, lui a tout expliqué. Pour moi un PV de 3 pages en arabe à signer…

Et puis, encore plus tard, ce sont les médecins, représentés par le chef de service (comment dit-on Mandarin en arabe ? Ca doit exister…), qui m’apportent le « medical report », sans lequel je ne peux partir. Mais il faut payer cash-tout-de-suite leurs honoraires, 1000 LE, pas une ruine, mais on ne les a pas ! Et il n’y a pas de crache-thunes ! Alors, see you tomorrow, hein, on veut dormir ! Lumière! Choukran…

Le lendemain, effectivement tout se règle grâce au représentant du rapatriement. Ouf ! Et aussi la facture de l’hôpital. Tout en arabe et chiffres « persans », je ne saurai jamais le prix. Le rapatriement vers le Caire en « Air Ambulance » est prévu, mais quand et comment ?

Mais nous avons un visiteur imprévu : un jeune homme, très bien sur lui, assez « classe », (un stagiaire de l’ENA égyptienne ?) nous explique qu’il est du cabinet du « Governor of Aswan », qu’il est chargé de nous transmettre, de sa part, ses compliments, ses bons voeux, et un cadeau,
bien emballé dans du papier brillant rouge avec des petits coeurs (en avance sur la St Valentin ?) : c’est une très belle eau de toilette de fabrication égyptienne, mais, sans vouloir dénigrer les cadeaux qu’on me fait, un épouvantable patchouli très oriental, absolument inutilisable ! Je remercie beaucoup. Si le « Governor » fait un cadeau à tous les blessés de la route, il va vite se rendre compte que ça va lui coûter moins cher de faire respecter le code de la route. On peut même lui vendre des radars automatiques, s’il en veut !

De même, Madame  a été « fleurie », un grand bouquet de glaïeuls, du genre de ceux qu'on offre aux cantatrices à l’Opéra de Romorantin, ou qu’on donne à Mme Chirac quand elle inaugure une crèche. Vraiment très gentil. Nous remercions beaucoup. 



Je n’oublie pas non plus une femme, venue de la chambre d’à coté où elle veille son beau-père (« Comment va-t-il ? – Inch’Allah ! ») nous offrir des dattes dans un bol en plastique. Ils sont adorables!
Mais le docteur égyptien est arrivé du Caire, avec son avion, une bâche de plastique, et à 14h, on vient m’emballer, et faire marcher une pompe à vide et à main. On me traîne sur un brancard spécial, Spring Tours s’occupe des valises, et nous quittons la chambre. Un monde fou dans le couloir : tous sont là pour nous souhaiter un bon retour. Je lève ma main, et ils viennent la serrer très amicalement. Au revoir…choukran !

Une ambulance plus moderne nous conduit à l’aéroport, mais je ne vois rien. On me dit que l’on franchit le vieux barrage, que l’aéroport est tout beau, en style post-pharaonique, sans doute comme la gare de Louxor. L’ambulance va directement sur la piste, auprès du Beechcraft-ambulance du Ministère de la Santé Egyptien. Très chic de voyager en avion privé ! Et au départ d’Assouan, ça fait très Mitterrand… 

Il n’y a qu’un seul défaut pour un avion sanitaire : le brancard ne passe pas. En effet la porte est sur le coté de l’avion, et il n’y a pas la place de tourner pour me mettre dans le sens de la longueur. Qu’à cela ne tienne, ils savent faire : on fait glisser un siège au maximum vers l’avant, on prend 4 costauds, et je passe de travers, sur la tranche, retenu par mes sangles! Ouf…

Le vol a duré 2 heures, sans problème. Quand on a félicité à l’arrivée le Commandant pour son atterrissage tout en douceur, il en a rosi de plaisir. Il nous a alors raconté qu’il lui était arrivé la même chose 10 ans auparavant : la route d’Abou Simbel, un accident, une vertèbre cassée…Nous nous compatissons/félicitons mutuellement…

Une ambulance encore plus moderne nous emmène à l’Hôpital anglo-américain du Caire qui est dans une grande île sur le Nil. Très années 30, de grandes chambres, et des plafonds très hauts… Des draps frais…Le médecin qui avait assuré le transport passe les consignes à un de ses collègues, et rapidement, je suis de nouveau très entouré : le directeur de Spring Tours au Caire, charmant ; le médecin de l’Ambassade de France, francophone parfait, qui nous donne sa carte pour qu’on puisse l’appeler n’importe quand si il y a un problème ; un neurologue, un orthopédiste, qui
demandent un nouveau scan…

Le temps de faire tout ça, il est près de 11h du soir, quand la faculté revient avec les photos et le diagnostic : fracture-tassement de la L(ombaire)1, et sans atteinte neurologique. J’ai le choix entre me faire opérer tout de suite au Caire, ou demander le rapatriement car je suis transportable. Le choix est vite fait, et ma joie contraste avec la déception de l’orthopédiste, qui voit disparaître une belle occasion de faire une belle opération sur un patient solvable… Il faut parfois être égoïste, non ?

Le jour se lève sur le Caire, et le départ sera pour  demain : nous avons eu un contact avec le médecin de IMA, qui est à Niort. Il a bien reçu dans la nuit le rapport des deux spécialistes cairotes, le processus est engagé, le médecin français, un spécialiste des rapatriements sanitaires, va prendre l’avion de 13h40, et sera là ce soir avec le matériel… Tout va bien.

Vers 10h le soir, arrive une tornade : éclats de voix dans les couloirs, chocs contre les murs, la porte s’ouvre en fracas : le « french doctor » et son matériel sont arrivés. La tête et le look du baroudeur, à qui on n’en fait pas... 3 minutes après son arrivée, il avait déjà eng… tout le petit monde des infirmières, brancardiers, aides-soignants, sur tout ce qui n’allait pas, ma position, ma perf, mon « medical report », que sais-je encore ! Moi qui les trouvais infiniment plus pro qu’à Assouan…
Et le matériel, c’est du matériel ! Une coque rigide en plastique rouge, un autre sac à bille pour
m’envelopper, mais celui-ci a l’air sérieux, une couverture de survie, grâce à laquelle je n’aurais jamais froid…

Et la pompe à vide, qu’il a fallu transporter, est électrique à piles, pas à main. Quel progrès ! Le French Doctor prépare tout pour le lendemain, car on part à 4h du matin, se fait promettre le dossier médical complet, et va dormir au Hilton du coin. Le calme revient…

3h du matin : fini dodo, le cyclone revient, donne un coup de pied dans la porte, allume la lumière, rameute l’infirmière de nuit, tempête parce qu’évidement le « medical report » n’est pas prêt (je l’aurais parié), se plaint de ne pas avoir assez dormi…

Vers 4 h, nous sommes prêts, et nous partons dans l’ambulance, moi ficelé comme Ramsès II lors de son dernier voyage à Paris,et le French Doctor qui houspille le chauffeur –pourtant, ça roule, au Caire, à 4h du matin !- et qui donne des coups de pied dans la carrosserie parce que « ces c… !, il fait 5°C, et il n’y a même pas de chauffage dans leur ambulance ! ». Courageusement, je ne m’en mêle
pas…

Finalement, vers 7h, on me hisse par la porte arrière de l’Airbus, on m’installe tout douillet sur les dossiers des 6 sièges réquisitionnés : pendant 5 heures, je ne verrais que les coffres à bagages, à 20 cm au dessus de mon nez. Mais pendant le vol, pendant que le French Doctor dort d’un sommeil réparateur, la chef de cabine d’Air France, toujours de grande classe, viendra discuter avec nous. 

La suite est simple : je suis conduit à l’Institut Mutualiste Montsouris, ce qu’on fait de mieux dans le genre, où je suis dorloté, nettoyé, pris en charge de façon admirable, et surtout manipulé par des kinés et des infirmières qui savent faire. Pas comme à Assouan, où on me tirait un bras et une jambe pour me faire sauter du brancard vers le lit, et hop !

J’appris que j’avais bénéficié d’un 2ème miracle (après celui de l’accident) : mon bobo ne s’était pas aggravé depuis.

10 ans déjà!