mardi 1 septembre 2015

Le Chant Grégorien

M l'Abbé Th. Laroche, curé de Souain, a écrit un livre "Principes traditionnels d'exécution du chant grégorien, d'après l'Ecole de Solesmes", édité par la Société S. Jean l’Évangéliste chez Desclées & Cie, imprimeurs du Saint Siège et de la Sacrée Congrégation des Rites, qui a reçu l'Imprimatur de l'Evêque de Tournai en 1929.

En ces temps où il convient d'abolir l'héritage de 68 (comprenez Vatican II), il me paraît utile de rappeler quelques principes issus de ce livre rédigé pour obéir "scrupuleusement" aux ordres du Saint-Père (Pie X).

Le texte est présenté comme dans les anciens (les seuls valables) catéchismes, sous forme de Questions-Réponses :
1 Qu'est-ce que la Musique?
La Musique est l'art de combiner les sons et d'en régler la durée.

2 Qu'est-ce que le Chant Grégorien?
Le Chant Grégorien est la musique adoptée par l'Eglise pour la louange divine et à laquelle le Pape saint Grégoire a donné sa forme, sa perfection et son nom.

3 Quel est le caractère du Chant Grégorien?
Le caractère du Chant Grégorien est la simplicité, la douceur, la suavité et l'onction. En lui, rien de recherché, de heurté, de passionné. En lui, tout est paix, sérénité, force, pureté et charité.

 4 Quel est le but du Chant Grégorien?
Le but du chant Grégorien est :
 1° de nous faire participer aux mystères célébrés par l'Eglise ;
 2° de nous aider à prier Dieu et à nous sanctifier ;
 3° de produire l'union des chrétiens comme il exige l'union des voix, selon cette parole de saint Benoît : Mettons nos âmes à l'unisson des voix (règle de saint Benoît, chapitre 9).

5 Comment faut-il exécuter le Chant Grégorien?
Le Chant Grégorien étant la prière chantée, il faut l'exécuter avec toute la perfection possible, et ne jamais se contenter d'à peu près

Déjà, je pressens que vous avez appris quelque chose aujourd'hui, et apprécié la suavité et l'onction, notions toutes ecclésiastiques s'il en est.

Mais déjà vous savez qu'il ne peut être question d'harmonie (unisson seul!), encore moins de contrepoint. Tous ceux qui ont écrit des messes, des Requiem, des Te Deum, des Ave Verum, sont donc excommuniés, sauf JS Bach qui l'est déjà comme protestant.

On commence par la prononciation Romaine du latin. 
D'abord les voyelles. Par exemple Deus se prononce Dè-ouce. Les diphtongues AE ou OE ont le son de l'e simple : taedium = tédium, poena = péna. AI et OU ont deux sons distincts : prout = pro-out. Pour AU, EU et AY, il faut faire 2 sons d'une seule émission de voix. Lauda = Laouda.

Puis les consonnes : toutes les consonnes s'articulent séparément. C devant e et i se prononce tch. Coelum = Tchéloume. CC devant e et i : ttch. Ecce = ettché. H se prononce k dans mihi ou nihil. XC devant e et i se dit kch. Excelsis = Ekchelsis. Ti, après une voyelle ou précédées de toute autre lettre que S, X, T se prononce tsi. Patienta = Patsientsia.

Les syllabes : les syllabes accentuées se reconnaissent à l'accent dont elle est surmontée, et se mettent en relief par une impulsion vive, élastique, brève de la voix, mais sans raideur (sic). Mais l'accentuation s'étend à toutes les syllabes d'un mot : c'est l'âme du mot. On se gardera de le confondre avec l'accent oratoire, qui varie la modulation d'après les pensées et les sentiments exprimés. La syllabe finale n'est jamais accentuée, ni muette.

L'allongement des accents éparpille les syllabes au lieu de les réunir, et produit des mots inintelligibles. Ainsi, au lieu de "factórem cóeli et térrae", on entend "factó remcóe liettér  rae".

Il serait temps de parler musique. Il y a 8 notes : Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do (appelé Ut jusqu'au XVIIème siècle). La note la plus utilisée est le punctum carré qui vaut un temps. Pointé il vaut 2 temps ( et non pas un temps et demi). Mais on trouve aussi le punctum losangé, la virga et le quilisma.

La gamme est l'émission des 8 notes. Elle est donc diatonique en DoM, l'un des 8 modes du Chant Grégorien. Les notes se placent sur une portée de 4 lignes et de 3 espaces blancs ou interlignes, qui se comptent de bas en haut.

On peut utiliser aussi la clé de Fa, souvent sur la 3ème ligne.

Ici, on  a la clé de Do sur la 4ème ligne, mais elle pourrait être sur la 2ème ou la 3ème. La première note de cet Agnus Dei est donc un Ré.

Les groupes de notes s'appellent des neumes. 
- le Podatus (sous Dé de Déi) : 2 notes ascendantes la plus basse s'exécute la première (Do-Ré).
- la Clivis (sous le ta de peccàta) : 2 notes descendantes la plus haute s'exécute la première.(Ré-Do)
- la Virga : 2 notes à l'unisson ■ (Do-Do)
- le Scandicus  (sous le pe de peccàta) : 3, ou plus, notes ascendantes (Mi-Fa-Sol). Mais le A de Agnus, est un Scandicus flexus : Ré-Mi-Fa-Ré. 
- le Salicus : 3, ou plus, notes ascendantes, avec épisème de subdivision sur la 2ème. 
- le Climacus (sous le cà de peccàta, ou le lis de tóllis) : 3, ou plus notes descendantes (Sol-Fa-Mi). Si la 4ème note est vers le haut, il sera Climacus Resupinus.
- le Torculus : 3 notes, celle du milieu est plus haute que les 2 autres : (Sol-La-Sol, La-Do-Sol). il peut être aussi Resupinus
- le Porrectus : la note du milieu est plus basse que les 2 autres (Do-La-Si)
- la Triverga : 3 notes à l'unisson.
Le Porrectus sur tól
Nous parlerons une autre fois des neumes liquescents, du Cephalicus, de l'Ancus, de la Strophicus, de l'Oriscus, du Pressus, du Quilisma, 
Peut-être.

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