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dimanche 10 janvier 2010

Neige en janvier

C'est drôle, de la neige en janvier. Croyez en mon expérience : celle de novembre annonce Noël, celle de janvier un discours (au moins) de Sarkozy en février.

Ça remplit les journaux TV, et pendant ce temps-là, on cause d'autres choses. Comment n'a-t-on pas commandé assez de chasse-neige au cas où... La question que tout le monde se pose, et dont la réponse est plutôt complexe.

En effet, ces équipements relèvent de la décision des conseils généraux, que l'on élit selon des modes de scrutin assez archaïques qui, pour ne froisser personne, surestiment et favorisent les cantons plutôt ruraux, aux dépens des villes et de leurs agglomérations. On a donc, toujours sans vouloir vexer personne, un personnel politique local plutôt conservateur et assez peu cultivé.

Je dis cela sans considération partisane, car sur ce plan là, tout le monde politique, de droite ou de gauche, a l'air d'accord pour le perpétuer. Ces gens gèrent nos sous, allegramente, et ne s'occupent de nous qu'au moment des élections.

Pour revenir aux chasse-neige, quand nous a-t-on demandé notre avis, entre le risque de blocage par la neige, une fois tous les 10/20/50 ans, et le montant corrélatif des impôts associés? Jamais. Pourtant, c'est un exemple-type de démocratie locale, où la réponse n'est pas forcément la même partout.

L'an dernier, M Gaudin avait répondu à ses détracteurs du Conseil général des Bouches-du-Rhône que, s'il avait proposé d'acheter des chasse-neige, il aurait été traité de fada. J'en avais conclu que M Gaudin avait décidé tout seul de ne pas en acheter. S'il avait fait un peu de communication avant, il aurait pu avoir une réponse plus intelligente et plus pédagogique.

Le petit jeu consiste à dire que c'est la faute du gouvernement, sauf qu'il a décentralisé ce genre de décisions, ce qui n'est pas idiot au cas particulier, sauf que les décideurs confisquent ce pouvoir aux dépens des premiers concernés : les habitants. Et oui, on ne peut vouloir habiter à la campagne, parce que l'air y est meilleur et le terrain moins cher, et se plaindre que la collectivité ne prenne à sa charge les inconvénients de l'isolement quand il neige.

Les chasse-neige, ce n'est qu'un exemple banal, mais un exemple frappant du détournement de la démocratie locale dans notre pays, et cela est grave.

Prenez maintenant la vaccination. Là, c'est bien l'Etat qui est responsable, et il avait à gérer une situation difficile : prendre des décisions en univers incertain. Je ne fais pas partie de ceux qui condamnent Mme Bachelot pour avoir acheté trop de vaccins, mais je lui reproche de n'avoir pas tenu compte dans les contrats de ces incertitudes. Les marchés à tranche optionnelle, ce n'est pas fait pour rien, même si ça parait coûter plus cher au début, généralement c'est ce qui est le plus flexible. Elle a privilégié l'affichage du prix unitaire au coût total de l'opération: elle n'aura pas le prix Nobel d'Economie, Roselyne.

En terme de communication, elle a été désastreuse : elle a pris la posture de celle qui maîtrisait tout, elle doit assumer maintenant les incohérences de ses conseillers, les médecins (même Peloux!, même Debré, le frère de l'autre, le spécialiste des maladies de la "zigounette"!) se disputant entre eux sur le thème qu'ils l'avaient bien dit, que si on les avait écoutés et que si on s'y était pris autrement... Tout ceci est grotesque et n'honore pas ceux qui se livrent à ça.

Mais la vraie déroute est ailleurs : l' Etat s'est montré incapable de vacciner toute la population en un temps raisonnable. Même en 39, la distribution des masques à gaz et des tickets de rationnement s'était mieux passée. C'est très drôle, parce que ça n'a été qu'une "grippette", mais que se serait-il passé si ça avait été grave? Déjà les CRS ont eu du mal au début à canaliser les heureux titulaires de "bons", et maintenant, parait-il , les centres attendent le client. On peut venir sans bon, mais, n'ayant pas de bon, je ne sais où sont les centres de vaccination. A noter que les maris des femmes enceintes ne sont pas prioritaires : sans doute ne verront-ils jamais leur bébé?

L'Etat n'est donc plus en mesure d'assurer ses missions de base. Il décentralise ce qu'il peut sur les régions et départements, où le pouvoir est confisqué par des satrapes.

Et pendant ce temps-là, ma pauvre dame, on cause de la neige. Il va falloir refonder notre démocratie...





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jeudi 17 décembre 2009

Encore des brèves

Juste quelques informations.

-la vaccination. Je vous ai déjà raconté que le préfet des Hauts de Seine, zélé serviteur, avait réquisitionné des médecins de Grenoble pour aller vacciner à Garches et Puteaux. Je vous offre un nouveau scoop: comment Mme Bachelot a-t-elle financé tout ça? Et bien, par un prélèvement (d'office) de 1% sur le CA des mutuelles. J'ai calculé, pour moi, ça va faire 12€... Laquelle mutuelle en profite pour augmenter ses prix de 8%. Sans commentaires....

- Copenhague. On nous dit que c'est le foutoir que les écolos râlent, les pays pauvres désespèrent, que la Chine ceci, et les US cela... C'est en communication on appelle du teasing, car bientôt notre Zérro national va venir, va voir, et va vaincre.... Le monde sera sauvé, grâce à lui. Claire Chazal a son entrée toute faite pour le prochain JT. Et si ça ne marche pas? Pas de problème, nous a déjà dit le Grand Con-municateur : il aura tout essayé, ce ne sera pas de sa faute. Il gagne à tous les coups.

- Le grand débat national sur l'identité française? Les objectifs semblent déjà dépassés : jamais les promesses de voix pour le Lepenthon n'ont été aussi élevées. Après le père Jean-Marie, et la fille Marine, voila Marion la petite fille! Maréchal, la voila, la fille de Yann Le Pen et de Samuel (hum, hum..) Maréchal (ouf!). Comme les Debré, les de Caunes, les Dassault, les Bouygues, et les Le Pen, les Sarkozy s'organisent aussi en dynastie.

- Judas Besson est à la fête, bien sûr, et il vient d'être chaudement félicité et encouragé, malgré les critiques "de notre camp" signées Raffarin, Juppé, etc. Il faut le surveiller de près ce Besson, parce qu'il a une aptitude naturelle à choisir le camp de vainqueur. Il n'est, à l'UMP, qu'en transit du PS vers le FN.

-Mme Dati n'en peut plus : "Je suis dans l'hémicycle du parlement de Strasbourg. Je n'en peux plus, je n'en peux plus ! Je pense qu'il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat". Non, pourvu qu'il n'y ait pas de drame! Il n'y a pas de médecin du travail, au parlement européen? Elle peut très bien démissionner de son poste de député européen, et se faire engager par France Télécom, par exemple. Elle aura droit à des jours de congés (12 par an maximum) quand sa fille est malade, par exemple.

-A propos de France Télécom, j'ai quand même été surpris de trouver sur Internet le premier rapport de Technologia présenté au DRH cette semaine. Je vous en donne juste une des conclusions :
  • Grande défaillance du management
  • Ambiance de travail tendue, voire violente
A noter qu'il n'y a pratiquement pas de différence statistique entre fonctionnaires et contractuels : contrairement à ce qu'ils croient, ce n'est pas que les gens soient c..s, c'est le système qu'ils ont mis en place qui est pourri. A quand le grand coup de balai?

- Vous savez déjà que la France est gouvernée, et bien gouvernée. En voila une nouvelle preuve : quand les footeux râlent parce qu'on leur supprime leur niche fiscale, on publie aussitôt les primes qu'ils ont touchées pour avoir "gagné" leur place en Afrique du Sud. (Finalement, on va leur garder leur niche, sinon ils feront exprès de perdre). Quand la crise du RER A s'enlise, on fait savoir qu'ils gagnent 2700€ pour travailler 2h par jour. Et quand Johnny est dans le coma, on sait exactement les turpitudes de son chirurgien (escroquerie aux assurances, erreur de vertèbre pour une opération, etc). Voyez comme les fichiers des flics sont bien tenus! Voyez comme c'est utile...

Je suis fier d'être français (si je le suis encore...)

jeudi 19 novembre 2009

On a gagné, haut la main!

C'est parait-il ce que beaucoup de français ont vu hier. "On" ira en Coupe du Monde 2010, parce que l'arbitre n'a pas vu la faute, a donné le but sans demander au joueur s'il y avait eu faute : "parce que sinon, je lui aurais dit" a avoué le fautif.

Mme Bachelot, ministre de la Grippe et des Sports, a fait part de son "lâche soulagement". Je suis soulagé qu'elle ait avoué sa lâcheté, mais je reste néanmoins sur ma faim.

Quand même! La triche est publique, tout le monde le sait, et pourtant notre équipe tricolore, celle qui doit chanter et faire chanter la Marseillaise, celle qui gagne des fortunes pour faire rêver les banlieues, va aller porter nos couleurs en Afrique du Sud, très légalement mais de façon complètement illégitime.

Que pourront dire les pauvres profs qui sanctionneront un peu de copiage dans un devoir? Les pauvres flics qui verbalisent les gens qui ne traversent pas dans les clous?

Et tout ceci en plein milieu du débat sur l'identité nationale. Pas la peine de tourner autour : le français, c'est celui qui triche et ne se fait pas prendre. Notre modèle, c'est le voisin qui a réussi à ne pas déclarer tous ses impôts, et n'a pas eu de contrôle. C'est celui qui a eu son permis parce que le beau-frère de son oncle est inspecteur. C'est celui qui s'est fait élire grâce à de faux électeurs et des emplois fictifs, et qui joue de son immunité passée pour faire valoir la prescription. C'est celui qui passe à l'ennemi, avec tous les secrets de campagne de son ex-candidate.

Finalement, c'est très sarkozyste, cette façon de gagner. Il a été élu par 53% des français, il peut donc faire ce qu'il veut, comme les footballeurs ont gagné le match et sont donc sélectionnés. Haut la main, peut-on dire.

Tricher plus pour gagner plus, le slogan pour 2012?

Je ne suis pas chagriné par le malheur des Irlandais : ils nous ont assez ennuyés avec le référendum européen, et avec les milliards qu'ils reçoivent de l'Europe pour leur éviter la faillite, ça devrait les consoler.

Non, il faut donner notre place aux Egyptiens, ils l'ont bien méritée...

Et souvenez-vous de l'attitude indigne de nos dirigeants dans cette affaire...

jeudi 12 novembre 2009

Barbarella , Diafoirus et le technocrate, code H1N1

Misère de misère! Ah le beau temps que ce siècle de fer (Voltaire).

Voila, il y a une épidémie/pandémie de grippe ex-porcine, ex-mexicaine, et l'OMS s'est affolé : ses ratés au moment du SIDA lui ont foutu la trouille. Les frères égyptiens en ont profité aussitôt pour éradiquer les cochons des coptes, qui étaient leur seule subsistance.

Le gouvernement français, notamment Mme Bachelot, s'affole aussi : elle se souvient du sang contaminé et de la canicule. Elle veut vacciner toute la population, et achète de quoi faire 2 injections à chaque français, selon les rapports scientifiques disponibles à l'été. Elle n'aurait pas fait ça, on la traitait de tous les noms d'oiseaux, et elle finissait en cour de Justice de la République.

C'était simple. Mais brusquement, tout part en vrille, plonge dans l'irrationnel, le psychédélique, le cauchemar.

D'abord Mme Barbarella Bachelot fait une communication à tort et à travers : c'est grave une épidémie, mais c'est pas grave cette forme de grippe, il n'y a pas de danger, mais l'alerte est maximum. Tous seront touchés, mais peu seront atteints, etc...

Ensuite, Internet nous apprend que c'est Bush et ses complices qui ont fait fuiter le virus au Mexique, pour réduire la population mondiale, tuer Obama qui faisait une visite au Mexique, etc. Que finalement, c'était un complot des multinationales des médicaments pour vendre du Tamiflu et des vaccins. Et que ces Maîtres du Monde en ont profité pour mettre des adjuvants (de l'aluminium, beurk!) et, pourquoi pas, une puce destinée à nous pister toute notre vie.

Le brave citoyen en conclut que "c'est pas clair, tout ça".

C'est alors qu'intervient le technocrate. Vacciner toute la population, facile! le Ministère de la Santé a le plan ZBX083, confidentiel défense, rédigé en 1934, révisé en 1953 et en 1988, en cas de menaces bactériologiques globales : on réquisitionne les gymnases et les salles polyvalentes, les gens se mettent à la queue, le bras droit dégagé, la police assure l'ordre et évite le resquillage. Ordre est donné aux préfets de mettre en oeuvre le plan ZBX083.

Evidemment, ça ne se passe pas comme ça : comme les doses n'arrivent que progressivement, il faut définir les priorités : d'abord les personnels de santé (normal...), puis les femmes enceintes, puis, etc.

Arrive Diafoirus : comment, le gouvernement n'a pas prévu que les médecins de ville puissent vacciner. Scandale! Evidemment, Barbarella voulait éviter de payer 22€ 40 millions de fois, ce qui triplait le coût de l'opération! Diafoirus fait savoir que puisque c'est comme ça, il ne se fera pas vacciner, et recommande à ses clients de ne pas le faire.

Bachelot fait donner les pontes médicales à la TV : "oui, il faut se faire vacciner!" Il parait que le ponte est aussi consultant chez les fabricants... La TV interroge un médecin de banlieue : "Non, il ne faut pas se faire vacciner". Le médecin râle de ne pas avoir ses 22€, et ne veut pas être réquisitionné pour aller vacciner dans les gymnases... On fait des sondages trottoirs "Allez-vous vous faire vacciner?".
10% seulement des personnels de santé s'est fait vacciner, qu'à cela ne tienne, Barbarella ira se faire vacciner devant les caméras "pour donner l'exemple".

Je ne sais pas si vous comprenez la situation : les autorités scientifiques sont contredites par le pékin moyen, et les avis des épidémiologistes va être remplacé par une votation citoyenne. Plus personne ne croit les "savants" (les "sachants", dirait Sarkozy). Le technocrate se fait écharper pour avoir privé les gosses de sport depuis 1 mois, pour rien. On n'a plus confiance dans son médecin traitant.

Irruption de l'irrationnel, ministre dépassée, communication à contre-temps,conflit d'intérêts sous-jacents, diffusion de vraies et fausses nouvelles par Internet, voila un beau gâchis à faire méditer sociologues et politiques pendant des années.

Pour moi, c'est simple : je ne suis pas dans une catégorie prioritaire, c'est-à-dire que je peux crever, tout le monde s'en fout (c'est ce que j'ai compris). Aller faire la queue des heures, dans un gymnase, encadré par des mecs de la Préfecture de Police et leurs matraques et leurs chiens, j'en ai des cauchemars d'avance (j'ai déjà eu le TABDT par des infirmiers militaires, ça m'a suffit...)

Je me venge par avance en toussant très fort dans le métro : j'ai très vite une place assise, seul dans mon carré.

Est-ce que je me ferai vacciner? : j'attends les derniers sondages!

lundi 29 décembre 2008

Bonne année, Monsieur Sarkozy!

Je vous espère bien reposé, après 8 jours de farniente sur une plage ensoleillée et cocoifiée, en "famille".
Vous allez sûrement vous inviter chez moi pour me présenter vos voeux. Permettez-moi de vous en remercier par avance, et de vous dire ceux que j'attends de vous.

- Tout d'abord, je voudrais vous souhaiter beaucoup de temps libre, que vous puissiez consacrer à vos enfants, à vos affaires et au tourisme. Et le plus tôt sera le mieux.

- Mais bon, les choses étant ce qu'elles sont et ce qu'elles peuvent être, je pense que le mieux serait que vous tourniez votre langue 7 fois dans votre bouche avant de parler. Vous êtes trop impulsif, vous sautez sur tout et vous foncez avant de savoir de quoi il retourne. Je vous promets que ça vous nuit.
Par exemple, vous supprimez la pub à la TV, vous nommez la commission Copé pour étudier ça, vous décidez du principal avant d'en avoir reçu les conclusions, et Copé se déclare d'accord sur tout avec vous. La loi passe mal au Parlement, et on s'aperçoit alors qu'un coup de fil à Carolis aurait suffit..
Pitié, ne nous faites pas la même chose avec la réforme territoriale : M Balladur doit rendre ses conclusions pour la fin février, et M Frédéric Lefèvre annonce déjà la fusion des régions et départements (de gauche essentiellement)!

- Ne nous refaites pas le coup de "la réponse à la crise, c'est plus de réformes!", comme autrefois on me menaçait d'avoir un thème latin si on n'était pas sage. Des champs de réformes, il y en a, mais ce qu'on veut d'abord c'est de meilleures réformes : qui trop embrasse mal étreint, vous devez savoir cela à la longue.
Un bonne réforme est davantage affaire de culture que de structure, et nécessite plus de dialogues, d'effort continu et de mesures d'accompagnement, que d'oukases mal compris et d'effets de manche et de menton. Je souhaite vivement que vous compreniez enfin cela.

- Ne sautez plus sur chaque fait divers. Pendant votre absence bien compréhensible, il y a eu 2 morts dans les hôpitaux de Paris, et 2 évasions d'hôpitaux psychiatriques. On a eu Mme Bachelot matin, midi et soir sur toutes les radios et TV. Et bien, c'est son boulot de ministre, on peut critiquer si on veut sans attenter à votre haute fonction, ou être d'accord sans avoir l'air de vous faire allégeance. Voyez, quand vous n'êtes pas là, ça ne marche pas plus mal qu'avant. Compris ça aussi?

- Maintenant que vous n'êtes plus Président de l'Europe (que vous avez plus couvert de gloire que quiconque depuis Napoléon Empereur, à entendre TF1 et à lire Le Figaro), et que M. Obama risque de vous ravir l'attention générale, je vous souhaite d'enfin répondre concrètement aux problèmes de notre pays. La nouvelle civilisation, c'était il y a un an, la laïcité "positive" il y a 6 mois. Depuis, vos fondements idéologiques et votre fascination bling-bling se sont envolés avec la crise. Prenez-en donc acte, et travaillez dans le calme sur le fond, sans confondre précipitation et vitesse, comm et politique, esbrouffe et vision.
Arrêtez votre populisme sur le métissage, les banlieues, la délinquance et tout ce que vous faites, genre rideau de fumée, pour essayer de regagner des voix à l'extrême-droite : cela ne vous en rapportera plus, et crée le désordre que vous prétendez combattre.
Attaquez-vous plutôt de front aux problèmes concrets de conditions de vie, de misères réelles, d'éducation, d'inégalités sociales, qui créent les conditions de ces "fractures", pour parler comme l'autre.
On sait bien qu'il faudra payer un jour la facture de tout ça : à vous de faire qu'elle soit équitablement répartie, et qu'elle ne s'aggrave pas. Sur ces 2 points, vous avez de réelles marges de progrès.

Je sais que ça fait beaucoup pour un seul homme, mais c'est vous qui l'avez voulu, et pas qu'en vous rasant, non?

Allez, bonne année!

dimanche 7 décembre 2008

J'ai toujours peur...

Oui, j'ai peur que Hortefeux -dit Boutefeux- devienne secrétaire général de l'UMP, puis ministre de l'Intérieur. Je ne sais pourquoi, ça me fait penser à Heydrich et à Goebbels. On va me dire que j'exagère, mais c'est toujours comme ça que ça commence.

J'ai peur de la police. J'ai bien compris qu'en respectant les procédures, ils pouvaient arriver à 6h45 chez moi, m'embarquer, me fouiller à corps, c'est-à-dire me regarder le trou de b..., me garder 24, 48 h, et même 96 s'ils me trouvent une tête de terroriste. On est sûrement tapé, et j'ai mal au dos.

J'ai aussi peur d'être pris dans une rafle. Ils sont toujours par cars entiers au coin de ma rue. Que font-ils? Je suis toujours contrôlé, et comme ils font ça à la tête des gens, ça tombe toujours sur moi : ben oui, ils ont des instructions d'embêter les petits vieux "caucasiens"pour pas qu'on leur reproche une approche raciale -pardon, ethnique.

J'ai peur de la justice. Les juges sont tellement affolés par les instructions qu'ils reçoivent qu'ils préfèrent vous héberger à titre préventif que de risquer leur carrière. Le temps de faire appel, et vous avez déjà fait 3 mois à l'ombre. S'ils sont bornés, ça peut durer 5 ans. "S'il est en prison, c'est bien qu'il est coupable de quelque chose". Ben voyons. L'affaire d'Outreau, ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand. Alors, si vous élevez des chèvres dans le Cantal, c'est aggravant.

J'ai peur de l'Hôpital. Les urgentistes sont en grève, et de toutes façons il n'y a pas de place. Comme je vous l'ai déjà expliqué, ils ont des primes si vous ne mourrez pas à l'hôpital.

J'ai peur du fisc. Non, je n'ai pas fraudé, mais il faut bien utiliser leurs sur-effectifs depuis l'informatisation. Alors, ils font des contrôles : des papiers, encore des papiers à fournir. Je ne suis ni assez pauvre, ni assez riche pour être à l'abri.

J'ai peur que les programmes de la TV publique deviennent tellement emm...dants, en plus de l'hagiographie permanente de St Kozy, que l'on finisse par préférer regarder la pub de TF1 plutôt que de mourir d'ennui.

J'ai peur de cette évolution tout sécuritaire, qui sert à divertir le bon peuple pendant que les vrais problèmes sont économiques et sociaux. J'ai peur -euphémisme- que nos dirigeants ne soient pas à la hauteur des enjeux. J'ai peur qu'un jour ils ne faillent rembourser les milliards qui volent de tous côtés. Ah, Sainte Crise, qui permet de ne pas avoir à tenir ses promesses, et de se convaincre que quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites!

J'ai peur.... que vous m'ayez cru! Mais non, tout va bien! C'était juste un cauchemar!
"Quel bon temps que ce siècle de fric", comme aurait pu dire Voltaire! La police me protège, et j'ai confiance dans la justice de mon pays, et dans la sagesse de nos élites.

Nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, et on ne le sait pas assez. La nouvelle Miss France est vierge, la preuve. Les enfants méchants sont détectés dès la Maternelle, de quoi aurais-je peur?

Tout va bien..... Je suis zen.....Cependant, j'ai peur qu'ils mettent maintenant du bromure dans l'eau du robinet.... J'ai peur de l'hôpital psychiatrique!

lundi 1 septembre 2008

Docteur Knack, bobologue

J'arrive vers 14h30, pour la consultation de 15h. La salle d'attente est déjà pleine. Il n'y a que "Elle" à lire, sauf un "Ça m'intéresse" qui finalement ne m'intéresse pas trop.

Le docteur arrive vers 16h, et je suis introduit à 17h30.

"Deshabillez-vous, j'ai un coup de fil à passer. "Allô, Daniel, tu es rentré de vacances? Moi, j'ai repris le boulot, parce que, tu sais ce qui m'est arrivé, etc". J'attends, torse poil, un bon quart d'heure...

"Ah Excusez-moi, il fallait que j'appelle l'hôpital. Parce que quand les secrétaires sont parties, hein, vous savez ce que c'est." Mais pas de problème, bien sûr, je sais.
Téléphone, 10 mn "Tu sais ce m'est arrivé?..."

"Alors, qu'est-ce qui vous amène?" ... "Mal à la tête? Ah vous avez raison, il faut faire attention. Moi, j'ai fait une chute de vélo, 20 minutes de coma dans le bas-côté. Ils ne m'ont pas fait de scanner à l'hôpital, hein, on peut pas en faire pour tout le monde. Un mois après, j'avais vraiment mal à la tête, on m'a trépané, bouché l'hémorragie, et maintenant ça va bien!".
Téléphone, 10 mn. " Oui, j'ai repris le travail, je n'ai pas perdu mes capacités, je suis content ..."

"De la fièvre? Ah, ça ne prouve rien! J'ai des patients qui croient que parce qu'ils ont de la fièvre, ils sont malades. Diphtérie, fièvre jaune, peste, et puis quoi encore? La fièvre, c'est l'organisme qui change la température pour perturber le métabolisme des microbes, c'est naturel".
Téléphone 5 mn "Oui, venez demain, consultation à 15 h...."

"Oui, 22 euros. Vous allez dire qu'on exagère, qu'on est encore augmenté! On ne représente que 3,5% des dépenses de santé. L'administration de la Sécu, c'est 4,5%. Le médecin contrôleur de la Sécu, il est toujours sur mon dos. L'hôpital, il me renvoie les personnes âgées et les cancers en phase terminale. Il n'y a pas de service de soins palliatifs. Je suis devenu champion en pompe à morphine, en hospitalisation à domicile, je cherche une infirmière, et je forme la famille. Et le type, tu vois ce que je veux dire, il me dit que je consomme trop de morphine, que ça doit être fait à l'hôpital! Je lui ai dit : qu'à cela ne tienne, je vous les renvoie tous pour ce soir."

"Et maintenant, c'est vous les malades qu'on fait raquer, je sais. Le prélèvement sur les boites! Qu'on fasse des boites de 30,au lieu de boites de 14 ou de 7!"
"Ah la la! Revenez quand vous voulez, ça me fait du bien de parler"

18h 20. Je ressors, honteux devant les 10 personnes qui attendent encore, et qui m'ont vu entrer il y a 50 minutes...

mardi 22 avril 2008

Bains de bouche, pharmacies, Sécu et Roseline

M Michel-Edouard Leclerc a les dents longues, et il vient de faire un spot TV contre les pharmacies, très contre-productif : il a montré son appétit capitalistique avec tant de morgue que ça a ressoudé les pharmaciens et solidarisé le gouvernement.

Se tirer des balles dans le pied est en effet une des caractéristiques du patronat français.

Un peu d'histoire : les pharmacies françaises sont issues d'une longue culture latine. Une pharmacie est d'abord une officine, dirigée par un savant, notamment herboriste, mycologue, où l'on prépare longuement des potions dans des mortiers vénérables. Intermédiaire obligé entre un petit peuple ignare, et volontiers superstitieux, et le médecin pressé et obscur, le pharmacien est un notable, bobologue diplômé (parfois véto), toujours bon conseiller.

Participant de la chaîne de santé, il distribue les médicaments, vérifie in fine les ordonnances, détecte les incompatibilités. Il est irremplaçable, il est compétent, il est indispensable. Il est donc normal que la pharmacie soit dirigéE par un pharmacien, avec des préparateurs, et que leur implantation soit contrôlée, pour qu'il y en ait assez, partout, et évidemment, pas trop.

Ça, c'était avant. Mais c'est l'image qu'on veut nous vendre.

Mais le contexte a changé. Les pharmacies ont été attaquées par des gens qui recherchaient des drogues, et elles se sont bunkérisées. Elles ont été concurrencées, déjà, quand les grandes surfaces ont pu vendre le lait en poudre pour les bébés, les couche-culottes et autres poules aux oeufs d'or.

Elles se sont adaptées. Les vitrines ne sont que des panneaux publicitaires pour des produits de beauté, crème solaire, avec femmes-à poil de rigueur, le tout fourni par les labos. Vivent les pharmacies qui montrent encore leurs vieux pots d'onguents, et le tableau des champignons!

De plus en plus, c'est le modèle anglo-saxon qui prévaut : un super-marché, avec caddies et caisses, et, juste au fond, un comptoir où l'on distribue les vrais médicaments sur ordonnance. Modèle Jean Coutu au Canada. Impressionnant.

Le malheur -pour les pharmacies- veut qu'en France, il y a la Sécu. Les médicaments, du moins certains d'entre eux, sont remboursés. On a inventé le tiers-payant, on promeut les génériques : les pharmaciens sont devenus, vollens nollens, des bureaucrates au service de la Sécu. Ils remplissent des papiers, avancent l'argent (l'argent!), contrôlent (pour ne pas se faire taxer en retour). Les pharmaciens ont râlé.

Alors le gouvernement (je pense que c'est Raffarin 1er, à vérifier) a passé le deal suivant : on va serrer les prix de ce tout qui est remboursable, vous vendrez les génériques, vous ferez les papiers, mais vous vous paierez sur tout le reste : prix libres sur ce qui n'est pas remboursé, sur la para : shampooing, bains de bouche, pilules pour chiens, etc!

Ils ne se le sont pas fait dire 2 fois. Moi, je suis (verbe : suivre) un "bain de bouche", dont je ne dirai pas le nom. Vente exclusive en pharmacie, prix allant du simple au double d'une pharmacie à l'autre, aucune information sur le prix avant de passer à la caisse. On n'a pas l'habitude de dire "c'est trop cher, j'irai ailleurs" dans une pharmacie : il faut la prendre.

De temps en temps, je questionne : "mais pourquoi c'est 2 fois moins cher ailleurs?". La fille, pincée, me dit : "on a le même taux de marge sur tous les produits, ça vient du distributeur". C'est vrai : le prix dépend du distributeur qui fait des rabais, assez importants, selon la quantité. Donc, sur un produit donné, les prix varient : il suffit d'aller dans la pharmacie qui vend le plus de ce produit là. NB : les distributeurs de la pharmacie : voila un autre frein à la croissance de 1ère classe : ils ont des obligations (livraisons, stock de réserve), donc eux aussi ont des rentes de situation scandaleuses.)

A Paris, c'est facile et ça se fait, car ça se sait : l'aspirine, rue Machin à droite, le Synthol rue Truc à gauche. L'économie réalisée rembourse largement le prix du billet de métro pour y aller. En province, surtout un peu reculée (une pharmacie pour 3 000 habitants), vous ne pouvez que payer, ou vous contenter du dentifrice d'Intermarteau.

A Paris, certains -peu encore- ont compris le filon : ils ont remplacé leurs vitrines de femmes-à poil par des panneaux de prix, sur le modèle des revendeurs d'informatiques : du haut en bas, il y a a des colonnes de chiffres, les promos du jour, etc. On repère ce qu'on achète d'habitude, et on saute sur la bonne occase. Leur business-modèle est différent : ils se spécialisent dans certains produits, font une grosse commande avec peut-être des dates de péremption un peu courtes, obtiennent des prix, et la dispersent en quelques jours. Ensuite, ils changent de produits... Je suppose que ça paie le reste.

Et voila Attali qui vient avec ses gros sabots dire que pour libérer la croissance, baisser les prix par une meilleure distribution, il faut passer au système anglosaxon, genre Jean Coutu ! Et Leclerc qui s'en mêle, et vient apporter de l'eau au moulin des pharmaciens! Heureusement le lobby fonctionne, et surtout, Roseline Bachelot est pharmacienne! C'est vous dire si elle comprend le problème.

Dans Le Monde, un ancien de la commission Attali expliquait que la production du Ministère de la Santé (directives, courriers avec Bruxelles, etc) était assurée par les syndicats des professions médicales et para-médicales. Autant dire que l'Etat a déjà abdiqué dans ce domaine!

Je ne me fais pas d'illusions, rien ne changera. On gardera notre système ambigu, coûteux, cogéré par les syndicats (de pharmaciens) et le ministère de la Santé. Le consommateur de bain de bouche paiera pour la mauvaise gestion de la Sécu. Les petites pharmacies continueront à vivoter, les grandes à se les faire en or, les distributeurs de pharmacie à se payer sur notre dos, les industriels des médicaments, n'en parlons pas!

Et la Sécu sera toujours en déficit! Vive la rupture annoncée...

Le dernier point sur les vaccins

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