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mardi 4 décembre 2007

Anton Bruckner

Je voudrais faire connaître ce cher Anton, injustement délaissé.
Sans doute parce que ses oeuvres sont longues, et qu'on n'a plus de temps.

Né en 1824, mort à Vienne en 1896, il aura été un pauvre professeur, puis organiste besogneux. Ses compositions n'eurent pas grand succès de son temps, où l'on devait préférer les opérettes des Strauss.

Ses symphonies sont de grands univers, comme la 9ème de Beethoven, ou la Grande de Schubert : on y entre comme dans une église, on s'y laisse porter, on voyage sur de hautes pensées. "Les ineffables longueurs exhalent un parfum d'éternité"... Des thèmes profonds vous transpercent et vous transportent au paradis.

Je recommande, pour une première écoute, la 4ème, dite "Romantique" (pourquoi pas?), et la 7ème.

On le confond parfois avec Mahler, qui a commis aussi de longues et grandes symphonies. Mais n'oubliez pas cette clé de lecture : tous les deux nous entraînent dans de profondes interrogations métaphysiques. Mahler nous conduit à la certitude du Néant, Bruckner à l'Espérance de la Résurrection. On l'a surnommé le "ménestrel de Dieu".
Ses Messes sont grandioses, son Te Deum est plus célèbre.
Voyez le début de la 4ème symphonie, et son thème aux cors, très puissant



vendredi 2 novembre 2007

2 novembre Requiem

Pour moi, ce "jour des morts" est une autre Toussaint, loin de l'image cimetierre-chrysanthèmes qu'on veut nous faire endosser.
C'est l'occasion, cependant, d'écouter quelques réquiems (un réquiem, des réquiems? Que dit l'Académie?)

Le plus beau, le plus priant, est celui de Maurice Duruflé (1902-1986), écrit en 1947. Basé sur des thèmes grégoriens, s'inspirant de la musique de la Renaissance, il est "moderne" dans ses accords subtilement douloureux, mais transfigure l'Espérance.

Le plus "païen", selon le jugement sévère de l'ineffable L. Rebatet, est celui de Gabriel Fauré, de 1887. Il a surtout beaucoup souffert des arrangements pour grand orchestre et grandes orgues, à la mode dans les églises élégantes du VII et du XVIème arrondissements de Paris, pour des enterrements mondains. C'est en réalité une oeuvre intimiste et délicate, qui va très bien avec un petit orchestre de chambre, une voix d'enfant pour le sublime Pie Jesu.

Le plus grandiose, à écouter à donf, est celui de Giuseppe Verdi, écrit pour son ami Manzoni (donné pour la 1ère fois en 1874). Après avoir écouté ce Requiem, Wagner se contente de dire… « Il vaut mieux ne rien dire ». Jalousie entre confrères! Le Dies Irae était autrefois le "jingle" d'une émission de radio : quand j'étais enfant, cette fureur orchestrale me saisissait. Longtemps, j'en ai cherché la partition, pour comprendre "comment c'était fait". C'est très bien fait, et ça produit l'effet recherché, ce qui n'est pas mal. Mais c'est à écouter comme un opéra, par comme une Messe.

Le plus connu est celui de Mozart. Il est beau, mais il est usé. On l'a trop entendu, c'est dommage. Qui me redonnera le plaisir de le ré-écouter pour la première fois?

Le plus poignant est le Requiem allemand de Johannès Brahms. Il est peu connu, rarement diffusé à la radio, et pourtant, il est vraiment beau. A la protestante, des psaumes remplacent le texte catholique traditionnel.

Le Requiem de Dvorak est celui qui m'a laissé le moins de souvenir. Il se laisse pourtant écouter.

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