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lundi 20 octobre 2008

Homo habilis?

Ce n'est pas tout de visiter le bâtiment de l'IPH (Institut de Paléontologie Humaine), encore faut-il profiter de la conférence donnée en cette journée du patrimoine, "premiers outils, premiers hommes".

C'est M David Pleurdeau qui nous fit cet honneur, un jeune chercheur surnommé Indiana Jones par ses collègues. C'est vous dire s'il est jeune, passionnant et d'un look d'aventurier terrible! A force de traîner aux fins fonds de l'Ethiopie pour ramasser des cailloux...

Mais qu'est-ce qu'un outil? Un produit de la nature transformé en vue d'un usage ultérieur?

Mais évidemment on ne trouve que les outils qui se sont conservés : pierres, os. Mais pas de bois, de lianes, de nerfs, bien sûr.

Pour les pierres, on commence par de simples éclats, puis des bifaces (acheuléens), etc, tout un apprentissage dont on ne sait s'il est linéaire, ou si une population donnée peut découvrir rapidement un état évolué.

Les premiers outils, datés comme étant les plus anciens, remontent à 2,6 à 2,3 millions d'années.
Mais bien sûr on trouve ces mêmes outils primitifs plus récemment. par exemple dans un habitat de chimpanzés, daté de 4300 av JC! On a aussi des sites où coexistent des outils différents datés de la même époque. Si bien que les certitudes sont rares.

NB : comment dater les outils? On ne peut dater un outil seul : la pierre ne donne pas d'indication (sauf exception, pierre volcanique par exemple). On analyse l'environnement : stratigraphie bien sûr, mais aussi paléozoologie, si l'on retrouve avec les outils des fossiles d'animaux dont on sait par ailleurs à quelles époques ils vivaient.

Quels étaient les premiers hommes(?) inventeurs de ces premiers outils? A l'époque, il y avait 5 groupes différents de préhumains, candidats potentiels : homo habilis, rudolfensis, australopithèques divers. On n'a malheureusement pas (encore?) de sites où une association d'outils et de fossiles permettrait de clarifier les hypothèses.

Indiana Jones a particulièrement étudié les sites de Fejej en Ethiopie (1,9 millions d'années), et d'Olduvaï (1,8 millions d'années). Il en a rapporté suffisamment de photos pour une grande soirée diapo. Etonnant! Et puis une thèse, des publications, etc, nettement plus arides.

Finalement, il semble bien que ce ne soit pas l'outil qui puisse définir le genre Homo. Habilis en particulier ne serait pas Homo! Nous voila bien...

Bien sûr, ce que j'écris ici n'engage pas M Pleurdeau. Je ne dis pas que c'est ce qu'il a dit, ou voulu dire, mais ce que j'ai compris de cette conférence "grand public".

En tout cas, j'en ai retenu qu'au moment où les bases de notre civilisation occidentale tremblent, il est bon de revenir aux fondamentaux : je m'entraîne, et ai déjà réussi à faire quelques éclats. Je n'en suis pas encore aux bifaces, il me faudra bien encore 30 000 ans.

samedi 27 septembre 2008

L'Institut de Paléontologie Humaine

Heureusement, il n'y a pas que lui dans la vie!
L'Institut de Paléontologie Humaine, boulevard St-Marcel, Paris 13, était exceptionnellement ouvert à l'occasion de la Journée du Patrimoine. Seul un délit d'initié (merci L!) m'a permis de m'inscrire à temps pour une visite limitée à 25 personnes.

L'IPH a été créé en 1910 par le Prince Albert Ier de Monaco, un vrai savant, lui. Henri de Lumley en est maintenant le directeur, mais, avant lui, Marcelin Boule et l'abbé Breuil l'ont bien établi comme un centre d'études et de recherches sur la paléontologie, reconnu au niveau mondial.

Et le bâtiment a été conçu dans ce but, étonamment moderne, et inspiré de la Sécession viennoise. Au dessus de la porte, les armes monégasques sont entourées de cranes fossiles divers

Et tout autour du bâtiment, une frise curieuse montre divers portraits de la vie de nos ancêtres. Ces sculptures sont accessibles au simple promeneur, mais qui donc s'y arrête?

Tant que cela a été possible, l'Institut a accumulé des pièces de fouille et a constitué un référentiel unique (vous connaissez les termes "acheuléen", "magdalénien", etc). Il y a des milliers d'outils, bifaces, os, silex taillés, soigneusement classés.

Mais ce sont bien sûr les fossiles humains et préhumains -ou des moulages très fins- qui constituent le fonds le plus énouvant.


Je ne vous raconte pas tout, des australopithèques aux homo habilis, des néanderthals aux cro-magnons. Mais c'est émouvant de se dire qu'on voit peut-être ici quelques restes d'une de nos arrière-...-arrière grand-mères.
Quant à la bibliothèque... les mots sont impuissants à en décrire la beauté formelle. Et la force des connaissances qui y sont enchassés.
Evidemment, toutes ces recherches prouvent la réalité de l'évolution. Mais l'abbé Breuil, surnommé "le pape de la préhistoire" eut bien des ennuis, comme le P. Teilhard de Chardin, sj. Je me disais qu'avec son "Alpha et Oméga", il avait découvert le "big-bang" avant les physiciens.

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