jeudi 7 février 2008

Calendriers

Comment numéroter les jours? Et à partir de quand?

Chacun a sa règle. Le problème est qu'il n'y a pas d'années 0 : avant l'an 1, c'était l'an -1, ou plutot l'an 1 avant JC.

Le départ est fixé dans le calendrier grégorien au lundi 1 janvier de l'an 1 à midi, ce qui correspond au lundi 3 janvier an 1 à midi dans le calendrier julien : en effet, le calendrier grégorien n'a été fixé qu'au XVIème siècle, et ça ne colle pas trop.

Pour les astronomes, ça ne va même pas du tout : il faut compter tous les jours : aujourd'hui, hier, avant-hier, etc, quelque soient les calendriers utilisés.

On fixe alors le départ desJours Juliens au lundi 1 janvier 4713 avant JC, à midi, dans le calendrier julien (lundi 24 novembre -4713 en grégorien).


Pourquoi midi? Parce que les astronomes ne veulent pas, à minuit, être obligé de faire des annotations avant minuit ou après minuit : ça simplifie les calculs!

Le calendrier hébreu commence le 7 septembre -3760 (en grégorien), l'Hindu (Kali Yuga) le 23 janvier -3101, le chinois le 15 février -2636.

Et notre calendrier révolutionnaire (qui n'avait de dimanche que tous les 10 jours!) : 22 septembre 1792.

Pour passer d'un calendrier à l'autre, c'est facile : calculer le jour julien du jour demandé, et faire l'opération inverse dans l'autre calendrier. Il faut trouver l'année, le mois, le jour, le jour de la semaine. Ce n'est pas simple, avec les bissextiles, les 28 jours, les jours en plus, etc. Mais alors, pour ceux qui ont un calendier lunaire, je ne vous raconte pas

Pour passer du grégorien au jour julien :
Soit YY l'année, MM le mois, J le jour, HH l'heure (comptée à partie de minuit)
- si MM > 2, alors y = YY et m=MM
-si MM<2, alors y=YY-1 et m = MM+12

Si la date est postérieure au 15 octobre 1582, il faut calculer
A = Partie entière (y/100) et B = 2-A +Partie entière (A/4)
Sinon : B=0

Le jour Julien est alors :
Partie entière (365,25*y) +Partie entière (30,6001*(m+1))+ J+HH/24+1 720 994,5 +B

Vérifiez : le 27 janvier 333 à 12h : 1 842 713,0 !

Aujourd'hui, à 13h : 2 454 504,0 (Et oui, c'est en heure GMT!)

Bonne chance!

mercredi 6 février 2008

Sale temps pour les réformes

Aujourd'hui 6 février 2008, il n'y a que des mauvaises nouvelles.

Les taxis, après 2 jours de manif, ont gagné contre Fillon en rase campagne. Sarkozy nous avait dit qu'il appliquerait TOUTES les mesures du rapport Attali sauf 3 : on est maintenant à sauf 4, et ce n'est qu'un début. Les notaires et pharmaciens peuvent être tranquilles. Quant aux autres privilégiés visés par les 310 autres mesures, ils savent ce qu'il leur reste à faire.

Ceci n'empêchera pas la déroute des municipales : quand on part en vrille, c'est très difficile d'en sortir. L'état de grâce est fini, les fenêtres de tir sont passées. Le mieux est qu'il s'en aille, le plus tôt sera le mieux. Qu'il nous épargne la fuite en avant, les annonces populistes, la distribution de crédits à M. Mittal, etc.

Comme si ça ne suffisait pas, M Séguin fait son numéro sur son rapport annuel de la Cour des Comptes. On en apprend de belles, bien sûr, on a l'habitude, mais surtout il se vante de servir à quelque chose. J'en doute.

Il faut voir comme on a vendu pour pas un rond les autoroutes, alors que le prix des péages s'envole, perdu au moins 50M€ dans l'immeuble des "Bons-Enfants" (siège des services du ministère de la Culture : autrefois, cet immeuble servait aux Finances ; vexées de devoir partir à Bercy, ils ont bloqué les travaux pedant 10 ans). Il y a 40% de personnes en trop, pour un "service médiocre", dans la gestion des retraites des fonctionnaires de l'Etat par le ministère du Budget: je suppose qu'ils attendent que 40% des gens soient partis à la retraite pour rétablir la situation.

"La réforme de la redevance TV s'est bien passée, mais cela n'a entraîné aucune économie". M Séguin nous rendra chèvre : bravo!

Mais, je trouve que le meilleur est dans l'histoire de l'Imprimerie Nationale. Ils appellent ça "le coût d'une réforme mal pilotée". Allez voir combien de millions d'euros on a perdu. Et l'Etat a par ailleurs racheté au prix fort le bâtiment vendu à prix d'ami à un promoteur deux ans avant. Merci les Domaines.

Tout ceci dépend du Ministère des Finances : ils ne savent pas faire, c'en est désespérant.

Fillon a raison : les réformes nous coûtent trop cher, il vaut mieux arrêter tout de suite.

mardi 5 février 2008

A propos de ce blog

Vous avez vu, je vous ai mis de la pub!
C'est amusant : en fonction de mes vannes et des "mots-clés", Google me choisit des pub sélectionnées.
Tout-à-l'heure, il y en avait une sur Sainte Rita, patronne des causes désespérées. A cause de Sarko?

Attention, il y a parfois des télévangélistes : vous êtes assez grand pour savoir si vous cliquez ou pas.
Mais sachez que, si vous cliquez, je gagne de l'argent. Je vous explique : j'ai appris à me servir de Blogger, de Google Analytics, et maintenant de AdSense... (C'est dur, il faut soit trouver son numero fiscal américain, soit jurer qu'on n'a pas de salariés ou matériels aux US... Heureusement que le Zimbabwé ne s'y met pas aussi...)

Comme j'ai travaillé plus, je trouve normal de gagner plus. Au moins quelques millimes de dollars tous les 6 mois (et au prix où est l'euro...). Et, par contrat, je me suis engagé à ne pas cliquer moi-même sur les annonces, Jack Bauer y veille. Je pourrais le faire d'un café Internet, mais ça ne doit pas être rentable. Faut voir!

Dès que ça marche, je remets en route le diaporama.
Si tout ça vous embête, dites-le moi...

dimanche 3 février 2008

Phèdre

Je ne sais pourquoi, j'ai envie de vous parler de Phèdre.
La plus belle pièce de Racine, la plus grande tragédie classique.

Etudiants, en sortant de la salle de classe, nous nous félicitions :
Le dessein en est pris, je pars, cher Théramène,
Et quitte le séjour de l'aimable Trézène.
Dans le doute mortel où je suis agité,
Je commence à rougir de mon oisiveté.

Une femme arrive, les problèmes commencent :
Cet heureux temps n'est plus. Tout a changé de face
Depuis que sur ces bords les Dieux ont envoyé
La fille de Minos et de Pasiphaé.

Avez-vous rêvé sur :
Ariane, ma soeur ! de quel amour blessée,
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !

Tremblé pour elle :
Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m'accable,
Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable.

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue,
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue


Déprimé avec elle : (diagnostic? traitement?)
Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.

Ma blessure trop vive a aussitôt saigné,
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.
J'ai conçu pour mon crime une juste terreur ;
J'ai pris la vie en haine, et ma flamme en horreur.

Elle porte au hasard ses pas irrésolus ;
Son oeil tout égaré ne nous reconnaît plus.

HIPPOLYTE en est la première victime, Théramène nous glace le sang :
Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois
Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix,
L'oeil morne maintenant et la tête baissée,
Semblaient se conformer à sa triste pensée.
Un effroyable cri, sorti du fond des flots,
Des airs en ce moment a troublé le repos ;
Et du sein de la terre une voix formidable
Répond en gémissant à ce cri redoutable.
Jusqu'au fond de nos coeurs notre sang s'est glacé ;
Des coursiers attentifs le crin s'est hérissé.
Cependant sur le dos de la plaine liquide
S'élève à gros bouillons une montagne humide ;
L'onde approche, se brise, et vomit à nos yeux,
Parmi des flots d'écume, un monstre furieux.

Et ce cri déchirant?
OEnone, qui l'eût cru ? j'avais une rivale.

M. Charles Morazé nous faisait tout un cours sur ce seul vers, peut-être le plus célèbre :
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur.

Auquel répond la dernière phrase de Phédre :
Et la mort, à mes yeux dérobant la clarté,
Rend au jour, qu'ils souillaient, toute sa pureté.

Jour-Pur/Fond-Coeur = Jour-Pureté/Mort-Yeux...

Ah, je sais pourquoi je voulais vous en parler : Phédre, mariée à Thésée (qui a abandonné sa soeur Ariane), devient amoureuse du fils de Thésée (et d'Antiope, la reine des Amazones)... Une telle situation ne peut créer que des catastrophes.
Thésée avait déjà 2 pensions alimentaires à payer...Pourvu que Carla ne parte pas avec un des fils Sarkozy... 92 200 Trézène/Seine?

samedi 2 février 2008

Saint Charles

Deux saints portent ce nom : Charlemagne (Carolus Magnus), qui inventa l'école, et Charles Borromée de Milan, fêté le 4 novembre. Belles références pour un jeune homme qui porterait ce prénom!

Carolus Borromaeus Mediolanensis (en latin), Carlo Borromeo di Milano (en Italien), Carlos Borromeo de Milan (en espagnol), Karl Borromäus von Mailand (en allemand), Karl Borromeiski (en russe), est né en 1538 à Arona sur le lac Majeur, de la noble famille des Borromée, neveu du pape Pie IV (un Médicis), qui le nomma à 23 ans archevêque de Milan, et le fit cardinal.

Il participa activement au Concile de Trente (1566), et s'attacha à supprimer les abus. Il fit rédiger le catéchisme du Concile de Trente.

Pendant la peste de Milan en 1575, il soigna héroïquement les malades. Nu-pieds, la corde au cou, il suivait les processions pénitentielles du Saint Clou pour implorer la cessation du fléau. Il organisa des lazarets, réquisitionna les prêtres et les moines comme infirmiers.

Il mourut en 1584 à Milan, et fut canonisé en 1612 par le Pape Paul V.

Il est représenté avec un long nez busqué ("son nez ne finit point"), des vêtements liturgiques d'archevêque ou le chapeau de cardinal. Ses attributs sont un crucifix, une tête de mort, parfois une corde de pénitent au cou. Il est souvent représenté dans les chapelles des hopitaux, pour sa charité pour les pestiférés. Il supplanta ainsi saint Sébastien et saint Roch comme "saint antipesteux".
Il mériterait surtout d'être le saint Patron de ceux qui veulent faire des réformes, aller plus loin dans le changement : il faillit être assassiné par un moine qui ne voulait pas renoncer à ses privilèges!
Il fut un des saints les plus populaires de la Contre-Réforme, patron de Milan, adopté par Rome. Son culte s'étendit en Autriche : Salzbourg (l'Université), Vienne (Karlskirche), jusqu'à Anvers.

En France, de nombreux tableaux le représentent :
- de JB Corneille : église Saint-Jean-Saint-François, Paris
- de Charles Lebrun : église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Paris
-de Pierre Mignard : musée de Narbonne
-de Antoine Ranc : Chapelle de l'hôpital de Montpellier
- de Pierre Puget : un bas-relief, au musée du Vieux Marseille
- de Girardon : au musée de Troyes
- de Carle Vanloo : Trésor de Notre-Dame de Paris
- de JB Dupuis : statue, cathédrale d'Amiens


vendredi 1 février 2008

Mai 68

Dans 4 mois, on va fêter les 40 ans de mai 68, et on n'a pas fini d'en (re-)parler.


Guaino va nous refaire le coup de sa politique de civilisation pour contrer "l'esprit détestable de 68". Il m'énerve déjà.


Mai 68 a été aussi une explosion, une rebellion contre le dévoiement de la notion d'autorité. La légitimité contre la simple légalité : les sociétés ne sont harmonieuses que quand elles coïncident.

Le professeur n'est bon que par sa prééminence scientifique, pas par son ancienneté. Le gendarme n'est utile que si son action est mise au service de l'intérêt général.


Le régime corrompu de De Gaulle vieillissant, les vieilles badernes qui le soutenaient, notamment M Peyrefitte qui avait fait pendant des années le journal TV dans son bureau de ministre, n'ont évidemment rien compris.


On peut avoir des avis divergents sur la façon dont ça a évolué ensuite. Pas sur le constat que fin 67-début 68, la société française était bloquée.


A lire pour vous rafrachir la mémoire, ce livre des excellentes Editions de l'Atelier. Extrait de la pub :


Un livre événement : « Mai juin 68 ». Sous la direction de Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, vingt-neuf chercheurs, historiens, politologues, sociologues révèlent l’ampleur du changement cristallisé par le conflit de 68 dont la question de l’héritage a été relancée entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007. Télérama, Les Inrockuptibles et Politis s’accordent déjà sur l’importance et le sérieux de cette entreprise éditoriale inédite. Dans la myriade des parutions annoncées sur le sujet pour ce quarantième anniversaire, ce livre est déjà une référence ! Pour vous en convaincre, écoutez les auteurs invités de Sylvain Bourmeau dans « La Suite dans les idées » en cliquant ici.

Apocatastase

Si vous n'avez pas lu le courrier des lecteurs de La Croix du 31 janvier 2008, vous avez perdu une occasion d'apprendre des choses, et surtout de rire. Merci à Denis Moreau, de Loire-Atlantique pour ces précisions.

La polémique vient de la dernière encyclique du Pape, qui commence ainsi : "SPE SALVI facti sunt". Le Pape a écrit son encyclique en allemand, sa langue natale, mais ouvre par cette citation en latin de St-Paul : "Dans l'espérance nous avons été sauvés".

L'encyclique a été ensuite traduite dans toutes les langues. Or la traduction française donne : "Dans l'Espérance, nous avons TOUS été sauvés". Et c'est la seule traduction qui ajoute ce "TOUS", l'objet du scandale.

Le lecteur, fin théologien humoriste, précise comment il faut le comprendre :
-non pas : seuls les francophones sont sauvés
-mais : seuls les lecteurs francophones sont tous sauvés.

Or ce TOUS est l'indice d'une hérésie épouvantable : l'apocatastase! Elle viendrait d'Origène (185-232), et a été condamnée au Concile de Constantinople de 543. Mais elle traîne toujours, dans des sectes protestantes. Même le malheureux Hans Urs von Balthasar (XXème siècle) en fut accusé, au seul motif qu'il avait osé espérer que l'enfer fût vide. Inadmissible!

Qu'est-ce donc que l'apocatastase? C'est très compliqué, et je vous renvoie aux livres de référence. En gros, puisque "Jésus doit rester dans les cieux jusqu’à ce que vienne le temps où Dieu restaurera toutes choses", l'enfer finira par se vider, car tous les hommes, même les damnés, seront finalement sauvés. Le Diable aussi, à la fin?

Je n'ai pas besoin de vous dire à quelle point cette hérésie fait courir de risques à la société. Déjà la peur du gendarme ne suffit pas à empêcher les crimes et délits. Alors, si la peur de l'enfer disparait aussi, c'est grave...
Le curé est plus propre que l'instituteur pour apprendre à discerner le bien et le mal, oui, mais pas si l'apocatastase se répand!

Alors qui est l'auteur de cette traduction hérétique de l'encyclique SPE SALVI? Que fait le Saint-Office? Qui cherche à saboter la glorieuse politique de Notre Leader Bien-Aimé?

Mme Dati, gardeuse des scelles, prépare une loi anti-apocatastase, qu'on se le dise!

Le dernier point sur les vaccins

Hier 14 juin 2021, le Président Macron tenait une conférence de presse à l'issue du conseil de l'OTAN, et de sa conversation avec...