Ce qui est bien, c'est que les journaux TV ne parlent que des faits divers. Entre 2 faits divers sanglants, on a droit à M Xavier Bertrand venu expliquer sa politique sur les retraites.
Encore un violeur assassin récidiviste qui tue une jeune fille : MAM assure qu'elle fait une enquête sur les dysfonctionnements du fichier des violeurs : ils ont fiché 700 000 personnes, mais pas la bonne (si je puis dire).
J'en ai assez. Ca fait 6 ans qu'on a une politique très sécuritaire, qu'on paie des amendes radar pour équiper la police. Le ministère de l'Intérieur a tous les budgets qu'il demande. On a une loi répressive par an. Et on continue. On va être filmé 300 fois par jour, comme en Angleterre. Et les jeunes filles continuent de se faire assassiner dans le métro, le RER, les faux taxis (il doit en manquer d'officiels, mais c'est un autre sujet).
On nous a parlé de résultats, et on a donné tous les moyens. Moyennant quoi, on n'a pas les résultats. On va refaire une loi, renforcer la police : comment s'y opposer, vous ne voudriez pas que ce soit votre fille, hein?
J'ai peur, parce que je pense qu'il y a une erreur de fond. La répression n'est pas suffisante, et se révèle impuissante. Il manque la prévention. Elle ne se voit pas, ne justifie pas les budgets, comme en médecine. C'est la Justice qui est responsable : elle n'a pas de moyens, elle punit mais ne prévoit pas l'avenir. Elle s'en lave les mains. Voir le rapport de la commission Outreau, enterré comme un vulgaire rapport Attali. Et ça a l'air de les arranger.
Pourquoi l'Autriche? Encore un père indigne qui a enfermé sa fille dans une cave pour la violer pendant 24 ans : le génie de l'Autriche est d'avoir réussi à nous faire croire que Beethoven était autrichien, et que Hitler était allemand.
Le génie (?) de NSS est de nous faire croire que les jeunes filles violées par des récidivistes le sont par manque de policiers, alors que c'est par manque de Justice. Et de ne pas s'attaquer aux vrais problèmes pour des motifs purement électoraux. L'autruche.
De la curiosité ... Avant toute chose.... Sur des sujets divers... Sans oublier des coups de gueule, Et des provocations! De l'humour, toujours. Du premier degré, jamais!
lundi 28 avril 2008
dimanche 27 avril 2008
La Vérité, moi, je parle (Lacan)
Je sais que vous êtes impatient de savoir ce que j'en pense. J'ai fait des erreurs, et je continue donc comme avant : je regarde les sondages d'opinion avant de savoir quoi penser.
Le JJD publie son reportage hebdomadaire : 28% de satisfaits, contre 36% la semaine précédente. Allez voir sur le site si l'échantillon est représentatif : en tout cas, je ne fais pas partie des 8% qui ont changé d'avis.
J'ai beaucoup aimé le décor. Je ne connaissais pas la salle des fêtes (pas sale défaite!), mais je ne suis pas surpris qu'on l'ait choisie. Les dorures, les brocards rouges, ce mauvais goût Napoléon III, si ce n'est 3ème République, semblaient particulièrement vulgaires. Très "Bicot-Chic", selon la formule à la mode. Peut-être intimes, sous un faible éclairage, mais à gerber sous les sun-lights.
Ils avaient heureusement caché la moquette (que j'imagine à grosses fleurs, tâchée de petits-fours au caviar écrasés par les chaussures à clous des invités habituels) pour y mettre un pupitre spatio-temporel pour jeux télévisés.
Ce n'était ni un lieu de travail, ni un espace loisir, rien qui ressemble à ce que les français connaissent, un lieu étrange, un peu comme la chambre finale du cosmonaute de "2001 l'Odyssée de l'Espace", où l'on peut parler impunément de n'importe quoi, sans parler de ce qui nous intéresse...
La conjoncture est mauvaise, mais elle n'excuse pas tout. Rien sur la dette, les Armées, l'Otan... Mais une confession sans conversion, une façon d'assumer qui renvoie tout sur les autres, du bla-bla de candidat cherchant les voix de l'extrême droite, sans justifier ses débauches à gauche. Une auto justification sur les "réformes lancées et à venir", dont on ne sait rien, mais dont on ne présage rien de bon...
Dommage qu'en 4 mois, aucun conseiller ne lui ait dit comment on révise un loyer. Il croit toujours que c'est sur l'indice de la construction... Il n'apprend pas...
Il a justement dit que les français avaient raison de penser qu'il faisait une politique pour les riches, que le diable était dans les détails, qu'il s'était trompé, qu'il avait fait des erreurs, qu'il n'était pas du genre à se coucher. Certes.
Mais il continue. Sans apprentissage, sans réflexion. Dans du doré et du velours pourpre...
PS: bonne idée d'inviter en France l'athlète handicapée Bli Ngb Ling!
Le JJD publie son reportage hebdomadaire : 28% de satisfaits, contre 36% la semaine précédente. Allez voir sur le site si l'échantillon est représentatif : en tout cas, je ne fais pas partie des 8% qui ont changé d'avis.
J'ai beaucoup aimé le décor. Je ne connaissais pas la salle des fêtes (pas sale défaite!), mais je ne suis pas surpris qu'on l'ait choisie. Les dorures, les brocards rouges, ce mauvais goût Napoléon III, si ce n'est 3ème République, semblaient particulièrement vulgaires. Très "Bicot-Chic", selon la formule à la mode. Peut-être intimes, sous un faible éclairage, mais à gerber sous les sun-lights.
Ils avaient heureusement caché la moquette (que j'imagine à grosses fleurs, tâchée de petits-fours au caviar écrasés par les chaussures à clous des invités habituels) pour y mettre un pupitre spatio-temporel pour jeux télévisés.
Ce n'était ni un lieu de travail, ni un espace loisir, rien qui ressemble à ce que les français connaissent, un lieu étrange, un peu comme la chambre finale du cosmonaute de "2001 l'Odyssée de l'Espace", où l'on peut parler impunément de n'importe quoi, sans parler de ce qui nous intéresse...
La conjoncture est mauvaise, mais elle n'excuse pas tout. Rien sur la dette, les Armées, l'Otan... Mais une confession sans conversion, une façon d'assumer qui renvoie tout sur les autres, du bla-bla de candidat cherchant les voix de l'extrême droite, sans justifier ses débauches à gauche. Une auto justification sur les "réformes lancées et à venir", dont on ne sait rien, mais dont on ne présage rien de bon...
Dommage qu'en 4 mois, aucun conseiller ne lui ait dit comment on révise un loyer. Il croit toujours que c'est sur l'indice de la construction... Il n'apprend pas...
Il a justement dit que les français avaient raison de penser qu'il faisait une politique pour les riches, que le diable était dans les détails, qu'il s'était trompé, qu'il avait fait des erreurs, qu'il n'était pas du genre à se coucher. Certes.
Mais il continue. Sans apprentissage, sans réflexion. Dans du doré et du velours pourpre...
PS: bonne idée d'inviter en France l'athlète handicapée Bli Ngb Ling!
jeudi 24 avril 2008
Josué
Josué est un disciple et le successeur de Moïse. Il explora la Terre Promise, et y entra à la tête du Peuple élu, après 40 ans d'errance dans le désert..
La première ville conquise fut Jéricho : sonnant de la trompette et portant l'Arche d'Alliance, les prêtres tournèrent 7 fois pendant 7 jours autour des remparts, qui s'effondrèrent.
La conquète continue (Jos, 10, 12-13)
Alors Josué parla à Yahweh, le jour où Yahweh livra les Amorrhéens aux enfants d'Israël, et il dit à la vue d'Israël: Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, lune, sur la vallée d'Ajalon!
Et le soleil s'arrêta, et la lune se tint immobile, jusqu'à ce que la nation se fut vengée de ses ennemis. Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste? Et le soleil s'arrêta au mileu du ciel, et ne se hâta point de se coucher, presque un jour entier.
Plusieurs réflexions à la suite de ce texte :
- de ce jour, le géocentrisme était installé. La Bible dit bien que le soleil s'est arrêté, non pas la terre : mais il y a eu confusion entre la rotation quotidienne de la terre sur son axe, et la rotation annuelle de la terre autour du soleil. Comme quoi, tout est relatif et réciproquement.
- Josué avait fait des promesses à son peuple, il les tint. Il fit sonner les trompettes, ce qu'on pourrait appeler maintenant faire du bruit médiatique. Il trouva de l'or, ce qui est bling-bling. Il installa une nouvelle civilisation, pour un peuple religieux, en rupture réformatrice contre l'ordre égyptien. Il augmenta le pouvoir d'achat des pauvres, éduqua les enfants.
Ce soir, 24 avril 2008, le soleil va arrêter sa course, de 20h15 à 22h. Alléluia!
La première ville conquise fut Jéricho : sonnant de la trompette et portant l'Arche d'Alliance, les prêtres tournèrent 7 fois pendant 7 jours autour des remparts, qui s'effondrèrent.
La conquète continue (Jos, 10, 12-13)
Alors Josué parla à Yahweh, le jour où Yahweh livra les Amorrhéens aux enfants d'Israël, et il dit à la vue d'Israël: Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, lune, sur la vallée d'Ajalon!
Et le soleil s'arrêta, et la lune se tint immobile, jusqu'à ce que la nation se fut vengée de ses ennemis. Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste? Et le soleil s'arrêta au mileu du ciel, et ne se hâta point de se coucher, presque un jour entier.
Plusieurs réflexions à la suite de ce texte :
- de ce jour, le géocentrisme était installé. La Bible dit bien que le soleil s'est arrêté, non pas la terre : mais il y a eu confusion entre la rotation quotidienne de la terre sur son axe, et la rotation annuelle de la terre autour du soleil. Comme quoi, tout est relatif et réciproquement.
- Josué avait fait des promesses à son peuple, il les tint. Il fit sonner les trompettes, ce qu'on pourrait appeler maintenant faire du bruit médiatique. Il trouva de l'or, ce qui est bling-bling. Il installa une nouvelle civilisation, pour un peuple religieux, en rupture réformatrice contre l'ordre égyptien. Il augmenta le pouvoir d'achat des pauvres, éduqua les enfants.
Ce soir, 24 avril 2008, le soleil va arrêter sa course, de 20h15 à 22h. Alléluia!
mardi 22 avril 2008
Bains de bouche, pharmacies, Sécu et Roseline
M Michel-Edouard Leclerc a les dents longues, et il vient de faire un spot TV contre les pharmacies, très contre-productif : il a montré son appétit capitalistique avec tant de morgue que ça a ressoudé les pharmaciens et solidarisé le gouvernement.
Se tirer des balles dans le pied est en effet une des caractéristiques du patronat français.
Un peu d'histoire : les pharmacies françaises sont issues d'une longue culture latine. Une pharmacie est d'abord une officine, dirigée par un savant, notamment herboriste, mycologue, où l'on prépare longuement des potions dans des mortiers vénérables. Intermédiaire obligé entre un petit peuple ignare, et volontiers superstitieux, et le médecin pressé et obscur, le pharmacien est un notable, bobologue diplômé (parfois véto), toujours bon conseiller.
Participant de la chaîne de santé, il distribue les médicaments, vérifie in fine les ordonnances, détecte les incompatibilités. Il est irremplaçable, il est compétent, il est indispensable. Il est donc normal que la pharmacie soit dirigéE par un pharmacien, avec des préparateurs, et que leur implantation soit contrôlée, pour qu'il y en ait assez, partout, et évidemment, pas trop.
Ça, c'était avant. Mais c'est l'image qu'on veut nous vendre.
Mais le contexte a changé. Les pharmacies ont été attaquées par des gens qui recherchaient des drogues, et elles se sont bunkérisées. Elles ont été concurrencées, déjà, quand les grandes surfaces ont pu vendre le lait en poudre pour les bébés, les couche-culottes et autres poules aux oeufs d'or.
Elles se sont adaptées. Les vitrines ne sont que des panneaux publicitaires pour des produits de beauté, crème solaire, avec femmes-à poil de rigueur, le tout fourni par les labos. Vivent les pharmacies qui montrent encore leurs vieux pots d'onguents, et le tableau des champignons!
De plus en plus, c'est le modèle anglo-saxon qui prévaut : un super-marché, avec caddies et caisses, et, juste au fond, un comptoir où l'on distribue les vrais médicaments sur ordonnance. Modèle Jean Coutu au Canada. Impressionnant.
Le malheur -pour les pharmacies- veut qu'en France, il y a la Sécu. Les médicaments, du moins certains d'entre eux, sont remboursés. On a inventé le tiers-payant, on promeut les génériques : les pharmaciens sont devenus, vollens nollens, des bureaucrates au service de la Sécu. Ils remplissent des papiers, avancent l'argent (l'argent!), contrôlent (pour ne pas se faire taxer en retour). Les pharmaciens ont râlé.
Alors le gouvernement (je pense que c'est Raffarin 1er, à vérifier) a passé le deal suivant : on va serrer les prix de ce tout qui est remboursable, vous vendrez les génériques, vous ferez les papiers, mais vous vous paierez sur tout le reste : prix libres sur ce qui n'est pas remboursé, sur la para : shampooing, bains de bouche, pilules pour chiens, etc!
Ils ne se le sont pas fait dire 2 fois. Moi, je suis (verbe : suivre) un "bain de bouche", dont je ne dirai pas le nom. Vente exclusive en pharmacie, prix allant du simple au double d'une pharmacie à l'autre, aucune information sur le prix avant de passer à la caisse. On n'a pas l'habitude de dire "c'est trop cher, j'irai ailleurs" dans une pharmacie : il faut la prendre.
De temps en temps, je questionne : "mais pourquoi c'est 2 fois moins cher ailleurs?". La fille, pincée, me dit : "on a le même taux de marge sur tous les produits, ça vient du distributeur". C'est vrai : le prix dépend du distributeur qui fait des rabais, assez importants, selon la quantité. Donc, sur un produit donné, les prix varient : il suffit d'aller dans la pharmacie qui vend le plus de ce produit là. NB : les distributeurs de la pharmacie : voila un autre frein à la croissance de 1ère classe : ils ont des obligations (livraisons, stock de réserve), donc eux aussi ont des rentes de situation scandaleuses.)
A Paris, c'est facile et ça se fait, car ça se sait : l'aspirine, rue Machin à droite, le Synthol rue Truc à gauche. L'économie réalisée rembourse largement le prix du billet de métro pour y aller. En province, surtout un peu reculée (une pharmacie pour 3 000 habitants), vous ne pouvez que payer, ou vous contenter du dentifrice d'Intermarteau.
A Paris, certains -peu encore- ont compris le filon : ils ont remplacé leurs vitrines de femmes-à poil par des panneaux de prix, sur le modèle des revendeurs d'informatiques : du haut en bas, il y a a des colonnes de chiffres, les promos du jour, etc. On repère ce qu'on achète d'habitude, et on saute sur la bonne occase. Leur business-modèle est différent : ils se spécialisent dans certains produits, font une grosse commande avec peut-être des dates de péremption un peu courtes, obtiennent des prix, et la dispersent en quelques jours. Ensuite, ils changent de produits... Je suppose que ça paie le reste.
Et voila Attali qui vient avec ses gros sabots dire que pour libérer la croissance, baisser les prix par une meilleure distribution, il faut passer au système anglosaxon, genre Jean Coutu ! Et Leclerc qui s'en mêle, et vient apporter de l'eau au moulin des pharmaciens! Heureusement le lobby fonctionne, et surtout, Roseline Bachelot est pharmacienne! C'est vous dire si elle comprend le problème.
Dans Le Monde, un ancien de la commission Attali expliquait que la production du Ministère de la Santé (directives, courriers avec Bruxelles, etc) était assurée par les syndicats des professions médicales et para-médicales. Autant dire que l'Etat a déjà abdiqué dans ce domaine!
Je ne me fais pas d'illusions, rien ne changera. On gardera notre système ambigu, coûteux, cogéré par les syndicats (de pharmaciens) et le ministère de la Santé. Le consommateur de bain de bouche paiera pour la mauvaise gestion de la Sécu. Les petites pharmacies continueront à vivoter, les grandes à se les faire en or, les distributeurs de pharmacie à se payer sur notre dos, les industriels des médicaments, n'en parlons pas!
Et la Sécu sera toujours en déficit! Vive la rupture annoncée...
Se tirer des balles dans le pied est en effet une des caractéristiques du patronat français.
Un peu d'histoire : les pharmacies françaises sont issues d'une longue culture latine. Une pharmacie est d'abord une officine, dirigée par un savant, notamment herboriste, mycologue, où l'on prépare longuement des potions dans des mortiers vénérables. Intermédiaire obligé entre un petit peuple ignare, et volontiers superstitieux, et le médecin pressé et obscur, le pharmacien est un notable, bobologue diplômé (parfois véto), toujours bon conseiller.
Participant de la chaîne de santé, il distribue les médicaments, vérifie in fine les ordonnances, détecte les incompatibilités. Il est irremplaçable, il est compétent, il est indispensable. Il est donc normal que la pharmacie soit dirigéE par un pharmacien, avec des préparateurs, et que leur implantation soit contrôlée, pour qu'il y en ait assez, partout, et évidemment, pas trop.
Ça, c'était avant. Mais c'est l'image qu'on veut nous vendre.
Mais le contexte a changé. Les pharmacies ont été attaquées par des gens qui recherchaient des drogues, et elles se sont bunkérisées. Elles ont été concurrencées, déjà, quand les grandes surfaces ont pu vendre le lait en poudre pour les bébés, les couche-culottes et autres poules aux oeufs d'or.
Elles se sont adaptées. Les vitrines ne sont que des panneaux publicitaires pour des produits de beauté, crème solaire, avec femmes-à poil de rigueur, le tout fourni par les labos. Vivent les pharmacies qui montrent encore leurs vieux pots d'onguents, et le tableau des champignons!
De plus en plus, c'est le modèle anglo-saxon qui prévaut : un super-marché, avec caddies et caisses, et, juste au fond, un comptoir où l'on distribue les vrais médicaments sur ordonnance. Modèle Jean Coutu au Canada. Impressionnant.
Le malheur -pour les pharmacies- veut qu'en France, il y a la Sécu. Les médicaments, du moins certains d'entre eux, sont remboursés. On a inventé le tiers-payant, on promeut les génériques : les pharmaciens sont devenus, vollens nollens, des bureaucrates au service de la Sécu. Ils remplissent des papiers, avancent l'argent (l'argent!), contrôlent (pour ne pas se faire taxer en retour). Les pharmaciens ont râlé.
Alors le gouvernement (je pense que c'est Raffarin 1er, à vérifier) a passé le deal suivant : on va serrer les prix de ce tout qui est remboursable, vous vendrez les génériques, vous ferez les papiers, mais vous vous paierez sur tout le reste : prix libres sur ce qui n'est pas remboursé, sur la para : shampooing, bains de bouche, pilules pour chiens, etc!
Ils ne se le sont pas fait dire 2 fois. Moi, je suis (verbe : suivre) un "bain de bouche", dont je ne dirai pas le nom. Vente exclusive en pharmacie, prix allant du simple au double d'une pharmacie à l'autre, aucune information sur le prix avant de passer à la caisse. On n'a pas l'habitude de dire "c'est trop cher, j'irai ailleurs" dans une pharmacie : il faut la prendre.
De temps en temps, je questionne : "mais pourquoi c'est 2 fois moins cher ailleurs?". La fille, pincée, me dit : "on a le même taux de marge sur tous les produits, ça vient du distributeur". C'est vrai : le prix dépend du distributeur qui fait des rabais, assez importants, selon la quantité. Donc, sur un produit donné, les prix varient : il suffit d'aller dans la pharmacie qui vend le plus de ce produit là. NB : les distributeurs de la pharmacie : voila un autre frein à la croissance de 1ère classe : ils ont des obligations (livraisons, stock de réserve), donc eux aussi ont des rentes de situation scandaleuses.)
A Paris, c'est facile et ça se fait, car ça se sait : l'aspirine, rue Machin à droite, le Synthol rue Truc à gauche. L'économie réalisée rembourse largement le prix du billet de métro pour y aller. En province, surtout un peu reculée (une pharmacie pour 3 000 habitants), vous ne pouvez que payer, ou vous contenter du dentifrice d'Intermarteau.
A Paris, certains -peu encore- ont compris le filon : ils ont remplacé leurs vitrines de femmes-à poil par des panneaux de prix, sur le modèle des revendeurs d'informatiques : du haut en bas, il y a a des colonnes de chiffres, les promos du jour, etc. On repère ce qu'on achète d'habitude, et on saute sur la bonne occase. Leur business-modèle est différent : ils se spécialisent dans certains produits, font une grosse commande avec peut-être des dates de péremption un peu courtes, obtiennent des prix, et la dispersent en quelques jours. Ensuite, ils changent de produits... Je suppose que ça paie le reste.
Et voila Attali qui vient avec ses gros sabots dire que pour libérer la croissance, baisser les prix par une meilleure distribution, il faut passer au système anglosaxon, genre Jean Coutu ! Et Leclerc qui s'en mêle, et vient apporter de l'eau au moulin des pharmaciens! Heureusement le lobby fonctionne, et surtout, Roseline Bachelot est pharmacienne! C'est vous dire si elle comprend le problème.
Dans Le Monde, un ancien de la commission Attali expliquait que la production du Ministère de la Santé (directives, courriers avec Bruxelles, etc) était assurée par les syndicats des professions médicales et para-médicales. Autant dire que l'Etat a déjà abdiqué dans ce domaine!
Je ne me fais pas d'illusions, rien ne changera. On gardera notre système ambigu, coûteux, cogéré par les syndicats (de pharmaciens) et le ministère de la Santé. Le consommateur de bain de bouche paiera pour la mauvaise gestion de la Sécu. Les petites pharmacies continueront à vivoter, les grandes à se les faire en or, les distributeurs de pharmacie à se payer sur notre dos, les industriels des médicaments, n'en parlons pas!
Et la Sécu sera toujours en déficit! Vive la rupture annoncée...
dimanche 20 avril 2008
Que c'est triste!
Actualités pénibles ce matin...
- Aimé Césaire n'ira pas au Panthéon, on réessaiera plus tard avec Lucette Michaux-Chevry.
- Tous les politiques sont en Martinique pour se faire bien voir. Qui garde la maison? A-t-on pris garde à la possibilité d'un coup d'Etat? rappelez-vous Malet!
- M le Président de la République pourrait rentabiliser son voyage en précisant aux "locaux" les nouvelles mesures sur les congés et les retraites "bonifiés", annoncer la fin de la loi Pons (au titre des niches fiscales). A moins qu'il ait déjà décidé de reculer sur ces points?
-La cote du PSG est à 36% , et il parait que Sarkozy va passer en 2me division... ou c'est l'inverse, je ne sais pas. Sarkosy a 6% de "très satisfaits", et 30% de "satisfaits" : il a donc encore un potentiel de baisse, car il a eu 30% de voix au 1er tour, il y a un an...
-La SNCF se fait pourrir de partout. Des trains en retard... Mais il n'y avait que les journalistes qui ne le savaient pas, que les retards sont fréquents.
Mais c'est pire que ça : la SNCF a fait quelques "bénéfices" cette année : du coup, elle se fait racketter pour payer les cartes Familles Nombreuses. Donc, elle n'aura plus d'argent pour la participation et pour les investissements. Mettez-vous à leur place : si vous perdez de l'argent, l'Etat paie ; si vous en gagnez, l'Etat le pique : quel est votre intérêt à améliorer la gestion? Aucun.
Faites comme vos prédécesseurs : laissez la CGT gouverner, achetez la paix sociale, et ça durera bien autant que vous! En prime, vous pouvez être nommé Ministre!
- la Cour des Comptes s'y met aussi : pour libérer la SNCF du "poids" de sa dette, on a créé RFF, en charge du réseau. Donc RFF est riche d'un capital très faiblement rentable, et d'une énorme dette. Conclusion : RFF n'investit pas, et le réseau "s'use". Donc les pépins techniques augmentent, et donc les trains prennent du retard. Reprenez au début du paragraphe précédent...
-les prisons sont pleines, et il y a parait-il trop de sans-papier en France. C'est dans cette perspective qu'il faut apprécier l'arrivée et la mise en examen des 6 pirates somaliens. S'ils sont condamnés, ils ne seront pas expulsables à l'issue de leur peine! C'est M Hortefeux qui va être frustré, encore que d'ici là, on ne parlera plus de M Hortefeux.
Allez, bonne semaine!
- Aimé Césaire n'ira pas au Panthéon, on réessaiera plus tard avec Lucette Michaux-Chevry.
- Tous les politiques sont en Martinique pour se faire bien voir. Qui garde la maison? A-t-on pris garde à la possibilité d'un coup d'Etat? rappelez-vous Malet!
- M le Président de la République pourrait rentabiliser son voyage en précisant aux "locaux" les nouvelles mesures sur les congés et les retraites "bonifiés", annoncer la fin de la loi Pons (au titre des niches fiscales). A moins qu'il ait déjà décidé de reculer sur ces points?
-La cote du PSG est à 36% , et il parait que Sarkozy va passer en 2me division... ou c'est l'inverse, je ne sais pas. Sarkosy a 6% de "très satisfaits", et 30% de "satisfaits" : il a donc encore un potentiel de baisse, car il a eu 30% de voix au 1er tour, il y a un an...
-La SNCF se fait pourrir de partout. Des trains en retard... Mais il n'y avait que les journalistes qui ne le savaient pas, que les retards sont fréquents.
Mais c'est pire que ça : la SNCF a fait quelques "bénéfices" cette année : du coup, elle se fait racketter pour payer les cartes Familles Nombreuses. Donc, elle n'aura plus d'argent pour la participation et pour les investissements. Mettez-vous à leur place : si vous perdez de l'argent, l'Etat paie ; si vous en gagnez, l'Etat le pique : quel est votre intérêt à améliorer la gestion? Aucun.
Faites comme vos prédécesseurs : laissez la CGT gouverner, achetez la paix sociale, et ça durera bien autant que vous! En prime, vous pouvez être nommé Ministre!
- la Cour des Comptes s'y met aussi : pour libérer la SNCF du "poids" de sa dette, on a créé RFF, en charge du réseau. Donc RFF est riche d'un capital très faiblement rentable, et d'une énorme dette. Conclusion : RFF n'investit pas, et le réseau "s'use". Donc les pépins techniques augmentent, et donc les trains prennent du retard. Reprenez au début du paragraphe précédent...
-les prisons sont pleines, et il y a parait-il trop de sans-papier en France. C'est dans cette perspective qu'il faut apprécier l'arrivée et la mise en examen des 6 pirates somaliens. S'ils sont condamnés, ils ne seront pas expulsables à l'issue de leur peine! C'est M Hortefeux qui va être frustré, encore que d'ici là, on ne parlera plus de M Hortefeux.
Allez, bonne semaine!
vendredi 18 avril 2008
Panthéonisation
On veut mettre Aimé Césaire au Panthéon. Horreur!
A moins de mettre le Panthéon à Fo't d' F'ance, je trouverais scandaleux de priver ce pauvre "chantre", comme disent les journaleux, d'une éternité au soleil, avec les fleurs et les parfums, pour le délocaliser dans un monument sinistre, froid, pollué.
Bien sûr, un grand spectacle, où la bêtitude pourrait chanter la négritude : "Entre ici, Aimé, avec ton cortège immense d'esclaves...". Guaino a déjà fait le discours.
Parce que, depuis qu'il est arrivé à lElysée, le petit Prince a demandé qu'on panthéonise rapidement. Il y tient. Guaino, Bénamou, Mme Albanel se creusent les méninges. Le cahier des charges est simple : il faut une femme, noire ou maghrébine, consensuelle.
Rama Yade et Rachida Dati ne sont pas encore disponibles. Difficile de réunir tous les critères.
On a pensé à Olympe de Gouges, mais elle a été jetée dans une fosse commune. A Juliette Dodu (profitez-en pour découvrir cette femme admirable!), née à La Réunion.
Pompidou? Bof! Mitterrand? Il veut être à Jarnac. De Gaulle? Idem à Colombey. Achille Peretti? Edgar Faure? Sartre et Beauvoir? Georges Mandel? (excellente (?) biographie de QuiVousSavez). Tous recalés.
Avec la nouvelle civilisation (vous vous souvenez de cette bonne idée, au début de l'année), les bons conseillers ont cherché d'autres pistes : le Professeur Lejeune, Frédéric Ozanam, Mgr Lustiger, le cardinal Marty. On y a renoncé de peur des sarcasmes : mettre des saints dans cette église désaffectée pour le culte révolutionnaire théophilosophique!
Toutes les semaines, les bons conseillers se font engueuler. Chirac? Non! Giscard? Non! Une momie du Louvre? Non!
Et puis, coup de génie du Saint-Esprit, Césaire vint! ou, plutôt, part! Lui qui a bénit tous les candidats aux élections présidentielles. 5 minutes avec lui, les voix des DOM assurées! Depuis Pompidou en 1969, jusqu'à Royal et Sarko en 2007, tous y sont allés. La bonne aubaine!
Si vous avez une meilleure idée....
Pour aimer Aimé, allez voir le blog d'Isabelle Rambaud
A moins de mettre le Panthéon à Fo't d' F'ance, je trouverais scandaleux de priver ce pauvre "chantre", comme disent les journaleux, d'une éternité au soleil, avec les fleurs et les parfums, pour le délocaliser dans un monument sinistre, froid, pollué.
Bien sûr, un grand spectacle, où la bêtitude pourrait chanter la négritude : "Entre ici, Aimé, avec ton cortège immense d'esclaves...". Guaino a déjà fait le discours.
Parce que, depuis qu'il est arrivé à lElysée, le petit Prince a demandé qu'on panthéonise rapidement. Il y tient. Guaino, Bénamou, Mme Albanel se creusent les méninges. Le cahier des charges est simple : il faut une femme, noire ou maghrébine, consensuelle.
Rama Yade et Rachida Dati ne sont pas encore disponibles. Difficile de réunir tous les critères.
On a pensé à Olympe de Gouges, mais elle a été jetée dans une fosse commune. A Juliette Dodu (profitez-en pour découvrir cette femme admirable!), née à La Réunion.
Pompidou? Bof! Mitterrand? Il veut être à Jarnac. De Gaulle? Idem à Colombey. Achille Peretti? Edgar Faure? Sartre et Beauvoir? Georges Mandel? (excellente (?) biographie de QuiVousSavez). Tous recalés.
Avec la nouvelle civilisation (vous vous souvenez de cette bonne idée, au début de l'année), les bons conseillers ont cherché d'autres pistes : le Professeur Lejeune, Frédéric Ozanam, Mgr Lustiger, le cardinal Marty. On y a renoncé de peur des sarcasmes : mettre des saints dans cette église désaffectée pour le culte révolutionnaire théophilosophique!
Toutes les semaines, les bons conseillers se font engueuler. Chirac? Non! Giscard? Non! Une momie du Louvre? Non!
Et puis, coup de génie du Saint-Esprit, Césaire vint! ou, plutôt, part! Lui qui a bénit tous les candidats aux élections présidentielles. 5 minutes avec lui, les voix des DOM assurées! Depuis Pompidou en 1969, jusqu'à Royal et Sarko en 2007, tous y sont allés. La bonne aubaine!
Si vous avez une meilleure idée....
Pour aimer Aimé, allez voir le blog d'Isabelle Rambaud
jeudi 17 avril 2008
L'armée a trop d'argent!
Bon, vous n'avez pas aimé qu'on se moque -gentiment- de Mme Angela M. Vous préférerez M Morin sans doute.
M Morin a la chance d'être à la tête d'une armée presque efficace. Il explique qu'il n'y a plus de sous, et qu'on va en supprimer la moitié.
Mais en même temps, l'argent se jette par les fenêtres.
Pour que les otages du Ponant arrive à Paris avant les journaux télévisés, il fallait que leur avion parte à l'heure de Djibouti. Pour que les otages soient dedans, on les a transportés par hélico de la Jeanne qui était encore trop loin. Ben voila, c'est tout simple.
C'est pas fini : Morin est allé à Djibouti pour récupérer un peu de la gloire des milis. Leur téléphoner n'aurait pas suffit.
Mais l'armée aurait assez économisé pour acheter de quoi faire les vidanges de quelques véhicules.
M Morin a la chance d'être à la tête d'une armée presque efficace. Il explique qu'il n'y a plus de sous, et qu'on va en supprimer la moitié.
Mais en même temps, l'argent se jette par les fenêtres.
Pour que les otages du Ponant arrive à Paris avant les journaux télévisés, il fallait que leur avion parte à l'heure de Djibouti. Pour que les otages soient dedans, on les a transportés par hélico de la Jeanne qui était encore trop loin. Ben voila, c'est tout simple.
C'est pas fini : Morin est allé à Djibouti pour récupérer un peu de la gloire des milis. Leur téléphoner n'aurait pas suffit.
Mais l'armée aurait assez économisé pour acheter de quoi faire les vidanges de quelques véhicules.
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