samedi 11 février 2012

Scénario 2

Ce qui paraissait impossible était finalement arrivé : M Sarkozy avait réussi à gagner son second mandat.

Dans une situation a priori désespérée, il avait tenté le tout pour le tout. Sous prétexte d'inaugurer là une crèche, ici un commissariat, il avait tous les jours que Dieu fait maintenu un rythme soutenu d'annonces toutes plus folles les une que les autres.

Tous les jours, Mme Morano et autres hystériques criaient au génie ("Le Génie des Carpettes", titra le Canard), tandis que ses opposants en avaient le souffle coupé d'indignation.

Les referendum contre les chômeurs ou les immigrés, furent des coups d'essai réussis, et il enchaîna :
- la suppression par ordonnance du statut de fonctionnaire (rien que le code du travail, sans convention collective). On cria "au boulot, les feignasses!", et il gagna 5 points sur ce coup-là.
-pour faire bon poids, il annonça la suppression des 13ème, 14ème et 15ème mois dans le secteur bancaire, avec pour slogan "les banques doivent payer". Les chefs banquiers furent du reste ravis, allez savoir pourquoi!
-il se donna 6 mois pour créer des "agences" pour gérer tout ce qui était collectif : agence des routes nationales et agences départementales des routes éponymes (le mot est de Guaino), écoles et lycées, services d'Archives, musées et bibliothèques, sapeurs-pompiers, collecte des impôts... On fit passer l'information comme quoi ces agences seraient par nature privatisables, et que le budget de l'Etat serait définitivement sauvé.
-la généralisation à toute la France du régime du Concordat, limité auparavant à l'Alsace-Lorraine. Cette riposte à la proposition de F Hollande laissa pantois nos Eminences, qui n'en demandaient pas tant.
-le refus du mariage Gay et la fermeture par extinction (pas de remplacement des personnels partants) des centres de planning familial et d'IVG, mit tous les cathos en pâmoison, qui devinrent d'ardents prosélytes : soit on votait pour Sarkozy, soit on était pour l'avortement obligatoire. Le Net fut envahi de leurs pétitions, qu'on devait "liker", et RT, sous peine de péché mortel.

En promettant ainsi tout, -et je parle pas des engagements locaux (chaque département aurait son EPR à 2000 emplois pièce, etc)-, grâce au matraquage des TV et du Figaro, l'opinion changea, un peu. Dans le tas, il arrivera bien à faire des choses, quand une seule suffirait à sa gloire. Comme il aimait le dire, il "cliva", et il cliva fort!

Cerise sur le gâteau, Point de Vue montra Solal jouant avec sa tante Giulia, et le coeur de Margot fondit...

 Les oppositions furent mises à mal. Mme Boutin se rallia, comme prévu, comme "pro-Vie". Villepin et Dupont-Aignan disparurent des radars, mystérieusement, comme s'ils avaient été soumis à un méchant chantage. A gauche, on n'entendit plus leurs propositions dans le vacarme publicitaire et  les invectives. Ils tentèrent un slogan "Sarko et son programme à la hongroise", ça ne passa pas.

Au premier tour, M Sarkozy surpris donc avec ses 28%, contre 31 à Hollande, et 17 à Marine : le siphonnage des voix avait encore bien fonctionné, et Marine en fit une grosse colère à la TV : Guéant lui répliqua d'arrêter de copier sur le programme de Sarkozy : c'était maintenant lui l'original, et elle se rallia.

Le débat pour le 2ème tour fut terrible : Sarkozy prit un air de commisération chaque fois que Hollande parlait, n'écoutait pas sa réponse, puis récitait un morceau de son programme. C'était tout, sauf un débat. Hollande ne trouva pas le défaut de la carapace, et s'énerva : Sarko fut déclaré vainqueur.

Le soir du second tour restera dans la mémoire collective. A 20heures, tout le monde retenait son souffle quand les TV annoncèrent leurs évaluations : c'était 50/50! L'exaspération était à son comble, quand Guéant lui-même annonça qu'il s'en remettait au Conseil Constitutionnel, ses ordinateurs convergeant vers un écart inférieur à 100 voix...

Enfin, à la fin de la semaine, le Conseil trancha : c'était M Sarkozy, sans discussion possible puisque les électeurs de Wallis et Futuna avaient voté à 98% pour lui. Hollande disparut 3 jours... On parla de La Pierre Qui Vire...

Le résultat est qu'il revint plus fort que jamais : nous ne laisserons pas faire cette infamie! Nous allons gagner les législatives, et le bouter hors de France.

Etait-ce l'arrogance de Copé, nouveau Premier Ministre, ou les gaffes de la nouvelle Ministre du Tourisme, Mme Le Pen? Toujours est-il que la gauche gagna son pari, et que commencèrent pour M Sarkozy les 5 années les plus difficiles de sa vie...

samedi 21 janvier 2012

Le Maître

Je viens d'apprendre le décès, à 94 ans, de mon ancien professeur de philosophie, M Jean-René CORROT, universellement connu sous le nom de "Le Maître". Je suis heureux de vous faire partager le texte ci-joint, qui évoque un lointain passé.
François


Cher Maître,


Votre décès me touche, mais montre que la philosophie conserve, puisque vous êtes allé rejoindre Platon, Descartes, Kant, Bergson à l'âge vénérable de 94 ans.


Vous étiez gentil. Touchant même lorsque vous essayiez de nettoyer vos lunettes avec votre mouchoir en confessant que vos enfants avaient "mis de la confiture dessus". On ricanait, car on était des sales gosses.


Vous saviez qu'on en avait pas grand chose à faire, de votre philosophie, en Terminales. Gentiment vous nous donniez des polycop où il y avait l'essentiel de ce qu'il fallait retenir. Grâce à vous, j'ai eu le bac : un 13 inespéré en philo, qui m'a valu d'échapper à l'oral de repassage... Je les regrette ces polycop, je suis sûr qu'ils m’intéresseraient maintenant...


Vous étiez philosophe. Vous acceptiez de monter au poteau, condition sine qua non  pour que les cyrards arrêtent le chahut. Vous montiez, et vous faisiez votre cours pendant que les cyrards lisaient leurs revues favorites genre "Raid", ou se délectaient avec le règlement intérieur de l'Infanterie. C'était aussi des sales gosses.


Vous étiez philosophe. Un jour, vous avez voulu faire l'appel. Tout le monde était là. Au milieu du cours, on frappe à la porte et notre camarade X (dois-je encore garder son anonymat?) entre, et va s'installer à sa place au fond. Vous avez accepté le fait, malgré la perception contradictoire de votre expérience du réel. C'était pourtant simple : le bâtiment en travaux était couvert d’échafaudages, il était facile de se glisser dans le renfoncement du mur, puis de sortir par la fenêtre pour se représenter à l'entrée.


Vous étiez philosophe. Un jour, un camarade rapporte triomphalement une boite de capotes. Pendant votre cours, il en gonfle une, jusqu’à ce qu'elle prenne une taille... disproportionnée. "M Untel, veuillez ne pas jouer au ballon pendant le cours". "Mais, Maître, ce n'est pas un ballon!". 


Vous étiez philosophe. Le prof de maths nous explique le raisonnement par récurrence, et ajoute que ça ne fait pas un pli pour les matheux, mais que les philosophes trouvaient à y redire. Sous entendu : ces tarés coupent les cheveux en 4, et ne comprennent rien. A la pause, on vous saute dessus. On apprend que, docteur en philo, vous aviez commencé par une licence de maths. Timidement, vous nous dites que, dans le temps, vous aviez écrit des choses "pas idiotes" sur le sujet. Comment retrouver "ces choses"? Maintenant, j'aimerais les lire.


Maître, vous avez distribué de la confiture à des cochons (que nous étions)! Margaritas in porcos, disaient les Anciens. J'espère cependant que vous avez été heureux.


Requiescas, cher Maître.

samedi 14 janvier 2012

Scenario 1

Le buzz était à son comble. Le Conseil Constitutionnel devait annoncer la liste des candidats à l'élection présidentielle.

Le coup du 21 avril était au coeur du problème, et pour l'éviter, les candidats "officiels", MM Sarkozy et Hollande, avaient enjoint à leurs troupes de ne pas parrainer d'autres petits candidats.

Mme Christine Boutin en avait été meurtrie, et après avoir fait le pèlerinage de Compostelle de mairie en mairie, après avoir menacé M Sarkozy de "représailles atomiques", en avait finalement fait son deuil. Elle avait obtenu, disait-elle, des garanties sur le mariage gay : même si sa possibilité serait offerte dans la loi, il resterait facultatif et non obligatoire. Elle avait obtenu en 2006 des assurances sur l'état des prisons, mais accepté en échange, in fine, un maroquin.

C'est vers 15heures que le secrétaire général du Conseil Constitutionnel appela le siège de campagne de Marine Le Pen. Le jeune énarque se présenta et déclara que le Conseil avait tranché : Mme Le Pen n'ayant obtenu que 458 parrainages, elle ne serait pas dans la liste officielle des candidats. Il appelait par courtoisie, le Président ayant décidé que la décision ne serait rendue publique qu'à 19h, afin que Mme Le Pen puisse y réfléchir avant les journaux TV de 20H. Il y aurait embargo avant. Le fonctionnaire fut assuré qu'on aurait sa peau, et on lui raccrocha au nez.

Marine sortit de son bureau en hurlant. "Ah, ils ont voulu la guerre, ils l'auront! Convoquez moi tout le monde à 3h!".

La séance du bureau politique du FN fut houleuse, et dura jusqu'à 5 heures. Jean-Marie fut bien sûr appelé  pour donner son avis, qui était très gaulliste : le Mouvement devait se retirer au Luxembourg, et appeler à la Résistance sur le territoire national, en prenant modèle sur les actions de l'OAS en ex-Algérie  Française : incendie des bibliothèques, attentats dans le métro, etc.

M Gollnish plaida pour le respect de formes légales : faire appel devant la Cour de Justice Européenne (il n'y a pas d'appel possible en France contre les décisions du Conseil Constitutionnel), donner consignes à tous les avocats amis de poser des QPC, bref bloquer le système judiciaire autour de cette question, de façon à ce que l'on ne parle plus que de cela jusqu'au 2ème tour..

Mais c'est Louis Alliot qui emporta la décision avec un tonitruant "Marine, tu vas pas encore te faire mettre!", que le Canard Enchaîné rapporta la semaine suivante. La stratégie consisterait à faire exploser le système dit "UMPS", donc puisqu'on ne pouvait être candidat, contre l'avis du peuple, il fallait s'y prendre autrement.

Il proposa que les partisans de Marine se portent sur un autre candidat. A droite, il n'y avait personne de valable : Mme Boutin et M Dupont-Aignan avaient été victimes de la même conjuration. M de Villepin et M Morin ne méritaient pas la moindre attention. Quant à M Sarkozy, il n'en était pas question. Il fallait non seulement le faire battre, mais surtout le punir.

On mit la Gauche en revue. On évoqua M Poutou et M Chevènement, sans grand succès. Chasse, pêche Nature, pourquoi pas? Mais c'est finalement sur M Mélanchon que l'unanimité se constitua. Ils avaient finalement le même électorat, les déçus du communisme, la même méthode, le populisme.

A 20 heures, sur TF1 trop contente d'un éventuel scoop, Marine déclara, après de longues diatribes contre le système,  qu'elle appelait à voter pour M Mélanchon qui avait été certes le ministre de M Jospin, mais qui avait su percevoir la désespérance du peuple. " l'UMPS n'a pas voulu d'une révolution nationale, ils auront l'Internationale!".

M Hollande faisait toujours IIIème République rad-soc, et M Sarkozy était éclaboussé par les scandales récurrents atteignant la Police. Après le scandale de l'IGS, 3 autres commissaires bien notés étaient en détention provisoire (après ceux de Marseille, Lyon et Lille), et l'insécurité se ressentait partout tandis que M Guéant faisait état de très bons chiffres, ce qui après avoir fait sourire, commençait à exaspérer. Et on en apprenait de belles sur les valises de billets autour de la Mairie de Neuilly dans les années 90...

Il en résulta qu'au premier tour, M Mélanchon fit 32% des voix, M Bayrou 24%, M Hollande 22.5, et M Sarkozy 19. Une tentative de front républicain s'organisa autour de M Bayrou, mais le pauvre ne réussit pas à faire l'unité. Par ailleurs, M Mélanchon mit de l'eau dans son vin : il ne prendrait pas "tout" au dessus de 3000€/mois, mais au dessus de 5000€.

C'est ainsi que le 6 mai 2012, M Mélanchon, élu grâce au FN, fut responsable de la plus grande fête "célèbre", pour ne pas dire populaire, qui eut lieu place de la Bastille.

samedi 31 décembre 2011

Bonne année 2012

Je vous souhaite une très bonne année 2012, parce qu'il sera difficile qu'elle soit meilleure que 2011.

En 2011, nous avons abattu le régime criminel de Khadafi, avec l'appui de l'OTAN que nous avions infiltré, et chassé le dictateur Gbagbo. Les pirates de Somalie sont condamnés par nos tribunaux, Ben Laden est mort. Le Monde est maintenant plus sûr, plus juste, plus démocratique.

Sur le plan économique, nous avons surmonté la crise, terrassé la spéculation tout en rassurant les Banques, piliers de notre système. Nous avons même pu alléger l’injuste impôt dit de solidarité sur la fortune. Ainsi notre pays est prêt pour une nouvelle phase de croissance.

Notre pays a été épargné de l'ignoble campagne des Indignés, ce qui prouve bien qu'en France, il n'y a pas matière à s'indigner. Notre Justice, enfin rénovée, et notre Police renforcée ont enrayé les quelques foyers de délinquance qui subsistaient encore.

Par ailleurs, nous avons modernisé notre administration, à un point qui fascine nos amis de l'Europe, et réjouit les usagers. Comme je vous l'avais promis, on ne meurt plus dans les hôpitaux, que les français du reste fréquentent de moins en moins. Les jeunes sortent de l'Ecole avec une grammaire et une syntaxe où je vois rien à y redire.

En 2012, vous aurez à élire une nouvelle fois votre président, et je vous remercie de l'honneur que vous me faites, d'autant plus que je suis maintenant expérimenté et que j'ai gagné l'estime de nos partenaires, MM Obama, M Hu Jintao, Mme Angela Merkel et M Cameron (que l'on fêtera le 30 avril).

Bonnes années donc pour la France, de 2012 à 2017!

mardi 20 décembre 2011

Joyeux Noël

Lettre circulaire


Quel bonheur d'être au chaud, près de ma fenêtre où brillent les mille lumières de Noël dans le fin brouillard qui les enveloppe. J'en profite pour vous faire part des nouvelles familiales de cette année de Joie.

Le point culminant fut bien sûr la visite de notre très cher Très Saint Père à Madrid!  Au pays de notre cher saint Balaguer.  Nous conservons ce beau souvenir dans notre coeur.

Une autre joie fut l'arrivée à New-York de notre 14ème petite-fille Chloé chez Anaïs et Bertrand. Ce prénom est très à la mode, et nous nous habituerons très vite. Elle est blonde et potelée, et j'en suis folle.
Notre ménage liechtensteinien se plaît toujours là-bas, ils adorent le ski, et pour Timothée, c'est toujours un plaisir de travailler dans la finance, et tout va bien pour eux : ils projettent d'acheter bientôt un appartement avenue Mandel, bien que je n'aime pas le XVIème, et ensuite de mettre en route un héritier! Quelles grâces nous recevons!

Seule Liesse est parisienne, et s'occupe de ses enfants, fait le catéchisme, coud tous les vêtements, n'achète jamais de surgelés, une vaillante mère de famille chrétienne.
Et nous avons eu le plaisir d'aller voir les autres : Anaïs à New-YorkGaëtan à Kuala-Lumpur, Gérald à Luxembourg etBérangère à Sydney. C'est décidément de famille : fils et gendres sont tous traders! Quels bonheurs!

Tout notre petit monde a pu venir cet été dans notre propiété du Gers, et profiter de la nouvelle piscine de 20m que Jacques avait fait construire en secret cet hiver! Quelle surprise pour eux, et quelles joies pour nous!

Mais la vie n'est pas faite que de bonheur, et le Seigneur sait nous éprouver. La crise nous a beaucoup perturbés, surtout Jacques en début d'année. Son inquiétude n'a fait que croître au cours de l'année, surtout pour Bertrand, qui était au FMI. Notre portefeuille a beaucoup perdu, parait-il, mais tant qu'on n'a pas vendu, on n'a pas perdu, n'est-ce pas? 
Jacques fait face vaillamment, dans tous ses conseils d'administration. Il a même eu le bonheur de voir M. Sarkozy et Mme Pécresse à l'Elysée à ce sujet. Quelle chance il a eu! Je n'ai pu l'accompagner, j'aurais été si heureuse de le remercier de tout ce qu'il a fait pour nous et pour la France... Bien qu'il fasse encore, à mon avis, trop de concessions à l'assistanat, aux fainéants et aux professeurs. Pardon pour les pléonasmes.

Jacques continue aussi son "bénévolat" comme il dit, en gérant la trésorerie de l'Assemblée des Évêques, de l'Evêché de Paris et des mouvements scouts sérieux.

Quant à moi, je vais bien! Je suis toujours très occupée. Avec mon yoga hebdomadaire, mon bridge l'après-midi, les expositions au Sénat, je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Ma tapisserie n'avance pas : les enfants m'appellent Pénélope! Comme Mme Fillon, que c'est drôle!

Voila, je vous envoie tous mes voeux de saison, dans la Joie du Dieu fait Bébé, pauvre malgré ses richesses!

vendredi 21 octobre 2011

Sainte Julie

Il y a beaucoup de saintes Julie : elles ont en commun d'avoir été martyrisées aux premiers siècles, et d'être ainsi mortes "vierge et en sainte".

Le nom, Iulius pour les garçons et Iulia pour les filles, est vieux comme la Romaine : c'était le nom de la famille d'Ascagne, dit Iule, fils d'Enée le Troyen, et donc descendant direct de la déesse Vénus.

Cette famille était donc turque d'origine, implantée en Italie, peu connue jusqu'à ce qu'un certain Caius Iulius Caesar lui donne un peu d'éclat en soumettant nos ancêtres de souche les Gaulois. On baptisa en son honneur le mois de juillet. Quant à son cognomen Caesar, il finit par désigner directement les empereurs, notamment en Russie avec le mot Tsar.

Donc, au premiers siècles, tous les gamins s'appelaient Iulius ou Iulia, comme maintenant Enzo ou Kevin.
beaucoup furent convertis, quelques-uns martyrisés : belle récolte pour le Royaume des Cieux!

Il y a une petite Jule, ou Julie, qu'on fête le 23 juillet, qui aurait été suspendue par une poulie au dessus de chardons ardents. Elle est honorée à Saint-Martin-des-Vignes près de Troyes, et à l'abbaye de Jouarre. Elle toujours efficace contre les fièvres, les épidémies, la peste, mais pas le choléra.

Mais la Grande Julie est Julie de Corse (Ghjulia en corse, Julia von Korsica en allemand, Giulia en italien). Figurez-vous qu'elle est née à Carthage, donc au Maghreb, bien avant le printemps arabe, vers le Vème siècle. Julie, esclave d'Eusèbe, partit avec lui sur un boat-people pour immigrer illégalement en Gaule. Ils furent arrêtés en Corse, sans que l'on en connaisse les circonstances détaillées, tous les papiers ayant brûlé lors d'un attentat.

Les païens font la fiestoune, Julie refuse par conviction de participer à ces orgies : on lui coupe les seins (jetés contre des rochers, ils devinrent deux fontaines) ; elle fut crucifiée, et son âme s'envola sous la forme d'une blanche colombe (Colomba est un prénom épicène très corse).

Elle est la patronne de la Corse (avec sainte Dévote), de Livourne, de Brescia et de Bergame. On peut aller à Vienne voir le tableau de Jérôme Bosch :"Le martyre de sainte Julie".

On la fête en Corse le 22 mai (A la Sainte Julie, le soleil ne quitte pas son lit).

Peut-être préférera-t'on la bienheureuse Julie Rodzinska, le 20 février : une dominicaine exterminée par les Nazis dans les camps (un détail), et béatifiée par Jean-Paul II.

Il appartient aux parents d'indiquer nettement le patronage sous lequel ils placent leur fille quand ils la nomment Julie, surtout quand le père est chanoine.

dimanche 4 septembre 2011

Je me souviens de la rentrée...

Je me souviens de la rentrée...

Je me souviens que c'était plutôt fin septembre-début octobre : à l'époque la récolte des pommes de terre passait avant l'école. On travaillait moins, mais on savait lire.

Je me souviens du Cher Frère qui avait expliqué la règle du jeu : il mettait un "B" en face de chaque bonne réponse, et en rayait un autre à chaque faute : le solde des "B" en fin de mois déterminait la nature de la médaille qu'on porterait.

Je me souviens du Lycée sinistre en brique rouge, au chef-lieu du 51, en haut d'un immense escalier, de la peur qu'on avait du "surgé", et de nos rires à cause de "la censeur". Je me souviens de la prof de latin, cheveux longs emmêlés, habillée d'un sac, enceinte, nulle, qui voulut me faire redoubler parce qu'elle m'avait confondu avec un autre.

Je me souviens des trains d'avant-guerre, fumants, gare du Maine, qui mettaient 4 heures pour faire 250 km, avec arrêt à Malicorne, et nous emportaient (déportaient?) dans une petite ville où nous n'étions, avec les oies, que la seule  trace de vie....

Je me souviens que le lendemain de la rentrée, nous fûmes inondés. Un mètre d'eau entre les bâtiments. Le temps que la strass installe des planches sur des parpaings, on est resté dans les dortoirs sans petit-dèje.

Je me souviens du prof de français de seconde qui, pour asseoir son autorité (?), décida que son premier cours serait fait en hurlant sur une victime expiatoire envoyée au tableau... Il s'est calmé ensuite, mais quelle journée!

Je me souviens de notre désespoir en voyant que le prof d'anglais serait M B., dit le jeune B., parce que son père, le vieux B., était aussi prof d'anglais au même bahut. Son truc à lui était de dire le lundi matin "maintenant nous allons faire UN THÈME...", d'un ton volontairement sadique. Je me souviens m'être dit après que ce n'était pas la peine de faire 7 ans d'anglais pour ne pas savoir demander son chemin à Londres.

Je me souviens du plaisir de retrouver le prof de maths, M Aubert, et le prof de physique, M Grimaud, qui eux étaient sérieux, et faisaient tout pour qu'on réussisse. C'est vrai que c'était en taupe, et pas au lycée.
Et le prof de français, M Landy, violoniste comme Ingres, qui nous expliquait tout si bien. Je me souviens que pour la première fois, il n'y avait pas de pions pour nous surveiller : il n'y avait pas d'heures plus studieuses. J'en conclus que c'est la présence des pions qui crée le chahut. CQFD.

Je me souviens d'une rentrée toute particulière, en 1967, un beau matin de septembre, en haut de la Montagne. Ça ne pouvait qu'être mieux, et ça l'a été. Je me souviens avoir culpabilisé en me promenant dans Paris un mardi après-midi : comment peut-on se promener alors que normalement il y a "école"?

Mais l'année suivante, en 68, à cause des "événements", au lieu de retrouver nos cours, on nous a envoyés camper au milieu des bois. En rentrant en février, c'est tout juste si on savait encore lire et écrire. Les généraux espéraient-ils nous mater?

Et puis après, il n'y a plus eu de "rentrée". On rentrait de vacances, tout simplement.

Mais je me souviens de la pitié que je ressens toujours quand je vois ces gosses accompagnés de leur maman le premier jour... Les pauvres d'eux!



jeudi 18 août 2011

Braquage à l'Alsacienne

Hier, vers 11h, une voie angoissée mais déterminée alerte les Autorités : "3 individus masqués ont kidnappé un jeune devant la Poste...  Là, juste devant chez moi... ils l'ont forcé à entrer dans une voiture blanche, et sont partis à toute allure, vers Colmar!".

Saluons d'abord la générosité et l'esprit civique de cette personne, qui a tenu à garder l'anonymat. Conformément à la Loi, elle a dénoncé un crime, et si tout le monde en faisait autant, nous n'en serions pas là.

Les Autorités Compétentes, elles, n'eurent pas le temps de philosopher. Un braquage à la Poste! Un enlèvement! En plein jour!

Aussitôt un hélicoptère prit son vol, pendant que les Forces de l'Ordre, armées jusqu'aux dents, gilettées pare-balles, fonçaient sur la route suspectée. 10 minutes après l'alerte, la voiture était localisée, un guet-apens organisé au prochain virage... Aux sommations, la voiture s'arrêta, le conducteur et les passagers masqués sortirent les mains en l'air, pour être fouillés, menottés, sous la garde vigilante de l'hélico prêt à intervenir.

L'otage fut sorti du coffre : il n'y comprenait rien. On le confronta aux bandits, et il reconnut ses meilleurs copains. Sans être soumis à une quelconque contrainte, physique ou psychologique, ceux-ci expliquèrent les faits :

"Samedi, notre ami Kévin se marie. Alors on a voulu enterrer sa vie de garçon, de façon originale. On a su qu'il allait à la Poste, et on l'a attendu, on l'a kidnappé, et on voulait l'emmener chez moi où on a organisé un méga barbeuque, avec du Ketchup comme il aime, et des packs de bière au frais. On a eu très peur quand l'hélico nous a survolés, et qu'on nous a forcés à nous arrêter. On a fait quelque chose de mal?"

Authentique Rivers! Source officielle : DNA du 18/8/2011