vendredi 18 avril 2008

Panthéonisation

On veut mettre Aimé Césaire au Panthéon. Horreur!

A moins de mettre le Panthéon à Fo't d' F'ance, je trouverais scandaleux de priver ce pauvre "chantre", comme disent les journaleux, d'une éternité au soleil, avec les fleurs et les parfums, pour le délocaliser dans un monument sinistre, froid, pollué.

Bien sûr, un grand spectacle, où la bêtitude pourrait chanter la négritude : "Entre ici, Aimé, avec ton cortège immense d'esclaves...". Guaino a déjà fait le discours.

Parce que, depuis qu'il est arrivé à lElysée, le petit Prince a demandé qu'on panthéonise rapidement. Il y tient. Guaino, Bénamou, Mme Albanel se creusent les méninges. Le cahier des charges est simple : il faut une femme, noire ou maghrébine, consensuelle.

Rama Yade et Rachida Dati ne sont pas encore disponibles. Difficile de réunir tous les critères.

On a pensé à Olympe de Gouges, mais elle a été jetée dans une fosse commune. A Juliette Dodu (profitez-en pour découvrir cette femme admirable!), née à La Réunion.

Pompidou? Bof! Mitterrand? Il veut être à Jarnac. De Gaulle? Idem à Colombey. Achille Peretti? Edgar Faure? Sartre et Beauvoir? Georges Mandel? (excellente (?) biographie de QuiVousSavez). Tous recalés.

Avec la nouvelle civilisation (vous vous souvenez de cette bonne idée, au début de l'année), les bons conseillers ont cherché d'autres pistes : le Professeur Lejeune, Frédéric Ozanam, Mgr Lustiger, le cardinal Marty. On y a renoncé de peur des sarcasmes : mettre des saints dans cette église désaffectée pour le culte révolutionnaire théophilosophique!

Toutes les semaines, les bons conseillers se font engueuler. Chirac? Non! Giscard? Non! Une momie du Louvre? Non!

Et puis, coup de génie du Saint-Esprit, Césaire vint! ou, plutôt, part! Lui qui a bénit tous les candidats aux élections présidentielles. 5 minutes avec lui, les voix des DOM assurées! Depuis Pompidou en 1969, jusqu'à Royal et Sarko en 2007, tous y sont allés. La bonne aubaine!

Si vous avez une meilleure idée....

Pour aimer Aimé, allez voir le blog d'Isabelle Rambaud

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