dimanche 8 novembre 2009

Sainte Madeleine



Conrad Witz (vers 1400-1447)

Sainte-Madeleine et Sainte-Catherine

Bâle, Vers 1440
Huile sur panneau de sapin
161 x 130 cm
Musée de l'Oeuvre Notre-Dame, Strasbourg
Magdalena, Magdeleine, Madeleine, Madelon, Maddalena, Magdalen, Maud, Magda, sont les prénoms issus de Marie de Magdala, la Magdaléenne. Cependant on ne sait toujours pas s'il s'agit de la pécheresse anonyme dont parle Luc (7, 37), de la soeur de Marthe et Lazare, ou d'une autre.

Qu'importe, notre sainte Madeleine est un peu des trois, avec beaucoup de légendes, mais pourquoi pas? Mais c'est elle qui oint de parfums précieux les pieds du Christ et les essuie avec ses cheveux : comme dans le tableau ci-dessus, elle est représentée "myrophore" ("qui porte du parfum", vous avez appris quelque chose, avouez!)

Elle bénéficie de la première apparition du Ressuscité mais ne peut le toucher : "Noli me tangere!" lui dit-il (en latin), ce qui sera le sujet de multiples tableaux.

Voyez, ce que l'on en sait est peu de choses, mais rien qui justifie les délires complotistes des Dan Brown ou les inventions hérétiques de Martin Scorsese. Des légendes vont se répandre, mais elle font partie de l'Histoire, elles.

En Orient, elle se serait retirée à Ephèse avec la Vierge, où elle mourut et ses reliques furent transportées à Constantinople.

Selon les moines bourguignons de Vézelay, Madeleine se serait embarquée avec Marthe et Lazare, en compagnie de l'évêque Maximin et des saintes Maries, dans une barque sans voile ni gouvernail qui aborda près de Marseille. Après avoir converti le prince païen, elle se retira pour faire pénitence à la Sainte-Baume, où elle vécut encore 30 ans. Une source, alimentée par ses larmes est encore vénérée (mais il faut y monter à cette grotte, et c'est haut...). Tous les jours, des anges la ravissaient au Paradis pour lui faire entendre un concert céleste. Elle mourut à Aix-en-Provence.

Cette légende est calquée sur celle de sainte Marie l'Egyptienne (les 4 Maries!), et les moines de Vézelay y tenaient parce qu'ils prétendaient avoir ses reliques. Cette bataille de reliques nous a donné les admirables églises de Vézelay*** et de Saint-Maximin***.

C'est ainsi comme modèle de pénitence que son culte et sa popularité se sont répandus : en Provence et en Bourgogne bien sûr, mais aussi à Vernon et Verneuil en Normandie, à Paris (église Sainte-Madeleine dans l'Ile de la Cité), en Italie et en Angleterre.

Louis XVIII, à la Restauration, rendit au culte l'église de la Madeleine, à Paris, symbole de "la France repentante du martyre de son roi".

Elle est la patronne des parfumeurs (bien que Coco Chanel ne se soit à ma connaissance pas repentie), des gantiers, des coiffeurs (à cause de ses cheveux), des jardiniers (le Christ lui est apparu sous la forme d'un jardinier), des filles repenties (qu'on appelait les Madelonnettes).

Ses attributs sont essentiellement ses longs cheveux dénoués (souvent comme seul vêtement...) et son vase en parfum.

Vénénez sainte Madeleine, mais ne l'imitez pas en tout!

2 commentaires:

une jeune tante a dit…

Je ne connaissais pas ce tableau réunissant ces deux Saintes chères à mon coeur (et au vôtre j'en suis sûre)...

François a dit…

à Tatie : le tableau n'a pas été choisi au hasard...