mercredi 30 septembre 2009

L'homme qui fait trembler France télécom

Un article du Nouvel Obs à lire...
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2342/articles/a409532-.html?xtmc=wenes&xtcr=11

Il illustre mon blog du 16 septembre....

Pression, management par le stress ?

L'homme qui fait trembler France Télécom


Louis Pierre Wenès, bras droit de Didier Lombard, le PDG de France Télécom, ne regrette rien. Mais ses méthodes pour moderniser l'ancien monopole public sont aujourd'hui mises en cause. Après la vague de suicides, le destin des deux hommes à la tête de la société est en suspens

On a fait parler les morts !» Installé dans le divan de son bureau à Arcueil, en banlieue parisienne, Louis-Pierre Wenès, le patron des activités françaises de France Télécom, désormais connues sous la marque Orange, est aussi carré dans son physique que dans ses certitudes. Redoute-t-il de perdre son poste après la vague de suicides ? «Je considérerais alors que je suis victime d'une monstrueuse manipulation», répond-il, glacial. Droit dans ses bottes, Wenès, 60 ans, semble plus furieux qu'embarrassé ou peiné. Pour lui, apparemment, cette affaire a été montée en épingle par les médias, instrumentalisés par les syndicats avant les élections au conseil d'administration le 15 novembre prochain. Dans son groupe, en effet, on ne se suicide pas plus qu'avant, et pas plus qu'ailleurs (voir ci- contre). En revanche, Wenès sous-estime gravement la crise que traverse sa maison. «Le climat social n'est pas si épouvantable que cela, affirme-t-il. Au cours de la période 2006-2008, 14 000 personnes ont changé de métier et près de 22 000 personnes sont parties sans que l'on ait de grèves massives dures...»

Il semble ne pas comprendre que les récents suicides ont révélé un profond mal-être chez l'opérateur. L'étincelle s'allume mi-juillet, avec les extraits accusateurs d'une lettre laissée avant sa mort par un expert en réseau mobile de Marseille. Beaucoup s'identifient à cet homme qui se dit victime d'un «management par la terreur». Et la parole se lâche : sur les mutations incessantes, le harcèlement... et ces séminaires où l'on apprend aux managers à mieux dégraisser (voir le «NO» du 17 septembre). Quelle est l'ampleur exacte du malaise ? Un audit, commandé au cabinet Technologia, le dira mi-novembre. Une chose est sûre : la contestation de terrain, jusqu'ici inaudible, a trouvé une formidable caisse de résonance. D'autant que ce ras-le-bol de la performance, du résultat à tout prix, est à présent légitimé par la crise du capitalisme financier.

Efficacité, économies et résultats financiers ont toujours été les «mantras» de Louis-Pierre Wenès. Issu d'une famille protestante assez modeste (son père était chef de fabrication), ce centralien a débuté chez Matra, mais a ensuite fait carrière dans le conseil, chez Coopers ?& Lybrand puis AT. Kearney. Amateur d'Art déco et de belles voitures, il possède l'ancien atelier des frères Martel, conçu pour ces sculpteurs célèbres par l'architecte Mallet-Stevens dans le 16e arrondissement parisien. A France Télécom, ses proches collaborateurs l'apprécient, expliquant qu'il a plus de coeur qu'il ne le laisse paraître. Reste que ses méthodes lui valent de solides inimitiés et les qualificatifs de «butor», voire de «boucher». «Wenès n'a jamais cessé d'être autre chose qu'un consultant pour qui les gens sont des variables d'ajustement, dit un ancien du groupe. Le management, la psychologie, ce n'est pas son truc.»


Un triple «big bang»
Wenès se reconnaît-il dans cette gestion par la terreur ? «Pas du tout ! répond-il en haussant le ton. Je revendique simplement un management exigeant.» Pour lui, le problème est simple : «Une petite partie des employés n'arrivent pas à changer de culture : passer du 22 à Asnières à la Livebox internet.» Vu d'Arcueil, le désarroi des plus fragiles représente en quelque sorte le dommage collatéral d'un formidable succès : avoir transformé l'ex-monopole des télécoms en champion mondial des industries de l'information. Avec ses positions mondiales dans le fixe, le mobile et l'internet, France Télécom est certes une belle réussite stratégique et financière. Didier Lombard, le PDG, et Wenès ont su achever de désendetter le groupe et faire face au triple «big bang» d'une dérégulation brutale, d'une concurrence sauvage et d'incessantes ruptures technologiques. Y avait-il une fatalité à ce que ce succès soit payé en détresse ? Non, répond un expert en ressources humaines : «Entre 1995 et 2002, Michel Bon avait initié le changement de culture sans pour autant pourrir le climat. Sur l'organisation du travail, les rétributions, les carrières, il avait même su donner un pouvoir réel au terrain.»

Seulement, gérant une entreprise publique, Bon n'avait pas la possibilité d'effectuer des acquisitions en payant par échange d'actions. Il a donc surpayé en cash l'opérateur britannique de téléphone mobile Orange (qui a ensuite donné son nom à l'ensemble du groupe). Fin 2002, après le krach internet, France Télécom s'est retrouvé étranglé par sa dette. Bombardé pompier d'un groupe au bord du dépôt de bilan, Thierry Breton fait alors mener un «audit éclair» par une armée de consultants. Formé à la restructuration brutale par Jean-Marie Descarpentries chez Bull, l'ex-patron de Thomson Multimédia met France Télécom «sous tension». Certains cadres se souviennent encore de la violence du séminaire au Tapis Rouge où les patrons de filiales sont appelés sur scène pour se voir humiliés publiquement...

«La pression tout le temps»
C'est dans cette ambiance commando que Louis-Pierre Wenès, alors responsable d'AT. Kearney France, est recruté pour réaliser un plan massif d'économies sur les achats. Une mission qu'il mène tambour battant. En février 2005, Didier Lombard, l'ex-directeur général de l'Industrie devenu mentor de Thierry Breton, remplace au pied levé son protégé, nommé au ministère de l'Economie, à Bercy. «Lombard est un X-Télécoms, un ancien de la maison : il est excité par la technologie et la stratégie. Mais le management, ce n'est pas sa culture», explique un cadre. Le nouveau PDG semble apprécier l'efficacité brutale de l'ex-consultant. «Louis- Pierre Wenès est à l'origine de 6 milliards sur les 15 milliards d'euros d'économies du plan Breton entre 2002 et 2006», répète-t-il souvent, à l'époque. Quand, en septembre 2006, il achève la restructuration du nouveau groupe Orange, passant d'une organisation par métiers (téléphone fixe, mobile, internet) à une organisation par pays, Lombard donne donc les clés de la France à Louis-Pierre Wenès.
Il sait pourtant que l'homme est peu apprécié des quadras de l'ère Bon : Didier Quillot, Jean-Noël Tronc, Olivier Sichel et quelques autres dirigeants préfèrent quitter la maison plutôt que passer sous son commandement. «Nous avions la possibilité de trouver de beaux postes ailleurs, dit l'un des transfuges de moindre rang. Mais, à la base, les gens souffrent en silence Ou, pour les plus fragiles, se jettent par la fenêtre...» Une interprétation qui fait bondir Wenès : «En 2005-2006, le business a fortement ralenti, ce qui nécessitait une gestion plus serrée, plus professionnelle. Certains de ces managers n'étaient pas en harmonie avec ce type d'environnement. C'est tout !»

Après le plan Thierry Breton, qui avait déjà fait partir 20 000 salariés de 2003 à 2006, Didier Lombard en remet une couche : son plan NExT prévoit 20 000 départs supplémentaires. Et Louis-Pierre Wenès l'exécute avec les méthodes musclées dont il n'a jamais fait mystère : «Je mets la pression tout le temps, je ne laisse pas de marge de manoeuvre», explique- t-il en mai 2007 à «la Tribune». Il faut dire que l'équation sociale est très compliquée : après avoir plongé France Télécom dans le bain de la concurrence, l'Etat privatise le groupe sans modifier le statut de ses agents français, qui restent à 65% des fonctionnaires. Du coup, la réduction d'effectifs se fait sur la base du volontariat, sans licenciements. «Avec l'ouverture d'un guichet de mobilité vers la fonction publique et la mise en place de généreux programmes d'aide à la reconversion, les salariés les plus aptes au changement sont partis dans la première vague, explique un expert en ressources humaines. A la fin, il ne restait que les gens les plus difficiles à faire bouger...» D'où, sans doute, l'augmentation de la pression pour les dégoûter.

Didier Lombard était-il conscient de cela ? «Il ne connaissait pas l'étendue du malaise : dans ce groupe, on ne parle pas au président des sujets qui fâchent», explique un cadre. La multiplication des signaux d'alerte a tout de même conduit France Télécom à mettre en place, il y a dix-huit mois, une nouvelle «cellule d'écoute et d'accompagnement» pour les personnels les plus fragiles. A la direction du groupe, pourtant, le risque d'une baisse des résultats semble peser plus lourd que celui d'un climat social délétère. Et le patron laisse les coudées franches à l'équipe de Wenès, qui réalise plus de la moitié des bénéfices du groupe.


Des mesures correctives
Du coup, non seulement Didier Lombard met un mois avant de réagir aux suicides de l'été, mais il a alors des mots désastreux, parlant de «petit choc» ou de «mode des suicides» ! La semaine dernière, il promet au ministre du Travail, Xavier Darcos : «Un nouveau contrat social dans l'entreprise» Et affirme : «Le France Télécom du mois de décembre ne sera pas le France Télécom d'aujourd'hui.» Les négociations éclair avec les syndicats vendredi dernier ont abouti à un ensemble important de mesures correctives. Mais peut-on impulser cette refondation avec une équipe dont les méthodes semblent avoir catalysé la crise ? «Il faut écou ter les gens davantage pour mieux faire notre travail, nous expliquait Louis-Pierre Wenès le vendredi 18 septembre. Mais je n'ai pas changé de volonté : on ne peut pas laisser l'immobilité s'installer. Si nous n'avançons pas, nous allons décrocher ou disparaître.»
En début de semaine, Lombard semblait dans l'idée d'imposer un changement de style à Wenès, mais il n'envisageait pas de s'en séparer. Aura-t-il le choix ? Il est possible que l'Etat - encore actionnaire à 26% - force la main d'un patron qui n'a jamais été proche de l'Elysée. A moins que le contrecoup de ce séisme ne les emporte tous les deux : «C'est un peu leur affaire Kerviel, commente un observateur. Orange ne sortira pas indemne de cette crise qui affecte son image et sa marque.» Stéphane Richard, ancien patron de Nexity, puis directeur de cabinet de Christine Lagarde, avait été parachuté, au début de l'été, pour succéder à Didier Lombard fin 2010 ou début 2011. Une échéance qui paraît maintenant bien lointaine.

FRANCE TELECOM EN CHIFFRES

186 millions de clients dans 30 pays

Chiffre d'affaires : 53,5 milliards d'euros

Bénéfice net : 4,07 milliards d'euros

Effectifs : 187 000, dont 102 000 en France

Dominique Nora
Le Nouvel Observateur

NdR : ceci dit, LPW n'est pas le seul coupable....

mardi 29 septembre 2009

Méridienne

Vous avez pu vous demander pourquoi je vous ai mis la photo du haut : elle est prise, vers le Nord, depuis l'observatoire de Paris, à l'endroit où passe le méridien de Paris.

Voyez, il passe à gauche de Montmartre, après avoir traversé d'illustres lieux parisiens : le Luxembourg, le Palais Royal, etc. Des marques sur la chaussée permettent de le repérer. Paris n'est pas coupé en 2, rive droite/gauche, mais en 4 : Est/Ouest.

Chacun peut se faire une méridienne, comme il en existe à Saint-Sulpice : une ligne par terre, que le soleil passant par un trou, traverse chaque jour à midi, du moins à son midi. Car chacun a midi à sa porte : mais ce n'est pas le même pour tous, Sarkozy l'a appris à ses dépens.

Le temps, c'est la longitude, la possibilité de savoir où on est, et donc de faire des cartes.

C'est un des premiers effets de la mondialisation, au XIXème siècle : uniformiser l'heure. On a fait des fuseaux horaires, on a institué une seule heure pour tout un pays, le temps civil, qui n'a que des rapports lointains avec le temps du soleil (sans compter le temps des étoiles, dit sidéral, et qui est différent du temps de soleil, parce que la terre tourne autour du soleil). Il est midi à Strasbourg et à Brest "en même temps", alors qu'il est midi et demi pour le premier, et 11h30 pour le second au soleil.

Le pire a été "l"heure allemande" imposée par les nazis pendant la guerre : 2 heures de décalage avec le soleil, l'heure de Berlin comme on disait aussi. A midi à Berlin, il faisait 11h30 à Strasbourg, et 10h30 à Brest. Cette heure allemande a été réinventée par VGE sous forme d'"heure d'été", ce qui vous explique qu'il n'y a pas moyen de coucher vos enfants dès le mois de mai.

Un autre drame du XIXème a été le choix du premier méridien, celui qui sert d'origine aux autres. Même l'Entente Cordiale n'a pas réussi à départager le méridien de Greenwich de celui de Paris : il faudra attendre le 9 mars 1911 pour qu'une loi adoptant officiellement le méridien international de Greenwich soit promulguée en France.

Le méridien de Paris est abandonné au profit du méridien de Greenwich, lors de la Conférence Internationale de Washington en 1884. Une des raisons qui font que Greenwich l'emporte, c'est qu'aux antipodes de Greenwich, il n'y a que très peu de terres habitées. L'autre raison fut l'engagement britannique d'adopter le système métrique, en l'échange de l'acceptation de la France à renoncer au Méridien de Paris. Ils pourraient dire merci.

Le méridien de Paris n'est plus que celui qui a le numéro 2° 20' 11,53666" E (Ou encore 9mn 20, 769 s, parce que on peut les compter en degré ou en heure, sachant que 360° font 24 heures.)

On dit que ce sont les Compagnies de Chemins de Fer qui ont poussé à cette uniformisation. Comment en effet expliquer que le Paris Brest-partant à midi, et roulant 10heures, arrive à 21h30? On est habitué maintenant au "jet-lag" et au retard des trains, mais à l'époque, c'était sérieux.

Pour ma part, je pense qu'il y a eu l'effet du télégraphe (Le préfet de Quimper pouvait répondre à 12h à un message du ministre datant de 12h20...).

Mais c'est surtout la Suisse qui fut confrontée aux pires problèmes de la synchronisation des horloges : tous ces trains qui traversaient la Suisse devaient être coordonnés avec l'heure allemande, l'heure autrichienne, l'heure italienne, l'heure française... Et la Suisse, c'est bien connu, ne veut pas d'ennuis avec ses voisins...De nombreux brevets furent déposés à ce sujet, et traités par un jeune fonctionnaire un peu dans la lune, Albert Einstein. Il en inventa la relativité en 1905.

Et c'est le fils d'un cheminot, le général Ferrié qui, en développant la TSF et la diffusion universelle de l'heure, fit de la France la pionnière en "gestion mondiale de l'heure", avec le bureau des Longitudes. L'émetteur de la Tour Eiffel envoyait des "bips", que chacun récupérait dans un rayon de 5 000 km. Gloire au Général Ferrié!

Voyez le beau récepteur octogonal qui décore maintenant la bibliothèque de l'observatoire :


Maintenant, tout a changé : ce n'est plus l'astronomie qui définit le temps, mais les horloges atomiques, à la précision inégalée. Et puis il y a des ordinateurs et les GPS...

Ayons une pensée émue pour ceux qui firent tant de calculs à la main, pour gagner en précision, partout.

lundi 28 septembre 2009

Violences

Le monde est violent, la société est violente, certains individus le sont.

L'Etat revendique le droit à une "violence légitime", qu'il exerce notamment par l'armée, la police, la pénitentiaire. Mais ce n'est qu'une violence "légale", qui n'est légitime que si le gouvernement qui l'exerce est lui-même légitime, et que si la mission est légitime en elle-même. Nos gouvernants actuels feraient bien d'y réfléchir. La frontière entre la démocratie et la dictature est bien mince, et la ligne jaune aisément franchissable.

Mais il y a d'autres violences que la société, et l'Etat le premier, exercent en toute impunité. Banalement, le fait qu'il soit de fait impossible de contester un PV est une violence. Faire un rempart de réglementations dissuasives pour prétendre à un droit, comme d'obtenir un papier, en est un autre. En théorie, le droit existe, mais en pratique c'est autre chose : il faut du temps et de l'argent.

Plus graves, les violences faites aux personnes en vertu du droit fondamental à la propriété, qui est inscrit en dur dans toutes nos lois, et qui vient de la trouille qu'a eue la bourgeoisie au XIXème siècle. Vous êtes propriétaire d'une usine, vous avez le droit de la fermer du jour au lendemain. Bien sûr il faut quelques papiers comptables, mais quand vous êtes un fonds de pension du Tennessee, ce n'est pas un problème. Il y a assez de consultants qui vous aideront.

Alors les ouvriers se révoltent, et on envoie des CRS. Ce qui est légal, c'est la grève. Mais elle ne sert à rien. Alors, ils occupent les locaux, kidnappent le directeur de l'usine (avec la complicité du gouvernement, je vous l'ai déjà dit). Ça ne sert à rien non plus.

On peut couper la circulation, comme les routiers. Ça ennuie tout le monde, et ça ne sert à rien.

Alors, de nouvelles formes de violences se développent : la prise en otage de la société. Vous prenez des bouteilles de gaz, et vous dites que vous allez faire sauter l'usine, le village d'à-coté peut-être aussi., et vous demandez 30 000 € par licencié. Là, ça marche! Extraordinaire... Depuis, les prix ont monté : j'entends ce matin que certains demandent 150 000€.

Il y a une variante : si l'usine possède des produits toxiques, vous menacez de les vidanger dans le ruisseau local. J'aurais plein d'idées à ce sujet, mais je ne veux pas les dire ici. Mais imaginez ce que ça pourrait donner si les conducteurs de train, les aiguilleurs du ciel, les gaziers, etc s'y mettaient... Quant aux producteurs de lait, ils ont plus fait pour leur cause en perturbant la réunion des députés UMP au Touquet qu'avec leurs images-choc.

Il y a une entreprise où le service public fonctionne bien, c'est France Télécom... Les gens se suicident... C'est avantageux pour tout le monde : le gars n'a plus d'ennuis, et le DRH réussit à diminuer les effectifs sans plan social, c'est-à-dire sans payer.

Bon, ce n'est pas drôle, mais quand les victimes de violence n'ont plus d'autres ressources pour (ne pas) se faire entendre, il ne faut pas s'étonner.

Il faut trouver d'autres formes de résistance à la violence qui soient autres que celles que j'ai résumées plus haut, qui fassent un efficace boomerang contre les décideurs, sans les faire porter sur d'autres. Vous avez des idées?

jeudi 24 septembre 2009

Croc de boucher

C'est un trou de verdure, où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.

Rimbaud nous avait déjà raconté l'histoire "Clearstream", mais peut-être pas la même.

L'actuelle commence à être amusante, et j'ai pris les grands moyens : je twitte! C'est dire si je commence à devenir vraiment bon en Internet. Un journaliste du Nouvel Obs nous raconte l'audience en direct, et le soir, on a les résumés par différents blogs.

On y apprend des choses, surtout des vannes, qui ne sont pas dans les journaux le lendemain. Par exemple, les 8 "victimes" présentes au 1er jour d'audience : (je cite)

  • Pierre Charon: mais ce conseiller de l'Elysée est surtout, l'œil de Sarko, en mission commandée dans la salle d'audience.
  • Patrick Gaubert: président de la Licra, l'un des meilleurs amis de Brice Hortefeux, lui aussi en mission commandée.
  • Jean-Charles Marchiani et Pierre Pasqua: deux repris de justice, sans occupation actuelle.
  • Jean-Jacques Martini, retraité de la DST.
  • Pierre Martinez, retraité de la brigade financière.
  • Gilbert Flam, ancien agent des services secrets, au placard au ministère de la justice
  • Edwy Plenel, journaliste,
Ou encore celle-ci :
  • Me Henri Leclerc, l’un des avocats de Dominique de Villepin, plaide l’irrecevabilité de la constitution de partie civile de Nicolas Sarkozy au nom de l’inégalité des armes. Dans le fil de sa démonstration, il s’adresse au tribunal et de sa voix chaude, leur lance:- Il n’est pas question ici de contester votre indépendance. D’ailleurs, la meilleure preuve que vous êtes indépendant, c’est que votre indépendance est garantie par le président de la République!
Autant dire que la castagne a bien commencé, et qu'on n'a pas fini de rigoler. Aux dernières nouvelles, on a retrouvé dans le dossier les notes de frais de mission de M Lahoud : au moment où il trafiquait le listing en y ajoutant les petits noms de Sarko, il fréquentait M Pérol , conseiller de M Sarkozy!

On attend aussi les suites à la déclaration du même Sarko désignant les "coupables".

Vous verrez aussi les malheurs du jeune stagiaire d'Arthur Andersen, chargé d'auditer Clearstream : il trouve des anomalies, mais son chef lui dit : Tout ce que tu as trouvé et qui peut embêter le client, tu l’oublies ! ». Ah! l'audit, c'est comme ça que je le conçois!

Arthur Andersen, dont le génie n'échappe à personne, veut le poursuivre en justice. L'ennui est qu'il n'y a plus d'Arthur Andersen, englouti dans ses turpitudes annonciatrices des crises financières.

Et ça finira comme ça :

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Les deux trous du croc de boucher? Mais qui?

lundi 21 septembre 2009

Je n'y suis pour rien...

On ne prête qu'aux riches, et je ne le suis pas trop.

Aussi, je veux préciser des choses, il y a tellement de sous-entendus dans l'actualité que je préfère anticiper.

Le président JM Lambertye, personnage du roman de VGE, ce n'est pas moi. Je n'ai pas dragué Didi (alias la princesse de Cardiff). J'aurais voulu vous le faire croire que vous ne m'auriez pas cru, n'est-ce pas?

Le "corbeau du 34" non plus. Le coupable a avoué, c'est comme s'il était déjà condamné. Je n'ai pas sous la main de balles de 9mm, et je ne lèche jamais mes timbres. Enfin, sur le fond...

Je ne suis pas membre du groupe terroriste de Tarnac. Je ne plante pas les TGV, mais je reconnais que chaque fois que je suis dedans, il y a un incident technique indépendant de leur volonté.

Je ne suis pas un mathématicien de génie, je n'ai pas piraté des banques au Luxembourg, ni modifié les données d'un Excel, enfin depuis au moins 6 ans... Je n'ai pas de croc de boucher chez moi.

Je ne suis pas responsable de la grève des postes, bien que, autant que je le puisse, j'évite cet endroit malodorant où des messieurs-dames pas polis vous renvoient vers des machines automatiques en panne. (Pour envoyer une lettre, je fais imprimer 56 vignettes à 1 centime, et je paie avec mes pièces jaunes et roses. Je colle sans laisser d'ADN). Le 3 octobre, je vais voter pour la privatisation de la poste, rien que pour embêter les postiers. Besancenot coté à la Bourse, un spectacle à ne pas rater. De toutes façons, les prix augmentent tout le temps, et on n'a pas le service, donc rien à perdre.

Je ne suis responsable ni des suicides à France Télécom, ni dans les prisons. Mais je reconnais les avoir prévus. Je m'en inquiétais, alors que les responsables s'en félicit(ai)ent.

Je n'ai pas augmenté les impôts locaux, mais M de Villiers l'a fait : + 7, 59% dans la Vendée pour le Conseil Général. Je ne me suis pas rallié à l'UMP, mais M de Villiers l'a fait : il apprend vite. Je me vengerai aux régionales!

Je n'ai pas annulé le mariage du comte de Paris et de la duchesse de Montpensier, car je ne suis pas pape. Cette annulation va permettre à ce bon chrétien de convoler de nouveau "dans les règles", le 26 septembre prochain. La duchesse, née Würtemberg, est redevenue un des plus beaux partis du Gotha, et pourtant, personne ne s'est déclaré, même pas moi!

Tout ça, et le reste, je n'y suis pour rien!

vendredi 18 septembre 2009

Famille nombreuse à la sauce Nadine (SNCF)

Je devais renouveler ma carte SNCF de famille nombreuse. Ça me stresse tellement , qu'évidemment je m'y suis pris au dernier moment.

Je fais un tour sur Internet, site SNCF : rien, nada, nichts. Je ne suis pas geek, mais il y a des limites. Je cherche "carte famille", et je tombe sur les déclarations de Nadine Morano, qui dit qu'après les bêtises de ceux qui veulent supprimer les réductions aux familles nombreuses, elle l'a relancée.

Finalement, je tombe sur une page bizarre : si vous voulez la carte famille nombreuse, cliquez ici. Je clique, on me demande nom et adresse, et on me dit qu'on m'écrira d'ici 2 à 3 semaines. Zut!

Alors, je prends mon courage à 2 mains, je prends 2 Lexomil, et je vais à la gare Montparnasse, en haut à gauche, là où il y a des guichets par centaines, et des gens qui attendent par milliers. J'avise "SNCF Information", je demande poliment, et le gars me dit : "c'est plus nous qu'on fait ça. Faut aller à la mairie!". Ah bon?

Dans la foulée, je vais à la mairie, guichet Information. Les formulaires pour la carte famille nombreuse, SVP madame? Voyez le service d'action sociale! Le Lexomil ne faisant plus effet, je lui dis qu'elle se fiche de moi, que c'est pas la peine de s'appeler information, je la menace de ma canne... Et puis, je vais au service d'action sociale : on n'y rentre pas comme ça : double porte, des gens qui attendent...

Là, j'ai été jeté rapidement : m'enfin, il faut aller à la CAF! Les familles, c'est la CAF! On n'a pas que ça à faire, nous! Alors, je me mets à pleurer, mais pleurer! Je prends 2 Valium, ça finit par s'arrêter, juste avant qu'elle n'appelle les flics. Mais c'est où la CAF? A l'autre bout de l'arrondissement, sans métro ni autobus.

Après tout, je n'ai que ça à faire. Je reprends mon chemin, une rue à droite, une rue à gauche, jusqu'à un grand bâtiment marqué CAF. Là il y a un vigile. Vous avez votre carte d'allocataire? Ben non...Vous avez combien d'enfants? Heu.. 5! C'est pas là, on ne fait que des attestations que pour les familles de moins de 2 enfants! Pardon, vous pouvez répéter? Alors faites la queue, vous verrez bien...

Je reprends 2 Xanax, parce que la queue, ça c'est une queue! Un serpentin à l'américaine, qui labyrinthe 3 fois.... Des dames austères, les yeux au ras du guichet, qui ne vous regardent pas, et qui jettent des "revenez avec une photocopie certifiée. Suivant!"

Une demi-heure ou trois quarts d'heure après, au bord de l'évanouissement, c'est enfin mon tour : j'avance en tremblant (j'avais repris de l'euphytose). Mais non, on ne le fait plus! Avant on avait des imprimés et des dépliants avec la liste des papiers à fournir! C'est la SNCF qui le fait, mais maintenant, c'est par Internet! Vous avez Internet? Non, ai-je menti. On a un poste, on va vous le prêter. Ah, merci madame! Le vigile m'emmène jusqu'au poste Internet, qui est en réalité bloqué sur CAF.fr, et où on ne peut rentrer qu'avec son n° d'allocataire. Ce n'est pas grave, de toutes façons il est en panne. Je sors, et rentre à la maison prendre... je ne sais plus quoi d'ailleurs.

L'autre jour, je reçois enfin le dossier. Ça vient bien de la SNCF, centre de gestion "Famille nombreuse", bien centralisé, où le travail qui leur a pris 3 semaines a consisté à mettre sous enveloppe un imprimé et une notice de 10 pages, où tout est prévu pour les divorcés, les pacsés, les recomposés. Aspirine, merci! Et un chèque! Avant, c'était gratuit. Bref, il me suffit de prouver que je suis français, et de faire des photocopies du livret de famille... Je prévois le pire, car je suis français, mais pas né en France, et depuis les lois Pasqua...

Jeudi dernier, un billet de Alain Rémond, toujours excellent, dans la Croix, raconte à peu près la même histoire : ils font tout pour que le dossier ne passe pas, à la direction du marché Familles Nombreuses. Il conclut : "Son but, à l'évidence, n'est pas de gagner des parts de marché, mais d'en perdre. Et faire des économies. Plus le marché est à la baisse, plus les profits sont à la hausse : avec la SNCF, c'est possible".

Bravo Nadine (Morano) pour l'amélioration des carte famille nombreuse! Bravo Nathalie (Kosciusko-Morizet, dite NKM)pour le e-processus! Et merci à la SNCF.

mercredi 16 septembre 2009

L'homme, c'est du consommable (suite)

Pour revenir, définitivement je l'espère, sur cette affaire, je voudrais reprendre le problème par l'autre bout.

L'Elysée a décidé que le directeur de cabinet de Madame Lagarde, Ministre de l'Economie, serait le futur PDG de France Télécom, dans 2 ans, quand l'actuel aura atteint ses 70 printemps. L'heureux élu, sûrement un grand professionnel, est déjà en poste depuis le 1 septembre, dans des fonctions d'adjoint, histoire de commencer à apprendre ses dossiers.

Il pourra notamment constater que, si les salariés ont souffert, les clients sont également victimes de la situation.

Mais on se lasse vite des fonctions de coadjuteur. C'est comme d'acheter un appartement en viager, on ne peut s'empêcher de souhaiter la mort de quelqu'un, c'est tellement humain.

Je suis intrigué de voir à quelle vitesse le buzz médiatique a démarré et s'est amplifié. La direction de l'entreprise est sonnée, KO debout semble-t-il. L'affolement est général, de peur de la contagion. Les couteaux sont sortis.

Le PDG n'a pu trouver les mots devant la presse, a même gaffé (il a dit "mode des suicides", en pensant "mood" : voila ce que c'est de parler franglais en permanence). Il n'a pas encore pris la décision attendue, que j'évoquais ce matin. Ce ne lui est peut-être pas possible, et ça va être bientôt trop tard, et il va sûrement devoir faire ses cartons.

Ce n'est pas grave : la réserve est déjà en place. Gouverner, c'est prévoir.

L'homme est une ressource biodégradable et renouvelable

J'ai évité de parler dans ce blog des suicides de France Télécom. Le sujet est trop sensible et trop douloureux.

Cependant, après les déclarations du PDG hier, je souhaite vous faire part de quelques réflexions.

- Quelle humiliation pour une entreprise de 160 000 personnes, dont 100 000 en France, de se faire convoquer par le ministre du Travail, de se faire béquiller par le Directeur général du Travail, pour un problème interne de gestion des ressources humaines... Quelle honte qu'il ait fallu la médiatisation de quelques suicides "de plus" pour que la direction de l'entreprise s'aperçoive qu'elle avait un problème.

- Ces suicides, pour dramatiques qu'ils soient, se sont qu'un des nombreux effets d'un malaise social grave : addictions, maladies psychiques et psychosomatiques, congés de maladie, dont la presse parle maintenant, mais dont je suis le témoin depuis plusieurs années. Beaucoup de gens m'ont effectivement téléphoné ou mailé (plusieurs pages : le récit de leur vie depuis mon départ, de leur détresse à leurs efforts pour échapper au système).

-Cette affaire est malheureusement "la chronique d'une affaire annoncée". Elle résulte de la politique menée par M Th Breton, et des 2 individus -dont le" DRH"- qu'il a emmenés avec lui et qui sont toujours là. Ils n'ont qu'une obsession dans la vie : se débarrasser des "fonctionnaires". Avant, il y avait des salariés, dont certains avaient un statut, et les autres un autre, mais on les gérait de la même façon. Maintenant, il y a 2 catégories : les contrats "privés" gérés normalement, et les fonctionnaires dont le nombre doit baisser le plus vite possible, parce qu'il parait qu'à New-York, ça fait mauvais effet de dire aux analystes qu'on a encore des "fonctionnaires".

- Cette politique a été menée d'abord discrètement, puis de plus en plus fort : par exemple, vous sous-traitez un centre d'appel au Maroc, ou à Maurice (c'est moins cher), et vous constatez que le trafic en France a baissé : il faut donc fermer le service. Les techniciens se retrouvent commerciaux, ou n'importe quoi. Bon. L'année d'après, vous annoncez que vous fermez aussi le service qui vient de recevoir les "redéployés", mais là il n'y a plus de poste libre dans le coin. Le DRH vous explique que vous devez déménager (d'autant plus loin que vous êtes haut dans les grades), ou partir, au Conseil Général, à La Poste, à la Culture, enfin n'importe où, du moment qu'on ne vous voit plus. Et vous continuez, en fixant aux managers des objectifs de "départ définitif". S'ils sont fonctionnaires, eux-aussi devront partir s'ils ne les ont pas atteints. C'est juste une question de réglage...

-En même temps, vous supprimez les formations, notamment au management, au nom de la réduction des coûts. Il suffit d'un discours sur la nécessité du changement lié à l'évolution technologique et à l'avancée de la concurrence : c'est évident. Mais sans mesure d'accompagnement -et il n'y a pas que l'argent dans la vie- le désastre est certain.

-Il y a quand même des personnes sensées, dans la haute direction. Mais ils ne VOIENT pas. Je pense quand même que c'était parce qu'ils ne VOULAIENT pas voir... A une époque, tous les chefs avaient obligation d'aller discuter sur le terrain, en principe une fois par semaine ils savaient out ce qui se passait. Maintenant, ils n'ont plus le temps, et puis ce n'est pas leur boulot, hein? Il y a des DRH pour ça... Et puis, quand les résultats à court terme sont bons, où y aurait-il un problème?

-Alors le réveil est dur. Ils vont devoir "apprendre le management"! "Allez voir les gens et donnez leur l'impression qu'on les écoute" (sic!). Quelle confiance donner à ces promesses quand elles devront être réalisées par ceux-là même qui ont tout cassé, sciemment? La conversion de Paul a été rapide, mais ça m'étonnerait que les individus auxquels je pense en soient capables.

-J'en suis désolé, mais je ne vois d'autre solution que le départ de ces 2 individus. Ils ont plus de 60 ans, et ont bien vécu sur la bête avec de bons salaires (que certains appelleraient "extravagants"), des primes et des stock-options, et une retraite-chapeau.
A la retraite d'office! Mais non, ils ne sont pas fonctionnaires, on ne peut pas le faire!

lundi 14 septembre 2009

Religion des chiffres et culture du résultat

J'm'excuse de vous ennuyer avec mes petits ennuis personnels, mais cet après-midi, j'ai fait une attaque. Malaise vagal? Lipothymique? Crise cardiaque? Je ne sais pas.

J'écoutais la radio et j'entends fustiger "la religion des chiffres"! Un coup me frappe au coeur, je m'effondre en sueur sur mon lit, je respire mal...

Oui, les chiffres ne reflètent pas la vérité! Je savais déjà que l'INSEE ne donnait pas les "bons" chiffres sur le nombre des chômeurs : il y avait plus de 1% d'écart avec les chiffres du BIT, mais on y a mis bon ordre. L'INSEE est sous les ordres des Finances, et donne le "bon "chiffre. Mais c'était avant la crise...Maintenant, le bon chiffre est mauvais, mais on n'y peut rien.

Prenez le PIB : tout le monde sait comment il est mesuré, et qu'il faut le prendre avec prudence. Mon prof d'économie nous avait mis en garde : n'épousez pas votre femme de ménage, vous feriez baisser le PIB. Mais maintenant, la règle est que le PIB ne mesure pas le Bonheur Intéreur "Brut" : pour avoir un bon chiffre, il faut le multiplier par le % de personnes qui approuvent Sarkozy.

Les chiffres sont les chiffres, les statistiques mesurent, comme elles peuvent, la donnée dont on a donné la définition. On peut la prendre en valeur instantanée, en valeur moyenne, en moyenne glissante, corrigée ou pas des valeurs saisonnières. Quand on a un chiffre, c'est un chiffre, et tout l'art est de comprendre cette information, et d'en tirer des conclusions.

S je comprends bien, l'objectif est renversé : le chiffre doit être celui qui conforte la conclusion élaborée à l'avance. Ça peut se faire, mais au prix d'une telle régression intellectuelle et scientifique que j'en suis resté pâle.

Passe encore qu'un inculte, demeuré, dise cela. Mais que ce soit celui qui a lancé à tous ses ministres des "objectifs quantitatifs de résultats", alors là! Le nombre de PV pour absence de ceinture, de reconduite à la frontière, de suppression de postes, etc, c'est totalement incompréhensible. Sans doute du Guaino, un fou à lier!

Tout le monde sait que lorsqu'on donne des objectifs chiffrés, les gens passent plus de temps à bidouiller les statistiques qu'à chercher à faire bien leur travail : vous refilez les cadavres à la limite du département voisin. Vous ne faites pas de zèle : le taux de délinquance s'effondre, et vous avez votre prime. Le successeur redresse la situation, et se fait pourrir. M Besson expulse 10 fois les mêmes Roms, mais ça compte pour 10. En bref, il se génère plus d'effets pervers que d'améliorations. C'est ce qu'on apprend aux jeunes managers dès l'école.

La vraie gestion, c'est le BSC (Balanced Score Card), où vous essayez de cerner au mieux la réalité, malgré sa complexité, et avec des auditeurs qui vérifient non seulement les chiffres, mais la façon dont ils ont été obtenus, c'est-à-dire dans le respect des règles déontologiques et dans le cadre de la mission globale. Ces auditeurs garantissent finalement l'honnêteté des chiffres. A partir de là, on peut faire des plans d'amélioration.

Fini tout ça, finie la "religion des chiffres". Est-ce que ça ira jusqu'à la pondération des résultats des élections? Peut-être, mais c'est possible. Est-ce qu'on vaccinera autant qu'on a de vaccins "pour ne pas les laisser perdre", ou tiendra-t-on compte des avis des médecins? Le mieux serait de jeter les thermomètres. Plus de chiffres!, et tout ira bien.

Et le budget de l'Elysée, il sera limité au constat des dépenses? Modulé par 1,2 pour faire croire qu'on n'a pas tout dépensé?

Ça finira comme la politique de civilisation et la mémoire des petits Juifs, aux poubelles ( de la ville de Paris, pas celles de l'Histoire). Mais quelle guignolade, quelle honte!

Finalement, j'aurais dû appeler le 15. Le 15, mais c'est un chiffre! Je n'ai pas osé. Et puis, culture des résultats, les urgences ont ordre que les gens ne meurent pas à l'hôpital : on meurt dans l'ambulance qui vous trimbale d'un hôpital à l'autre (la mention "mort à l'arrivée à l'hôpital" ne compte pas dans la statistique, ni de l'hôpital cédant, ni de l'hôpital d'arrivée).

Bon, je m'en remettrais... Encore 8 ans minimum à attendre...

vendredi 11 septembre 2009

9/11

Vous saviez ce que vous faisiez, et avec qui, il y a 8 ans.

Tout ceci ne risque plus d'arriver : Jack Bauer est revenu en saison 7. Enfin, après la grève des scénaristes!

Le président des US n'est plus noir : il a été assassiné en 5! C'est une présidente... Dommage qu'on n'ait pas eu Hillary.

Jack Bauer ne respecte pas toutes les procédures, mais il a sauvé 5 fois la planète... On lui cherche des poux dans la tête, pendant que des méchants arabes détournent des avions : n'atterrissez plus à JFK, les avions se frôlent sur les pistes. Heureusement Jack est là. Mais qu'est-ce qui va se passer??????

PS : pourquoi voudriez-vous que Martine Aubry et Brice Hortefeux démissionnent? A quoi ça servirait?

jeudi 10 septembre 2009

17!

Oui, vous avez vu ça, en ce dix/neuf/neuf, dans un improbable village vert tout rempli de gardes mobiles et d'adhérents à l'UMP de moins de 1,70 m, l'Oracle a parlé, la Pythie s'est exprimé, Dieu s'est adressé à son peuple.

Il a dit : - 17.

On attendait ça depuis une semaine. Pas un impôt, pas une taxe, juste une contribution! De l'évergétisme vert! (tiens donc! cherchez le mot dans le dico...).

Les experts, les "sachants", donc des incompétents, avaient dit qu'à moins de 34, ça ne servirait à rien. D'autant plus que l'électricité et les paysans ne seraient pas dedans.

Fillon avait dit : - 14. Quitte à ce que ça ne serve à rien, autant que ça ne coûte pas cher.

Non, ce sera : -17!

Mais pourquoi 17, et pas, par exemple, 16 ou 18? Ou 14? Parce que 17 est la moitié de 34? Trop bête!

J'ai deux réponses possibles, également probables :

1 Tout simplement, parce qu'Il connaît par cœur le N° 17. Police : le 17! Hortefeux qui Lui dit tous les jours : le 17 est saturé! On n'arrive plus à faire avec le 17, etc. 17, ..., 17, bon sang, mais c'est bien sûr : le 17! Quand on a une voiture, on est heureux qu'Il n'ait pas dit 22!

2 Plus sérieusement, je devine qu'Il a pensé au 3ème nombre de Fermat, de la forme 2^2^n +1 (2 à la puissance "2 à la puissance n", plus 1). Le premier est 1, le deuxième 5, le 3ème 17, le 4ème très grand. Ils ont une propriété remarquable, que Euler, le prince des mathématiciens, a découverte : les polygones réguliers, inscrit dans un cercle, sont constructibles à la règle et au compas, si le nombre de cotés est un nombre de Fermat (et bien sûr, tous ses multiples par 2).

Donc, l'heptadécagone (17 cotés) est constructible! Il le savait... Quel génie!!!!!!!

Voila, si vous avez d'autres idées sur ce choix....

mercredi 9 septembre 2009

Ca baigne toujours

Il y a toujours des esprits chagrins pour se plaindre de tout, alors que les bonnes nouvelles s'accumulent.

Les Beattles remastérisés, par exemple, vont relancer l'économie, tout comme les disques de Mickael Jackson (qui est sorti "blanc comme neige" de son procès, dixit son biographe à C+). A 470 € les Beattles, voyez ce que ça va rentrer comme TVA pour le Budget. Les riches paieront, les pauvres pirateront : c'est même social!

La querelle sur la taxe carbone commençait à tourner à l'aigre, le premier ministre contraint d'avaler encore une couleuvre enrobée dans sa cravate... Astucieusement, on a lancé le sujet sur le forfait hospitalier : on ne parle plus que de ça. En nous expliquant que ça n'a pas d'incidence, car "personne" ne paie le forfait hospitalier : ce sont les mutuelles. Quelque chose m'échappe, je continue à y réfléchir.

Un aller et retour à Brasilia, et voila 16 Rafales vendus! M Dassault s'en réjouit, et se console d'être inéligible pour un an (mais il reste sénateur). Il va sûrement rembourser à l'Etat tous les contrats d'études qu'il a perçus. A moins qu'il ait vendu au prix marginal? Variante : Dassault récupère l'argent des Rafales, et l'Etat paie les avions de transport brésiliens? Génial!

La surpopulation dans les prisons commence à diminuer (un peu). Jusqu'à présent, on comptait sur les suicides (comme à France Télécom, pour faire baisser les effectifs de fonctionnaires). Maintenant, il y a les évasions : 2 hier! C'est bien, c'est plus humain. Merci MAM.

Vous avez entendu les jeunes UMP crier, à Seignosse : "Mitterrand! Mitterrand!" Qui l'eût dit, qui l'eût cru? C'était beau, c'était grand, c'est la France!

Notre président va bien, il a passé de bonnes vacances, il est en pleine forme. Il prépare déjà sa candidature pour 2012, en relançant les thèmes sécuritaires qui lui ont déjà si bien réussi. Avec Guéant et Hortefeux aux commandes, c'est comme si c'était fait, au point qu'on se demande si c'est la peine d'organiser des élections.

Il n'y a qu'un détail qui me chiffonne : la dette a parait-il doublé en un an. Ça doit être la crise, forcément la crise. En tout cas, je suis heureux d'avoir lu sur un menu de restaurant : "Merci au Gouvernement qui nous a permis d'augmenter nos salaires en baissant la TVA" (3 milliards d'euros). Du coup, je suis devenu un peu radin sur le pourboire : c'est vrai, je suis contre les rémunérations au noir. Un plat avait baissé de 1,50 € (-2%) dans la carte : le homard à l'armoricaine. C'est parfait, j'adore ça.

Ah la grippe A! La psychose commence à bien prendre, parfait. On est prêt pour l'article 16 de la Constitution! On l'a supprimé? Tiens, après tout je ne sais pas, mais de toutes façons c'est tout comme : le Président exerce tous les pouvoirs.
Les rassemblements de plus de 3 personnes opposées à la politique du gouvernement vont bientôt être interdits, comme les concerts de Johnny.

Allez, ça baigne!

samedi 5 septembre 2009

Saint Sixte

Il n'y a que 4 saints Sixte (prononcez : 4-5-6) dans le Grand Livre, mais pas encore de sainte Sixtine : elle vient de naître aujourd'hui!

Oui, Sixtine est le féminin du prénom romain Sixtus, Sixte en français, donné habituellement au 6ème enfant d'une fratrie. Certaines familles le réservent à la 6ème fille consécutive. Lorsque ce prénom est donné à une fille aînée, c'est une promesse pour l'avenir.

3 saints Sixte ont été papes : le I (117-129) fêté le 6 avril, le II (257-258) fêté le 7 août et le plus célèbre, et le III ( 432-440) fêté le 19 août. Le IV et le V (dit Sixte Quint) n'ont sans doute pas mérité cette palme, pour leur népotisme envahissant.

Il n'y a pas eu de pape Sixte VI, on se demande pourquoi. Néanmoins, notre actuel Très Vénéré Saint-Père est appelé dans les pays anglophones Ben Sixteen.

En France, on vénère particulièrement saint Sixte de Reims, le 1 septembre, premier évêque du lieu (vers 260, donc bien avant Clovis et, hélas, dom Pérignon), dont les restes sont à Saint-Rémi, et à qui le portail nord de la Cathédrale de Reims est dédié.

Parmi les lieux dédiés à saint Sixte, on aura une pensée particulière pour St-Sixte d'Eygalières, monument historique classé, dans les Alpilles, très ancien pèlerinage.


Evidemment on pense aussi à la chapelle Sixtine, que Sixte IV fit construire au Vatican, que Jules II, neveu du précédent, fit décorer, notamment par Michel-Ange, et que l'Esprit visite quand il s'agit d'élire un successeur à Pierre.

Mais il y a d'autres "chapelle Sixtine", comme il y a d'autres "Venise" : Montargis est la Venise du Gâtinais, Bruges celle du Nord, etc.

On pourra ainsi visiter celle des Acadiens (Sainte-Anne-de-Kent), ou plus près de nous celle de Dürrenmatt, à Neuchâtel. On s'éloigne un peu de la religion, mais enfin, ça existe...

Sixte II est associé à saint Laurent, qui fut son diacre. Il tient à la main une bourse, celle qu'il donna à saint Laurent avant son martyre et qui contenait les aumônes pour les pauvres. On ira voir une mosaïque du VI ème siècle à Ravenne, un pallium brodé, à la Cathédrale Saint-Laurent de Gènes, une fresque de fra Angelico dans la chapelle saint-Laurent au Vatican, une "Madone de saint Sixte", par Raphaël, à Dresde, une statue en bois sur le maître-autel de Dörndorf en Bavière.

Vive Sixtine! Le monde est à toi!

jeudi 3 septembre 2009

L'horizon chimérique...

J'ai de grands textes inassouvis en moi....

Avez-vous remarqué que je viens de passer la barre du 400ème post sur ce blog, en moins de 2 ans?

Et savez-vous à quel poète j'ai emprunté le titre et parodié un vers?

Et pourtant, que de sujets à venir, sans compter les sujets de mécontentement!

- Par exemple, Véronica Berlusconi et la duchesse de Montpensier (le point commun? Le pape, évidemment)

-Ou encore la diagonale de Peano, le problème des trois corps (rien à voir avec Carlita)

-l'augmentation de la délinquance depuis 2002 (pour M Sarkozy)et les moyens d'y mettre un terme (pour M Boutefeux)

-Sûrement bientôt, de l'hagiographie : un saint ou une sainte?

-Le programme TCS 2012.

-La taxe carbone, la CSG et le RDS : essai sur la contribution de M Michel Rocard à la réduction des prélèvements sociaux.

-Les incendies de Los Angelès et la réduction des impôts en Californie.

Mais je ne sais par où commencer. L'hagiographie, sans doute...