lundi 22 octobre 2012

Edward Hopper, le misogyne ferrovipathe

Edward Hopper ne peint pas les hommes, ni les femmes.

Ceux qu'il représente sont anecdotiques ou incongrus. On ne voit pas leur visage, car ils lisent, ils regardent ailleurs. Ou alors le regard est celui d'un cheval qui s'ennuie, vide. Admirez ainsi le néant de ces personnages dans People in the sun

Il avait épousé Josephine Verstille Nivison dont on devine que c'était, comme disait Valéry, une emmerdante, emmerdeuse et emmerderesse. Il se venge en la représentant cachée (Compartiment C, voiture 93), ou bovine au soleil (Morning Sun et Morning in a city). Très méchamment, il la montre en effeuilleuse vulgaire (Girlie Show) : c'est bien elle, on la reconnait. Et voyez comment il la traite dans la soirée en bleu.

Jalouse, elle ne voulait sans doute pas qu'il prit d'autres modèles qu'elle. C'est ainsi qu'elle nous restera pour l'éternité.

La prédilection de Hopper le porte plutôt vers des paysages, mais des paysages construits, architecturés, avec des gares et des lignes de chemins de fer, des routes et des pompes à essence, des phares et des ponts. Des paysages grandioses ou bien un bout d'immeuble new-yorkais entrevu d'une fenêtre. Un quotidien banal et inquiétant, marqué toujours d'une forte verticalité, de nuit, au crépuscule ou à l'aube.

La composition est savante, les ombres sont fortes, et le sentiment de vide est total.

Prenez donc le célèbre Nighthawks : on en a froid dans le dos en regardant, comme un chercheur examinant ses cloportes dans une cage en verre, ces paumés solitaires désespérés.

Le plus beau est l'avant dernier : du soleil (froid) dans une pièce vide

Bien sûr, il a inspiré Hitchcock. On le dit, mais ça se voit évidemment. Mais aussi la BD, XIII par exemple.

L'expo est à Paris jusqu'en janvier. Et puisque la politique des Musées est toujours de gagner du fric, il y a même une apps payante. Je n'ai pas mis de photos, seulement des liens, à cause des copyrights envahissants.




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