vendredi 16 novembre 2007

Docteur Folamour...

... ou comment j'ai appris à cesser de m'inquiéter et à adorer la bombe.

Quel bonheur de revoir hier ce Docteur Folamour, du cher Kubrick!
Le complot a commencé en 1946 : les communistes ont mis du fluor dans l'eau pour attenter à la pureté des fluides corporels du général Jack D. Ripper, qui envoie un soir ses B52 bombarder la Russie.
Peace is our Profession : la devise de cette base!
Après ça, tout s'enchaîne dans la logique de la dissuasion, entre militaires psychopathes et politiques impuissants, dans une mise en scène jubilatoire.

Qui dira la beauté d'un B52 en rase-mottes sur la toundra gelée! Tous les symboles de la "salle de situation" du Pentagone!

Les dialogues sont de vrais bijoux. "Mais non, Dimitri, ça ne me fait pas plaisir qu'on vous bombarde, pourquoi dites-vous ça?", dit le président US d'une petite voix.

On attend toujours, à chaque séance, les numéros du général Buck Turgidson (G Scott), et surtout de Peter Sellers, notamment dans le rôle du docteur Folamour, quand il s'écrit, dans l'excitation de la bataille, "Ya, mein Führer!"

La charge est totale, féroce, définitive. Et pourtant, je vois très bien la même salle, avec d'autres acteurs, s'écriant : "Nous avons des preuves indiscutables d'armes de destruction massive en Iraq". La machine infernale n'est pas celle que Kubrik avait imaginée, mais elle s'est mise en route...

2 commentaires:

Aramis a dit…

Et maintenant voici le bon Dr Kouchner dans un mauvais film (la guerre en Iran aura-t-elle lieu?) avec sa célèbre réplique "mais la guerre, bien sûr !!"

François a dit…

...Ce qui était une erreur : le pire n'est pas la guerre, mais que l'Iran fasse péter sa bombe.
Enfin, ça dépend sur qui elle tomberait (je plaisante)