vendredi 9 novembre 2007

Galères...

Il y a un mois, j'étais bloqué dans Paris par les internes, puis par la RATP
Hier après-midi, par des manif de la Pénitentière.
Aujourd'hui, il parait que les étudiants s'y mettent.
La semaine prochaine, ça recommence avec les cheminots, l'EDF, etc.

Les usagers vont s'en prendrent au grévistes, à raison, et le gouvernement va chercher à exploiter cette situation pour déconsidérer les syndicats, à tort.

Il y en a ras le bol. En effet, des réformes sont sûrement nécessaires. Mais l'incapacité du gouvernement, ou ce qui en tient lieu, à les mener sans désordre est complètement affligeante.

Il y a clairement un problème de méthodes. Les entreprises, qui font des réformes, des réorganisations, du changement quasiment en permanence, ont mis au point des processus efficaces. Ces méthodes sont connues, et ce serait considéré comme une faute professionnelle dans une entreprise de ne pas les mettre en oeuvre, et de risquer la réussite d'un plan d'action par amateurisme.

Or ces méthodes ne sont pas connues du monde politique. Dans la politique, on joue les rapports de force, on lance des peaux de banane, on fait des coups de pute (pour devenir maire par exemple), on crée un réseau de "clients" qui renverront les ascenceurs le cas échéant, on change de conviction comme de chemise, dès que ça arrange. On change d'alliance au gré des événements, on cherche à débaucher ou à fragiliser l'adversaire. On a l'oeil sur les prochaines échéances, sans voir plus loin.

Or c'est tout le contraire qu'il faut faire pour réussir le changement "par le haut" : vérité de la parole appuyée par des actes qui la démontrent, respect des contradicteurs, ne pas chercher à humilier, mais créer des dynamiques positives. Lorqu'il y a un point dur, on choisit un terrain plus vaste, dans lequel il y a des marges de manoeuvre, ce qui permet de le négocier en permettant à chacun de garder "la face". A la fin, il reste toujours un noyau d'irréductibles "contre tout", mais il est noyé dans la masse des convaincus que le process aura ralliés. Je pourrais vous en parler longtemps.

Ces réformes actuelles sont menées en dépit du bon sens. Il y a confusion entre légitimité et autoritarisme. Ca ne peut donc que mal finir. On dira que la France est non-réformable.

On n'aura que la preuve qu'on est incapable d'avoir des dirigeants à la hauteur.

5 commentaires:

Aramis a dit…

c'est bien vu, malheureusement. le problème c'est que les qualités pour être élu président ne sont pas forcément les mêmes que celles nécessaires pour être un bon chef d'état. Il ne faut pas désesperer, le salut viendra un jour même si pour le moment on ne sait pas d'où.

R.Gehlen a dit…

je partage cette anlayse brillante.Visiblement nos hommes d'Etat (?) n'ont dirigé que des enquêtes d'opinion...

Albert a dit…

C'est autant le courage que la méthode qui manque à Sarko. Il n'a par ailleurs pour ambition que la sienne..

François a dit…

L'Intelligence est au Service...
e ne suis pas sûr que Sarko manque de courage (cf la façon dont il a "tutoyé" le marin qui lui persiflait "170, 170, 170"). Ou son culot d'aller en pleine crise haranguer les cheminots dans leurs ateliers.
Mais il n'a pas compris que ça ne servait à rien, qu'il brûle d'entrée de jeux des cartouches qui pourraient être utiles plus tard, enfin ce n'est pas la peine de payer un gouvernement et son chef (20 000€ par mois) pour ne pas s'en servir.
Je vous dirai une autre fois mon avis sur Fillon.

Albert a dit…

Je ne parlais pas de courage physique mais de courage intellectuel...