lundi 5 novembre 2007

Lecture : comment on forme les médecins

Je vous ferai part de quelques notes de lecture.
Aujourd'hui, un petit livre perdu dans une bibliothèque, que j'ai feuilleté : "Examen du malade en clientèle", par O et H Dousset, Librairie Maloine , Paris, 1947. C'est un aide -mémoire pour médecins.
Quelques extraits des "indications générales sur l'examen des malades" :
L'entourage, surtout s'il s'agit d'une mère (toujours plus inquiète que le malade) essaiera de lire sur votre visage l'impression que vous produit votre examen ; restez calme. ( Pour tous vous êtes l'homme qui sait, l'homme qu'une auréole mystérieuse environne, celui dont la parole est tabou. ne détruisez, ni par votre mise, qui doit être correcte, ni par votre tenue, qui doit être digne, ce prestige qui vous précède).
Ça va les chevilles?

Soyez doux, sans être familier, adressez au malade, si vous le jugez conscient, quelques paroles de réconfort, par exemple que vous regrettez les circonstances qui vous font faire sa connaissance ou qui motivent votre visite, mais que, d'avance, à en juger par certains signes qui ne trompent pas, vous pouvez lui prédire une guérison assez proche..
Menteurs!

Installez-vous à contre-jour, si cela est possible...
Formulez un traitement, toujours par écrit. Le malade qui sort du cabinet sans ordonnance est porté à considérer que son affection comme très bénigne, ou à croire qu'il n'a pas été pris au sérieux...

Sans doute quand la situation sera désespérée, vous n'irez pas l'annoncer au malade... Vous direz, par exemple, qu'il n'a pas à s'inquiéter de l'époque à laquelle doivent se produire les améliorations, que l'état dans lequel il se trouve fait partie de la marche normale de la maladie, et que les améliorations arriveront à leur heure et à son insu. A une mère, à une épouse, vous direz que l'état est excessivement grave, mais qu'une amélioration peut se produire. A l'entourage immédiat vous devrez toute la vérité : on vous pardonnera d'avoir annoncé une fin prochaine, on ne vous pardonnerait pas de ne pas l'avoir prévue...
Tartuffes...

A propos des maladies du poumon : L'examen doit être complet et pratiqué chaque fois que cela sera possible sur le malade complètement nu. ... Ne vous pressez pas, prolongez-le tout le temps que vous le jugerez nécessaire : par suite de sa tenue d'abord, par l'effet de votre examen ensuite qu'il sent peser sur lui, qui le diminue et qui lui en impose, votre client perd sa personnalité pour devenir un malade confiant en votre savoir.
Et pourtant ça a été publié après le Knock de Jules Romains (1922). Ah, les rats!

Je suis persuadé que, si on les formait comme ça en 1947, ça n'a pas vraiment changé.

1 commentaire:

Albert a dit…

Cela ne se passe plus comme cela maintenant: les médecins n'ont plus le temps de faire déshabiller leurs patients..