vendredi 30 novembre 2007

L'abeille

Aujourd'hui est un jour "sans".

Je vous invite donc à goûter ce poème de Paul Valéry, dans Charmes : "l'intelligence engourdie a besoin d'être réveillée par la piqûre d'une pensée lucide" (sic).

L'abeille

Quelle, et si fine, et si mortelle,
Que soit ta pointe, blonde abeille,
Je n'ai, sur ma tendre corbeille,
Jeté qu'un songe de dentelle.

Pique du sein la gourde belle,
Sur qui l'Amour meurt ou sommeille,
Qu'un peu de moi-même vermeille
Vienne à la chair ronde et rebelle!

J'ai grand besoin d'un prompt tourment :
Un mal vif et bien terminé
Vaut mieux qu'un supplice dormant!

Soit donc mon sens illuminé
Par cette infime alerte d'or
Sans qui l'Amour meurt ou s'endort!

jeudi 29 novembre 2007

Efficacités

J'aime bien l'efficacité. Question de tempérament.
Par exemple, mon modèle c'est Poutine. Quand il fait la guerre, il va jusque dans les chiottes, ce qui prouve sa connaissance du métier, et aussi celle de la psychologie du militaire.
Kasparov l'embête avant ses législatives : 5 jours de prison, car "il avait besoin d'une punition". D'ici là, la campagne électorale sera passée. EFFICACITE!

De même, l'ourse, même pas française. Nathalie Koshiusco-Morizet, notre sous-ministre revenait des Pyrénées sans avoir rien réglé. Deux jours après, plus de problème d'ourse. EFFICACITE!

On part 3 jours en Chine. Evidemment, ça devient vite le foutoir, ça tire dans tous les coins. Aussitôt descendu de l'avion, il va voir les blessés avec les TV, envoie les assassins aux assises, rameute son petit monde, même Boutin qu'il avait oubliée. 3 baffes à Fillon, MAM, Fadela, qui n'avaient pas fait ce qu'il fallait (en fait ils attendaient qu'il décide comme d'habitude, de toute façons ils auraient tout fait mal). La politique sécuritaire est relancée. Plus de problème de banlieues, c'est fini, réglé. EFFICACITE!

Ce soir, il va traiter notre pouvoir d'achat, notre problème le plus important -après les banlieues. (Sûr qu'il va oublier les retraités). Autrefois, pour augmenter le pouvoir d'achat, on augmentait les salaires. C'est d'un bête! Lagarde ne se rendra pas! Maintenant, on diminue les dépenses des gens. Enfin, pas toutes : pas les impôts sur l'essence, pas la TVA , pas le lait et la farine, non, ni la taxe sur le poisson. Mais les marges des commerçants et des entreprises. Pas le gaz et l'électricité, non, mais le téléphone mobile par exemple. Vous ne pouvez pas aller chez Fauchon, allez chez Lidl! Vous n'avez pas de pain? Mangez de la ... Quand on n'a pas les moyens, on pique-nique.
EFFICACITE!

mercredi 28 novembre 2007

Des garçons, oui! Mais des filles?

Peut-être un problème de saison...
Supposons que toutes les familles veulent une fille, et rien qu'une fille.
Supposons que toutes les familles puissent avoir autant d'enfants qu'elles veulent, et que la probabilité d'avoir une fille est 50% à chaque naissance.
Donc, s'ils ont en premier une fille, probabilité 1/2, ils arrêtent.
S'ils ont un garçon en premier, ils font un autre enfant. Si c'est une fille, probabilité 1/2, ils arrêtent. Si c'est encore un garçon, ils continuent.

La question est : dans ce schéma, quel est le pourcentage fille/garçon dans la population?

Réponse : autant de filles que de garçons! Comme dans l'hypothèse où les familles ont un nombre aléatoire d'enfants.

Démonstration. Considérons toutes les familles ayant n enfants ou moins. Sur 2^n familles, il y en a : 2^(n-1) du type F, 2^(n-2) du type GF, 2^(n-3) du type GGF, etc , jusqu'à 1 du type GG...GGGGF (n-1 garçons, 1 fille) et une du type GG...GGG (n garçons)
Le nombre de filles est donc de 2^n - 1
Le nombre de garçons est de 2^n -1-n

Faisons tendre n vers l'infini. Le rapport garçon/fille tend vers 1.

C'était évident : à chaque naissance, la probabilité d'avoir une fille est de 50%. Il y a donc en moyenne autant de garçons que de filles, et réciproquement.

Que ceci ne vous décourage pas!

saint Côme

Associé à son jumeau Damien, il est le patron des médecins et apothicaires, par extension patron des Hôpitaux, et leur fête est fixée au 27 septembre (sauf réforme récente de la Curie).
Kosmas et Damianos en grec, Cosmas et Damianus en latin, Cosimo e Damiano en italien, Cosme y Damian en espagnol, Cosmas and Damian en anglais, Kosmas und Damian en allemand, Cosmus en Damianus en hollandais, Martyri Medici, étaient des médecins d'origine arabe dans une ville de Cilicie au IIIème siècle.

Ils étaient surnommés Anargyres (par opposition aux philargyres), ce qui leur vaut un culte récent de la part des Autorités de la Sécurité Sociale Française.
Dénoncés comme chrétiens, les jumeaux refusent de sacrifier aux idoles. Le proconsul Lysias veut les mettre à mort, mais des anges les sauvent à chaque fois : les nerfs de boeuf les laissent intacts, le feu du bûcher se retourne contre les bourreaux, les pierres reviennent frapper les lapideurs, et les flèches les archers. Ils sont jetés, enchaînés, dans la mer, mais ils reviennent sains et saufs sur le rivage.
Ils sont finalement décapités, en 287, sous Dioclétien.

Ils ont réalisé un célèbre miracle posthume : le sacristain de l'église des Saints-Côme-et-Damien à Rome avait une jambe rongée par la gangrène. Les deux saints coupèrent la jambe saine d'un nègre qui venait d'être enterré et la substituèrent à la jambe pourrie du malade, lequel, après cette greffe, retrouva la santé sans autre ennui que d'avoir une jambe noire et l'autre blanche. Un miracle semblable est attribué à saint Eloi (qui n'était pourtant pas son cousin).

Leur culte, né en Orient et patronné par l'empereur Justinien, passa au VIème siècle en Occident. Ils furent adoptés comme patrons par la famille des Medici de Florence qui avant de faire fortune dans la banque, furent médecins, comme leur nom l'indique (mais les Medici furent sûrement philargyres... ). Le prénom Côme est héréditaire dans cette famille.

En France, une collégiale et une église Saint-Côme furent fondées à Luzarches à la fin du XIIème. Une église Saints-Côme-et-Damien existait à Paris, rue de l'Ecole-de-Médecine. De même à Montpellier, Ambert, Vézelise, Loctudy, Brageac (où sont leurs chefs reliquaires, dans le Cantal). A Issoudun, Côme patronnait l'Hotel-Dieu.

Mais toute l'Europe a voulu leur rendre un culte : Léon, Oviedo, Burgos, Valence, en Espagne ; Brême, Bamberg, Munich, Cologne, Essen, Liesborn, Kaufbeuren en Allemagne ; Cracovie en Pologne...

Comme "saints mires", on les invoque contre la peste, la gourme, la teigne, la gravelle et... l'incontinence nocturne des enfants! Ils sont représentés en robe fourrée, coiffés d'un chaperon ou d'un bonnet cylindrique de docteur. Ils tiennent à la main une trousse de chirurgien, un mortier de pharmacie, une boite d'onguents, ou une lancette.

Ah oui! Anargyre? Côme et Damien, pour gagner leurs clients à la foi chrétienne, exerçaient leur art gratuitement. Anargyre : qui n'accepte pas d'argent. Ces patrons des médecins étaient appelés au Moyen-Age "les deux gratuits secoureurs".

mardi 27 novembre 2007

Fontainebleau

La Tribune de l'Art, disponible sur Internet, réserve toujours d'heureuses surprises.

On y apprend aujourd'hui que le "Quartier Henri IV", enfin restauré, a été repeint en jaune. Pourquoi pas, puisqu'on avait des traces de cette couleur sur le crépis. mais ils ont aussi badigeonné les briques et les parements de grès! L'article s'appelle : "Fontainebleau n'est pas Schoenbrünn". Une bonne occasion de tirer sur les ACMH : Architectes en Chef des Monuments Historiques, organisés comme sous l'Ancien régime...

A Fontainebleau toujours, on est heureux d'apprendre que notre Nouvelle Politique Culturelle est à l'oeuvre : vive le mécénat! C'est ainsi que le théâtre s'appellera, après restauration, salle Sheikh Mohammad Ahmed ben Barrdidi (ou quelque chose comme ça) : vivent les rois du pétrole, vive nos généreux mécènes!

De toutes façons, on pourra bientôt vendre tout ça pour payer nos retraites. Sarko l'a demandé dans sa lettre de mission à Mme Albanel. Une mission de crânes d'oeuf énarques est installée. M Mancel, député pourri de l'Oise (condamné pour abus de biens sociaux en tant que président du Conseil général), a déposé une proposition de loi : pour faire "respirer" nos collections, les musées vont pouvoir acheter et vendre. Ça râle!

lundi 26 novembre 2007

Brèves

L'autre soir, je dinais avec un bon ami.
Je lui demande son avis sur différents sujets :
- Dati? Oh, elle a eu son maroquin!
-Fillon? A la Lanterne! (si vous ne comprenez pas celle-ci, je vous l'expliquerai!)
- Sarko? Je revendique l'honneur de diriger le peloton d'exécution! le plus tôt sera le mieux!
-Ah! vous êtes pour la peine de mort? Oui, uniquement par humanité, je ne veux pas qu'il souffre trop longtemps!

On ne s'est pas ennuyé. Ce soir non plus avec la rétrospective Marchais : Coupez-moi pas la parole, hein!

A part ça, rien que du banal : Sarko a trahi Taïwan, Cavada a trahi Bayrou. A qui le tour?

Grèves et grèves. Kübler-Ross.

Mon habituel sens de l'humour est mis à l'épreuve quand je lis les sottises que profèrent, à l'occasion du conflit sur les régimes spéciaux, de petits napoléons de sous-préfectures et autres poujadistes primaires.

Si j'en parle, c'est un peu parce que j'ai eu la chance d'en vivre, en direct, en première ligne. J'ai eu droit à l'arrêt des services, mais aussi au blocage des non-grévistes par les grévistes, à l'envahissement violent de mon bureau, aux appels du Préfet demandant pourquoi les voitures du service, banderolées avec mon nom, bloquaient le centre ville. J'ai géré les avant-crises, les pendant-crises, et les sorties de crise. Rien d'exceptionnel, surtout à l'époque (78-83), mais très éclairant pour apprécier les postures et les gesticulations de conflits ultérieurs.

Quand vous voulez, ou surtout devez, introduire un changement qui est susceptible de ne pas plaire, et donc de déboucher sur un conflit avec possibilité de grève, il faut commencer par définir sa stratégie, et ses tactiques.
Définir ses buts de guerre, et les moyens de les gagner. Puisqu'on va à l'épreuve de force, identifier et fortifier ses alliés, constituer des réserves stratégiques (Ah! Mme Thatcher et votre stock secret de charbon pour un an!), établir finement son plan de communication.

Tactiquement, utiliser tous les moyens pour convaincre le personnel, en passant par la hiérarchie naturelle -ne comptez pas sur les syndicats pour vous y aider-, divisez les adversaires -ils vous opposeront "l'Union"-, isolez les "gauchistes" en négociant intelligemment avec les réformistes et pour cela utilisez vos biscuits mis en réserve. Si votre encadrement est plutôt favorable aux grévistes, vous êtes TRES mal...

Enfin sachez utiliser le temps, pour faire mûrir un process d'évolution que Madame Elisabeth Kübler-Ross a décrit par ailleurs, mais qui est très utilisable dans ce domaine.
Face à une situation considérée comme "impossible, inacceptable", bien qu'inéluctable, nous réagissons ainsi :

- 1 nous subissons un choc, et nous nions la réalité (sidération)
- 2 nous nous mettons en colère
- 3 nous essayons de marchander, pour éviter l'inévitable
- 4 nous faisons une dépression
- 5 nous pouvons alors seulement entrer dans une phase d'acceptation.

Si vous accompagnez vos grévistes jusqu'à l'acceptation, vous avez gagné, le travail peut reprendre. Si vous ne comprenez pas ça, attendez-vous à de gros ennuis. Par exemple, pendant la phase "colère", laissez brûler le bois : ce n'est pas le moment d'envoyer les CRS. Au moment de marchander, usez de votre salive, de la carotte et du bâton. Au moment de la dépression, dites des mots gentils de compassion. Faites tout ceci à contre-temps, et vous finirez roulé dans le goudron et les plumes.

Il peut arriver que la grève "pète" toute seule. Vous ne l'avez pas vu venir. Faites très vite le process précédent dans votre tête :
1 "Ah, c'est pas vrai! ils vont pas recommencer!"
2 "Alors, bande de nuls, vous n'avez rien vu venir!!? Ils vont encore nous faire ch... Qu'est-ce qu'ils veulent encore? Des sous? J'en ai pas! De la dignité? Mais pour qui ils se prennent! "
3 "Appelez Thibault et Chérèque. Dites-leur d'arrêter ça. Chef? tu gères, ou je gère? Si oui, avec quoi?..."
4 "Je suis foutu. Ca va être le foutoir, encore. Mon patron va encore me lâcher en rase campagne, après m'avoir dit de rien céder. Et je n'ai pas que ça à faire, etc"
5 "Bon, faut y aller... Voyez si on peut recevoir une délégation..."

Alors seulement, vous aurez suffisamment repris vos esprits pour sortir à moindre frais de la crise.

La crise des Régimes spéciaux me parait contraire à toutes les règles du bon sens. Faire des économies? on est parti pour que ça nous coûte cher (avis de JM Apathie sur son blog). Assurer l'équité? C'est bien sélectif, comme approche. Bousiller la CGT? On sait ce qu'on a, on ne saura pas qui on aura après, et puis ce n'était pas la peine de faire l'unité de tous contre soi. Rassembler les français pour réussir les réformes? Je ne vois que divisions, petites ruses infâmes, volonté d'humilier, mesquineries (surtout Fillon, un spécialiste, droit dans ses bottines). Rien qui ressemble à une réforme réussie. Alors on lance les beaufs, à grand renfort de propagande TV, à réclamer "la fin des grèves dans les entreprises en monopole"," la suppression des subventions aux syndicats", "envoyez les CRS les remettre au boulot", etc. Seules victimes de ce foutoir : les usagers qui galèrent, et l'intelligence politique.

Maintenant, on crie à la "Victoire de Sarkozy contre des privilégiés". Une jolie victoire à la Pyrrhus pour l'instant, car on a eu tout ce foutoir uniquement pour commencer à parler. Et je ne vois pas comment en 4 semaines, le gouvernement va les conduire à accepter sa réforme. Bonne idée d'avoir dit 4 semaines : ce sera juste avant Noël, une bonne épée de Damoclès. Pourquoi ne pas avoir dit 6 semaines, ça nous amenait après les fêtes... et la loi sur le service minimum.

"Si on ne fait pas cette réforme, on n'en fera pas d'autres", disent-ils. En s'y prenant comme ça, il vaut mieux effectivement ne pas continuer.

dimanche 25 novembre 2007

Tintin et Delon

Déja le blog du Chi nous avait montré Sarkozy en Tintin. J'y ai pris les 2 images jointes.

Hier, les Echos, pourtant journal de luxe, file la métaphore : Tintin à l'Elysée par Jean-Marc Vittori

- on a eu Tintin en Amérique, Tintin au pays des Soviets (avec empoisonnement à la vodka?), Tintin au Congo, maintenant Le Lotus bleu, et la semaine prochaine Tintin et le pays de l'Or Noir. Hugo Chavez a l'Oreille cassée chez les Picaros.

Et de proposer :

- Capitaine Haddock : Guaino ou Borloo
-Tournesol : Attali
-Nestor : Guéant
-la Castafiore : R Bachelot, ou J Lang!
-Dupont-Dupond : Hortefeux et Estrosi
-Séraphin Lampion : Fillon
-Rastapopoulos : quelqu'un qui aurait un yacht, quelqu'un qui dinerait au Fouquet's, vous voyez?

Mais Tintin, lui, est malin, et se sort de toutes les situations. Et il n'a pas de femmes dans sa vie. Fin de la comparaison, sauf si vous avez d'autres idées


Mais Sarkozy en Chine, parti avec Rachida mais sans Rama, avec plein de PDG pour vendre aux Chinois la corde qui leur servira à nous pendre, ce n'est pas si simple.
"L'imbécile, ...l'enfant" va se faire encore engueuler :
(extrait du Kiosque de Ivan Levaï sur France-Inter)

LE PARISIEN révèle ce matin, que quelqu’un a oublié notre star internationale. Et la colère de Delon, en page 5 du PARISIEN ce matin, est terrible.
«ça fait des semaines,
proteste Alain Delon, que l’on dit que je suis l’invité d’honneur du président Sarkozy en Chine. Sachez que je n’ai besoin de personne pour aller à Pékin. J’ai accepté pour l’image de la France… J’ai attendu, un signe du protocole, du service des voyages de l’Elysée, jusqu’à jeudi… Rien. Hier, c’est LE PARISIEN qui m’informe que je ne suis pas sur la liste. Quid de la courtoisie, de la politesse, de la décence… Il y a des goujats, des grossiers à l’Elysée. J’attendais au moins un mot. Personne n’a osé m’appeler… Il y a, au niveau de la communication autour du président, une bande de charlots. Lui n’est au courant de rien. Mais je le connais, les oreilles de certains vont chauffer.»
Bigre! La rupture, c'est dur.

samedi 24 novembre 2007

Processus

J'ai passé hier une très intéressante journée autour de la gestion des processus.

Cette gestion n'est délicate que dans les grandes entreprises, complexes, et les pionniers dans ce domaine sont les secteurs de la Banque-Assurances et des Telcos. Elle est délicate, parce que elle ne peut se faire ni sans, ni avec la haute hiérarchie! Il faut qu'elle soit impliquée, et crée les conditions pour que les processus puissent être pilotés, organisés, éventuellement réingéniérés, sachant que les plates-bandes des baronnies vont être piétinées, les habitudes remises en cause par des gens qui ne sont pas dans la ligne hiérarchique...

Autant dire qu'il faut qu'une entreprise soit au bord du gouffre pour s'y lancer. Comme disait un participant : "nous n'avons pas eu de problème de mise en oeuvre, parce que nous n'avions pas d'autre choix possible". C'est une raison effectivement suffisante.

IBM s'y est mis il y a environ 10 ans, lors de leur dernière grande crise. "Nous avons des pilotes de processus au niveau mondial, tous aux US. Tout est documenté, nous appliquons", dit sa représentante. Je me faisais la réflexion que, quand il y aura des ordinateurs sur Mars, ils devront les mettre sur la Lune. Responsable de la « voix du client », elle a le droit –et le devoir- d’escalader chaque fois que quelque chose ne pas : c’est un processus qui permet de by-passer un autre processus qui dysfonctionne. Elle avouera plus loin que, nécessité faisant loi, il y a dans chaque "région" (dans le langage IBM, "région" veut dire "pays", comme "éducation" veut dire "formation"), des verrues telles qu'il serait nécessaire de revoir tout cela. Sans doute à la prochaine crise.

J'ai tort de plaisanter car c'est effectivement difficile. C'est peut-être l'art de savoir créer des coopérations transverses entre divisions dont les objectifs opérationnels peuvent être contradictoires au premier ordre. Un imbécile changera l'organisation, et déplacera ailleurs, sans les supprimer, les problèmes d'interface. Un grand chef saura faire partager une vision commune, et générer des comportements coopératifs.
Quant à celui qui ne sait que diviser pour régner, c’est sans espoir.

J'y songeais, en observant comme "usager", deux secteurs où ces préoccupations semblent désespéramment absentes : l'administration, et l'hôpital.

J'ai déjà raconté comment l'ordinateur en folie de ma future caisse de retraite envoie des lettres de rappel aux "usagers", alors que c'est la capacité de traitement des dossiers qui est en cause : le processus accroît le dysfonctionnement au lieu de le résoudre.

Mais prenez l'oeil processus pour lire l'article, fort intéressant du professeur Sedel dans le Monde du 13/11/2007, et ceux qui l'ont suivi, en réaction. Illustration magnifique de dysfonctionnements entre métiers de logiques différentes! C'est "hallucinant", dirait un djeune.

Rappelez-moi de vous en reparler !

mercredi 21 novembre 2007

Chrysanthèmes

Belle lumière d'automne aux jardins du Luxembourg.
On le traverse, faute de bus ou de métro autour ou dessous. De belles fleurs, et on se fait la réflexion que nos Pères Conscrits, malgré leur âge et leur sagesse, ont encore bien des moyens.


Le mystère de la loi de la Gravitation (2)

Reprenons où nous en étions : le centre de Gravité du système se déplace dans une direction fixe, à vitesse constante.


Construisons la vitesse angulaire instantanée du système par rapport au point G :



Sa dérivée est nulle :

(vérifiez vous-même!)


est donc constante! Le plan perpendiculaire à ce vecteur passant par G est donc fixe. C'est un grand résultat , car si l'on transporte le repère au point de gravité G, alors le mouvement des 2 corps "apparait" plan.

Mais si on reste dans le repère initial, les trajectoires des 2 masses semblent bizarres :








Il faut donc se méfier des apparences!
PS : joli, non?

mardi 20 novembre 2007

Brèves sur la Beauté et la Vérité



Lu dans le Monde, sous la plume de Dominique Dhombres qui l'a entendu sur France 5 :


"On va finir par faire un enfant avec Guaino. Je l'adore. Quand on est tous les deux face à face, parfois on a la larme à l'oeil", dit de lui Nicolas Sarkozy. "On a fait des enfants ensemble. On a fait des discours pendant la campagne", confirme Henri Guaino.

C'est lui qui a fait citer Léon Blum, Jean Jaurès, Guy Môquet par le candidat Sarkozy. De mon temps, on faisait autrement. Nous voila bien...

Toujours dans le Monde (désolé), une interview d'Anthony Garrett Lisi, qui vient de publier une nouvelle théorie de "la grande Unification" (des 4 forces de la nature, ou encore de la mécanique quantique et de la relativité) : "Si la nature vous dit que vos idées sont fausses, il est inutile de discuter. La "théorie E8" est mathématiquement et esthétiquement superbe et jusqu'à présent, elle semble correspondre avec la physique que nous connaissons. "


Je suis allé voir l'article publié par ArXiv.org . C'est peu dire qu'il est techniquement difficile. Mais l'intérêt est dans sa conviction que "A successful description of nature should be a concise, elegant, united mathematical structure consistent with experience."
Toutes qualités qu'il reconnait au Groupe de Lie, dit E8, une des plus belles constructions mathématiques qui existent. Et si c'est beau, c'est que c'est vrai. CQFD.



lundi 19 novembre 2007

Modernités

J'ai la chance d'avoir de jeunes enfants, et aussi celle d'être au milieu d'un réseau de dames, dont les années, comment dire celà?, n'ont fait que développer leur charme et leur amabilité.

"Allô, cher François? Voila, impossible d'avoir KTO sur ma TV. J'ai tout éteint, tout rallumé, comme vous m'aviez dit, et je tombe toujours sur Star Ac'. Que faut-il que je fasse?"

"François, le nouvel appareil photo que mes enfants m'ont donné, je n'arrive pas à enlever la pellicule. C'est un jetable? Il faut que je le donne au photographe?"

"Oui, François? J'ai envoyé un message par mail, j'ai cliqué sur "Envoyer", et depuis, il a disparu : ni dans la corbeille, ni dans "envoyés"? Que faut-il que je fasse?" (il était en fait dans "brouillon")

Ça a commencé dans les années 70, en particulier dans les locaux du CCETT, à Rennes, où l'on étudiait les nouvelles techniques de TV, et où j'ai vu le premier décodeur de ma vie : un m3 de fils et de cartes électroniques.

On a eu ensuite les magnétoscopes, les décodeurs Canal+, maintenant les box (bien nommées) en tout genre, et c'est devenu ingérable. Il faut en général 3 télécommandes dans les mains à la fois, et il se passe toujours ce qu'on n'attend pas. Et comme vous n'êtes jamais sûr d'avoir branché comme il faut les Péritel, les RVB, les FireChose, les trucs jaunes, rouge, blanc... Et la carte SIM est à l'envers (il n'y a pas de détrompeur, ça aurait été trop simple).

La palme revient à Orange TV, qui se bloque systématiquement sur la VOD. C'est un exploit d'arriver à retrouver son canal normal (menu, attendre, PgDn, PgDn, PgDn, OK, attendre, etc). En plus, chaque fois qu'on zappe d'une chaîne à l'autre, les bécanes se téléphonent pour savoir si on a les droits, et si on ne les a pas, on est bloqué...). Quand je dis que Orange a la palme, il faut dire que je ne connais pas les autres, mais ça se saurait si ça marchait. Chaque appareil a sa prise électrique, il faut mettre des prises multiples sur des prises multiples pour regarder TF1.

Mon four? Mon four aussi : il est électronique. L'heure se règle en appuyant en même temps sur 2 boutons. Il y en a 8. Alors, chaque fois qu'on change d'heure, j'attends 6 mois. Quand le courant a été coupé, tant pis, j'ai une montre...

Alors les appareils photos (des fois on peut téléphoner avec), les téléphones (des fois on peut faire des vidéos), les MP3(on peut regarder aussi les photos), les Palm (ils font tout, si on sait les Sync), tous avec des cordons et des chargeurs différents (merci Nokia pour le petit bout de fil qui permet d'utiliser vos anciens chargeurs avec le nouveau trou, mais où l'ai-je mis?), des avec des piles rechargeables, d'autre pas, avec une ergonomie différente, des cartes mémoire compatibles ou pas, RAS-LE BOL.

Et l'appareil radio qui se met tout seul en marche à 2 heures du matin dans la cuisine. Impossible d'arrêter cette machine infernale qu'une manip aléatoire a déclenchée.

Ras-le-bol de ces technocrates qui ont "inventé" tout ça, ras-le-bol de ces enfants que ça fait rigoler, parce que ils ne savent écrire que des SMS avec leurs pouces en orthographe phonétique et que ça leur suffit, qui s'amusent avec tout ça, et parce que ce n'est pas eux qu'on appelle pour dépanner ces charmantes dames dont je parlais.

Pas étonnant que dans les hôpitaux, on se gourre de bonne foi dans la dose de rayons que les machines envoient. Pas étonnant qu'on jette les vieux à 55 ans, ils ne seraient pas capables d'inventer ça. Pas étonnant qu'il faille un DESS pour peut-être gagner un SMIC.

Gneu-gneu Arghhhh!

dimanche 18 novembre 2007

Régime spécial

J'ai vu quelque part cette émouvante lettre, que je me dois de vous faire partager.

"Monsieur le Président,
Bien sûr, vous voulez que les métros fonctionnent, moi aussi, et c'est normal que vous n'ayez pas le temps de vous occuper de moi.
Je suis machiniste à l'Opéra, on est en grève, et personne, à part quelques bourges sans intérêt, personne ne s'en est aperçu. Pas même vous, je sais que ça vous a jamais branché, ni votre dame, votre loge est toujours vide. Vous pourriez au moins revendre les places.
On veut que je reste jusqu'à 60 ans, alors que ce n'est pas possible. Tous les soirs, tard, et le dimanche en matinée, je rentre épuisé et démoralisé.
On dit que c'est toujours la même histoire : une basse se fait cocufier par un ténor...
Et ça finit toujours mal, et je n'en peux plus :

-Mario est fusillé et Flora Tosca se jette dans le vide.
-Almaviva drague sa femme dans le noir
-Brunnhilde se jette dans le feu, et le Rhin se jette sur le feu...
-on coupe la tête à Marie (Stuart), Anne (Boleyn), André (Chénier), Manrico, et j'en oublie
-la Traviata crache ses poumons
-Carlos est remis à l'Inquisition (à rétablir d'urgence)
-Aïda est emmurée vivante
-Don Juan est foudroyé
-Desdémone est étranglée (après avoir fait sa prière)
-Samson est écrasé par le temple qui s'écroule.
-Carmen et Lulu sont surinées (Cécilia a eu de la chance)
-Salomé est étouffée sous les boucliers des soldats
-Isolde meurt d'amour
-Manon et Mireille meurent d'insolation
-Boris nous fait une apoplexie, causée par le remords (ça pourrait vous arriver aussi)
-Lenski meurt en duel
-Jeanne est brûlée
-Lisa se jette dans la Néva
-Susuki se fait hara-kiri
-Mélisande meut en couches
-les Carmélites sont guillotinées
-Katerina part au Goulag

Et vous voudriez que je vois ça encore 10 ans de plus?
Bonjour chez vous.
Marcel Dèche-Val"

samedi 17 novembre 2007

Mesdames Dati et Pécresse

Je continue à suivre les aventures de Rachida et Valérie. J'ai déjà dit que leur situation m'inspirait plutôt de la pitié.

Ce matin, un journaliste, racontant le voyage en Corse, le vote du budget de la Justice, le prochain congrès des Maires de France, concluait en disant qu'elle était "condamnée à boire le calice jusqu'à la lie"...

Mais il a pire : l'impasse de Valérie Pécresse. Le blocage des universités s'étend alors que, parait-il, elle avait eu soin de saupoudrer suffisamment de crédits pour appâter. Le mignon Bruno Julliard, de l'UNEF, qui a une tête de gendre idéal dans le XVI arrondissement, a renié sa signature : il était d'accord en juillet, et maintenant passe à l'opposition avec les gauchos en demandant que le gouvernement mette en oeuvre les promesses qu'on lui a faites à l'époque.

Et les étudiants, c'est comme le dentifrice : c'est facile de le sortir du tube, impossible de le faire rentrer.

Et le pire : Xavier Darcos la laisse se débrouiller, et surtout Sarkozy aussi! Et pourtant en juillet, c'est bien Sarko qui avait pris tout en main, convoqué les syndicats, arbitré les détails. Et maintenant, pas un mot, pas un geste de soutien de l'Elysée! Ce n'est ni innocent, ni sans signification...

Fichu métier...

vendredi 16 novembre 2007

Madame Dati (2)

Madame Dati continue son tour de France.
Elle va aujourd'hui en Corse, annoncer la suppression de tribunaux : là, elle va être acclamée!

Il ne lui restera plus qu'à promettre la suppression de la prison, et elle aura une rue à son nom à Ajaccio..

Le Régent et Dubois

Histoire étonnante que celle de Philippe d'Orléans et de l'abbé (puis cardinal) Dubois, son précepteur resté avec lui jusqu'à sa mort, qui assurèrent la "Régence" de 1715 à 1723.
J'ai relevé pour vous cette anecdote :
L'abbé Dubois reçoit une comtesse, solliciteuse importune. Dubois lui refuse ce qu'elle demande, elle insiste, il s'énerve..
" Alors, alors vous faire f..." dit l'abbé.
La comtesse fonce chez le Régent pour se plaindre.
" Ah oui, Dubois est un peu vif! Mais croyez-moi, Madame, il est de bon conseil..."!

On savait, à l'époque, soutenir ses collaborateurs!

Docteur Folamour...

... ou comment j'ai appris à cesser de m'inquiéter et à adorer la bombe.

Quel bonheur de revoir hier ce Docteur Folamour, du cher Kubrick!
Le complot a commencé en 1946 : les communistes ont mis du fluor dans l'eau pour attenter à la pureté des fluides corporels du général Jack D. Ripper, qui envoie un soir ses B52 bombarder la Russie.
Peace is our Profession : la devise de cette base!
Après ça, tout s'enchaîne dans la logique de la dissuasion, entre militaires psychopathes et politiques impuissants, dans une mise en scène jubilatoire.

Qui dira la beauté d'un B52 en rase-mottes sur la toundra gelée! Tous les symboles de la "salle de situation" du Pentagone!

Les dialogues sont de vrais bijoux. "Mais non, Dimitri, ça ne me fait pas plaisir qu'on vous bombarde, pourquoi dites-vous ça?", dit le président US d'une petite voix.

On attend toujours, à chaque séance, les numéros du général Buck Turgidson (G Scott), et surtout de Peter Sellers, notamment dans le rôle du docteur Folamour, quand il s'écrit, dans l'excitation de la bataille, "Ya, mein Führer!"

La charge est totale, féroce, définitive. Et pourtant, je vois très bien la même salle, avec d'autres acteurs, s'écriant : "Nous avons des preuves indiscutables d'armes de destruction massive en Iraq". La machine infernale n'est pas celle que Kubrik avait imaginée, mais elle s'est mise en route...

jeudi 15 novembre 2007

"Aux services de la République, du BCRA à la DGSE", de Claude Faure

Un épais bouquin, de quelqu'un de sérieux qui se présente comme ayant travaillé pendant 30 ans dans les services de renseignements français, publié en 2004 chez Fayard.

Une absence totale d'humour, hélas, ou à un tel degré qu'il faut parfois se pincer pour prendre conscience de ce qu'il raconte. Mais c'est assez étonnant. Bien qu'il nous cache sûrement des tas de choses...

L'histoire commence en 40, avec le début des réseaux de la Résistance. Sans doute, la IIIème République ne méritait pas mieux, côté renseignements, qu'un silence total. Mais ensuite, on a tous les détails, organigrammes, noms, surnoms et destins de ceux qui ont travaillé pour De Gaulle.

On passe rapidement -sauf un oeil sur l'affaire Revers et celle "des fuites"-, sauf à vouloir faire une thèse, jusqu'en 58. Là, le lecteur commence à être récompensé de ses efforts par le rappel de l'action DST et SDECE dans l'opération Résurrection, autrement dit le retour du Général.

La façon dont ces services de la "République"se sont mis au service d'un "parti" est proprement stupéfiante. On a bon se sentir blindé, se dire que ça ne pouvait pas être pire que ce qu'on imaginait, ça fait quand même un choc de la voir écrite, avec les détails. Juste un exemple : c'est le "Service", sur ordre de M Foccard, qui a distribué avec ses avions, le matériel électoral pour le référendum de octobre 58. C'est véniel, certes, mais caractéristique. De Gaulle lui avait dit : "faites ce qu'il faut de manière efficace, mais sans que cela se sache"! Mais ce qu'a fait de manière efficace ce bon M. Foccard, en Afrique surtout, dépasse l'entendement.

L'auteur se plaint plus loin que ce n'est vraiment pas juste qu'on ait accusé le SDECE dans l'affaire ben Barka, alors que ce n'était que la Police! Quant à l'affaire des "saphirs", dite Topaz, je commence à y voir un peu plus clair, si on peut le dire comme ça... Inutile de lire Uris et Vosjoly.

En 68, ils étaient tous persuadés que les étudiants étaient manipulés par Moscou pour faire un coup d'Etat. Que de temps perdu à essayer de rencontrer dans un coin Georges Séguy pour lui faire dire que la CGT avait des ordres du PC pour cela...Le pauvre a démenti, mais on ne le croyait pas. Foccard a organisé un système d'exfiltration permanent de De Gaulle vers l'Afrique. Finalement, ce sera Baden-Baden.

Passons sur la période du comte (de Marenches), car on est friand de l'affaire Farewell, sans en savoir le fin mot, et surtout de l'histoire du Rainbow Warrior. Il la conclut en rappellant que certains avaient oublié qu' "il est préférable d'entendre le bruit rassurant du parapluie qui s'ouvre plutôt que le fracas d'une carrière qui s'écroule". Ai-je déjà parlé de son humour?

La période moderne n'est pas très riche, rien sur de clairs ruisseaux, juste une allusion sur la colère du Président auprès de M Jospin, quand il a appris que les "Services" enquêtaient au Japon. On aimerait bien en savoir plus, de même que sur les otages du Liban. Mais aucune des réorganisations successives, des manoeuvres de couloir, des luttes d'influence, ne nous est épargnée.

Mais on croise, de ci, de là, de nombreux "acteurs", pris dans des combines au point de s'en marcher sur leurs lacets. Michel Roussin, ou encore le célèbre Général Rondot, par exemple, qu'on voit exfiltrer le général Aoun de Beyrouth., et qui aurait dû prendre sa retraite à 60 ans, comme tout le monde.

A réserver aux spécialistes.

La pyramide des besoins de Maslow

Curieux, cet acharnement à défendre des intérêts catégoriels! Ceux des autres nous paraissent des privilèges, mais les miens ne sont que justice. On touche aux stratégies de défense de chaque individu pour sa survie : on est capable de déployer une énergie considérable qui peut nous surprendre nous-même, quand un de nos intérêts "vitaux" est en jeu.

Cela a été théorisé par Maslow qui nous propose une pyramide des besoins. Les 4 premiers niveaux sont plutôt des motifs de "déficit" : leur non-satisfaction entraîne la maladie ou le mécontentement. Leur satisfaction est source de santé et permet l'émergence du motif immédiatement supérieur.

1 à la base : les besoins physiologiques (faim, soif). Ventre affamé n'a pas d'oreilles, c'est bien connu. Dans les camps, les ghettos, en Afrique, on a pu voir jusqu'où l'homme pouvait aller, juste pour pouvoir manger.

2 Le besoin de sécurité : ce n'est pas seulement la protection contre des agressions. Avoir un toit pour dormir est un besoin immédiat, primaire. Ne pas savoir où dormir ce soir peut créer des angoisses terribles.

3 Les besoins sociaux : l'homme vit de relations avec les autres. L'enfant-loup reste au stade du mammifère. La construction de la sphère relationnelle nécessite cependant une énergie qui ne peut parfois être mobilisée, soit par troubles psychiatriques, soit tout simplement, parce que les besoins 1 et 2 ne sont pas satisfaits (les SDF sont souvent seuls, et refusent qu'on s'occupe d'eux).

4 Estime, besoins du "Moi" : (voir Freud pour la définition du "moi", en gros l'ego). Montrer votre mépris à quelqu'un, humiliez-le, et vous le blessez profondémént. Nous avons besoin de reconnaissance, de sentir l'estime des autres. Dire "merci" ne coûte pas cher, et fait tellement plaisir ( c'est un message pour le MEDEF).

5 La réalisation de soi, un objectif insatiable dont la satisfaction génère des exigences toujours plus élevées.

Pour moi, lorsqu'on parle "retraite", "revenus", "privilèges", on interpelle directement le niveau 2 : besoins de sécurité. Un niveau basique qui justifie que, aussitôt, on sort les griffes. C'est comme un gâteau à se partager : si l'un a plus, je vais avoir moins, je tire d'abord, et on verra après s'il y a de quoi causer (niveau 3).
Autre façon de le dire : quand on aborde ces problèmes, on se fait chacun la représentation qu'un privilège d'un autre est injustifié, coûteux, inutile, tandis que le mien est vital.

Difficile de se comprendre dans ces conditions. Et dangereux d'affonter les forces qui peuvent être violentes sans savoir où on met les pieds. La remise en cause de la satisfaction d'un besoin peut entraîner de donner des garanties sur la réalisation future de ce besoin, qui peuvent être plus coûteuses que l'état initial.

mercredi 14 novembre 2007

Simples questions sur un régime très spécial

Aujourd'hui, galère générale pour les Ile-de-Franciens, ce qui a de nombreux avantages:

- bien fait pour ceux qui ont voté Ségo
- piqure de rappel pour ceux qui ont voté pour "la rupture".

Quant à ceux que ça n'aura pas dérangé, TF1 ne manquera pas de leur rappeler à quel point le gouvernement a raison.


Mais moi, il y a des choses que je ne comprends pas :

-le gouvernement a demandé l'alignement des régimes spéciaux sur 40 ans de cotisations, "par principe" : pourquoi n'a-t-il pas inclus les marins et les militaires? C'est pour le prochain quinquennat? Il n'a pas oublié la Comédie française et l'Opéra, alors?


-le gouvernement le fait "par équité". Il a bien raison. Mais pourquoi donc a-t-il accepté cette inéquité il y a 5 ans? Il faudrait que François Fillon, payé comme premier Ministre, le demande à Fillon François, en charge du dossier dans le gouvernement Raffarin.

-ce gouvernement va-t-il en profiter pour supprimer les inéquités introduites dans la Loi de 2003 : celles qui concernent les mères de familles nombreuses? Certes, ce n'est pas un lobby puissant, mais quand même.

-ce gouvernement dit qu'il ne cèdera pas sur le principe des 40 ans. On l'en félicite. Mais les syndicats, pas seulement les réformistes (la CGT aussi), qui se sont fait une raison, ne le contestent pas. Ils veulent discuter des mesures d'accompagnement, et n'y arrivent pas. Pourquoi le gouvernement a-t-il voulu aller au conflit? Pour faire comme Thatcher, et "briser" les syndicats? Parce que il faut toujours "un vainqueur et un vaincu", et que la notion de "gagnant-gagnant" est une idée socialiste?

- le gouvernement va faire des économies sur les pensions, du moins je l'espère. Mais les carrières plus longues et les hausses de salaire, vont peser sur les entreprises SNCF et RATP. Qui va payer, et combien? Les usagers ou les contribuables?


Nous sommes face à un problème très complexe. Pourquoi le réduire à une caricature simpliste et manichéenne? Quelle est cette stratégie à 2 balles mise en oeuvre pour mener les réformes? Je suis inquiet pour la suite, car qui sème le vent récolte la tempête.

Je vous l'aurais bien dit!

mardi 13 novembre 2007

Harry Potter et les Reliques de la Mort

Ce n'est pas un livre qu'on doit acheter, mais on peut le lire en l'empruntant : il s'en est tellement vendu!
Si vous voulez savoir si Harry va mourir, et, si non, s'il va déclarer sa flamme à Hermione ou à Ginny, lisez-le. C'en est bien le seul intérêt. Je ne dirai rien.
C'est un gros pavé, avec d'inutiles longueurs. Le charme des inventions de Mme Rowling s'émousse un peu, il n'y a pas vraiment de nouvelles formules magiques. C'est très commode de ballader ses héros de catastrophes en situations impossibles, parce que, d'un coup de baguette magique -Protego! Experlliamus!-,on peut se sortir de tout. Même d'un bois dans la neige, en attrapant une tente ( 3 lits superposés, fauteuils, cuisine, parquets, moulures,cheminée) dans le réticule qu'Hermione porte au cou (le genre de truc qu'avait pris Cécilia pour aller en Lybie, sans doute).

Le vocabulaire s'étoffe un peu, comme celui de ces ados que l'on suit depuis leur 6ème. Ils osent dire par exemple "par les caleçons de Merlin!", comme nous disions "par les c... de Zeus".

Mais on peut trouver amusant de suivre différents plans de lecture. La lutte du Bien et du Mal se complique un peu, c'est moins manichéen qu'avant. Un synchrétisme curieux, que le cardinal Ratzinger, qui a fait du chemin depuis, avait jadis critiqué, mais il n'y a pas de quoi fouetter un chat, même si c'est votre Patronus. Le problème de la mort est récurrent, juste pour faire frissoner ("Dites-moi, M. Dumbledore, ça fait mal de mourir?- Mais non, mon petit Harry, c'est comme s'endormir"...). Des réminiscences de Dune, du Seigneur des Anneaux, de Star Wars (faites plutôt confiance aux originaux).

De là à présenter, comme je l'ai lu, les Moldus comme des représentants de la société "Thatchero-Blairiste", il y a un pas que je ne franchis pas. Pourtant, je voudrais bien savoir si Sarkozy est un Moldu, un ami de "Qui-vous-savez", ou le ministre de la Magie!
Mais il faut bien reconnaître que les éditeurs sont meilleurs en marketing qu'en littérature.

lundi 12 novembre 2007

Brèves

- Hier, une virago, maître de conf dans une fac, disait dans le poste : "je ne suis pas là pour être professionnalisante, je suis là pour transmettre des savoirs". Et bien moi, je ne paie pas des impôts, et je ne paie pas des études à mon gosse uniquement pour qu'il acquiert "des savoirs" (qui ne comprennent du reste pas des "savoir-faire" ou des "savoir-être"), mais que par là, il puisse gagner sa vie, et donc sa liberté. Révocation de cette idiote!

-Donc, grève des étudiants contre la loi Pécresse, qu'on devrait appeller loi Sarko. Si mon gosse allait à cette grève, je lui couperais les vivres. Mais Mme Pécresse, qu'a-t-elle fait pour expliquer son machin? Les étudiants, en allant chercher leur inscription, ont-ils trouvé un argumentaire intelligent? Des Q&A? Des garanties? Des lieux de débats, autres que leurs fichues AG? Je soupçonne que ces étudiants, pas parmi les plus brillants, n'ont eu d'autres infos que celles fournies par leurs syndicats gauchos. Mme Pécresse, la "communication", ce n'est pas seulement pour encenser Sarko, ça peut être aussi utilisé pour convaincre des bien-fondés d'une réforme. Quand on est ministre, peut-on redoubler?

-Pourquoi tant d'énergie à essayer de prouver la culpabilité de M Colonna? L'innocence de M Erignac ne fait pas de doute, et pourtant on l'a tué. Il aurait payé pour d'autres? Eh bien, Colonna, ça peut lui arriver aussi. Au trou, à perpèt! Je plains vraiment cette famille Erignac.

-Je crains surtout des déballages affreux, genre guerre des polices, PV truqués, etc. Et l'autre va s'en sortir au motif de la présomption d'innocence. L'horreur. A lire : La Corse et Nicolas Sarkozy,

-Toujours pas de pension de retraite... Ils m'écrivent jeudi pour me réclamer des papiers déjà envoyés le 12 octobre. Je téléphone : la dame me dit de ne pas m'affoler, ils sont en retard dans le traitement du courrier, mais l'ordinateur a des délais-type dans la tête, et envoie automatiquement des lettres de rappel aux "usagers", pas au chef de service! Processus, processus! On a peut-être des fonctionnaires en trop, mais en tout cas il manque quelqu'un d'intelligent dans leur truc.. Est-ce fait exprès?

dimanche 11 novembre 2007

Madame Dati

Elle est charmante, comme on a pu le voir dans la presse spécialisée dans "l'actualité heureuse". Elle a de la classe.
Elle a obtenu de beaux diplômes, et elle est méritante à double titre : elle n'est pas née, comme on dit, avec une cuillère en argent dans la bouche, et elle est, si jeune, ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

Au début, elle a été critiquée, mais cela a été mis sur le compte de jaloux (genre Devedjian), de racistes, de misogynes machos. Etc. Ca me la rendait plutôt sympathique, et je me disais : elle va souffrir, il faut l'aider, la coacher. Elle apprendra vite -elle est intelligente-, tous les espoirs lui et nous sont promis...

Hier, je la voyais sur le chemin de son supplice, la nième visite "terrain" qu'elle fait, avec toute la hiérarchie judiciaire du coin, les préfets, les élus, et bien sûr les flics (qui font gaffe après avoir tabassé une avocate à Colmar). Elle vient annoncer la fermeture de tribunaux divers. Elle s'assure ainsi la couverture la plus complète des journaux et TV de province, qui font l'opinion sur place (ça se sait peu à Paris, où on n'a l'oeil que sur ce que fait TF1). Nos compatriotes locaux ont donc droit en détail à toutes les catastrophes annoncées : fermeture du "café du Tribunal", ruine du cabinet d'avocats du coin, fonctionnaires obligés de déménager de 30 km. Et puis, quel gâchis, ils venaient juste de repeindre le bâtiment ; et puis l'hôpital, qui va partir aussi, etc.

Inutile de dire que son message, à elle, est inaudible. Elle a en fait 2 arguments :
- Sarko me soutient à fond, donc je continue,
- Toutes les réformes de la carte judiciaire ont échoué, mais nous, on en a, donc on ce cédera pas.

"Jupiter rend fou ceux qu'ils veut perdre". Tant d'obstination joint à tant de candeur nous en font baisser les bras. La Méthode, Madame, la Méthode!

Vous avez commencé à vous mettre à dos votre cabinet. On a dit que c'était votre autoritarisme. Peut-être, c'est un péché de jeunesse, ça pouvait passer. Puis vos procureurs, en les "convoquant" : vous avez oublié que, selon la loi, ils sont tenus par leurs écrits, mais que leur parole est libre à l'audience. Puis, tous les magistrats, les syndicats, etc. C'est peut-être une vertu d'avoir tout le monde contre soi, mais il faut être doublement sûr d'avoir raison.

Bref, vous avez grillé en interne tous vos alliés potentiels. Maintenant, vous savez quoi? Ils attendent tous que vous vous plantiez. Ce ne sera pas long, avec l'énergie que vous y mettez.

Je ne comprendrais jamais par quelle aberration vous avez décidé de lancer cette réforme de la carte judiciaire de cette façon (sans doute nécessaire, mais je ne suis pas spécialiste). Il fallait noyer tout ça dans une grande réforme de la Justice, sur les idées de la Commission Outreau, poser les principes (du genre un TI par département), puis laisser faire sur place vos directeurs, chefs de cour, préfets, négocier en douce de petits arrangements locaux ("un hôpital contre le tribunal, et vous arrêtez de critiquer, M le Député?"), prévoir d'avance les mesures d'accompagnement, enfin donner du souffle au lieu de n'avoir que des mauvaises nouvelles à annoncer.

Errare hominum est, perseverare diabolicum. Quel dommage d'avoir ainsi gâché toutes vos chances. Je ne peux rien pour vous.

samedi 10 novembre 2007

San Francisco



Marée noire à San Francisco.... Un cargo est rentré dans une pile du Bay Bridge..
J'en ai le Vertigo. Comment Kim Novak va-t-elle faire pour sortir de l'eau?

Un des plus beaux sites du monde...
Qui connait Muir Park? le Stinking Rose? Colombus Avenue? Le Musée de la Légion d'Honneur? Le Pier 39? Le bateau vers Sausalito?
Non? vous avez de la chance : vous irez un jour..

vendredi 9 novembre 2007

Galères...

Il y a un mois, j'étais bloqué dans Paris par les internes, puis par la RATP
Hier après-midi, par des manif de la Pénitentière.
Aujourd'hui, il parait que les étudiants s'y mettent.
La semaine prochaine, ça recommence avec les cheminots, l'EDF, etc.

Les usagers vont s'en prendrent au grévistes, à raison, et le gouvernement va chercher à exploiter cette situation pour déconsidérer les syndicats, à tort.

Il y en a ras le bol. En effet, des réformes sont sûrement nécessaires. Mais l'incapacité du gouvernement, ou ce qui en tient lieu, à les mener sans désordre est complètement affligeante.

Il y a clairement un problème de méthodes. Les entreprises, qui font des réformes, des réorganisations, du changement quasiment en permanence, ont mis au point des processus efficaces. Ces méthodes sont connues, et ce serait considéré comme une faute professionnelle dans une entreprise de ne pas les mettre en oeuvre, et de risquer la réussite d'un plan d'action par amateurisme.

Or ces méthodes ne sont pas connues du monde politique. Dans la politique, on joue les rapports de force, on lance des peaux de banane, on fait des coups de pute (pour devenir maire par exemple), on crée un réseau de "clients" qui renverront les ascenceurs le cas échéant, on change de conviction comme de chemise, dès que ça arrange. On change d'alliance au gré des événements, on cherche à débaucher ou à fragiliser l'adversaire. On a l'oeil sur les prochaines échéances, sans voir plus loin.

Or c'est tout le contraire qu'il faut faire pour réussir le changement "par le haut" : vérité de la parole appuyée par des actes qui la démontrent, respect des contradicteurs, ne pas chercher à humilier, mais créer des dynamiques positives. Lorqu'il y a un point dur, on choisit un terrain plus vaste, dans lequel il y a des marges de manoeuvre, ce qui permet de le négocier en permettant à chacun de garder "la face". A la fin, il reste toujours un noyau d'irréductibles "contre tout", mais il est noyé dans la masse des convaincus que le process aura ralliés. Je pourrais vous en parler longtemps.

Ces réformes actuelles sont menées en dépit du bon sens. Il y a confusion entre légitimité et autoritarisme. Ca ne peut donc que mal finir. On dira que la France est non-réformable.

On n'aura que la preuve qu'on est incapable d'avoir des dirigeants à la hauteur.

jeudi 8 novembre 2007

Et Dieu...

..dans tout ça?

- Dieu est-il tout puissant? Réponse : non! Car s'Il était tout puissant, Dieu serait incapable de formuler un problème mathématique dont Il ne connaîtrait pas la solution, ou bien il y aurait un problème mathématique qu'Il ne saurait résoudre. CQFD, QED!
Quelle votre réponse à ce paradoxe?

mercredi 7 novembre 2007

Neige en novembre, Noêl en décembre...

Les jours ont raccourci, d'un coup, en une nuit.
Il fait froid, et les arbres sont rouges et jaunes.

Mais il y a d'autres nouvelles de saison :

- alors que Hortefeux se bat pour tenir son objectif de 25 000 "reconduites" (ce qui est dur, les roumains ne comptant plus), on a empêché des enfants tchadiens de venir : ils suffisaient de refouler leur charter à l'arrivée, et ça faisait + 100. Ces gens n'ont pas "la culture de l'objectif".

- une avocate s'est fait tabasser à Colmar (Haut-Rhin). Les affreux gauchistes sont maintenant partout, on n'est plus en sécurité nulle part.

- Le MEDEF aurait piqué dans les crédits de la Médecine du Travail pour "fluidifier" son fonctionnement. Bravo! Plus efficace que d'embêter les entreprises avec de l'amiante, du stress, etc. Sauf en Corse (le travail étant là-bas une maladie reconnue par la Sécu) : le salarié revient toujours avec un avis en sa faveur. Etonnant, non?

- Madame Boutin fait deux fois par jour les trottoirs de Paris, pour en éliminer les campeurs. Sans doute pour ne pas faire fuir les touristes. Maritorne n'est pas l'amie de Don Quichotte (de la Manche). Mais que fait-elle contre la surpopulation des prisons?

- Nicolas W. Sarkozy a eu une "standing ovation" au Congrès de "Lave-en-ville". Il vient de conquérir le titre, laissé par Tony Blair, de "best pet" (qu'on a bêtement traduit par "toutou", ce qui est un peu faux).

- Toujours sur Sarko (vivement le jour "sans"), on commence le bilan de ses 6 mois de présidence. Il y a 6 mois, il était à Malte, invité par des amis. Il peut faire tellement de choses en 15 jours, qu'il ne faut pas déjà faire le bilan. Comme il suffit de faire brûler 3 pneus pour qu'il débarque, il n'a pas fini de courrir.

- Mme Rachida Dati va se présenter dans le VII arrondissement de Paris. Risqué, non?

Erable

J'ai la chance d'être approvisionné en recettes utilisant du sirop d'érable, grâce à la gentillesse d'une jeune femme qui m' a abonné à la Newsletter. Je l'en remercie.
Il y avait aussi une recette d'apéro sans alcool, mais j'ai pensé que vous ne seriez pas intéressé.

Cocktail avec alcool

- 3 cl vodka
- 2 cl sirop d’érable
- 1 trait sirop de pêche
- 2 traits de curaçao bleu
- 2 cl eau-de-vie de poire Williams

Choisir un verre résistant à la chaleur.
Verser la vodka, le sirop d'érable, le sirop de pêche et le curaçao bleu dans le verre.Flamber à l'eau de vie de poire.

Entrée :

Pétoncles grillés à la crème de cresson

Portions : 4 Temps de préparation : 15 min Temps de cuisson : 15 min

- 1 c. à café de cumin moulu
- 1 c. à café de cari moulu
- 1 ½ c. à café de graines de coriandre moulu
- 125 ml de bouillon de poulet, dégraissé
- 125 ml crème 35%
- 1 c. à café de farine tout usage
- 1 c. à café de beurre
- sel et poivre, au goût
- 4 bouquets de cresson
- 1 c. à soupe de sucre d’érable pur granulé
- 2 c. à soupe d’huile d’olive
- 1 oignon émincé
- 24 pétoncles
- 1 c. à soupe de beurre
- 2 oignons émincés
- Cresson

Dans un bol, mélanger le cumin, le cari, les graines de coriandre, le sucre d’érable, l’huile d’olive, l’oignon et les pétoncles. Laisser mariner 1 à 2 heures au réfrigérateur.
Dans une casserole, faire fondre le beurre et faire suer les oignons et le cresson. Mouiller avec le bouillon de poulet et la crème, laisser mijoter 1 à 2 minutes à feu doux et lier avec un mélange de farine et de beurre. Assaisonner. Au robot culinaire, réduire en purée et remettre dans la casserole : Réserver.
Préchauffer le four à 200° C. Égoutter les pétoncles et les déposer sur une grille chaude. Cuire au four 3 à 5 minutes, selon la grosseur, en les retournant à mi-cuisson.
Napper les assiettes de crème de cresson, garnir de pétoncles, décorer de cresson

NB : si on veut, on peut mettre plus de pétoncles!

mardi 6 novembre 2007

Piotr Ilitch Tchaïkovski

C'est aujourd'hui, 6 novembre, l'anniversaire de sa mort, en 1893.
Officiellement du choléra, après avoir bu de l'eau souillée. Mais Dominique Fernandez, dans son roman Tribunal d'Honneur, explique qu'il aurait été condamné à se suicider pour avoir trop "tourné autour" d'un jeune boyard. Quelle horreur! Ce tribunal lui aurait fixé un délai, pour lui permettre de terminer sa 6ème symphonie, dite Pathétique, qui est en effet assez larmoyante, et propre à jeter dans le désespoir tout dépressif, même léger.

La 4ème symphonie est ma préférée. Je l'ai entendue un soir aux concerts des Dominicains de Guebwiller : l'acoustique était excellente pour les cuivres, particulièrement mis à l'honneur.

Ses tubes sont d'abord les ballets : le Lac des Cygnes (que Jean-François Deniau voulait faire assécher, quand il était ambassadeur et que toutes les soirées de gala le mettaient à l'affiche), et Casse-Bonbons, le bien nommé. Vous pouvez les entendre en boucle, par morceaux, sur Radio Classique. Je soupçonne son chorégraphe le célèbre(?) Marius Petipa de lui avoir fait faire cette musique de super-marché pour le public bourgeois de l'époque. Chostakowitz sera aussi plus tard contraint par Staline à faire des musiques de film "qui plaisent au peuple". Sarkozy n'innove donc pas dans sa lettre de mission à Mme Albanel.

Mais Tchaïkovski pouvait faire mieux.

Ses Saisons, pour piano, sont des petites pièces adorables.
Ses deux opéras La Dame de Pique, et Eugène Onéguine sont des chefs d'oeuvre (tous les deux sur des livrets inspirés de Pouchkine). Je vous recommande l'air de la Comtesse, dans le premier, et l'air de la Lettre, dans le second.

Le 1er concerto pour piano (en Sib mineur!) et son concerto pour violon sont des grands machins destinés à mettre en valeur les solistes. Ca a de la gueule, mais on s'en lasse.

Quelqu'un d'"honorable".

lundi 5 novembre 2007

Le furet

Retour de Fort Lamy (Cecilia étant hors course), Sarko repart pour Le Guilvinnec.
Va-t-il ramener à Villacoublay les femmes des pêcheurs?

Lecture : comment on forme les médecins

Je vous ferai part de quelques notes de lecture.
Aujourd'hui, un petit livre perdu dans une bibliothèque, que j'ai feuilleté : "Examen du malade en clientèle", par O et H Dousset, Librairie Maloine , Paris, 1947. C'est un aide -mémoire pour médecins.
Quelques extraits des "indications générales sur l'examen des malades" :
L'entourage, surtout s'il s'agit d'une mère (toujours plus inquiète que le malade) essaiera de lire sur votre visage l'impression que vous produit votre examen ; restez calme. ( Pour tous vous êtes l'homme qui sait, l'homme qu'une auréole mystérieuse environne, celui dont la parole est tabou. ne détruisez, ni par votre mise, qui doit être correcte, ni par votre tenue, qui doit être digne, ce prestige qui vous précède).
Ça va les chevilles?

Soyez doux, sans être familier, adressez au malade, si vous le jugez conscient, quelques paroles de réconfort, par exemple que vous regrettez les circonstances qui vous font faire sa connaissance ou qui motivent votre visite, mais que, d'avance, à en juger par certains signes qui ne trompent pas, vous pouvez lui prédire une guérison assez proche..
Menteurs!

Installez-vous à contre-jour, si cela est possible...
Formulez un traitement, toujours par écrit. Le malade qui sort du cabinet sans ordonnance est porté à considérer que son affection comme très bénigne, ou à croire qu'il n'a pas été pris au sérieux...

Sans doute quand la situation sera désespérée, vous n'irez pas l'annoncer au malade... Vous direz, par exemple, qu'il n'a pas à s'inquiéter de l'époque à laquelle doivent se produire les améliorations, que l'état dans lequel il se trouve fait partie de la marche normale de la maladie, et que les améliorations arriveront à leur heure et à son insu. A une mère, à une épouse, vous direz que l'état est excessivement grave, mais qu'une amélioration peut se produire. A l'entourage immédiat vous devrez toute la vérité : on vous pardonnera d'avoir annoncé une fin prochaine, on ne vous pardonnerait pas de ne pas l'avoir prévue...
Tartuffes...

A propos des maladies du poumon : L'examen doit être complet et pratiqué chaque fois que cela sera possible sur le malade complètement nu. ... Ne vous pressez pas, prolongez-le tout le temps que vous le jugerez nécessaire : par suite de sa tenue d'abord, par l'effet de votre examen ensuite qu'il sent peser sur lui, qui le diminue et qui lui en impose, votre client perd sa personnalité pour devenir un malade confiant en votre savoir.
Et pourtant ça a été publié après le Knock de Jules Romains (1922). Ah, les rats!

Je suis persuadé que, si on les formait comme ça en 1947, ça n'a pas vraiment changé.

dimanche 4 novembre 2007

Le mystère de la loi de la gravitation (1)

Comment, un mystère dans une loi aussi connue ? Beaucoup, même. C’en est même fascinant.

Aujourd'hui, posons simplement quelques bases du mouvement à 2 corps dans un référentiel fixe, dit "Galiléen". (Rappel : à l'époque de Newton, Einstein n'était pas né...)

Deux corps A et B, de masse mA et mB , exercent l’un sur l’autre une force dite de gravitation, de valeur :


(1) F et AB sont des vecteurs (orientés).





Ca se démontre, mais la plus belle démonstration est celle, géométrique, donnée par Richard Feynman. je vous en parlerai une autre fois.



Les corps A et B subiront donc une accélération telle que :



(2)


Ce qui donne :


(3)


Par intégration, on en déduit que la quantité de mouvement est constante :


(4)



De même, O étant un point du référentiel fixe : .
(5)
Par définition : G étant le centre de gravité :


Le centre de gravité des 2 masses a donc un mouvement uniforme, que l'on détermine ainsi, en fonction des conditions initiales :

- le point de départ est celui de G au temps t=0

- sa vitesse initiale, constante, est égale à (mA vA0 + mB vB0)/(mA + mB)

Mais où vont-ils comme ça, ces corps A et B, et leur centre de gravité G situé quelque part entre eux? On dit qu'ils sont dans un plan. Mais il y a une infinité de plan qui passent par A et B! Serait-ce donc un truisme?

La suite au prochain numéro

samedi 3 novembre 2007

Sarkozy, Thierry Breton, et leurs salaires

Ça râle de partout sur l'augmentation du salaire du Président de la République. 240 k€ annuels, environ, mais je n'ai pas compris si c'était du net ou du brut (On ne nous donne jamais d'infos exactes dans les journaux, vous avez remarqué? De plus, les fonctionnaires ne connaissent pas la différence)

Eh bien, c'est un salaire normal à ce niveau de responsabilité. Il n'y a rien à dire, sauf à faire démago.
Sauf que... Sauf que ce serait un salaire normal si cette "personnalité" payait ses dépenses comme tout le monde : ses costumes, ses frais de restaurant quand il y va avec ses amis (encore que ses amis, eux, peuvent l'inviter, ils ont de quoi), un loyer (genre 1000€ par mois) pour payer au moins les dépenses courantes (eau, gaz, électricité) de son appartement de fonction. Ce n'est pas à la République de payer les bouquets de fleur à l'élue du jour, ni à remplir le frigo pour le grignotage nocturne.
Certes l'habitude est ancienne, et Chirac a institutionnalisé le système (il ne connait que ça, et ne sait pas que les autres français paient un loyer). Dans ce cas, 6k€ par mois est amplement suffisant pour alimenter un compte d'épargne.
Mais voila, c'était une bonne occasion de faire une rupture, exemplaire, morale. Elle est sûrement perdue, l'occasion.

Et Thierry Breton? Ah oui... 240 k€, c'était à peu près le salaire annuel de son prédécesseur à France Télécom. Les finances allant parait-il mal, Thierry Breton est venu sauver tout ça. Une de ses premières décisions a été de passer son salaire à 900k€, plus "jusqu'à 50% de primes", sur la base d'une formule de calcul qui devait lui assurer dans presque tous les cas d'arriver au maximum, ce qui a été le cas. (Une autre de ses premières décisions a été d'interdire l'avion et la 1ère classe dans le train -ce qui peut se concevoir pour les TGV Paris-Lyon-, mais pour lui, Thierry Breton a repris l'usage de louer un avion privé pour ses déplacements, ce que son prédécesseur avait supprimé).

Tous exemplaires!
UMP (il parait qu'il ne faut plus mettre PS au bas d'une lettre) : je vous reparlerai de Sarkozy et de Breton!

vendredi 2 novembre 2007

Encore une bonne histoire sur Thierry Breton

Un article sur la Cour des Comptes (qui fait sa comm!) dans Le Monde du 2 novembre 2007.

Au détour d'un paragraphe, on lit ceci :
"Ce surcroît d'enquête n'empêche pas la vérification elle-même de rester un exercice sportif et gratifiant, quand les contrôleurs s'aperçoivent, par exemple, que le ministre de l'économie - Thierry Breton en la circonstance - a fait porter par deux organismes extérieurs, pendant un mois, un montant de 7 milliards d'euros, réduisant d'autant la dette de l'Etat pour l'année 2006."

Voila "le Maître du Temps", comme il se nomme, "celui qui sait réduire les dettes", comme il se présente, pris en flagrant délit, et la main dans le sac, de truandage des comptes (de l'Etat), de "window-dressing", de turpitudes, en un mot!

Ce serait bien que la Cour des Comptes le condamne à rembourser les 7 G€ qu'il a planqués sous le tapis, pour se vanter d'avoir "réduit la dette"...

Un autre que lui aurait refusé le job, ministre des Finances. Lui, ça ne l'a pas gêné de faire des hauts cris sur la dette, et de présenter en même temps un budget en déficit.

Heureusement que Sarkozy ne l'a pas gardé!

2 novembre Requiem

Pour moi, ce "jour des morts" est une autre Toussaint, loin de l'image cimetierre-chrysanthèmes qu'on veut nous faire endosser.
C'est l'occasion, cependant, d'écouter quelques réquiems (un réquiem, des réquiems? Que dit l'Académie?)

Le plus beau, le plus priant, est celui de Maurice Duruflé (1902-1986), écrit en 1947. Basé sur des thèmes grégoriens, s'inspirant de la musique de la Renaissance, il est "moderne" dans ses accords subtilement douloureux, mais transfigure l'Espérance.

Le plus "païen", selon le jugement sévère de l'ineffable L. Rebatet, est celui de Gabriel Fauré, de 1887. Il a surtout beaucoup souffert des arrangements pour grand orchestre et grandes orgues, à la mode dans les églises élégantes du VII et du XVIème arrondissements de Paris, pour des enterrements mondains. C'est en réalité une oeuvre intimiste et délicate, qui va très bien avec un petit orchestre de chambre, une voix d'enfant pour le sublime Pie Jesu.

Le plus grandiose, à écouter à donf, est celui de Giuseppe Verdi, écrit pour son ami Manzoni (donné pour la 1ère fois en 1874). Après avoir écouté ce Requiem, Wagner se contente de dire… « Il vaut mieux ne rien dire ». Jalousie entre confrères! Le Dies Irae était autrefois le "jingle" d'une émission de radio : quand j'étais enfant, cette fureur orchestrale me saisissait. Longtemps, j'en ai cherché la partition, pour comprendre "comment c'était fait". C'est très bien fait, et ça produit l'effet recherché, ce qui n'est pas mal. Mais c'est à écouter comme un opéra, par comme une Messe.

Le plus connu est celui de Mozart. Il est beau, mais il est usé. On l'a trop entendu, c'est dommage. Qui me redonnera le plaisir de le ré-écouter pour la première fois?

Le plus poignant est le Requiem allemand de Johannès Brahms. Il est peu connu, rarement diffusé à la radio, et pourtant, il est vraiment beau. A la protestante, des psaumes remplacent le texte catholique traditionnel.

Le Requiem de Dvorak est celui qui m'a laissé le moins de souvenir. Il se laisse pourtant écouter.

jeudi 1 novembre 2007

Alsace éternelle







A Strasbourg, deux alsaciennes à noeud, revêches, vous saluent sur un pont.




Déjà Tomi Ungerer nous l'avait montrée, remontant ses jupons, sans petite culotte.








Depuis "elle attend", de J.-J. Henner, à voir au Musée de la Vie Romantique, elle a bien changé...



Ce doit être une conséquence du marketing, à propos de l'arrivée du TGV en Alsace : le haut-parleur, à la gare de Colmar, vous acceuille ainsi "Colmar, 2 minutes d'arrêt, correspondance pour Metzeral quai C. Nous vous souhaitons un bon séjour dans notre belle région".
Et je vous passe l'accent : "Pon séchour...". Ca doit être de fabrication locale.