dimanche 9 mars 2008

Mon bureau de vote

Vous voyez ça comment un bureau de vote? Un salle claire à la Mairie où, solennellement, les citoyens sont pour une fois les héros? Ils sont accueillis respectueusement, et se prononcent avec gravité.

Et bien, chez moi, c'est vraiment une corvée. L'école maternelle réquisitionnée est petite, et le découpage en bureaux n'a sans doute pas été réactualisé depuis 1945 : il y a un monde fou, et la queue s'agglutine autour des isoloirs, un simple cadre métallique, avec des rideaux légers, qui en abrite 4.

Des retraités croient qu'on veut prendre leur place dans la queue, et ne vous laissent pas approcher. Une minuscule tablette ne permet pas de poser les draps de lit que sont les bulletins pour les municipales, tout tombe par terre, et on se retrouve à 4 pattes entre les chaussures de la dame d'à côté... Quand on ressort, impossible de trouver la fin de la queue, les gens se sont mis en une sorte de spirale. Ca râle ferme.

"Silence!" crie le maître des lieux, un type à mon avis de la préfecture de Police. Tout le monde s'écrase. Et puis le bourdonnement revient...
Un portable sonne. "Eteignez immédiatement ce téléphone, c'est interdit de téléphoner! Ou je vous expulse!" Forcément avec la queue, il y a des gens qui téléphonent pour dire "t'es où?". Le réglement n'a pas prévu qu'il y ait la queue, et le réglement, il connait, l'assesseur. Finalement, il a dû être formé dans la pénitentiaire.

"Faites la queue, en 2 files, l'un derrière l'autre!" Parce que c'est un organisateur, aussi. Côte à côte, M et Mme ont tendance à causer. L'un derrière l'autre, c'est comme en rentrant en classe , même si ça rallonge les files. Oui, il y a 2 files, on s'en aperçoit en approchant de la table. Mais c'est par ordre alphabétique A-I, J-Z. Et je suis dans la mauvaise! Qu'à cela ne tienne : comme j'ai un nom composé, j'explique à l'ancien surgé que ce n'est pas de ma faute si l'ordinateur ne trie pas les noms selon l'ordre alphabétique de l'Académie Française , mais selon les règles ASCII.

Il me fusille (du regard, ouf! Quand l'Ordre sera rétabli dans ce pays, j'y aurais droit). Au moment de mettre mon bulletin, mon téléphone sonne. Il est près d'exploser.... Alors, je lui montre l'affiche au dessus de sa tête : "Bienvenue au Centre". Une belle affiche de la maîtresse, coloriée par les enfants, pour vanter le centre... aéré! Il ne peut plus m'expulser, j'ai déjà voté. Et si je faisais une réclamation, ça monterait sûrement au Conseil Constitutionnel, hein?

1 partout (balle au centre?). Pourvu qu'il n'y ait pas un deuxième tour!

PS : librement inspiré de faits réels, survenus aujourd'hui, et au printemps 2007, toujours avec le même pion.

6 commentaires:

Marguerite a dit…

Ben nous ils ont reconnu notre bb, qui avait 15 jours à la présidentielle !

Anonyme a dit…

vous avez pour qui ?
Allez courage....
pas pour sarko, ça on le savait.

Mathilde a dit…

J'aime bien mon bureau de vote : c'est l'ancienne école maternelle de mes fils...et ces derniers sont pas peu fiers de nous accompagner et de faire leurs commentaires.
souvenirs....

Oum Naugy a dit…

personnellement je n'ai pas voté. Chez nous, le maire est toujours le fils du précedent, ou son neveu, ou son cousin, et d'ailleurs tous les chefs ont le meme nom de famille.
On gagne du temps finalement!

François a dit…

A Marguerite : l'avantage de vivre dans un petit village, tout le monde se connait
A Anonyme : je vous dirai pour qui j'ai voté quand vous m'aurez donné votre mail. Pour info, il n'y avait pas de Sarkozy candidat dans ma commune
A Mathilde : il faut faire de l'éducation civique très jeune aux enfants. Je vous félicite. Ne pas dire tout haut "T'as vu, j'ai voté comme Papa m'a dit!"
A Oum Nauguy : Vous avez raison de vouloir gagner du temps. Le fils de Notre Président a été lui aussi élu sans problème.

Gonzague a dit…

Dans la même veine: entendu dimanche de la part d'une scrutatrice inspirée ...qui me connait (on croit rêver) lors de notre passage à la moulinette républico démocratique alors que mon deuxième posait la question de savoir s'il pouvait déposer mon bulletin dans l'urne.

Le ton, mi amusé, mi moqueur et à la cantonnade : " c'est une vraie leçon d'instruction civique que nous fait Gonzague hein !"

Comme quoi, même ceux qui sont chargés de montrer l'exemple et de former notre jeunesse au subtilités du vote se foutent de l'avenir de nos enfants !

J'adore ce pays !