dimanche 31 mai 2009

RHAN.... Paf! toc...

Voila la sono de la quinzaine RHAN.... Paf! toc... RHAN.... Paf! toc... RHAN.... Paf! toc...
C'est encore mieux si vous êtes sur place : à chaque Paf! puis toc..., il faut tourner la tête à droite, puis à gauche, à droite, etc... S'il n'y a pas de RHAN après le toc, vous applaudissez. puis vous attendez le RHAN. A la TV, vous les regardez tourner la tête tous ensemble, et c'est assez comique.

Vous avez reconnu Roland-Garros, ce qui se fait de mieux en matière de "Circenses" à l'usage des classes supérieures, comme le foot pour les ploucs. Les pouvoirs en place ne s'y trompent pas : c'est abondamment retransmis par la TV publique, depuis des siècles, au moins le dernier.

Il y a beaucoup à en dire. C'est vrai que si vous regardez un match 2 mn, vous êtes pris, et vous êtes obligé de rester jusqu'à la fin : le suspens est indépassable. Et souvent, un point fabuleux vous fait léviter au dessus de votre fauteuil, et vous attendez le suivant...

Avec ça, on a fait un business bien lucratif. Les joueurs gagnent beaucoup d'argent (normal, s'ils ne venaient pas, il n'y aurait pas de business), mais ce n'est rien à côté des organisateurs. Roland-Garros, c'est du marketing. C'est fait pour faire du fric, et ça en fait.

Il y a les stades, et il y a le "Village".

Dans les stades, mais surtout au principal, il y a des loges, qui sont louées au prix de l'or (ou du pétrole) à des entreprises, qui y invitent leurs clients, au moins officiellement. En pratique, vous avez des places si vous connaissez le PDG ou la chargée de comm de la boite. Vous assistez à un match après avoir déjeuné, fort bien, dans un des restaurants du Village, et ensuite, vous y "faites un tour". Vous connaissez l'estime qu'on vous porte selon que vous êtes en première semaine, ou pour une demi-finale. Pour la finale, le PDG y va lui-même.

Il y a quelques années, un scandale a éclaté. La TV, pendant les suspensions de jeu, donnait un large plan de ces loges, en signalant les célébrités. Horreur : des PDG qui regardaient la TV dans leur bureau ont vu leurs collaborateurs prendre du bon temps, assis à côté de quelque belle blonde.
Je me souviens avoir assisté à une réunion de cadres, quelques temps après cette quinzaine "fabuleuse" : le directeur de Paris s'était fait engueuler par le Directeur Commercial parce qu'une cabine téléphonique de Roland-Garros ne fonctionnait pas : il avait répondu, méchant, qu'il avait autre chose à faire en semaine que d'aller les vérifier! 15-0!
Depuis, le message est passé : on ne voit plus à la TV les visages des spectateurs des premiers rangs. Et, pour une fois, les ministres sont ravis, parce que Sarko, lui aussi, regarde la TV.

Les entreprises paient, les copains en profitent. Le Village est un bazar commercial, où on peut trouver tout ce qu'on inventer en matière de produits dérivés. Le Must est évidemment la serviette de tennis de l'année, qui prouvera à toutes vos relations que vous y étiez. Mais on y trouve aussi, dit-on, quelques péripatéticiennes de luxe qui peuvent vous aider à évacuer la tension nerveuse accumulée... Je suis sûr qu'elles font partie du marketing.

On est assez chauvins, bien sûr. Il faut soutenir nos champions. Évidemment, il y a des drames : Vous criez "Paul-Henriiii!!", ou bien "Allez Rodjère!!!!"? Cornélien. J'aurais crié "Paul-Henri", parce que lui il paie des impôts, ce qui n'est pas le cas de "Rodjère". Mais pourquoi dit-on Rodjère, et pas Roger, ou même Rogr', à la suisse?

Vous montrez votre chauvinisme d'autant plus que le joueur français est blanc. S'il est métis, ou pire!, n'hésitez pas à soutenir son adversaire : c'est aussi très bien vu. Mais on ne crie pas "l'arbitre aux ch....!" : souvenez-vous que vous êtes dans le XVIème arrondissement, quand même, pas à Saint-Denis!

Pendant ce temps, Sarko peut faire ce qu'il veut, personne ne suit l'actualité. On lui préfère Nelson Montfort, c'est dire... Roland-Garros, Roland-Garros, si ça n'existait pas, il faudrait l'inventer...

jeudi 28 mai 2009

Coquins et copines

Nos capacités d'absorption sont limitées, hélas. Dans le flot de l'actualité, on a parfois du mal à prendre le recul nécessaire, à transformer son indignation en réflexion, sa réflexion en action, son action en révolution.

Deux articles à lire en ce moment, parmi bien d'autres.

- L'interview de Julien Coupat dans le Monde, lundi je crois. On n'est pas obligé de le suivre, intellectuellement parlant, dans ses raisonnements, encore moins dans ses positions politiques. Mais cinglant dans sa critique, avec un sens de la formule assez étonnant, dans un ensemble quand même noyé de flon-flon ultra-gauchisant.
Il ne cherche pas à "clamer son innocence", non, il utilise sa détention : le système, "qui range les gens en 3 groupes : les amis, les ennemis, et les quantités négligeables", se détruit lui-même par son arbitraire, son instrumentalisation de la Justice. La répression mène à la Révolution, en somme.
Résultat : 3 jours après, le parquet annonce qu'il ne s'oppose plus à sa libération.
Je me demande vraiment qui, à la Chancellerie ou à la maison Poulaga, a réussi à convaincre l'autre que le raisonnement se tenait et qu'il était temps de faire machine arrière. Au moment même où on nous refait le coup de l'insécurité pour des raisons électorales, c'est quand même très bizarre, tout ça.

- l'interview d'Axel Kahn dans Télérama (de la semaine dernière, pour parler comme les parisiens). Le généticien, de gauche, que Sarkozy débaucha et nomma Président de Paris-V-Descartes, parce qu'il était d'accord pour faire "l'autonomie" des Universités. Il raconte la crise actuelle, comme il l'a vécue. Gentiment, il explique (ce que vous saviez déjà, fidèles lecteurs) qui si le principe de la réforme était bonne, elle a été si mal préparée et mise en oeuvre qu'elle n'a plus grand sens.
Mais surtout, il avait prévenu que le décret, appelé "punition pédagogique", ne passerait pas. Moyennant quoi, Sarkozy a tenu un discours proprement injurieux contre les chercheurs -ils ne lui pardonneront jamais- , mais il a cru bon de dire que "Axel Kahn le soutenait sur ce coup", ce qu'il a dû démentir publiquement, et ce qu'il ne lui pardonnera jamais. Sarkozy : un vrai gâte-sauces.
Mme Pécresse a depuis réécrit son décret, il est vide, sans signification, mais c'est sans importance, ce n'est plus le problème.
Voila pourquoi vos enfants n'auront pas de diplômes, ou alors juste un papier.
Instructif...

A part ça, vous aurez appris que M et Mme Tibéri ont été condamnés à des amendes, de la prison avec sursis, 3 ans d'inéligibilité, pour des faits constatés en 95 et 97. Ils vont faire appel, se pourvoir en cassation. Il faudra donc 20 ans pour que ces faisans soient enfin punis. Pendant ce temps-là, M Tibéri continue d'administrer le Vème arrondissement, et de nous représenter au Parlement. Quand un pays, et surtout un parti dit "majoritaire", ne sait pas faire le ménage en amont en retirant du circuit ses pourris, c'est la démocratie qu'il offense. Parfois, elle ne s'en remet pas.

Voila pour les coquins. Pour les copines, ouais, c'est trop fort, j'en peux plus, je kiffe! Martine et Ségo, Ségo et Martine, elles sont copines. Super trop! "oué grave, c t tro ouf " hier à Nantes (comme dit un de mes neveux sur FaceBook). Copines comme Carla et Rachida, c'est dire!

Quant à notre Bush à nous, je vous en reparlerai : il a dépassé les bornes, et ses conneries sont donc maintenant sans limite. Que faire?

mardi 26 mai 2009

Sainte Fleur

On fête à la sainte Fleur toutes les jeunes filles qui portent des noms de fleur ou de fruit. C'est ouvert, vous pouvez appeler votre fille de tous les noms de fleur possibles : Amaryllis, Réséda, Cerise, etc. Sauf quelques-unes : Flore, car il y a une sainte Flore, Vierge et Martyre romaine, ou encore Marguerite, car c'est plutôt la sainte qui a donné son nom à la fleur.

Capucine est un joli nom de fleur, découverte au Pérou, et rapportée par les espagnols. Son capuchon ressemblait à celui des Capucins, et on l'a nommée ainsi pour les honorer. La fleur de capucine se mange en salade.

La Sainte-Fleur se fête le 5 octobre. C'est facile à retenir : le lendemain de la St-François, la veille de la St-Bruno!

Vous trouverez là toute la vie de sainte Fleur, religieuse hospitalière de St-Jean au XIVème siècle, dans un prieuré, à St-Julien d'Issendolus, sur la route de Figeac à Rocamadour. Elle y fut admirable, bien entendu, et réussi à ne pas dormir pendant 3 ans, grâce à la prière et aux offices.

On peut se demander pourquoi ses parents l'avaient appelée Fleur. Certains disent que c'est par déformation linguistique de Flore (Flora en fait). Pour ma part, je pense qu'il faut se référer à saint Flour (un Florus, sans doute), disciple du Christ, dit-on, et patron de l'Auvergne, dont le diminutif local était Fleuret. Mais St-Flour n'est plus St-Flour depuis qu'on a mis la préfecture à Aurillac (l'évêque se sent bien seul), et que l'autoroute y passe.

Longue et bonne vie à toutes les "Capucine", mais par pitié, qu'elles dorment la nuit!

Ripostez!

Je suis déçu que personne n'ait reconnu dans la photo de titre de ce blog le musée d'Epinal, charmante préfecture des Vosges. Ils font campagne pour un referendum, apparemment, alors qu'on va voter pour les Européennes.

J'étais inquiet de voir nos trottoirs parisiens envahis de panneaux officiels électoraux : il y en avait 28!!!! 28 listes à en IdF : on va avoir le choix.

Je me réjouis d'avance de lire les promesses de Gaspard Delanoë (ne pas confondre avec l'autre), liste "parti Faire un Tour", pour une Europe de Gibraltar à Jérusalem! Celles qu'il avait faites pour les municipales à Paris étaient hilarantes.

Je me réjouis de la candidature de M. Dieudonné M'bala M'bala : la racaille va diviser ses voix!
Et puis la liste "Cannabis sans frontières", la liste "Esperanto", la liste "la terre sinon rien", "l'Union des gens", la liste "Alliance Royale", la liste "pour une France et une Europe plus fraternelles" (Comment être contre?)

Pas la peine de parler des "grandes listes" : des canards sans tête, des godillots usagés, des antisarkozystes primaires (comme s'il y en avait de secondaires...)

Quand même, j'ai été surpris d'être agressé par une affiche de Besancenot "Ripostez utile!" Qu'un facteur me demande de riposter, alors que je sortais d'un bureau de poste dans lequel il est bien difficile de poster tout court, c'est bien vu!

J'ai la chance d'avoir une poste "modernisée". Elle a été fermée 3 semaines, et ils ont fait de drôles de trucs, genre repeindre, et installer du nouveau "mobilier". Il faut d'abord appuyer sur un ordinateur qui vous donne un ticket numéroté avant de faire la queue. Mais l'ordinateur est caché par une notice qui dit qu'il ne faut pas prendre de ticket pour les timbres et affranchissement, et aller directement à "la boutique". C'est là qu'il faut faire la queue, sans ticket, donc ça resquille.

Le but c'est qu'on aille aux machines automatiques. On fait la queue aux machines automatiques, car il y en a une sur deux toujours en panne. La dame devant moi (c'est toujours à moi que ça arrive) n'a pas assez de monnaie, et la machine à faire de la monnaie est vide. On peut payer par CB, mais seulement si ça fait plus de 5€! Je lui suggère d'acheter autre chose pour dépasser le seuil fatidique. Non, elle annule tout, en râlant. Elle a bien raison : elle va riposter!

C'est bien le printemps : il faut faire ses impôts, et ensuite voter. Ils le font exprès? Ripostons!

samedi 23 mai 2009

Sainte Quitterie

Sainte Quitterie, que l'on fêtait hier 22 mai, est une "Vierge céphalophore " landaise, revendiquée par Aire-en-Gascogne, mais aussi à Tolède, Sigüenza et Coïmbre.

Quitteria ou Kytheria en latin, ou Quiteria en Espagne et en Angleterre, notre Quitterie a donné aussi Quitaire, Quitère, Quitérie, Quitière ou même Aquitière. On adore ce prénom à Bordeaux, parce qu'on peut le prononcer Kitry, ce qui flatte leurs goûts anglophiles.

On raconte qu'elle était la fille d'un roi Wisigoth de Toulouse, que son horrible fiancé tua (ce qui se comprend : elle s'était convertie et fait voeu de chasteté...) Elle fut décapitée, une fontaine jaillit de la blessure.
Elle ramassa sa tête et la porta elle-même à l'église dont la porte était fermée : elle s'ouvrit toute grande, et la martyre descendit l'escalier qui conduisait à la crypte, s'étendit dans le sarcophage et "acheva de mourir". Tout ceci se serait passé vers 472-476.

Voila du reste ce beau sarcophage dans l'église d'Aire-sur-Adour :



On peut raconter ce qu'on veut, puisque les premiers documents écrits datent du XIIème siècle, dans le Martyrologe de Saint-Sever. Autrement dit, l'hagiographie est riche et variée, sans vraiment de preuves historiques.

Vénérée en Chalosse, mais aussi en Espagne, elle aidait les enfants arriérés à marcher, et on l'invoquait contre la rage et la folie, c'est dire si elle est utile par les temps qui courent... Elle arrête aussi les invasions de sauterelles.

On la représente portant sa tête dans les mains, et, à ses pieds, un chien enragé, tirant la langue.

jeudi 21 mai 2009

Obama à Notre-Dame

C'était le jour des "graduations", une fête importante dans toutes les universités. On y invite une célébrité (rarement Paris Hilton, il est vrai) qui fait un discours plus ou moins convenu.

Cette année Obama a accepté de présider celle de l'Université Notre-Dame, dans l'Indiana, ce qui a a fait polémique avant de commencer. Banal.

Mais ce qu'il a dit, aux irréductibles "pro-vie' et aux non-moins intransigeants favorables à l'autorisation légale d'avorter, est très interessant. Le mieux est de le lire dans le texte

http://www.youtube.com/watch?v=Haywfa-0CfE

http://www.youtube.com/watch?v=NPQHQJbTEhg, etc.


Si vous avez du mal en anglais, l'article de La Croix du 21 mai me semble un bon compte-rendu, sans prise de parti .

Je vous le mets ici :

A Notre Dame, Barack Obama prêche la tolérance


Revenant sur la controverse ayant entouré son invitation à l’Université de Notre-Dame, le président américain a consacré dimanche 17 mai son discours au dialogue et au respect des différences.

C’était un exercice difficile, le président américain l’a relevé avec éloquence. Invité dimanche 17 mai après-midi à l’Université de Notre-Dame (Indiana) pour la cérémonie de remise des diplômes, Barack Obama a longuement évoqué la polémique qui a entouré sa venue dans l’un des plus prestigieux établissements catholiques des États-Unis. Ces dernières semaines, une vive controverse s’était développée dans le milieu ecclésiastique, une soixantaine d’évêques – sur les 290 du pays – et les organisations pro-vie s’opposant à cette invitation, en raison des positions libérales du président sur l’avortement (lire La Croix du 21 avril).Cette dispute passionnée, parfois aigre, Barack Obama l’a prise à bras-le-corps, évitant faux-fuyants et caricatures. Devant l’ampleur des défis à relever (le redressement de l’économie, la sauvegarde de la création de Dieu, la paix…), le président a appelé dimanche à la coopération dans la diversité pour « trouver une manière de vivre ensemble comme une seule famille Barack Obama à l'université Notre-Dame, dimanche 17 mai (Photo Rex Arbogast/AP). humaine ». « Aucune personne ou religion ou nation, ne peut relever ces défis seule », a-t-il prévenu.

"Est-il possible de joindre nos mains dans un effort commun ?"Rassembler des personnes dans cette tâche commune – « même des personnes de bonne volonté » – peut être pourtant « difficile à accomplir ». Et Barack Obama de citer des exemples concrets : « L’activiste gay et le pasteur évangélique peuvent tous deux déplorer les ravages du sida, mais se trouver incapables de combler le fossé culturel qui pourrait unir leurs efforts. Ceux qui s’expriment contre la recherche sur les cellules souches embryonnaires peuvent être enracinés dans une admirable conviction au sujet du caractère sacré de la vie, mais c’est aussi le cas de parents d’un enfant souffrant de diabète juvénile, qui sont convaincus que les épreuves de leur fils ou de leur fille pourraient être soulagées. »

Faisant face à ce dilemme de démocrate, confronté à des visions du bien différentes et irréconciliables, le nouvel hôte de la Maison Blanche a refusé l’impasse du choc violent des convictions dans l’espace public. « Comment travaillons-nous à travers ces conflits ? Est-il possible de joindre nos mains dans un effort commun ? (…) Comment pouvons-nous rester fermes sur nos principes et combattre pour ce que nous considérons juste, sans diaboliser ceux qui ont, sur l’autre bord, des convictions tout aussi fortes ? », a-t-il questionné. Il est une voie, a-t-il soutenu : celle qui consiste à « ouvrir nos cœurs et nos esprits à ceux qui peuvent ne pas penser exactement comme nous ou qui ne croient pas exactement ce que nous croyons ». « C’est alors que nous découvrons au moins la possibilité d’un terrain d’entente.»

"Sans réduire à la caricature ceux qui ont des vues différentes"Ce « terrain d’entente », Barack Obama a longuement précisé ce qu’il signifiait dans le cas de l’avortement, un dossier qui a « des dimensions à la fois morales et spirituelles ». Parfois interrompu par les applaudissements de l’assemblée – formée dimanche de 12 000 étudiants, parents, anciens élèves et professeurs –, il a lancé un véritable programme d’action.

« Travaillons ensemble à réduire le nombre de femmes demandant des avortements, réduisons le nombre de grossesses non désirées, rendons l’adoption plus facile, apportons soin et soutien aux femmes qui portent leur enfant à terme », a-t-il invité, avant de poursuivre : « Honorons la conscience de ceux qui sont en désaccord avec l’avortement, rédigeons un projet de clause de conscience raisonnable, faisons en sorte que toutes nos politiques de santé soient enracinées non seulement dans une science solide, mais aussi dans une éthique claire ainsi que dans le respect de l’égalité des femmes ».Barack Obama n’a pas versé dans l’irénisme. Il n’a pas fait croire que le débat sur l’avortement pourrait prendre fin prochainement. « Chaque partie continuera à plaider sa cause dans l’espace public avec passion et conviction. Mais certainement pouvons-nous le faire sans réduire à la caricature ceux qui ont des vues différentes ? », a-t-il simplement envisagé.

"D’autres auraient pu éviter ce lieu"Il a alors partagé son expérience d’organisateur de communauté dans la banlieue sud de Chicago et ce qu’il avait appris aux contacts de personnes de convictions différentes, animé par un même esprit de justice. Il a, au passage, rendu un vibrant hommage au cardinal Joseph Bernardin (1928-1996), ancien archevêque de Chicago et « homme plein de bonté », pour la manière qu’il avait de défendre ses convictions, sans humilier celui qui pense différemment.

Prenant la parole avant Barack Obama, le P. John Jenkins, président de l’université, a lui aussi plaidé pour un dialogue respectueux, citant en exemple le président américain : « Le président Obama est venu à Notre-Dame, en sachant que nous soutenons pleinement l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie humaine et que nous sommes opposés à sa politique sur l’avortement et la recherche sur les cellules souches embryonnaires. » Et le religieux de noter que « d’autres auraient pu éviter ce lieu pour cette raison », avant de louer ce président qui « n’est pas quelqu’un qui s’arrête de parler à ceux qui ne sont pas d’accord avec lui » – « un principe que nous partageons », a ajouté le P. Jenkins.
Élodie MAUROT

Qu'est-ce qui s'est passé...

...pendant qu'on avait le dos tourné?

Rien d'extraordinaire, il me semble. Mme Bachelot poursuit les virus A, et c'est toujours le foutoir dans les universités.

Ah si! Il parait que la Police s'est fait kalachniquer dans les banlieux, et un prof de maths poignarder par un élève. Depuis le temps qu'on me dit qu'on karchérise tout ça, et que la lutte contre les trafiquants de drogue avait depuis des années un caractère prioritaire... Visiblement, il reste du boulot, et j'ai dû me faire avoir par la propagande pour avoir pensé que la situation était réglée.

M Allègre (n'est pas Maurice qui veut) serait encore ministrable : rien ne nous sera donc épargné. Sa Suffisance, son Ignorance crasse sur les sujets où il ne se dit pas expert, mais son dézingage systématique de tous ses collègues géophysiciens (il n'y a que lui de bon), laissent mal augurer de ce nouveau caprice de l'Omni-Président.

Les petits messiers s'entourent de petits messieurs, c'est bien connu.

L'activité judiciaire bat son plein : je viens de voir qu'un prof de fac était poursuivi, avec une peine demandée de 100€, pour avoir fait du tapage diurne en criant dans la gare de Marseille "Je vois Sarkozy!" Mais où va-t-on? Comparez avec ce que l'on peut lire à l'arrière d'une "camionnette ouverte" (les ploucs disent "pick-up") aux USA! Pour ceux qui ne comprendraient pas bien l'anglais, je précise que Asshole est l'équivalent du Arschloch alsacien, c'est dire!



Je serais curieux de savoir ce qui se passerait en France pour un délit, que dis-je, un crime de cette nature chez-nous.

Les étudiants en dentaire de Nancy devront redoubler : leur salle d'examen était dans le périmètre interdit par la police -la moitié de la ville de fait- à cause de la visite amicale de Sarkozy ce jour-là, et ils n'ont pu y accéder. Pas question de repasser les épreuves un autre jour. Un an de perdu, et ce n'est pas la faute aux gauchistes, pour une fois.

Bon, il ne faut pas se laisser abattre, surtout quand ce n'est pas son gamin qui est concerné.

Bref avec tout ça, vous avez mal écouté le discours de Obama, dimanche, dans l'Université Notre-Dame, dans l'Indiana. Je vous en reparlerai sûrement.

PS : où ont été prises les photos que je vous ai déployées sur ce blog : une sculpture devant le musée de X, une glycine dans le parc de Y? Trouver X et Y!

mardi 12 mai 2009

L'esprit public

Excellente émission sur France Culture, le dimanche de 11h à midi : l'esprit public , qui se podcaste facilement.

Donc dimanche dernier, il y avait cette vanne sur Sarkozy que je voulais vous faire partager :

Sarkozy, c'est un accélérateur qui n'a pas d'embrayage : ça fait vroum-vroum, et rien ne se passe...

lundi 11 mai 2009

Madame la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

Encore une qui mérite une lettre de rappel. Mme Bachelot en mériterait une aussi, mais je fatigue, et puis le Président doit lui réécrire sa loi sur l'Hôpital. Alors, on verra....

Pour l'instant, je vous propose cela :

Madame la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche,
Chère Valérie,

Permettez-moi de vous féliciter pour votre victoire sans appel à la candidature pour l'UMP pour les Régionales de 2010. Les victoires sur ses amis sont toujours les plus difficiles et les meilleures.

C'est donc bien normal que l'agitation dans les universités vous ait échappé, mais il parait que le désordre est à son comble. Il n'y a plus de cours, et les étudiants, qui aspirent à devenir professeurs eux aussi (c'est ainsi qu'ils se reproduisent) les soutiennent en bloquant les accès.
On a du mal à en comprendre les raisons, et j'ai cessé de suivre les détails. Ils ne veulent pas être évalués? Ils veulent moins d'heures de travail? Ils veulent être mieux payés? Ils veulent quoi????

De temps en temps, on s'amuse. On va écouter "la princesse de Clèves" déclamée devant un centre commercial. On assiste devant une cathédrale à un simulacre de "mise à mort", à la joie des touristes japonais qui passaient par là, pendant qu'un type, en bandana, cheveux Bob Marley et sale sur lui, hurle un discours révolutionnaire assez hors du temps...



Le résultat est un immense gâchis : une année perdue, ou des diplômes dévalorisés, au choix. M Fillon s'en réjouit : "Comme ça, ils ne recommenceront pas l'an prochain!" Comme quoi, gouverner, c'est prévoir.

Et vous? On vous avait peu entendue, mais quand vous vous êtes réveillée, ça a été pour dire textuellement ceci : "si les cours ne reprennent pas, je vais commencer à faire des prélèvements sur salaire" Sic!

Comment! Comment? Ils sont en grève depuis 6 mois, et vous allez PEUT-ETRE faire des prélèvements sur salaire! Quand un professeur fait grève, personne ne s'en aperçoit, même pas sa hiérarchie, même pas lui-même! Dans ces conditions, il n'y a pas de raisons que la grève ne dure pas 5 ans! J'hallucine, mais alors, totalement...

En tout cas, en application de mon devoir républicain, je vous dénonce. Vous êtes ordonnateur primaire, et vous avez payé des centaines de millions pour un service non fait. Est-ce de la forfaiture? Vous êtes responsable de notre avenir, et vous êtes irresponsable!

Remettez-vous vite, et émettez des titres de perception pour tous ces trop-perçus : 6 mois de salaires à récupérer, par les temps qui courent, c'est bon à prendre. Et soit la grève s'arrête, soit elle continue : mais alors vous saurez pourquoi.

Veuillez, accepter, Madame, etc.

dimanche 10 mai 2009

Orléans cernée, Orléans affamée, Orléans libérée...

Pendant que la marine française dépensait en une matinée ses crédits de carburant pour un semestre, M Denis Tillinac, grand chiraquien, prononçait à Orléans le panégyrique annuel - depuis des siècles-, à Jeanne d'Arc. L'an dernier, c'était Mme Rachida Dati, et on attend toujours que le président de la République se fasse un devoir d'y participer, comme ses prédécesseurs.

la Rep en a donné le texte intégral, que voici. C'est assez long, mais marrant, car il y a des clins d'oeil, des mots rares, des citations inattendues. Et puis, réussir à placer Antigone et Pigalle dans un discours sur Jeanne : bravo l'artiste. Il a aussi utilisé le verbe "bouter" ; décidément, boutons, boutons! Voila :

"Vierge de miséricorde, le royaume de France est à l’agonie. Délivre-le, délivre-nous du Mal !"

Ainsi montent vers un ciel sans étoile les supplications des pauvres gens, en écho aux tocsins qui de partout sonnent la géhenne. Ce pays de cocagne est dévasté par l’occupant, les factions à sa solde, les bandits de grand chemin. Triste, triste royaume qu’un Dauphin sans vertu et de peu de foi laisse outrager, comme si le sang de Saint-Louis avait séché dans ses veines. Qu’Orléans assiégée se livre à l’ennemi et la France ira rejoindre Babylone dans l’enfer des damnés de l’Histoire. Les grimoires des copistes nous enseignent que des peuples hauts en couleurs ont eu la vie brève.

Vierge de consolation, épargne ce florilège de clochers qui pour l’amour de toi ont éclos sur nos sillons ! Prends pitié des preux, des pieux, des gueux navrés par la férocité des gens d’armes, la rapacité des seigneurs, l’inertie de ce roi de Bourges dont on se gausse dans Paris. Pitié pour nos moissons, pitié pour nos troupeaux, pitié pour nos chaumières !

C’est aux marges du royaume, dans le cœur ébloui d’une jouvencelle de terroir, que l’Archange bleu des vitraux de nos cathédrales daigne intercéder. Deux saintes et non des moindres confirment le mystérieux appel aux armes qui voue Jeanne de Domrémy au destin de messagère salvatrice. Dix siècles de ferveurs ont enfanté cet enchâssement de la trivialité guerrière dans les nuées du surnaturel. Savante en rien mais droite d’esprit et sûre de son fait, la paysanne se croise devant Dieu, insoucieuse des aléas. Adieu, mon père, adieu ma mère ; adieu monts et vaux printaniers qui promettent aux damoiselles sages des fiancés d’imagerie ! Débute alors l’épopée véridique et météorique qui désormais nimbera les tragédies de l’Histoire de France d’un halo de spiritualité.

Vaucouleurs… Chinon… Poitiers… Blois… Au crépuscule des âges où le merveilleux coulait de source, les pénitents ivres de grégorien et les chevaliers de la Table Ronde ressuscitent sous les traits d’une adolescente venue de loin, venue de rien, cuirassée et armée d’un glaive comme Roland à Roncevaux. Les officiers ricanent, les importants s’offusquent ; seuls les manants s’ébahissent au spectacle inouï d’un cheval blanc monté par un tendron dont les yeux semblent scruter un horizon mirifique.

Le secret confié à Charles VII, c’est la vocation immémoriale d’un peuple qui depuis son aube brumeuse – là-bas, non loin du pays barrois – se veut plus noble qu’un agrégat de tribus. Le secret de Jeanne, c’est l’alchimie de la liberté et de la légitimité, par quoi se transmue en quête d’un Graal universel la défense d’une damasserie d’arpents de verdure. L’ennemi doit être bouté hors les plains et les déliés de nos paysages pour que règne enfin la paix de Dieu, la seule qui vaille. Et seul le Roi peut enrôler les résistants, qu’ils soient d’Armagnac, de Bourgogne, de Lorraine ou d’autres contrées. Il importe, par décret d’au-delà les fausses sagesses, que la France soit française, voilà tout. Les mânes de Vercingétorix et de Du Guesclin coalisées dans l’âme toute fraîche d’un surgeon de notre antique ruralité : par la grâce de ce miracle, le sacre de Reims préfigure Henri IV à Saint Denis, les conscrits à Valmy, les Poilus à Verdun, les marins de l’île de Sein et les marlous de Pigalle à Londres en l’an de disgrâce 1940. Honneur et patrie : rien d’autre.

A Chinon où la vie est douce, les pâles conseillers de Créon avancent leurs raisons raisonneuses et précautionneuses. Mais sous les murailles d’Orléans, c’est la vertu d’Antigone qui prévaut. Ici, sur les berges de ce fleuve de Loire où bientôt va fleurir notre génie bucolique, l’assiégeant veut réduire à merci le peuple orléanais. Fleuve de longue mémoire, hanté de cauchemars sanglants – les hordes d’Attila, puis des Normands -, voici qu’un étendard aux armes déjà brodées par la légende se mire sur tes eaux !

Ville de longue patience, voici le terme de ton calvaire : Orléans cernée, Orléans affamée. Orléans libérée par l’intrépidité d’une vierge maculée de sang, détachée comme par enchantement d’une enluminure gothique pour exalter à la Bastide des Tourelles l’ardeur des troupes de Dunois. Victoire de la légitimité des Justes sur la légalité des notables ! Victoire de droit des gens de peu sur le vil instinct de prédation qui toujours sait négocier la caution des juristes ! Victoire à terme de la France : à Castillon, le fantôme ailé de Jeanne survolera l’autre fleuve ; la piété des simples le confondra avec l’archange Saint-Michel. Plus tard, plus loin, il se profilera en ombre blanche dans le sillage de Leclerc autour de la citadelle de Koufra. Peut-être aperçoit-on encore l’ombre de son ombre divaguer entre les tours de Sainte-Croix, certains soirs du mois de Marie.

« A présent il fait nuit pour le repos du monde
Les femmes d’Orléans dorment dans les maisons »

Vision douce comme une berceuse d’une trêve des carnages, égrenée en mots de tous les jours par le fils de la rempailleuse beauceronne. Le dénouement, hélas, valide sa sentence : prologue mystique, épilogues politiques. Basse politique après les chevauchées épiques de Jargeau, de Meung, de Beaugency, de Patay. Basse diplomatie après les trahisons de Compiègne. Gens de cour et d’église préméditent l’infamie d’un procès pour maquiller en théologie gloseuse et menteuse leur haine de la grandeur. Basse revanche sur un bûcher de la politique sur la mystique ? Non, Jeanne de France, la lâcheté ne se paye qu’en fausse monnaie ! Tandis que les flammes brûlent à vif ton pauvre corps gamine, l’horrible solitude qui t’oppresse n’est grâce à Dieu qu’une illusion. La pire avant l’apothéose. Quoi de plus poignant que ta nostalgie, suggérée au naturel par ton chantre le plus inspiré ?

O maisons de mon père où je filais la laine
Où les longs soirs d’hiver, assise au coin du feu
J’écoutais les chansons de la vieille Lorraine,
Faut-il que je te dise un éternel adieu ?

Adieu sans doute, mais l’éternité t’appartient. Car sous les ciels variables de la patrie, quand les clochers de jadis, de naguère et d’aujourd’hui sonnent l’Angélus de Millet, c’est un hymne à ta gloire – et le lyrisme de Michelet épouse les incantations de Péguy pour clamer notre infinie gratitude.

Pour votre seul amour, j’ai quitté mon vieux père
Ma campagne fleurie et mon ciel toujours bleu…

Ces vers d’une autre vierge, Thérèse de Lisieux, murmurent de sainte à sainte les accointances de la France avec une royauté qui se joue des frontières de ce monde. Ceux qui n’y croient pas te vénèrent néanmoins et ce miracle-là, toi seule pouvait l’accomplir. Par le mystère de ton génie, par la grâce de ton innocence, les Te Deum du fond des âges ont avant l’heure les accents d’une Marseillaise. Honneur et patrie. Rien d’autre, tout est dit, n’en déplaise aux bourreaux de Rouen. Gloire ici-bas et gloire là-haut à la plus pure de nos héroïnes. Petite Jeanne, le peuple de France, enjouvencé par ta candeur et ennobli par ton courage, ce vieux peuple de laboureurs et de bretteurs, toujours démaillé par les habiles et toujours ravaudé par une Providence, ce peuple te rend humblement hommage, et ne cessera jamais de te dire merci du fond de son cœur.

Vive Jeanne d’Arc pour que vive la France ! "

vendredi 8 mai 2009

8 mai 2009

Oh que c'était beau, cette cérémonie du 8 mai sur la plage de Ste-Maxime, et en mer!

A 2 pas du Cap Nègre, où il y a maintenant le tout-à-l'égout, ce qui permet de regarder le spectacle de sa terrasse. Génial! On s'en souviendra dans les siècles des siècles.

D'abord on a suivi en hélico les voitures présidentielles. Ce qui nous a permis de voir les belles piscines olympiques dans le jardins des maisons des humbles citoyens de ce bled béni des dieux. L'association "Sauvons les Riches" va protester, et Carolis va se faire virer, croyez-moi!

La Garde Républicaine en grande tenue dans le sable, les spahis sur la plage: images inédites.

Le salut aux trois populations représentées :
- les anciens combattants -gloire à eux-, remettant fièrement leurs placets, leurs photos, une médaille à l'Honneur du Genre Humain, le félicitant d'avoir enfin pensé à l'Armée d'Afrique, émouvants. Et vive la Coloniale!
- les dignitaires locaux, écharpes tricolores en bandoulière, sûrs de gagner les prochaines élections après avoir pu serrer la main à notre Don du Ciel.
- les militants UMP du coin, venus en car et sur invitation, et qui ont fait une magnifique claque.
Pas un "pauv' con", une réussite totale!

La revue navale! Une vraie splendeur. Des hélicos qui se posent sur le Mistral, des frégates qui défilent, des pirates qui essaient de capturer un bateau, comme leurs copains la Nivôse. Eux aussi on été pris! Bien fait...

Avec la patrouille de France qui nous bleu-blanc-rougit au ras de la casquette, tout le monde était là. L'amiral qui commentait à la TV n'a pas manqué de nous dire que les contribuables pouvaient être fiers de leur argent. Même un Boeing ravitailleur!

Enfin, il manquait les chars. Il parait qu'ils se sont aperçus à la répétition que finalement il y avait trop d'eau pour qu'ils puissent suivre les bateaux. Tant pis, après tout les bateaux ne défilent pas non plus sur les Champs le 14 juillet.

Il manquait aussi le PAN, le Charles-De-Gaulle. Je suis sûr qu'il était prévu, mais malheureusement, il n'a pas passé le contrôle technique. Heureusement, il sera réparé pour Noël.

Il manquait aussi Polytechnique, mais ça c'est pas grave. Pas de gendarmes non plus, ils sont militaires, mais chez MAM : ça ne compte plus pour les défilés. Et il faut bien que quelqu'un garde les carrefours et mette des PV, non?

On avait les plus hauts personnages de l'Etat. Notamment les 4 premiers étaient dans 3 hélicos, par mesure de sécurité. Je n'ai pas réussi à savoir qui on avait mis ensemble.

Morin semblait regretter les chevaux de la Républicaine, et le CEMA était ravi de voir tant de marins.

L'an prochain, il faudra recommencer. You kaï-di, you kaï-da, c'est tellement chouette! Je suis tellement fier!

mercredi 6 mai 2009

Monsieur le Ministre de la Défense

L'actualité est riche d'anniversaires, un heureux -bon anniversaire, mon frère-, un autre triste -mais qu'y peut-on?-, cependant le devoir républicain m'impose de dénoncer un délit. Je me propose d'envoyer cette lettre au monsieur qui nous sert de ministre de la Défense.

Monsieur le Ministre de la Défense,

L'autre jour, pourvoyant à l'approvisionnement de ma famille dans un de ces hangars où, paraît-il, la vie est moins chère que moins chère, deux fonctionnaires de votre administration en uniforme impeccable et en rangers étincelantes, de qualification "GV", distribuaient des tracts et vendaient des billets de loterie, en vue d'une journée festive de "portes ouvertes" du régiment encore stationné dans cette garnison. Il y aura des merguez, des camions peints en camouflé, des tours en véhicules blindés, des pêches à la ligne, enfin vous connaissez tout ça.

Croyez bien, Monsieur le Ministre, que je ne saurais qu'encourager des initiatives de Portes Ouvertes" qui renforcent le "lien Armée-Nation" (selon les éléments de langage de vos chargés de comm), et qui permettent aux contribuables de constater où et comment leur argent est dépensé. De plus, ces actions permettent peut-être de faciliter les recrutements, dont vous avez bien besoin.

Il ne m'a pas été difficile, hélas, de constater qu'au-delà de ces nobles objectifs une réalité bien concrète est la véritable motivation de ces festivités : faire de l'argent.

Oui, car votre administration, qui porte le beau nom d'Armée Française, et que vous avez modernisée, en est toujours réduite, pour son fonctionnement (offrir un souvenir à des visiteurs, éventuellement inviter à déjeuner un général en inspection, décoration de locaux) et pour diverses opérations essentielles au moral des troupes (arbre de Noël, envoi de gerbes de fleurs aux familles endeuillées), en est toujours réduite, disais-je, à faire la manche auprès du public afin d'alimenter des "caisses noires".

Le système est tellement au point que chaque niveau hiérarchique prélève, comme de vulgaires mafieux, son pourcentage sur chaque opération. Tout cela parce que la nomenclature budgétaire ne permet pas d'imputer les dépenses que j'évoquais, ou que les crédits ouverts sont si infimes, et que la seule solution pour résoudre le problème est que vos cadres paient de leur poche, sauf à organiser des caisses noires.

Seulement voila, Monsieur le Ministre, vous n'avez plus une armée de conscrits, mais de professionnels, qui sont rémunérés pour assurer une mission. Ces 2 GV devraient être à l'entraînement, comme leurs collègues qui étaient devant Cora, Leclerc, SuperU, Brico- et Castorama, Monoprix, Prisunic, Intermarché, Carrefour, Champion, Lidl, Casino, Auchan, sans oublier Shoppy.

Le système est différent de la vente de calendriers que font les postiers, les éboueurs, les pompiers -mais pas les contrôleurs des impôts-, faite en principe en dehors des heures de travail, et pour leur propre compte. Ce n'est pas que j'approuve ça, du reste, mais c'est un autre sujet.

Que diriez-vous si Peugeot, par exemple, faisait des portes ouvertes dans ses usines pour récolter l'argent nécessaire à l'achat d'huile de graissage pour ses machines?

Monsieur le Ministre, pour tout dire, je trouve cela scandaleux, insultant et infamant.

Voyez recevoir, Monsieur le Ministre, mes salutations de pure convenance.

Bon, vous allez dire que ça y est, Pépé a encore pété un plomb, une durite, qu'il ferait mieux de critiquer les bobos et Besancenot, plutôt que de défendre des causes perdues d'avance.

Mais quand on a encore des idéaux...

dimanche 3 mai 2009

Le marché de mon village

Ah! le marché de mon village... Tous les samedis que Dieu fait, à l'ombre de l'Église St-Joseph.

Fraîcheur, légèreté et surtout jovialité s'y donnent rendez-vous.

Voyez, le paysan de la plaine qui crie "Ma chambre des Députés! Goûtez ma chambre des Députés!" Car il a fait un botte de ses meilleurs radis, blancs, jaunes, roses et pourpre, de toutes les couleurs, voyez vous-même :



Bien entendu, c'est "propre récolte", ce qui ne veut pas dire que les radis sont propres, mais qu'il les a fait pousser lui-même. Il a aussi des herbes, du panais, des patates, des salades noires, des carottes, rien que des légumes réjouissant. On en a des envies de pot-au-feu, ou de bœuf-carotte.

L'odeur d'étable vous signale le fermier de la montagne venu vendre ses Munster (propre récolte également). On fait la queue chez le pâtissier qui fait les meilleurs "soufflages". Le boucher, maître-queux, a apporté son stock de schiffalas, gendarmes, kastlers, saucisses de foie, fleischschnacka. L'hiver il a du gibier, l'été des merguez et des chipos.

Beaucoup de produit italiens aussi, car l'italien est à l'Alsace ce que le Portugais est à Paris : un pilier de l'exotisme. Olives, même en huile, charcuterie, pâtes, gâteaux.

Le même pépé sous une tente essaie de vendre des boutons, du fil et des aiguilles, du biais, des bordures brodées d'alsaciennes à la queue-leu-leu. Chaque samedi, il déballe tout, et chaque année les porte-jarretières sont de moins en moins roses et de plus en plus défraîchis.

Néanmoins les gens sont joyeux. Je capte une conversation entre un couple et une fleuriste. Le monsieur dit en montrant sa femme : "Ah, ça fait 35 ans que je me la traîne!". Les femmes gloussent. "Y'se plaint pas!" dit la "traînée". " Moi, ça fait 23 ans qu'on me traîne", dit la fleuriste. "Hope-là, vous avez fait le plus dur...", conclut le monsieur.

Et comment ça va depuis l'an dernier? Oh, ça va, on fait aller! Merci, c'est moi, service! Au revoir, bon week-end et bonnes fêtes de 1er mai, hein!

PS : ça va comme ça?
PPS : beaucoup de pièges orthographiques dans ce texte : à vos dicos les enfants!

vendredi 1 mai 2009

Joli mois de mai (2)

Et oui, le revoilà, le joli mois de mai, le mois de Marie (dite Michèle Alliot)!

Quel bonheur! Les glycines n'ont jamais été aussi belles, et les lilas embaument jusque dans la rue.
"Les oiseaux se mettent en ménage, et chacun voudrait en faire autant" : de qui est cette citation et qui l'a mise en musique?

Une très belle journée, ce 1 mai : une bonne occasion de faire une balade dans Paris, avec les copains et les enfants, en criant des chansons!

Néanmoins, le châtiment divin s'abat sur le monde. L'économie mondiale est grippée par la crise, et la grippe A-H1N1 (on aurait pu trouver quelque chose de mieux, genre Q-H8N32) fait criser nos "responsables".

Oui, châtiment divin, je le maintiens, car le monde étant devenu ce qu'il est devenu, il a été décidé de supprimer toute vie humaine, à l'exception d'un nouveau- Noé et d'un couple d'animaux de chaque espèce. L'eau monte déjà, et la grippe fait le reste. Pour le choix des animaux, l'ONU s'en occupe. Pour le choix de Noé, un G180 est en préparation, car les candidatures sont nombreuses. Un Noé islamique, plutot que glamour, serait en bonne position, ses 4 femmes seraient plus aptes à la repopulation. Pour ma part, je vote pour Pitt/Jolie.

Les français, par leur vote historique de 2007, dont on célèbre le deuxéniaire, sont déjà lourdement punis, et seraient dispensés de grippe : M Besson s'occupe de reconduire à la frontière, ou par charter vers Mexico City, tous les virus sans papiers. Le masque chirurgical, qui n'est efficace que pendant 2 heures, serait autorisé pour les personnes manifestant leur inquiétude, à condition de rester chez elles. Et puis les médecins n'ont pas à s'inquiéter : les directeurs des hôpitaux sont là pour s'occuper de tout.

Mme Bachelot est tout-à-fait confiante, et c'est bien naturel : un virus, même porcin, n'osera jamais s'attaquer à un pareil morceau.

Et puis, nous sommes en période électorale, mais personne ne le sait. M Barnier a appelé à un "vote-sanction contre le PS". On vote pour élire nos députés au parlement européen, et il nous parle déjà de vote-sanction! Et à-propos de vote-sanction, que voila une bonne idée... Vous verrez que le 8 juin, il nous dira que ce n'est pas un vote-sanction...

Beaucoup en sont à se demander s'il vaut mieux tout casser, pour qu'un monde nouveau émerge des ruines. Ou bien s'il faut boire le calice jusqu'à l'hallali, c'est-à-dire en 2012. Bon choix, mesdames, bon choix, messieurs...