lundi 6 juillet 2015

OXI et mat!

On a demandé aux Grecs à quelle sauce ils souhaitaient être mangés, ils ont répondu qu'ils ne voulaient pas être mangés du tout. On peut les comprendre, et c'est plutôt le contraire qui aurait étonné.

Il y a maintenant 2 solutions : on abandonne nos créances, ou on se paie sur la bête. 

Abandonner nos créances est possible : après tout, ce ne sont plus les banques qui en souffriraient, ce seront les contribuables, qui ont l'habitude. On a déjà payé pour le Concorde et le Rafale, le Crédit Lyonnais, la Société Générale ou Dexia, et j'en passe.

Une autre solution, à mon avis meilleure, serait de saisir les avoirs grecs. Ou plus exactement les avoirs des grecs. On nous montre les petits vieux pleurant à la porte des banques : on peut certes envoyer des huissiers chez lui, mais ce sera long pour pas grand chose.

Non, il faut aller chercher leur argent là où il est : dans les banques suisses. Puisque les grecs ne savent pas faire payer leurs riches, faisons-le pour eux. Émettons des factures pour 160 G€ aux banques suisses, en leur disant de payer à partir des comptes de leurs clients grecs.

Si ça ne marche pas, il faudra déclarer la guerre à la Grèce. C'est commode : 2 ou 3 bateaux militaires au Pirée pour bloquer le trafic, et les armateurs paieront. Quelques paras sur le Parthénon, et on encaisse le prix des billets à leur place. 

Voyez que je suis toujours pour les solutions simples. Je parie qu'on va prendre la solution compliquée : on va "négocier" l'abandon des créances contre un rideau de fumée destiné aux opinions publiques occidentales. 

Ce "non" réjouit M Mélenchon et Mme Le Pen. C'est dire à quel point la situation est dangereuse. 

mardi 30 juin 2015

Mort d'un pourri

Ce n'est pas bien de dire du mal de quelqu'un qui vient de mourir. C'est pour cela que toute la classe politique, sans doute, s'est cru obligée de pleurer à chaudes larmes sur la disparition de l'ancien directeur général de Pernod.

Surtout à droite. Notamment, un certain Nicolas Sarkozy, qui avait profité du fait qu'il était hospitalisé, pour lui piquer la place de maire de Neuilly. La crainte que cet ami de Patrick Buisson n'ait laissé des "Mémoires" (qui devraient être passionnants), sans doute.

Mais c'était un taiseux, lui qui savait tout sur tout. Co-fondateur du SAC d'illustre mémoire, intégré dans la mafia corse, spécialiste de réseaux obscurs, en Afrique et au Moyen-Orient, il fut aussi un ministre de l'Intérieur qui faisait des vrais-faux passeports, qui déclarait partager des valeurs avec le Front National, qui lâchait ses flics comme des chiens, couvrant par avance toutes les bavures, comme celle de Malik Oussekine.

Il a été le "patron", au sens parrain du terme, du 92, les Hauts de Seine, ses trafics, ses Balkany, ses Ceccaldi-Reynaud, ses Sarkozy, et bien d'autres à la clientèle bien nourrie. Et n'oublions pas "la fac Pasqua", ses costumes rayés et ses chaussures bicolores.

Pour moi, c'est un contre-exemple absolu de ce que devrait être la politique. mais il parait qu'il était bon père bon époux. Alors enterrons-le vite : il faut qu'il commence vite son début d'éternité pour se faire pardonner.


jeudi 25 juin 2015

Comment faire une bombe atomique?

Je vous avais promis un blog sur ce sujet, mais malheureusement, je n'apprendrais rien à la NSA ni à la DCN.

Il faut que je cite mes sources : ça m'a coûté 1€. Une bibliothèque municipale (de chez Les Républicains) a mis en vente ses vieux livres, jamais consultés, considérés comme dépassés, ou trop usés. Belle aubaine, dont les habitants profitent tous les ans.

Dans un tas, rubrique "Sciences", je tombe sur un livre rouge de "Thermodynamique", imprimé en 1957, signé par un grand physicien français, et mieux connu pour avoir engendré un futur premier ministre de la France.

Bref, ce brave homme publie sa Thermodynamique, passant de l'équation d'état au principe de Carnot, puis s'aventurant vers la capillarité, l’hyper-fluidité de l'hélium, les machines à vapeur ou  à explosion, les turbines et les réfrigérateurs.

De là, il est facile de poursuivre sur les explosifs... et l'énergie nucléaire!

Je vous passe la suite : l'étude thermodynamique du rayonnement (le corps noir, l'équation de Planck!), la théorie cinétique (le viriel de Clausius!, la distribution des vitesses de Maxwell!, l'équation de Boltzmann!, ), puis la théorie statistique : Fermi-Dirac contre Bose-Einstein!

Autant vous dire que je n'ai pas perdu mon €...

Mais revenons à notre énergie nucléaire. Le monsieur explique les principes : l'uranium 235, fissile avec dégagement de neutrons, l'uranium 238 attaqué par un neutron nous donne un plutonium 239, etc, toutes choses que l'on trouve facilement sur Wikipedia.

Là où le propos devient intéressant, c'est qu'il nous parle de neutrons lents et de modérateurs, de réflecteurs, de béryllium. De sections de choc et de libre parcours, de constante de temps, toutes notions totalement évacuées de l'enseignement : car en 1958, le Grand Charles est revenu, et a voulu faire la bombe. Du coup, tout a été censuré. Ils ont juste oublié de brûler ce livre dans une bibliothèque municipale.

Bon, ça ne permet pas vraiment de fabriquer une bombe! Même avec les formules que je ne vous mets pas, parce que vous n'avez pas à en connaître!


mercredi 24 juin 2015

Allo? Allo? J'écoute...

La belle affaire, ces écoutes de la NSA connues par Wikileaks!

Comme si on ne le savait pas! Comme si on pouvait avoir confiance dans les US!

Ils se renseignent, et nous aussi. Ils vont à la source, et j'aimerais bien qu'on puisse en faire autant. Le motif officiel de tout cela est la lutte contre le terrorisme, le motif caché est de TOUT savoir sur TOUT le monde, et l'espionnage industriel est une retombée intéressante dont ils auraient tort de se priver. En bon gestionnaire, ça leur permet de rentrer dans leur frais.

Bien sûr, on n'a que des échantillons du résultat de ces écoutes, mais c'est instructif.

Chirac donne ses instructions à Douste-Blazy. Même les américains se sont aperçus qu'il était bête comme ses pieds, au point de décorer quelqu'un de l'Ordre des Chiffres et des Lettres quand il était à la Culture, au point de croire que la Martinique est de son ressort comme ministre des Affaires Etrangères. Donc Chirac lui explique mot à mot ce qu'il doit dire, ne pas dire, faire et ne pas faire. Chirac aurait gagné du temps en ne le nommant pas aux Affaires qui lui seront toujours étrangères.

Pour Sarkozy, le cas est différent. Vous vous souvenez que comme candidat en 2007, puis comme président, il utilisait un Blackberry non protégé, et s'en vantait. Certes, les US écoutaient aussi les lignes protégées, mais quand même... Il a bien mérité son irresponsabilité! Les comptes-rendus publiés par Médiapart nous montre un Sarkozy picrocholin, prêt à sauver la paix au Moyen-Orient (l'objectif est louable, mais les moyens font défaut), ou allant voir Obama, persuadé qu'il a sauvé le monde de la crise et faisant le petit télégraphiste pour Pernod-Ricard. Les américains ont dû bien rigoler, surtout après que ce Monsieur Sarkozy s'est aligné sur la politique US, en réintégrant l'OTAN, et reprenant à Tony Blair le rôle de "best pet".

Je fais une suggestion : peut-on demander aux américains s'ils ont entendu parler des relations entre Sarkozy et Kadhafi?

Pour l'écoute de Hollande, ce qu'on en publie est de nature à fâcher Angela : Hollande voyait en douce les opposants SPD d'Angela. Dommage, le SPD a perdu les élections.

Tout cela, c'est de la Raison d'Etat, et les US dominent le monde. On le savait, on en a la preuve.

Le plus grave est pour Sarkozy : non seulement il apparaît ridicule, mais on va sûrement en savoir davantage. Il peut craindre le pire.


mardi 23 juin 2015

Suggestions pour la laïcité


C'est fou comme les médias, et donc avec eux un troupeau bêlant, n'arrivent pas pas à avoir une conception claire de la laïcité. La loi de 1905 introduit la séparation de l'Eglise et de l'Etat, garantit la liberté de religion, sans en privilégier ni en interdire aucune. On peut même ne pas en avoir.

De là, deux excès également condamnables : les laïcards forcenés, et les tratras du Sens Commun.

Les premiers vont jusqu'à la stupidité de vouloir interdire une exposition sur les manuscrits mésopotamiens, les seconds veulent un retour à une théocratie de la calotte.

Les premiers seraient prêts à débaptiser des stations de métro : Voila leur liste :
  • Abbesses : Femen
  • Basilique de St-Denis : Légion d'Honneur (quoique...)
  • Bonne Nouvelle : Capital
  • Cour Saint-Emilion : Cour des vins
  • Eglise d'Auteuil : Auteuil-Rémusat 
  • Eglise de Pantin : Pantin
  • Filles du Calvaire : Cirque d'Hiver
  • La Chapelle : Chapeau
  • Madeleine : Marcel Proust
  • Michel-Ange-Auteuil : Michel Auteuil
  • Michel-Ange-Molitor : Piscine Molitor.
  • Notre-Dame de Lorette : les Lorettes
  • Notre-Dame des Champs : Les Champs Rive Gauche
  • Père Lachaise : Lachaise
  • Rome : Athènes
  • Temple : Maison de la Culture
Et bien sûr suppressions de tous les saints : Lazare, Mandé, et surtout Fargeaux.



 

samedi 20 juin 2015

Mon corrigé du bac philo ES 2015

Ceci n'engage pas les correcteurs, bien entendu!

  • La conscience de l'individu n'est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient?
La réponse est facile : pour moi : non, mais vous, hypocrite lecteur : oui!
Car ma conscience s'éveille face aux énormités que je reçois de la société à laquelle j'appartiens. Je résiste, sans pour autant être sûr de ne pas être contaminé. Le marketing que je subis, le matraquage pro-FN de BFM-TV, les mails qui débordent de ma boite mail comme autant d'appels à la guerre sainte contre les musulmans, tout cela me révolte, mais qui peut dire qu'il en sort indemne?

Je suis né dans une bonne famille, j'ai reçu une bonne éducation, j'ai fait des études, j'ai beaucoup travaillé, je lis, et pourtant je suis vu comme "un bobo soixante-huitard responsable de la merde dans laquelle est la France". Voir ici.

Donc la société s'attend à ce que je sois conforme à son reflet :  antisémite avec les antisémites (en fait, on dit antisioniste pour ne pas tomber sous le coup de la Loi), croisé pour les croisades, riche avec ceux de l'UMP, tradi avec les cathos, de droite "naturellement", pour la banque contre Kerviel, fana mili pour la gloire de nos armes, respectueux de la Police Parisienne "parce qu'on est parfois bien content de les avoir", adepte des apéros "saucisson-vin rouge", bref tout ce qui constitue la bien-pensance actuelle de la société à laquelle j'appartiens. 

Il est difficile de lutter, car on s'exclut de cette même société. On peut se taire, mais ce n'est pas une solution : on vit dans une permanente frustration. Mais si l'on exprime simplement son opinion, on passe pour un dégénéré, un traître à sa classe, et on est voué à se faire un jour "botter le cul par son Créateur".

L'Homme libre est toujours seul au milieu de la société. Le poète l'a dit : 
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Mais quand on constate, effaré, le succès qu'obtient le populisme le plus crapoteux, on est en droit de se demander si la conscience des individus n'est pas généralement contaminée par la société. Je ne les aime pas, parce que les autres ne l'aiment pas, voila la formule qui définit le bouc émissaire, dont semble-t-il, nous avons besoin pour vivre. Et bien non.

Je ne sais pas si c'est la réponse à la question, mais débrouillez-vous avec ça.
  • L'artiste donne-t-il quelque chose à comprendre?
Voila plus difficile! L'artiste pose son oeuvre, et il vous appartient de vous l'approprier, si vous pouvez. Il l'a construite dans son particulier, dans son intimité, avec ses moyens, vous ne savez pas forcément où, quand et surtout pourquoi. Vous ne connaissez pas forcément son environnement culturel ni la destination qu'il voulait lui donner.

A vous de l'interpréter, là, maintenant, dans votre propre espace culturel. C'est bien difficile, sauf à être spécialiste de comprendre les arts premiers, l'art hindou, chinois, japonais. C'est beau, mais on a aucune certitude quant à la compréhension de l'oeuvre.

D'un autre point de vue, il faut reconnaître à l'artiste, le vrai, la capacité à décoder des signaux faibles provenant de la société, et à exprimer une vérité qui commence à émerger sans être discernable.

Par exemple, le célèbre tableau de Bruegel "la chute d'Icare"  nous montre la Renaissance. Icare qui voulait monter au ciel tombe dans l'eau, tandis que les hommes partent en caravelle au couchant découvrir des mondes nouveaux. 

Je doute que les contemporains aient perçu ce message, de même nous ne sommes peut-être pas capables de décoder l'art contemporain, et peut-être n'y a-t-il rien à comprendre. Le marché est encombré d’œuvres purement spéculatives lancées comme des marques de yaourt avec la complicité d’institutions qui se disent nationales.

  • Commenter ce texte de Spinoza : 
« Dans un Etat démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Oté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit. Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison. »
Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1670). 


Le pinailleur Spinoza s'est bien mis le doigt dans l'oeil avec ses considérations sur la démocratie, dont il n'avait d'exemples que dans l'antiquité grecque et romaine. Mais depuis 240 ans qu'elle existe -en théorie-, aux Amériques, et à peine depuis 150 ans en Europe, on voit bien que les fondements de sa théorie ne résistent pas aux faits.

Dans un Etat démocratique, des ordres absurdes sont à craindre, et on en a de multiples exemples. D'abord parce que les ordres sont donnés par l'exécutif, d'autre part parce qu'il fait bien ce qu'il veut avec une majorité de godillots tenus par des relations d'intérêts.

Le fondement et la fin de la démocratie ne sont plus, comme on pouvait encore l'espérer au XVIIème siècle, de soustraire les hommes à la domination absurde de l'appétit,ils sont au contraire au service de ces appétits, qu'on l'appelle libéralisation ou loi du marché, Ce qui est bon pour le business est bon pour l'Amérique, et les multinationales, qui ont des chiffres d'affaires supérieurs aux PIB de nombreux états, sont les réels détenteurs du pouvoir. Dès qu'une régulation se met en place dans un Etat, ils déplacent leur activité dans un Etat moins regardant, un exemple en étant les paradis fiscaux. 

Oui, seul est libre celui qui vit de toute son âme, sous la seule conduite de la raison. On peut toujours rêver, je ne connais pas de cas d'homme libre dans le sens que lui donne Spinoza.

Le fait du Prince, surtout s'il est hongrois, la raison d'Etat, les intérêts du capital, seront toujours supérieurs aux moyens de la démocratie qui est de fait instrumentalisée. Et toc!

Bon, 9 sujets de philo en 3 jours, je suis épuisé.....

jeudi 18 juin 2015

Mon corrigé du bac philo S 2015

Comme chaque année, je vous soumets mes réponses au bac philo, mais bien sûr elles n'engagent pas les correcteurs assermentés.

Bac S :



  • Une oeuvre d'art a-t-elle toujours un sens?
Evitez d'abord de prendre la question au premier degré : il y a bien des tableaux, de Picasso, de Soulages, ou simplement "Bleu" de Klein, dont on ne sait a priori où est le haut ou le bas, et vous pourriez l'accrocher de travers. Seule l'intention de l'artiste peut vous aider.

Une oeuvre d'art a toujours un sens, car si elle n'en avait pas, ce ne serait pas une oeuvre d'art, à l'exception près des oeuvres qui revendiquent le "non-sens", mais cette revendication lui donne quand même un sens. Le "ceci n'est pas une pipe" de Magritte en est une illustration, sans parler de la "Fontaine" de Marcel Duchamp.

Au delà de cette tautologie, on devra admettre qu'une oeuvre d'art a un sens, en ce qu'elle nous communique une émotion. Si elle ne le fait pas, ce n'est pas une oeuvre d'art, ou plus probablement on ne l'a pas comprise. La réaction peut être brutale "c'est pas beau", " mon gamin de 3 ans en aurait fait autant avec ses feutres", et autres réactions de petits bourgeois tentant de passer pour intelligents.

Le problème ne se posait pas dans les mêmes termes pour la peinture ancienne ou classique : le sujet était religieux, mythologique, historique, il avait un sens évidemment didactique, apologétique ou glorieux. Il honorait le souverain, il décorait les églises ou les châteaux.

Mais déjà, on peut découvrir un sens caché, qui ne se décèle pas à première vue. Le portrait de l'Inquisiteur par le Gréco, le portrait du pape Innocent X par Velázquez, le portrait de la famille royale des Bourbons d'Espagne par Goya, sont des charges redoutables dont les sujets n'eurent pas conscience. Pour eux, ils étaient "ressemblants" ; pour nous, ils montrent sa cruauté, sa rouerie, leur dégénérescence.

On en a un autre exemple dans un tableau qui avait beaucoup plu à notre VGE : le "verrou" de Fragonard nous montre une petite scène ancillaire, mais elle est, pour qui sait la regarder, très, très, libertine. "Il n'y a rien à voir", plaisantait Daniel Arasse. 

Mais lorsqu'on a quitté le classicisme ou le réalisme, vers la fin du XIXème, alors l'oeuvre d'art est devenue plus compliquée à comprendre. Des carrés de couleurs, des poèmes désarticulées par l'Oulipo, de la musique non harmonique, ont heurté les contemporains qui ne les comprenaient pas, et sont maintenant considérés comme des chefs d'oeuvre.

Il faut donc apprendre à voir, à sentir. C'est particulièrement vrai pour l'art contemporain. Le temps n'a pas fait son tri, et devant une oeuvre déconcertante, on ne sait par où l'aborder, ni discerner si on est en face d'une supercherie, comme en fabrique Jeff Koons et que M Pinault achète, ni trouver la clé de la compréhension d'une oeuvre déroutante. 

Il faut alors l’apprivoiser, tourner autour, analyser ses émotions, regarder la forme, la structure, la texture, la couleur et les teintes. regarder de près, et de loin, la quitter puis y revenir, pour finalement conclure : c'est une oeuvre d'art, ou c'est une croûte. Vous pouvez aimer ou pas, c'est un autre débat.

La réponse est donc oui : l'oeuvre d'art a toujours un sens, même si on ne le voit pas.


  • La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité?
Quel beau sujet, bien d'actualités! La réponse est "oui, la politique peut échapper à l'exigence de vérité", la vérité étant de plus une notion difficile à définir.

Elle ne devrait pas, dans un monde idéal, échapper à cette exigence. Mais l'expérience nous montre que la politique est d'abord le fait des hommes et femmes politiques qui y font carrière, et qui savent que la vérité ne les fera pas élire. Certains, que je ne nommerai pas ici, ont même fait du mensonge la base de leur action. Et cela ne se réduit pas à des critères partisans, c'est une constante de notre vie politique, et il est souvent rappelé l'adage (fructueux) de Jacques Chirac, selon lequel les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

Mais les problèmes demeurent, comme la dette qu'on a poussée en avant depuis 30 ans. Mais qui se ferait élire sur un programme alarmiste appelant à de nouveaux impôts, la refonte des "acquis sociaux", le partage plus égalitaire des richesses produites? Personne, et bien fol qui s'y fierait!

Aussi, considérant la situation, le citoyen se doit de réagir. Il vaut mieux un président qui nous dit que son ennemi, c'est la finance, et qui ensuite fait une politique sociale-démocrate douce au patronat en augmentant les impôts et en libéralisant l'économie, qu'un président qui avait promis la relance générale en baissant les impôts des plus riches, et qui nous a laissés avec 800 milliards de dette de plus.

Contre la démagogie triomphante, la révolte est nécessaire. Il faut boycotter tous les profiteurs du système dont les lobbies sont trop puissants pour que les politiques n'osent s'y attaquer, Le choix ne manque pas : Air France (tant que le contrat de travail des pilotes n'aura pas été revu, de gré ou de force), les taxis notamment parisiens, les notaires, les banquiers... Certes l'appel au boycott est illégal, donc il ne faut pas le dire, il faut le faire. 

Il faut siffler tous les "hors-jeux", toutes les décisions qui vont à l'encontre du bien commun sous la pression des puissants. Avec les nouveaux outils de communication, c'est beaucoup plus facile. Alors,  un jour, peut-être, les politiques comprendront qu'ils ont plus intérêt à dire la vérité qu'à nous bercer de belles paroles. Rêvons...


  • Commenter ce texte de Cicéron :
« Comment peut-on prévoir un événement dépourvu de toute cause ou de tout indice qui explique qu’il se produira ? Les éclipses du soleil et de la lune sont annoncées avec beaucoup d’années d’anticipation par ceux qui étudient à l’aide de calculs les mouvements des astres. De fait, ils annoncent ce que la loi naturelle réalisera. Du mouvement invariable de la lune, ils déduisent à quel moment la lune, à l’opposé du soleil, entre dans l’ombre de la terre, qui est un cône de ténèbres, de telle sorte qu’elle s’obscurcit nécessairement. Ils savent aussi quand la même lune en passant sous le soleil et en s’intercalant entre lui et la terre, cache la lumière du soleil à nos yeux, et dans quel signe chaque planète se trouvera à tout moment, quels seront le lever ou le coucher journaliers des différentes constellations. Tu vois quels sont les raisonnements effectués par ceux qui prédisent ces événements.
Ceux qui prédisent la découverte d’un trésor ou l’arrivée d’un héritage, sur quel indice se fondent-ils ? Ou bien, dans quelle loi naturelle se trouve-t-il que cela arrivera ? Et si ces faits et ceux du même genre sont soumis à pareille nécessité, quel est l’événement dont il faudra admettre qu’il arrive par accident ou par pur hasard ? En effet, rien n’est à ce point contraire à la régularité rationnelle que le hasard, au point que même un dieu ne possède pas à mes yeux le privilège de savoir ce qui se produira par hasard ou par accident. Car s’il le sait, l’événement arrivera certainement ; mais s’il se produit certainement, il n’y a plus de hasard ; or le hasard existe : par conséquent, il n’y a pas de prévision d’événements fortuits. »

Un texte intéressant qu'on ne s'attend pas à trouver chez Cicéron, et qui a dû plaire aux matheux. Intéressant, parce qu'on y trouve les prémices de l'analyse physique des phénomènes naturels, comme le calcul des éclipses et le retour des constellations, mais aussi parce qu'il reprend une problématique qui dure toujours : quelle est la cause du hasard? L'ignorance ou l'incertitude des conditions initiales, connues sous le nom de l'effet papillon? Ou bien simplement au coeur de la matière, l'indétermination quantique qui choquait tellement Einstein : "Dieu ne joue pas aux dés!" A quoi Heisenberg répondit en lui demandant pour qui il se prenait, pour oser dire à Dieu ce qu'Il devait faire.

Voltaire s'était moqué dans son Candide de l'idée que tout notre avenir était déjà inscrit dans les cieux, et que donc tout se déroule dans le meilleur des mondes. Il n'y aurait pas de hasard, et pourtant, tout se dérègle...

Le hasard existe, le fait est acquis. Mais le calcul des probabilités a permis de prévoir, dans certains cas, l'irruption d'événements fortuits. On peut calculer des moyennes, des écarts-type, prévoir la hauteur d'eau de crues "centennales" (dont la probabilité d’occurrence est de 1 fois par siècle, par définition).

Donc si on ne peut prévoir si un événement fortuit se produira quand et où, on peut néanmoins supputer qu'il se produira certainement, un jour ici, ou un autre jour ailleurs, maintenant, ou plus tard. La chute d'une grosse météorite sur la terre serait un événement fortuit, mais dont on peut être sûr qu'il se produira au moins un fois d'ici 100 millions d'années.

Donc Cicéron, qui n'avait pas un pois chiche dans la tête, raisonne bien, mais dérape à la fin. On lui pardonne, pour avoir soulevé un problème qui n'est toujours pas résolu, même si on en sait maintenant un peu plus que lui.








Le dernier point sur les vaccins

Hier 14 juin 2021, le Président Macron tenait une conférence de presse à l'issue du conseil de l'OTAN, et de sa conversation avec...