dimanche 24 février 2008

Casse toi, pauvre c...

Un anonyme me pose la question de mon "antisarkozysme primaire" : Que vous a-t-il donc fait ?
La réponse est forcément complexe.

Primaire : c'est une de mes qualités. Je bénéficie d'une capacité intuitive à saisir et à comprendre les choses. On me reconnaissait de "l'intelligence stratégique". Ma première impression est souvent la bonne, surtout quand elle est mauvaise, mais Cassandre n'est jamais crue. Ce n'est qu'ensuite que je peux rationnaliser, et au fil du temps, conforter ou infirmer mes intuitions.

Ici, nous sommes dans un cas singulier : mes pires craintes se sont révélées en-dessous de la réalité, et à chaque nouvelle incartade, quotidienne selon sa méthode de la "carte postale", l'indignation l'emporte en premier. Ensuite, je replace cet élément dans son ensemble.

Que m'a-t-il fait ? Et bien, disons-le, pas grand chose pour moi!

Il m'avait promis des réductions d'impot sur les intérêts de mes emprunts immobiliers : je n'y ai pas droit, bien qu'il ait reconnu que ce système était injuste.

Il m'avait promis le bouclier fiscal : je paie des impots, mais mes revenus et surtout ma fortune ne sont pas suffisants pour que j'en bénéficie: il a ciblé son truc pour les Rothschild et les Dassault, les Arnault, les Bolloré et les Bouygues, et on n'est pas inscrit pas dans le même club.

Moins directement, il m'a promis la sécurité. Des jeunes filles se font encore assassiner dans le RER, bien qu'on ait accepté la video surveillance et autres mesures de flicage, une présence policière oppressante. Il a eu tous les pouvoirs et tous les moyens depuis 2002 sur ce sujet.

Il m'a promis l'augmentation du pouvoir d'achat : personnellement, je n'ai vu que le 1,1% des pensions de retraite au 1.1.2008.


Conclusion : ça m'est égal, car je n'élis pas un président de la République pour mon intérêt personnel, mais en visant l'intérêt général. Je dis cela, car c'était un argument de campagne : il fallait voter Sarko parce que c'était mon intérêt de "classe".

Qu'a-t-il fait à mon pays ?

Je lui reconnais un bon point : par le traité de Lisbonne, il a contribué à sortir l'Europe de sa paralysie. En le faisant ratifier par le Parlement, il nous a sorti une épine du pied. Certes, ce n'est pas glorieux, même un peu honteux après le referendum perdu, mais enfin, il n'y a que le résultat qui compte, hein?

Pour le reste, je suis effaré.

Ma conviction est que quelques problèmes fondamentaux doivent être traités, et que c'est pour cela qu'il a été élu.

Le premier est celui de la dette. Ce n'était pas le moment de faire des "cadeaux fiscaux". Le faire vis-à-vis des contribuables les plus aisés n'a même pas l'excuse de relancer la consommation, sauf pour l'industie du Luxe. L'urgence était la maîtrise des dépenses publiques. On n'en a pas pris le chemin, même pas de façon symbolique ou pédagogique. Quant à la méthode, elle est vouée à l'échec, on l'a vu pour la réforme (coûteuse) des régimes spéciaux, ou par l'intention de "ne pas remplacer un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite" (ce point méritera un post spécial, pour vous expliquer cela en détail). Quant aux RGPP, n'en parlons pas (pour le moment) : cette pantalonnade fera des dégâts, alors qu'on aurait pu faire intelligent.

Le second est celui de l'unité nationale. Là où il fallait de la solidarité, on a de la division. Là où il fallait la réduction des inégalités, on les accroit. Là où il fallait de l'ouverture, pour ne pas dire du "salut public", on a eu des débauchages individuels de personnalités falottes de la gauche et du centre. L'opposition entre "racailles-glandeurs"/ "braves gens-bons citoyens" ne me va pas. Moi qui suis sans doute un "pauvre c..", ça me va.

Le troisième est la réorganisation des institutions : restauration de l'Etat régalien, rôle du Parlement, mission des collectivités locales (et leur financement).

Il a d'abord installé une pratique a-constitutionnelle, en prenant la place de son premier ministre (sans respecter ne serait-ce que la forme de l'article 20), en faisant de ses conseillers les contrôleurs des ministres, et en humiliant le Conseil Constitutionnel.

Il a lancé la commission Balladur, dont on ne sait ce qu'il en retiendra, mais dans sa pratique il ne fait rien qui aille dans le sens qu'il avait indiqué. S'il ne respecte pas l'ancienne constitution, à quoi bon en faire une nouvelle qu'il ne respectera pas non plus?


Sur des dossiers lourds, où on l'attendait, on ne voit rien. Par exemple, sur la Justice, on a eu la Commission parlementaire dite "Outreau", qui était arrivée à un quasi consensus sur la nécessaire réforme : on n'a que des lois répressives. Sur nos forces de Défense, on va à l'asphyxie par manque de moyens sans choix stratégiques clairs.

En politique étrangère, en dehors de son comportement, il fait preuve d'un amateurisme dangereux, que ne vient cadrer que son alignement atlantique. Les affaires de Lybie (au nez de l'Europe), de Syrie, du Liban me paraissent dangereuses. Je suis inquiet, et parfois honteux.

Depuis bientot un an (20% de son mandat théorique), on devrait voir au moins la direction de l'effort. Je considère qu'il n'a pas les capacités à conduire la "rupture", et que, s'il en a la volonté, il n'en a ni l'art ni la manière, et se contentera de repeindre sur la crasse, dans une suite d'actions velléitaires. Il a eu sa chance, il a laissé passer l'occasion : l'hypothèque est levée.

Mais encore?
Son comportement porte atteinte à l'image de la France. On ne gouverne pas en ayant une idée l'après midi, pour l'annoncer le soir, et faire une commission le lendemain, au nez des ministres ébahis.

On ne lance pas des réformes inattendues, comme celle de l'audiovisuel, sans en avoir parlé à personne avant, et tout cas pas pendant sa campagne, qui accroit les charges, déstabilise la TV publique et profitera trop ouvertement aux chaînes privées.

Qu'on ne me parle pas de religions, ni de valeurs, ni de "politique de civilisation", pour cacher la pauvreté de ses idées et l'échec de sa politique économique, quand on lui demande de faire marcher les affaires. Je ne lui demande pas de faire une politique de gauche, je ne lui reproche pas de faire une politique de droite, je demande qu'il en fasse bien une bonne.

Je lui reproche de me parler d'une vague religion "opium du peuple", et je le soupçonne de soutenir la $ci en**to$+$lo// gie ( j'écris comme ça pour échapper aux moteurs de recherche). Je lui reproche de dénaturer les vraies valeurs : on les proclame, et on les trahit dans son comportement : famille, travail, honnêteté, et autres.

Sa vie privée m'importe peu, et il sera beaucoup pardonné à Carla, parce qu'elle a beaucoup péché, et je ne suis pas jaloux. Mais l'utilisation qu'il en fait quand ça l'arrange a indisposé. Qu'il ne s'en prenne qu'à lui. Ses ennuis récents, à Neuilly, mais pas seulement, n'ont fait que cristalliser l'impression profonde des gens, comme quoi il y a quelque chose, dans sa pratique du pouvoir, dans son comportement au pouvoir, qui ne colle pas.

Il peut encore nuire, prendre des décisions. Il ne peut plus remonter la pente, et même s'il s'achète une conduite, c'est trop tard.

Il doit donc partir : démission ou destitution, au choix. Le plus tôt sera le mieux.

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Trop facile ces commentaires où le Président est systématiquement critiqué du matin au soir .Il n'a aucune classe , c'est vrai.Il tente quand même des réformes qui sont toujours mis à mal par le corporatisme bien français La question est de savoir entre Sarkosy et Royale que fallait il faire .Je revoterai Sarkosy sans hésiter.D'aucuns me diront Le Pen.L'Elysée n'est pas une maison de retraite pour Alzheimer Peut être un bordel,je l'accorde.
Les français sont des veaux.

leon4 a dit…

les commentaires de François ne sont pas "faciles" comme dit Anonyme.ils sont au contraire la synthèse d'observations que l'on peut faire,sans préjugé, sur notre président et qui montrent qu'au minimum ce parvenu n'a jamais su ou pu mettre en avant la seule qualité que l'on est en droit d'attendre d'un "leader": l'exemplarité du comportement. Qu'il ferme au moins la porte sur sa misère et qu'il soit digne en public.
Enfin ,son absence de culture est terrifiante, malgré les bonnes plumes de son entourage.Ceci explique peut être la versatilité de ses propos et de ses actes.

Simon a dit…

Réponse à anonyme :
C'était évident que Sarko ne ferait pas le poids malgré son brillant marketting. Voter Ségo n'aurait-il pas été préférable, vu le tournant atlantiste inquiétant de notre politique étrangère actuelle ? C'est vrai que Le Pen est agé mais Sarkosy, c'est pire : il est immature !

François a dit…

Plusieurs points :
- on peut discuter sur ce qu'il aurait fallu faire en 2007. Je pense plus interessant de savoir ce qu'il faut faire maintenant : demain commence aujourd'hui.

- Si Ségo avait été élue en 2007, elle n'aurait rien pu faire, car Sarko battu aurait été furieux et aurait laché ses chiens contre elle : TV, puissances d'argent, etc. Elle ne s'en serait pas remise. Il fallait donc que Sarko soit élu afin que l'hypothèque soit levée. A droite, il n'y aura plus, après Sarko, d'obstacle à l'émergence de vraies capacités. A gauche, ça reste à faire.

- Les réformes ne sont pas mises à mal par le corporatisme bien français : elles sont mal engagées et échouent. C'est trop facile de s'en prendre aux autres. On ne change pas en méprisant. Lisez donc "la sociologie du changement" et "l'alchimie du changement" de Francois Dupuy http://www.francoisdupuy.com/

Simon a dit…

Je suis bien d'accord. Il n'y a de salut que dans une révolution nationale ! L'UMPS des bobos et des financiers du cac40 a montré toutes ses limites.Place à la liberté d'entreprendre dans une France "française", stop au mondialisme et à l'ethnocide européen.

urbanexplorer a dit…

Ouarch... tu atirtes un drole de monde sur ton blog... Desole, mais les expressions comme France "francaise" (qu'est ce que ca veut dire?) "ethnocide" europeen me donnent la nausee!!!

Simon a dit…

Merci de vos propos courtois qui amène quelques explications :
Une france "française", c'est une france qui a céssé sa politique d'immigation massive,qui est fière de ses racines et qui arrête sa repentance masochiste tout azimuth.
L'ethnocide européen, c'est le résultat de la politique actuelle qui promeut le brassage multiethnique pour mieux en terminer avec les vieilles nations européennes sous prétexte d'un antiracisme élevée au rang d'une idéologie terroriste. Je ne sais pas si l'auteur de ce blog apprécie mes propos mais il fait preuve en tout cas de tolérance, c'est ce que j'apprécie chez lui .En attendant, bouchez vous le nez et prenez un anti émétique.

François a dit…

Enfin du sport!
Le plus amusant est que certains savent qui je suis, mais moi je ne sais qui vous êtes!
On me tutoie, mais j'ai tellement tutoyé de monde dans ma vie que ce n'est pas un critère de choix. Même Sarko me tutoierait si je devais croiser sa route (ce qu'à Dieu ne plaise, il me salirait
).
Je ne partage pas les idées de Simon ou d'anonyme, parce que tout ce qui ressemble au fascisme, même de loin, me rend instinctivement méfiant. Mais ils ont le droit de les écrire...
Tant que ça reste correct, je ne filtre pas les commentaires

chip douglas a dit…

qui est drôle le neuneu on est contre la démocratie?

François a dit…

Au contraire, je la respecte trop pour supporter qu'elle soit dévoyée.

En tout cas, merci de votre commentaire instructif.