jeudi 26 février 2009

Pavés








Vous savez sûrement comment paver une salle de bain avec des carreaux de faïence, de forme carrée ou hexagonale.

Mais n'essayez pas avec des octogones, ça ne marche pas, il resterait des petits carrés.

Aussi admirez ces pavements magnifiques : à partir de morceaux identiques, de forme assez étranges, on peut paver l'espace.

Bravo aux auteurs (pour moi inconnus) de ces curiosités mathématiques, et vivent les pavés!















(...sous lesquels, n'est-ce pas....)



mercredi 25 février 2009

Attention aux intoxications





Une forte demande en hausse serait à l'origine de graves intoxications.

Le Val-de-Grâce est en alerte maximum.

mardi 24 février 2009

Carême

Maurice, bien sûr

Deux petits éléphants

C'était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu'ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d'oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait :
Ils redevenaient d'un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d'Angkor,
Pour le mariage d'un raja,

D'un grand sachet de poudre d'or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D'un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.


Maurice Carême

lundi 23 février 2009

Do you like him?

samedi 21 février 2009

Versailles

vendredi 20 février 2009

Karcher


Maire du XXème?
Celui qui devait aller à Argenteuil?

mardi 17 février 2009

Saint Antoine

Mais lequel?

Celui, fêté le 17 janvier, dit Antoine Abbé, ou l'Ermite, né en 251 en Haute Egypte? Qui fut tenté au désert, partagea avec saint Paul Ermite le pain que le corbeau lui apportait, et qui fut peint par Mathis Grünewald sur le Rétable d'Issenhein. Vienne, en Dauphiné, et Arles se disputent l'honneur de ses reliques. Il est représenté sous l'aspect d'un vieillard barbu, avec pour attributs : le tau, la clochette, le cochon, et les flammes du "feu Saint-Antoine", qui n'était autre que le mal des ardents, causé par l'ergot du seigle.

Ou celui de Padoue, honoré le 14 juin? Plus exactement, de Lisbonne! Lisbonne où il est né en 1195, où il a fait ses études à l'Université de Coïmbra. Il est le saint national des portugais, et son nom latin est Antonius Lusitanus.

C'est un des saints les plus précieux, car il permet de retrouver les objets égarés. Pas perdus, juste égarés.

Il est mort à Padoue, en 1231, Frère Mineur, disciple de saint François, à Assise. Son hagiographie s'est répandue après le XVème siècle, calquée en partie sur celle de saint François. Par exemple, saint Antoine a prêché aux poissons, venues en masse, la tête hors de l'eau, pour écouter son sermon. Il y aurait même un tableau de Böcklin, au musée de Bâle, représentant la scène.

En Allemagne, on l'appelle Kindltoni, parce qu'il a vu l'Enfant Jésus apparaître dans sa cellule. On le reconnaît aux flammes, à la branche de lys, à l'Enfant Jésus, au crucifix fleuri, aux poissons attentifs ou à la mule agenouillée, qui l'accompagnent en souvenir de ses miracles.

L'un de ceux-ci peut vous faire trembler : un homme accusait sa femme d'infidélité, et ne voulait pas reconnaître l'enfant qu'elle venait d'avoir. Saint Antoine fut appelé à la rescousse, bénit le nouveau-né, qui s'écria aussitôt en montrant le mari de sa mère : celui-ci est mon père! Ouf!

Deux très grands saints.

dimanche 15 février 2009

Crise


Un blogger sachant blogger m'a envoyé cette photo tragique.

Après des pertes catastrophiques, mais pleine de courage, elle a décidé de travailler plus pour gagner un peu.

Si au lieu de rechigner, nos travailleurs acceptaient les postes disponibles, on n'en serait pas là.

Pour compléter ce blog, je vous invite à relire mon blog d'il y a un an.

C'était avant la crise (mais après Kerviel). Y a-t-il quelque chose à ajouter?

vendredi 13 février 2009

Infaillibilités

Errare humanum est. Certes, mais seul le pape est infaillible.

Du moins, c'est ce que l'on dit et ce que l'on croit. Erreur! Si le pape vous dit "il va faire beau demain", ça a autant de chance d'être vrai que si c'était la miss Météo de la RAI qui l'affirmait.

C'est le Concile Vatican I, malheureusement interrompu prématurément, qui a défini ce dogme dans la constitution Pastor Æternus :

« C'est pourquoi, nous attachant fidèlement à la tradition reçue dès l'origine de la foi chrétienne, pour la gloire de Dieu notre Sauveur, pour l'exaltation de la religion catholique et le salut des peuples chrétiens, avec l'approbation du saint concile, nous enseignons et définissons comme un dogme révélé de Dieu :
Le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Église, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les moeurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église.
Si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire notre définition, qu'il soit anathème. »
On pourrait même se demander quelle est son utilité, puisqu'il n'a été invoqué qu'une seule fois dans l'histoire, par Pie XII, en 1950, pour le dogme de l'Assomption. Il n'a pas été invoqué pour les Encycliques genre "Humanae Vitae", c'est dire...

Je ne contredis pas la définition, mais je fais remarquer qu'elle ne s'applique pas aux actes de gestion courante, surtout quand ils sont juridiquement signés par un cardinal, comme une levée d'excommunication par exemple.

L'argument d'Autorité est donc rarement utilisé par le Pape, et il fait bien.

En revanche, c'est à peu près la seule dialectique de notre Carliste agité. Je promets à Gandrange, ergo les promesses sont tenues. On me résiste : je vire. Quand je ne peux virer, je "béquille" les ministres.
Il a toujours raison. Il n'a pas de doutes, il n'a que des certitudes. Il vit dans son autisme et sa parano. Il faut imaginer Sarkozy heureux...

Pauvre Pape, et pauvres de nous...

jeudi 12 février 2009

Citations

Pour votre méditation...

Proust, Du côté de chez Swann, Pléiade, I, p96
une intonation spéciale, machinale et ironique

Proust, Du côté de chez Swann, Pléiade, I, p81 ...
...un air allègre, positif, indifférent et brusque de chirurgien pressé,..., et qui est le visage sans douceur, le visage antipathique et sublime de la vraie bonté.


La Reine Morte, Montherlant Acte I, tableau I, scène III (Ferrante)
Je ne sais pourquoi, chaque fois qu’on me loue, cela jette en moi une brusque ondée de tristesse… Chaque fois qu’on me loue, je respire mon tombeau

La Reine Morte, Montherlant Acte I, tableau II, scène VII (Ferrante)
Allez, allez, en prison ! En prison pour médiocrité.

La Reine Morte, Montherlant Acte II, tableau I, scène I(Alvar Gonçalvès) Quand on a commencé à avaler quelques couleuvres, fut-ce par politique, on finit par les avaler toutes.

La Reine Morte, Montherlant Acte II, tableau I, scène I (Ferrante)
Mon Dieu, ne lui pardonnez pas, car il sait ce qu’il fait !


François René de Chateaubriand
En ce temps-là, la vieillesse était une dignité ; aujourd'hui, elle est une charge.


François René de Chateaubriand En général,
on parvient aux affaires par ce qu'on a de médiocre, et l'on y reste par ce que l'on a de supérieur.


François René de Chateaubriand
L'ambition dont on n'a pas les talents est un crime...

Proust, Du côté de chez Swann, Pléiade, I p14 ...
...non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferrugineux, intarissable et glacé, toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant “ sans sonner”, mais le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers,...

Proust, Du côté de chez Swann, Pléiade, I p28
Elle possédait à l'égard des choses qui peuvent ou ne peuvent pas se faire un code impérieux, abondant, subtil et intransigeant sur des distinctions insaisissables ou oiseuses

Proust, Du côté de chez Swann, Pléiade, I p28
des tourbillons ennemis, pervers et délicieux

François René de Chateaubriand En ces temps difficiles, il convient d'accorder notre mépris avec parcimonie, tant nombreux sont les nécessiteux.

Paul Valéry
L’analyse est un moyen de se dégoûter en détail de ce qui était acceptable globalement.



mardi 10 février 2009

SOS Météores

Blake et Mortimer vous l'avaient bien dit. Et le vidage du préfet de la manche était bien un avertissement.

On nous ment, on nous spolie! Je vous explique.

Il y a LA CRISE. Malheureusement, les français s'en prennent à Sarkozy, alors qu'il n'y est pour rien. Il lui fallait donc agir.

Pour relancer l'économie, et prendre l'argent où il est, Devedjian l'a convaincu de faire payer les banques et assurances. Pour cela il fallait une tempête.

La première a bousculé tout le sud de la France, causant plus d'un milliard de dégâts, créant ainsi des dizaines de milliers d'emploi.

Le Nord, la Bretagne la Normandie ont protesté : normalement les tempêtes c'est pour eux, et au prix du porc au marché de Lesneven, il faut bien ça.

Il s'est donc mis en place un véritable complot : le directeur de la météo a été prié de faire une nouvelle tempête sur la Manche, mais il renâclait. Lui seul ayant les codes nécessaires pour activer la station de Buc, il fallait le faire plier : le préfet de la manche, justement a été viré pour l'impressionner.

Le timing était essentiel : Jégo devait rentrer à temps, pour avoir une excuse pour ne pas repartir en Guadeloupe. Pour être sûr de ça, on a fermé tous les aéroports, ce qui n'était jamais arrivé. Mais il fallait aussi que Sarko puisse partir à Bagdad. Villacoublay est resté ouvert : la tempête était programmée pour ne pas passer par là.

Fillon a râlé : il en a assez de passer son temps à compter les foyers privés d'électricité. Avant, c'était le patron d'EDF qui le faisait, maintenant c'est le premier(?) ministre. Mais évidemment, ce n'est pas lui qui décide.

Devedjian est ravi : encore un milliard pour l'économie française. Laporte n'a pas eu à quitter Val d'Isère. Tout va bien.

Les français sont manipulés. On ne dira plus la crise, mais les tempêtes, pour justifier l'impossibilité de tenir les promesses électorales.

La phase suivante sera le dynamitage de la Tour Maine-Montparnasse. Les explosifs sont en place, il ne manque plus qu'un avion pour rentrer dedans. Et Sarko? Sarko??? Il est justement dans le Golfe! Alerte! Alerte!!!

dimanche 8 février 2009

Rigolades

Il y a toujours des trucs qui me font rigoler. Chaque fois que j'y pense, je ris tout seul. C'est vraiment bête, et j'ai vu qu'il y avait sur Facebook un group consacré à cette maladie.

L'autre jour, je vois que M Williamson dit qu'il attend des "preuves" avant de se rétracter sur la Shoah, et que ça va prendre du temps.... Depuis, je me dis que je m'inscris à sa "fraternité" dès que ce monsieur m'aura donné des preuves de la Résurrection! Et ça me fait rire tout seul! Attention, des vraies preuves, pas des ouï-dire de "juifs" douteux, perfides et illettrés, ni de la propagande des impérialistes romains. Je me dis que c'est encore une idée de m..., mais ça me fait rire.

Il a dit aussi que l'embêter là-dessus, c'est un "complot" contre le pape! Pour créer des ennuis au pape! Je n'avais pas pensé à ça, et ça me fait rire aussi. Critiquer Sarko, c'était peut-être un "complot" anti-Bush, à mériter Guantanamo??? Heureusement, je garde mes vieillles chaussures, ça peut servir.

Il y a aussi l'inimitable Frédéric Lefèvre, qui est député parce que Santini est ministre, et lycée de Versailles.
"La dénonciation est un devoir civique" a-t-il affirmé. Le nombre de gens que je vais pouvoir dénoncer! Dans la rue, je les compte : ceux qui crachent par terre, et ceux qui ne traversent pas dans les clous. Ceux qui dorment par terre, ceux qui ne veulent pas aller dans les abris quand il fait froid.
Si on peut dénoncer pour bêtise, démagogie, inculture, alors on n'a pas fini. J'y pense tout le temps, et ça me fait rire à penser à la tête des policiers quand je vais aller les voir avec tout ça.

Finalement, plus c'est gros, et mieux ça passe!

vendredi 6 février 2009

Sarko screwed up once more

Si vous suivez l'actualité, vous savez traduire le titre.

Mon "petit m'as-t-vu", comme dirait Ségo, causait dans le poste hier devant des "journalistes assermentés", comme a dit Jean-Michel Apathie, furieux de ne pas en être.

Ce qui était frappant, c'est le décor. On avait déjà vu cette disposition, dans la salle des fêtes, table moderne devant des draperies et boiseries rouge et or. Mais les jardins étaient illuminés d'un bleu sombre. Le bleu est certes la couleur préférée des français (50%), mais elle est froide. Le rouge est chaud, mais c'est la couleur de l'interdiction, des tabous, du sang. Et l'or! Monsignor, c'est l'or!

Alors mon mignon ressortait drôlement, sur fond bleu glacier de nuit, rouge et or à droite, bleu, blanc, rouge à gauche. Pour le reste, que voulez-vous que je vous dise...

La "plus grave crise depuis un siècle"? Il aurait pu dire 2 siècles tant qu'il y était, car je n'en vois pas vraiment entre 1788-1793 et 1909. On a eu le franc germinal, on a payé sans sourciller les dommages de la guerre de 70. Après 1909, on a eu la guerre de 14, la crise de 23, de 29, etc., qui donc ont été moins pires. Bigre : il eût fallu être à la hauteur de l'événement.

Face à ses défis, il ne nous propose que de la politicaillerie, sans doute parce qu'il n'y a que ça qu'il connaît.

Un exemple : l'Europe va aller unie au G20 pour faire le nouvel ordre mondial. Bien! Et il va s'en charger, avec une marge de négociation "égale à zéro". Il va se trouver des alliés, donc. C'est sans doute pour cela que pratiquement dans le même paragraphe, il se paie la tête et flingue les Tchèques ("qui font ce qu'ils peuvent, c'est à dire pas grand chose"), Angela Merkel (à qui on va piquer la centrale à CO2 pour Gandrange), Gordon Brown (qui rate tout ce qu'il fait),le Luxembourg ("paradis fiscal"), les espagnols (dont l'économie est ruinée).

Je suis sûr que ses nouveaux amis auront apprécié et vont tout faire pour l'aider, maintenant, à diriger le Monde. Belle stratégie, qui commence par une balle dans le pied!

Et tout est comme ça... Il faudra bien qu'il assume un jour tout ça.

Et rien sur le bouclier fiscal! Il aurait pu prendre exemple sur le Vénéré pape Benoît XVI qui n' attendu que 15 jours pour faire ce que tout le monde demandait : mettre les réintégristes au pied du mur, en leur demandant clairement s'ils sont "dedans", avec ce que cela implique, ou "dehors". Ça, c'est clair, et je comprends.

mercredi 4 février 2009

5 février

Le 5 février est une grande date pour moi.

C'est d'abord l'anniversaire d'un frère bien aimé, le petit dernier, le préféré de sa maman. C'est un 5 février que j'ai vu, pour la première fois un bébé de moins de 24 heures. Ensuite on s'y habitue, mais la première fois, on se demande comment ça fonctionne et on n'ose pas y toucher. Tant de potentialités dans un machin de 3 kg!

C'est ensuite la fête d'une belle-sœur adorée. La sainte-Agathe! Très utile, sainte Agathe : elle protège des incendies, et il faut toujours avoir un ex-voto à son intention punaisée dans les greniers. Vous pouvez économiser l'assurance.

Enfin, c'est l'anniversaire d'une belle visite à Abou-Simbel, qui commença tôt et finit à l'hôpital d'Assouan, vertèbre brisée. On m'aperçoit dans le bus, au dessus de la roue arrière du bus, attendant les secours, dont je ne serai pas déçu. Rien d'étonnant là-bas : ça arrive tout le temps.

Oserais-je dire que ce fut une des meilleures périodes de ma vie? L'expérience des hôpitaux -surtout quand on n'en voit que les plafonds, et que ça finit bien-, est irremplaçable. Si les médecins savaient...

mardi 3 février 2009

Abolition

Intéressants, ces 2 téléfilms sur l'abolition. Bon, c'est très badinterophile, avec un Charles Berling postillonnant un peu trop. En prime, la semaine dernière, Christophe Hondelatte nous racontait l'affaire Ranucci. La jeune génération n'a sans doute pas perçu tout ça.

Il faut se remettre dans l'époque, identifiée par le cri de Roger Gicquel "La France a peur!" C'était l'affaire Patrick Henry, en 76.

J'avais un peu oublié l'affaire Buffet-Bontems, sinon que Pompidou les avait fait exécuter sous la pression et les menaces des syndicats pénitentiaires. Seulement voila, pendant la prise d'otages, Buffet avait commis le crime, chargé Bontems qui "n'avait pas de sang sur les mains". Bontems aurai dû être gracié, si ce n'avait été la politique.

Et puis l'affaire Ranucci . Un gamin de 22 ans, arrogant, se défendant mal, est condamné à mort après une enquête bâclée, sans preuves, et un procès expéditif. Giscard (76) finalement ne signe pas la grâce, en raison de crimes d'enfant qui ont lieu en même temps et qui affolent "l'opinion publique". Encore la politique... L'ennui, c'est que ce gamin est sans doute innocent. Ce qui veut dire que le véritable assassin de la petite Maria-Dolorès court toujours...

Badinter sauve la tête de Patrick Henry, contre toute attente. Il ne plaide pas pour le criminel, quasiment indéfendable, mais contre la peine de mort en tant que telle. Ce qui est terrible, c'est qu'il était bien plus "coupable" que Ranucci.

En 77 Giscard fait exécuter encore 2 condamnés, qui seront les derniers en France, avant l'abolition de 1981.

On a eu droit aux arguments classiques contre la peine de mort : elle n'est pas dissuasive, elle est irréversible, etc. Mais le plus fort, auquel je n'avait pas pensé, est qu'elle est réclamée par la foule instinctivement, par horreur de la part horrible qui est en tout homme, qui a pris le dessus chez les criminels, et qui pourrait apparaître chez chacun, si des circonstances la faisaient ressortir.

Le refus de la peine de mort est donc vraiment un effort "intellectuel" à faire contre notre inconscient. QI contre QE( Quotient Emotionnel)

Moïse avait innové avec la loi du talion :" oeil pour oeil" veut dire exactement "oeil -mais pas plus- pour oeil". C'est déjà beaucoup demander... Le christianisme demande plus encore : le pardon. Mais il y a des cas où c'est vraiment l'impossible. Alors la peine de mort...

Mais imaginez qu'elle n'ait pas été abolie en 1981 : voyez l'usage parfaitement démagogique et populiste que Sarkozy aurait pu en faire...

J'en tremble.

lundi 2 février 2009

Les Oiseaux


Vous avez peut-être vu, ou revu, les Oiseaux, d'Alfred Hitchcock, hier soir sur Direct8, la TV bien pensante de M Bolloré, qui a eu le droit de s'embarquer sur la TNT.

Tout est fait pour qu'on ait peur, mais jamais on ne nous dit pourquoi les oiseaux, de toutes espèces, se mettent à attaquer les hommes.

La tradition veut que l'arrière plan du film illustre la haine de la mère possessive contre tout jupon qui pourrait venir lui prendre son fils. Un thème hitchcockien récurrent.

Divers éléments permettent une autre lecture.

D'abord la scène célèbre, appelé "le plan de Dieu" : nous sommes très haut dans le ciel, nous voyons la ville en feu et les habitants courant en tous sens... Et puis, une mouette, puis deux, trois, passent par dessus notre tête en planant, regardant le désastre, puis se précipitant pour participer à la curée...

Ensuite, la crise de nerf de la mère de famille dans le restaurant : elle accuse Tippi Hedren d'être la cause du comportement agressif des oiseaux, car ça a commencé quand elle est arrivée à Bodega Bay. "Vous êtes le Diable!" On comprend qu'au Moyen-Age, elle aurait été immédiatement brûlée comme sorcière.

Enfin, la vieille ornithologue explique que ces oiseaux ne sont pas assez intelligents pour préméditer des méchancetés, et qu'ils ne sont que désorientés la nuit par un brouillard. La Nuit et le Brouillard"? Et pourtant, "ils observent, se rassemblent et attaquent". On peut être bête et méchant.

Aussi, je pense qu'on peut y voir une métaphore du mal qui s'abat sur le monde. Le fameux "plan de Dieu" serait plutôt "le plan du Diable". Certains en meurent, tous sont frappés. On peut vivre avec quelques corbeaux, mais pas avec des milliers. Le processus de fabrication du "bouc émissaire", typique des sociétés primitives, cher à René Girard, est particulièrement décrit.

Ceux qui fuient sont perdus, et ceux qui pensent s'en sortir en barricadant portes et fenêtres s'illusionnent : la nuit sera longue. Le salut est pour ceux qui courageusement affrontent le danger, se fraient un passage au milieu des monstres, vers la sortie que montre le soleil levant, à l'Est.

Je ne peux m'empêcher d'y voir une illustration des événements récents.