lundi 25 mars 2019

Toutânkhamon : nouvelles révélations!

L'exposition qui vient d'ouvrir est déjà saturée, comme on pouvait s'en douter, mais par crainte sans doute du ridicule, les organisateurs ont déclenché la plus fantastique opération de comm jamais réalisée : publicité sur les bus, émission spéciale avec Stéphane Bern, numéros spéciaux de Connaissance des Arts et de Télérama, j'en oublie sans doute.

Et on retrouve partout les mêmes clichés : il est mort jeune, on a pilonné son nom après sa première mort (la deuxième sera quand on ne prononcera plus son nom sur terre), une malédiction s'est abattue sur les inventeurs de sa tombe. Visiblement, comme souvent, les journalistes délayent le même dossier de presse à leur sauce.

Je vais donc vous donner quelques informations que vous ne trouverez pas ailleurs. Ne me remerciez pas, c'est cadeau.

1 Son nom n'est pas Toutânkhamon, du moins ce n'est pas son nom de naissance.

  • Son nom d'Horus est  Kanakht, Toutmesout, Taureau puissant, Celui dont les naissances sont complètes.
  • Son nom de Nebty est  Neferhepou, Segerehoutaouy, Sehetepounetjerounebou, Celui dont les lois sont parfaites, Celui qui apaise les Deux Terres, Celui qui satisfait les dieux.
  • Son nom de Nesout-Bity est Nebkheperourê, Rê est le seigneurs des devenirs
  • Son nom de Sa-Ré :Toutânkhamon, Heqaiounouresy, Image de la vie d'Amon, Le souverain d'Héliopolis du sud, mais, à sa naissance, c'était Toutânkhaton, comme le voulait son papa, Aménophis IV, Amenhotep IV comme on dit maintenant ou Akhenaton, comme il avait choisi qu'on l'appelle.
 Toutânkhamon, ça s'écrit comme ça :
Vous pouvez l'appeler comme vous voudrez, il comprendra. Mais on utilise Toutânkamon parce que ça permet de faire des plaisanteries : Toutencamion, Toutencarton, Toutenmacron (Laurent Joffrin dans Libé), etc.

2 Il est mort jeune, mais de quoi? Il semble établi que ce n'était pas la syphilis, qui n'est apparue en Europe et dans le bassin méditerranéen qu'au XVIème siècle de notre ère. C'est un peu compliqué, parce que les grands prêtres ont un peu cochonné sa momification, donc il serait mort d'une fracture de la jambe, à moins que ce ne soit un pied bot. 

3 On nous dit que sa tombe ( la KV 62) était inviolée, ce qui est faux. Elle a été pillée dans l'antiquité, (les faits sont prescrits, Rê merci!), mais les voleurs ont été dérangés, ils ont tout laissé en désordre, les gardiens ont rebouché la tombe espérant que personne ne la retrouverait pour le leur reprocher.

le reste, vous le trouverez dans votre journal, ou au musée du Caire (le nouveau, quand il sera ouvert).

Comme ils sont beaux!








lundi 11 février 2019

Quel jour sommes-nous?

Il est bon de se poser la question de temps en temps.

Ma montre me dit qu'il est 16 h 25 le 11 février 2019, mais tout est conventionnel.

L'heure est "légale", c'est-à-dire qu'on est en dictature, c'est le gouvernement qui fixe l'heure, l'heure d'hiver en l’occurrence. Ce n'est pas l'heure du soleil, ni le GMT (Greenwich mean time), ni le TU (temps universel), ni le TT (temps terrestre).

Le jour, le mois, l'année, c'est le pape. Ou plutôt c'était le pape, en France jusqu'en septembre 1792, puis les différents régimes qui se sont succédé, (pas de "s" à succédé, c'est un verbe intransitif), mais en gardant la règle du pape Grégoire XIII définie dans sa bulle inter gravissimas. Le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 (dans le calendrier  julien) a été baptisé vendredi 15 octobre 1582 (calendrier grégorien). Il fallait compenser l'écart historique entre l'année moyenne (estimée à 365.25 jours) et l'année tropique (repérée par rapport à des étoiles fixes, plutôt 365.2425 jours).

Le calendrier julien, lui, a été fixé par Jules César. Mais il comptait les années à partir de la fondation de Rome Ab Urbe Condita AUC. Plus tard, vers 527, Denys le Petit introduisit l'Anno Domini AD, posant que le Christ était né le 25 décembre de l'an 753 AUC, et l'an 1 censé commencer le 1 janvier 754.

Mais l'année précédente était l'année -1, et non pas zéro. Donc on se trompe d'une unité quand on compte les années entre deux dates.

C'est pour cela qu'il y a le calendrier julien des astronomes, dont le début est le 1 janvier -4713 av JC à midi, et en comptant une année zéro. Nous sommes donc le 2 458 526ème jour julien.

Il n'y a pas que nous. Les coptes  utilisent l'ère de Dioclétien, qui commence en 284 du temps julien.
Les musulmans comptent à partir de l'Hégire : le 1 Mouharram de l'an 1 correspond au 16 juillet 622 julien.
Les israélites ont l'ère judaïque dont le 1 Tisseri de l'an 1 coïncide avec le 7 octobre -3 760.

Nous sommes donc le 11 février 2019 grégorien, le 30 janvier 2019 julien, le 5 Djoumada-t-Tania 1440 musulman, le 6 Adar 5779 israélite, le 4 Amchir 1735 copte.

Mais si vous êtes habillé en jaune, peut-être préférez-vous dire qu'on est le 9 pluviôse 227. Toujours en jaune, les chinois sont en année  JiHài , le 8 du mois Lichun.

Quant aux gilets jaunes, ils peuvent compter à partir du 17 novembre 2018, ça n'empêchera pas la terre de tourner.

mercredi 23 janvier 2019

Tèlangpu

Vous en avez assez de l'illettrisme des gj? Oui, moi aussi, et je regrette d'avoir tant payé d'impôts toute ma vie pour leur payer l'école jusqu'à au moins 18 ans, quand on en voit les résultats...

Parlons d'autre chose : quand vous êtes en affaire avec la Chine, un de leurs nombreux habitants vous choisit un nom chinois, plus ou moins phonétiquement ressemblant avec votre patronyme, il vous donne aussi les idéogrammes correspondants, et c'est alors que vous pouvez constater le sens donné à votre nom chinois.

Ce n'est toujours pas sans surprise : je tiens de source sûre qu'un américain, businessman s'il en est, s'est vu attribuer un nom qui voulait dire plus ou moins "supermarché pas cher", ce qui faisait éclater de rire tous les chinois à qui il donnait sa carte de visite.

On ne se méfie jamais assez.

Par exemple :特朗普 ou Tèlangpu en pinyin, c'est Donald Trump, ce qui veut dire, à peu près "exceptionnel, brillant et universel". Ça a dû lui faire plaisir (c'est le but).

Et 吗克宏, c'est Emmanuel Macron, Makèhong, "cheval capable d'être grand" (comme on dit la "grandeur de la France"-.

默克尔 Mokè'er :Angela Merkel "celle qui garde le silence".

拉法兰 notre sinologue préféré , Jean-Pierre Raffarin, Lafalàn " qui porte la loi comme une belle orchidée" (enfin, presque).

Et même Jean-Marie est connu : 勒庞 Lé Pang, "énorme bretelle". Ça marche aussi pour Marine et Marion.

Vous avez remarqué : ils évitent le son "r". Amusant, non?

samedi 12 janvier 2019

Encore un effort, Monsieur le Président!

Il parait que, dans la fange de Facebook où se roulent les gilets jaunes, on ne parle que d'un objectif : pousser le président à la démission. Il n'est plus question de taxes diesel, de Smic, de RIC, d'ISF, de constituante...

Non, à les entendre, l'élection de 2017 a été "volée", par Rothschild, par le lobby juif ou LGBT, par la finance internationale, et j'en passe. Donc il doit démissionner. CQFD.

J'espère bien qu'il n'en fera rien. L'élection n'a pas été "volée", elle est due en grande partie à une analyse assez juste comme quoi la société était fracturée, et qu'il fallait la "réparer". De ce constat sortait un plan d'action de 5 ans, logique et efficace, pour réparer 30 ans d'inactions et de lâchetés de ses prédécesseurs.

Mais ça a pété avant qu'on en voit les résultats, ce qui justifie a posteriori l'analyse de 2017. Mais de là à en conclure qu'il faut en revenir à la situation ante quem, il y a un contresens absolu.

Mais la logique n'est pas le fort de ces brûleurs de palettes sur ronds-points, du moins leurs "représentants" que les média nous font écouter en boucle. On est dans l'irrationnel absolu. Dans un happening permanent. N'importe nawak est devenue la vérité. Et l'affaire de la cagnotte montre à quel point ce pays a perdu la tête.

Toutes les revendications initiales ont été satisfaites. Les lois ont été votées, pour 10 milliards d'euros, sans qu'on sache qui les paiera. Et bien ce ne sera pas moi.

Presque toute ma "fortune" vient de mon travail, des études que j'ai faites, des postes de responsabilités que j'ai exercés. J'ai élevé des enfants qui à leur tour contribuent à la richesse du pays, et qui sont eux aussi rackettés à cause de leur réussite. Je paie l'impôt sur le revenu à un niveau qu'aucun gilet jaune ne peut imaginer. Je paie (je payais avant le 1 janvier 2019, depuis je suis "prélevé")  le déficit de la sécu, de la SNCF, et autres. Je paie des fonctionnaires. Je paie le RSI, les allocs, l'armée, et même les flics.

Et ce n'est pas tout. Ma retraite est depuis 10 ans en baisse continuelle en "net". Et tout augmente. Le timbre, le ticket de métro, l'EDF (je paie aussi Flamanville, au diable l'avarice, et les éoliennes de Noirmoutier). Et je donne à des associations, pas assez certes, mais quand même. J'ai augmenté mes dons en 2018, puisqu'il parait que l'arrêt de l'ISF a tari leurs ressources. Qui m'en remercie? Pas les gilets jaunes en tout cas. Je ne crois pas que beaucoup de gilets jaunes fréquentent les soupes populaires : on n'entend pas ceux qui n'ont d'autres choix, et on n'entend pas les gilets jaunes les défendre.

Alors ça suffit. Pour moi aussi, les dépenses contraintes augmentent, et le revenu disponible diminue. A quoi cela a-t-il servi que je travaille? J'aurais mieux fait d'aller casser des banques et brûler des péages.

Et quand M Macron dit qu'il faut faire des efforts, tout le monde lui tombe dessus. Alors, encore un effort, M Macron, sinon, moi je n'en fais plus, et j'irai casser aussi.

A bon entendeur, salut!

jeudi 13 décembre 2018

Cahier de doléances

Marion, dite Marine, Aliot l'a dit : "ce n'est pas un attentat qui va ralentir la révolte des masses laborieuses et ralentir la lutte des classes jusqu'à la victoire finale". De son côté, M Méchancon déclarait que la lutte devait continuer jusqu'à l'extermination de tous les indésirables qui nous envahissent.

Donc, j'ai préparé mon cahier de revendications, de doléances comme on dit depuis 1788, au cas où le grand débat national passerait par chez moi.

A J'exige de façon urgente et impérative la construction d'un tramway direct entre Paris-Place d'Italie et Le Chesnay-Place de la Loi. Ne me demandez pas pourquoi, c'est pour un ami. Cette cause justifie le blocage de tous les ronds-points jusqu'à l'inauguration.

B J'exige des excuses de la SNCF en général et de Mme Morano en particulier (pour avoir fait ça), pour la très mauvaise gestion des cartes de familles nombreuses. Faire remplir un pdf en ligne, le faire imprimer chez soi pour le leur  renvoyer pour qu'ils puissent en faire une lecture optique, c'est le processus le plus bête que j'ai jamais vu. Et en plus, faut payer : c'est une atteinte intolérable aux droits des familles nombreuses, destinée à les faire tomber en désuétude. Et changer le format, elle ne rentre dans aucun portefeuille.

C Je demande gentiment la dissolution de la Préfecture de Police de Paris. Non seulement ils ne sont pas très efficaces, mais de plus, ils s'occupent de nos formalités quotidiennes (carte d'identité, passeport) d'une manière à nous dissuader de demander - mais on nous fait comprendre de dire "perdu" plutôt que "volé"... Et quand on pense que c'est le même service qui s'occupe à la fois de l'ordre public et de la circulation, il ne faut pas s'étonner que des rues soient barrées sans motif, sans itinéraires de déviation, comme ça :

Et si on peste, on est foutu en GAV pour rébellion. Facile!

D Pour Madame Hidalgo! Ah madame Hidalgo : un cahier ne suffira pas. D'abord, qu'elle ne se représente pas, ce sera déjà ça. Qu'elle arrête ses chantiers minables et interminables sur tous nos trottoirs et dans toutes nos rues (elle doit croire qu'en voyant des travaux, on va croire qu'elle est efficace). On veut des bus, notamment il faut doubler les fréquences sur le 27, 57, 67, 64, 83.

E Il faut supprimer le subjonctif. Si un gilet jaune dit "après qu'on soit", et bien il a le droit. Et s'il écrit "bien qu'il est un gilet", il a le droit aussi.

F Et bien sûr, plus d'allocs, moins d'impôts, et de l'essence à gogo. Mais là, je sais que je ne suis pas très original.

Bisous, bisous.


vendredi 7 décembre 2018

La f(r)acture française, par Gilles et John

Je reçois le message suivant :

Cher François,

La révolte populaire, dite des gilets jaunes, était prévisible, justifiée, et pour ainsi dire, inéluctable. Je vous explique :

En 2008, à la suite de tripatouillages financiers de nos amis américains, appelés "subprimes", il y a eu une grave crise financière qui grâce au procédé maintenant connu de la "titrisation", a gangrené nos banques européennes. On peut y ajouter la crise grecque, qui grâce à Goldman Sachs, a pu tripoter ses comptes.

Dans cette crise, on peut estimer à 600 milliards d'euros la perte  que nos banques, attirées par l'argent facile à gagner, ont accumulée. Que croyez-vous qu'il arriva? M Sarkozy a sauvé la France, ou plutôt la finance française, en prenant à notre charge les 600 milliards d'euros. C'est-à-dire que notre dette a augmenté de 600 milliards d'euros. Tout cela est public et vérifiable.

En Grèce, il y a eu un plan de rigueur dont on n'a pas idée, mais on s'est consolé en se disant que c'était normal qu’ils  paient leurs erreurs. Et c'est un Mélanchon grec qui s'est chargé du sale boulot, les autres s'étant défaussés.

Aux USA, les anciens de Golman Sachs, notamment le Directeur du Trésor de Bush N° 43, a laissé tomber Lehmann Brothers, en victime expiatoire, et avec l'idée que cela ferait un concurrent de moins. Et pour boucher le trou, ils ont imprimé des dollars, ce qui, comme monnaie universelle, ne leur a coûté que le prix du papier, et creusé un déficit que les chinois ont acheté.

En France donc, on nous a dit que le problème était réglé. On n'a pas même fait tomber une banque pour l'exemple (j'aurais bien vu la BNP, ou à défaut la Société Générale), non on a juste fait comme s'il ne s'était rien passé.

Donc, depuis 2008, nos gouvernants ont une patate chaude, parce que ces 600 milliards d'euros partis en fumée, il faudra bien un jour les rembourser. Soucieux de son hypothétique réélection, Sarkozy n'a pas bougé. Et Hollande, partisan de la chèvre ET du chou, a passé le temps à peu de choses : des augmentations d'impôts, qu'on croyait destinés à financer du social, des hausses de taxes sur l'essence pour compenser le piteux abandon des portiques demandés par les bonnets rouges bretons, et j'en passe, et des pires. De bouts de ficelle en petits sparadraps, le pauvre Hollande n'avait à proposer que sa bite et son couteau (pardon pour la grossièreté, mais c'est l'image la plus appropriée). La France partait à vau-l'eau.

Il faut bien reconnaître que deux candidats à la présidentielle avaient fait un bon diagnostic, mais proposé des solutions différentes : 

François Fillon voulait faire payer, beaucoup payer, par sa hausse de la TVA, ce qui avait l'avantage, pour lui, de faire payer surtout les pauvres, parce qu'on ne paie pas de TVA sur l'argent qu'on épargne, et pour cela il faut gagner assez pour vivre et pour mettre de côté. Cette "violence sociale" a été ensuite occultée par les petits ennuis causés par le travail de Pénélope, si bien qu'on a oublié ce à quoi on a échappé. Mais M Wauquiez ferait bien de s'en souvenir.

Emmanuel Macron a proposé une nouvelle approche politique, qui ne se voulait ni de droite ni de gauche, mais efficace. Une trajectoire budgétaire rigoureuse, avec la libération de la croissance économique et le changement de l'image de la France dans le monde, dont la suppression de l'ISF et la modification (à la marge) du Code du Travail étaient les outils. Il a été élu sur cette promesse, contre les différents populistes qui, eux, proposaient de nier la dette en sortant de l'euro et de l'Europe.

Mais voilà : le général victorieux a vigoureusement éperonné son cheval, lequel s'est révélé être une haridelle épuisée, qui à la suite d'une erreur qu'un politicard n'aurait pas faite, s'est cabrée : on n'annonce pas une taxe sur l'essence quand les prix sont au plus haut.

Et faute d'avoir su, ou pu, éteindre les premières braises avec un simple seau d'eau, le voilà confronté à une crise généralisée où l'on exige tout et son contraire, le beurre, l'argent du beurre et la crémière, la suppression des taxes et des impôts, l'augmentation des dépenses, le référendum révocatoire, et bien d'autres choses encore ( 2 passages du facteur par jour, "comme avant", des bus partout, pas de glyphosate dans les légumes -sauf pour les agriculteurs, un médecin et trois infirmières, un bureau de poste et une banque à côté de chez soi, etc.)

Le gouvernement a raison dans son analyse : c'est le bilan de 20 ans d'inaction, plus exactement depuis l'élection de Chirac sur le thème de "fracture sociale", et le résultat de 10 ans d'esquive sur les  600 milliards de dette. Il a fait quelques boulettes, dont celle de faire confiance à la maison Poulaga pour rétablir l'ordre : elle n'aura réussi qu'à se faire détester, une fois de plus : la plupart des CRS sont pro-RN, et ça s'est vu.

Mais maintenant c'est à lui de se débrouiller. Le travail de sape de Mélanchon, de Wauquiez et de Le Pen a payé : à force de l'injurier pour des bricoles, (l'affaire Benalla par exemple, qui aurait dû se conclure par la dissolution de la PPP), ils ont réussi, sous le titre de "président des riches", à lui faire endosser un costard qui n'est pas le sien. Quand on voit, sur un beau bâtiment du Bd Haussmann, un tag vengeur "Crève Macron", ou sur une pancarte tenue par une dame respectable en gilet jaune : "Macron, baise ta vieille, pas les vieux", on se dit que mai 68 a été un joyeux pique-nique printanier en comparaison. Le peuple s'est révélé être en ce cas une populace.

Les barrages sur les ronds-points sont exaspérants, et on peut comprendre ceux qui pris par une urgence sont tentés de foncer dans le tas. Faute de formes de protestation adaptées, il fallait s'y attendre. Et puis sont arrivés les charognards : les identitaires et les black-blocs, décidés à en découdre, soutenus et encouragés par le RN et la FI, copains comme cochons pour vandaliser l'Arc de Triomphe et chanter la Marseillaise autour de la "dalle sacrée", bien avinés selon les témoignages. 

Dans ces circonstances, tout peut se passer, tout peut arriver. Emmanuel Macron n'a pas eu assez de temps pour que sa politique porte ses fruits, et c'est triste. 

Ce qui est certain, c'est que les pauvres sont vraiment pauvres, et  vraisemblablement ils le resteront (cela ne me réjouit pas et ne me contente pas). Que ceux qui auront réussi à torpiller la seule politique intelligente qu'on ait eue depuis 30 ans, sont en bonne position pour en tirer les marrons et nous précipiter, soit dans un fascisme "mou" , soit dans une révolution à la vénézuélienne, dans les deux cas dans la catastrophe. Leurs mandants sont prêts à tout gober, c'est le moment qu'ils attendaient. Les tricoteuses sur leurs passages cloutés auront un moment de bonheur à l'idée du rétablissement de l'ISF, et les irresponsables n'auront qu'à constater que le fric quitte la France, et que la situation commence à ressembler à celle de la Grèce.

J'ai été bien long, cher François, mais la situation est complexe, la raison a déserté l'espace public, les faits ne sont plus que des opinions, un post sur Facebook annule tout rationalité. Gardez espoir, mais partagez cette lettre sur votre blog, je vous en remercie.

Cordialement (sic)

Gilles et John

dimanche 4 novembre 2018

Souvenirs de mon Grand-Père : le 11 novembre 1918

Les commémorations ont commencé, et je me souviens....


              Des mois passèrent encore, quatre ou cinq, de ces mois qui précèdent une victoire et pendant lesquels on doute ou espère tour à tour.

            J’avais quitté Maison-Blanche et j’étais chez moi, partageant comme je pouvais mon temps entre le fauteuil de mon père et celui de mon frère, chez qui j’avais presque élu domicile car ma belle-sœur considérait que ma mère ne saurait me donner une nourriture convenable. Je sortais assez souvent et je ne manquais guère d’occasions ni d’invitations.

            Pour ne pas allonger vainement ces lignes, j’en viendrai tout de suite au jour de l’armistice, mais le récit que j’en ferai sera très bref et uniquement pour la raison que j’en donne ici.

*
*       *

            Ce matin-là, j’ai quitté d’un bond le fauteuil dans lequel je m’étais installé. Depuis le matin courait le bruit que l’armistice serait signé dans la journée. Or je venais d’entendre les cloches et c’était cela qui me mit d’un saut sur le seuil du 5 de la rue F. de Neufchâteau, au contact de la rue. Il était onze heures, exactement. Toutes les cloches de la capitale battaient et, en prêtant l’oreille, on pouvait surprendre les notes puissantes et graves de la Savoyarde. Mon cœur battait comme devait battre, en ces instants-là, tout le cœur immense et innombrable de la France.

            Des camions montés par des Américains quittaient le gymnase Japy en donnant éperdument du klaxon. Des cris et des chants me parvenaient de toutes parts. Des gens dévalaient les escaliers précipitamment, se réunissaient devant les portes et s’en allaient grossir des cortèges qui parcouraient déjà le boulevard Voltaire, en marche vers le centre de la capitale. Le canon, sans doute celui du Mont Valérien, tonnait.

            La Madelon répondait à la Marseillaise et la Marseillaise répondait à la Madelon. La Victoire libérait les âmes de l’angoisse et les corps des servitudes quotidiennes. La Victoire devait planer très haut dans le ciel, soulevée par d’immenses ailes d’or.

            Et c’était fini, enfin fini, la guerre. On ne pouvait pas encore tout à fait croire la réalité bouleversante. On avait envie de pleurer et de rire à la fois, mais on ne savait pas très bien si l’on souffrait de trop de bonheur ou si l’on frémissait de joie en souffrant. Je ne sais plus de quoi se composait un tel moment, qui ne pouvait se traduire que par un besoin de sortir dehors, de marcher avec n’importe qui, d’aller n’importe où, pourvu qu’il y ait beaucoup de monde et beaucoup de bruit.

            Je me suis avancé jusqu’au boulevard Voltaire, où quelqu’un prit le temps de dire qu’une boulangère de la rue de Belfort ne cessait de sangloter à cause d’un mari qu’elle avait perdu depuis peu à la guerre.

            Ma vue avait baissé sérieusement depuis quelques semaines et je m’aperçus plus particulièrement, en ce jour inoubliable, qu’elle ne me permettrait plus désormais de me diriger seul dans la rue.

            Je rentrai donc non sans peine dans la loge d’où je venais de sortir et cela non sans me heurter à des personnes qui couraient sans prendre garde à ma démarche hésitante.

            La Victoire était là tout de même et elle m’exaltait comme une récompense suprême et tellement attendue.

            J’avais regagné mon fauteuil et j’écoutais tinter des cloches encore. L’une d’elles, me semblait-il, sonnait comme un glas.
           
ED

Le dernier point sur les vaccins

Hier 14 juin 2021, le Président Macron tenait une conférence de presse à l'issue du conseil de l'OTAN, et de sa conversation avec...