Marion, dite Marine, Aliot l'a dit : "ce n'est pas un attentat qui va ralentir la révolte des masses laborieuses et ralentir la lutte des classes jusqu'à la victoire finale". De son côté, M Méchancon déclarait que la lutte devait continuer jusqu'à l'extermination de tous les indésirables qui nous envahissent.
Donc, j'ai préparé mon cahier de revendications, de doléances comme on dit depuis 1788, au cas où le grand débat national passerait par chez moi.
A J'exige de façon urgente et impérative la construction d'un tramway direct entre Paris-Place d'Italie et Le Chesnay-Place de la Loi. Ne me demandez pas pourquoi, c'est pour un ami. Cette cause justifie le blocage de tous les ronds-points jusqu'à l'inauguration.
B J'exige des excuses de la SNCF en général et de Mme Morano en particulier (pour avoir fait ça), pour la très mauvaise gestion des cartes de familles nombreuses. Faire remplir un pdf en ligne, le faire imprimer chez soi pour le leur renvoyer pour qu'ils puissent en faire une lecture optique, c'est le processus le plus bête que j'ai jamais vu. Et en plus, faut payer : c'est une atteinte intolérable aux droits des familles nombreuses, destinée à les faire tomber en désuétude. Et changer le format, elle ne rentre dans aucun portefeuille.
C Je demande gentiment la dissolution de la Préfecture de Police de Paris. Non seulement ils ne sont pas très efficaces, mais de plus, ils s'occupent de nos formalités quotidiennes (carte d'identité, passeport) d'une manière à nous dissuader de demander - mais on nous fait comprendre de dire "perdu" plutôt que "volé"... Et quand on pense que c'est le même service qui s'occupe à la fois de l'ordre public et de la circulation, il ne faut pas s'étonner que des rues soient barrées sans motif, sans itinéraires de déviation, comme ça :
Et si on peste, on est foutu en GAV pour rébellion. Facile!
D Pour Madame Hidalgo! Ah madame Hidalgo : un cahier ne suffira pas. D'abord, qu'elle ne se représente pas, ce sera déjà ça. Qu'elle arrête ses chantiers minables et interminables sur tous nos trottoirs et dans toutes nos rues (elle doit croire qu'en voyant des travaux, on va croire qu'elle est efficace). On veut des bus, notamment il faut doubler les fréquences sur le 27, 57, 67, 64, 83.
E Il faut supprimer le subjonctif. Si un gilet jaune dit "après qu'on soit", et bien il a le droit. Et s'il écrit "bien qu'il est un gilet", il a le droit aussi.
F Et bien sûr, plus d'allocs, moins d'impôts, et de l'essence à gogo. Mais là, je sais que je ne suis pas très original.
Bisous, bisous.
De la curiosité ... Avant toute chose.... Sur des sujets divers... Sans oublier des coups de gueule, Et des provocations! De l'humour, toujours. Du premier degré, jamais!
jeudi 13 décembre 2018
vendredi 7 décembre 2018
La f(r)acture française, par Gilles et John
Je reçois le message suivant :
Cher François,
La révolte populaire, dite des gilets jaunes, était prévisible, justifiée, et pour ainsi dire, inéluctable. Je vous explique :
En 2008, à la suite de tripatouillages financiers de nos amis américains, appelés "subprimes", il y a eu une grave crise financière qui grâce au procédé maintenant connu de la "titrisation", a gangrené nos banques européennes. On peut y ajouter la crise grecque, qui grâce à Goldman Sachs, a pu tripoter ses comptes.
Dans cette crise, on peut estimer à 600 milliards d'euros la perte que nos banques, attirées par l'argent facile à gagner, ont accumulée. Que croyez-vous qu'il arriva? M Sarkozy a sauvé la France, ou plutôt la finance française, en prenant à notre charge les 600 milliards d'euros. C'est-à-dire que notre dette a augmenté de 600 milliards d'euros. Tout cela est public et vérifiable.
En Grèce, il y a eu un plan de rigueur dont on n'a pas idée, mais on s'est consolé en se disant que c'était normal qu’ils paient leurs erreurs. Et c'est un Mélanchon grec qui s'est chargé du sale boulot, les autres s'étant défaussés.
Aux USA, les anciens de Golman Sachs, notamment le Directeur du Trésor de Bush N° 43, a laissé tomber Lehmann Brothers, en victime expiatoire, et avec l'idée que cela ferait un concurrent de moins. Et pour boucher le trou, ils ont imprimé des dollars, ce qui, comme monnaie universelle, ne leur a coûté que le prix du papier, et creusé un déficit que les chinois ont acheté.
En France donc, on nous a dit que le problème était réglé. On n'a pas même fait tomber une banque pour l'exemple (j'aurais bien vu la BNP, ou à défaut la Société Générale), non on a juste fait comme s'il ne s'était rien passé.
Donc, depuis 2008, nos gouvernants ont une patate chaude, parce que ces 600 milliards d'euros partis en fumée, il faudra bien un jour les rembourser. Soucieux de son hypothétique réélection, Sarkozy n'a pas bougé. Et Hollande, partisan de la chèvre ET du chou, a passé le temps à peu de choses : des augmentations d'impôts, qu'on croyait destinés à financer du social, des hausses de taxes sur l'essence pour compenser le piteux abandon des portiques demandés par les bonnets rouges bretons, et j'en passe, et des pires. De bouts de ficelle en petits sparadraps, le pauvre Hollande n'avait à proposer que sa bite et son couteau (pardon pour la grossièreté, mais c'est l'image la plus appropriée). La France partait à vau-l'eau.
Il faut bien reconnaître que deux candidats à la présidentielle avaient fait un bon diagnostic, mais proposé des solutions différentes :
François Fillon voulait faire payer, beaucoup payer, par sa hausse de la TVA, ce qui avait l'avantage, pour lui, de faire payer surtout les pauvres, parce qu'on ne paie pas de TVA sur l'argent qu'on épargne, et pour cela il faut gagner assez pour vivre et pour mettre de côté. Cette "violence sociale" a été ensuite occultée par les petits ennuis causés par le travail de Pénélope, si bien qu'on a oublié ce à quoi on a échappé. Mais M Wauquiez ferait bien de s'en souvenir.
Emmanuel Macron a proposé une nouvelle approche politique, qui ne se voulait ni de droite ni de gauche, mais efficace. Une trajectoire budgétaire rigoureuse, avec la libération de la croissance économique et le changement de l'image de la France dans le monde, dont la suppression de l'ISF et la modification (à la marge) du Code du Travail étaient les outils. Il a été élu sur cette promesse, contre les différents populistes qui, eux, proposaient de nier la dette en sortant de l'euro et de l'Europe.
Mais voilà : le général victorieux a vigoureusement éperonné son cheval, lequel s'est révélé être une haridelle épuisée, qui à la suite d'une erreur qu'un politicard n'aurait pas faite, s'est cabrée : on n'annonce pas une taxe sur l'essence quand les prix sont au plus haut.
Et faute d'avoir su, ou pu, éteindre les premières braises avec un simple seau d'eau, le voilà confronté à une crise généralisée où l'on exige tout et son contraire, le beurre, l'argent du beurre et la crémière, la suppression des taxes et des impôts, l'augmentation des dépenses, le référendum révocatoire, et bien d'autres choses encore ( 2 passages du facteur par jour, "comme avant", des bus partout, pas de glyphosate dans les légumes -sauf pour les agriculteurs, un médecin et trois infirmières, un bureau de poste et une banque à côté de chez soi, etc.)
Le gouvernement a raison dans son analyse : c'est le bilan de 20 ans d'inaction, plus exactement depuis l'élection de Chirac sur le thème de "fracture sociale", et le résultat de 10 ans d'esquive sur les 600 milliards de dette. Il a fait quelques boulettes, dont celle de faire confiance à la maison Poulaga pour rétablir l'ordre : elle n'aura réussi qu'à se faire détester, une fois de plus : la plupart des CRS sont pro-RN, et ça s'est vu.
Mais maintenant c'est à lui de se débrouiller. Le travail de sape de Mélanchon, de Wauquiez et de Le Pen a payé : à force de l'injurier pour des bricoles, (l'affaire Benalla par exemple, qui aurait dû se conclure par la dissolution de la PPP), ils ont réussi, sous le titre de "président des riches", à lui faire endosser un costard qui n'est pas le sien. Quand on voit, sur un beau bâtiment du Bd Haussmann, un tag vengeur "Crève Macron", ou sur une pancarte tenue par une dame respectable en gilet jaune : "Macron, baise ta vieille, pas les vieux", on se dit que mai 68 a été un joyeux pique-nique printanier en comparaison. Le peuple s'est révélé être en ce cas une populace.
Les barrages sur les ronds-points sont exaspérants, et on peut comprendre ceux qui pris par une urgence sont tentés de foncer dans le tas. Faute de formes de protestation adaptées, il fallait s'y attendre. Et puis sont arrivés les charognards : les identitaires et les black-blocs, décidés à en découdre, soutenus et encouragés par le RN et la FI, copains comme cochons pour vandaliser l'Arc de Triomphe et chanter la Marseillaise autour de la "dalle sacrée", bien avinés selon les témoignages.
Dans ces circonstances, tout peut se passer, tout peut arriver. Emmanuel Macron n'a pas eu assez de temps pour que sa politique porte ses fruits, et c'est triste.
Ce qui est certain, c'est que les pauvres sont vraiment pauvres, et vraisemblablement ils le resteront (cela ne me réjouit pas et ne me contente pas). Que ceux qui auront réussi à torpiller la seule politique intelligente qu'on ait eue depuis 30 ans, sont en bonne position pour en tirer les marrons et nous précipiter, soit dans un fascisme "mou" , soit dans une révolution à la vénézuélienne, dans les deux cas dans la catastrophe. Leurs mandants sont prêts à tout gober, c'est le moment qu'ils attendaient. Les tricoteuses sur leurs passages cloutés auront un moment de bonheur à l'idée du rétablissement de l'ISF, et les irresponsables n'auront qu'à constater que le fric quitte la France, et que la situation commence à ressembler à celle de la Grèce.
J'ai été bien long, cher François, mais la situation est complexe, la raison a déserté l'espace public, les faits ne sont plus que des opinions, un post sur Facebook annule tout rationalité. Gardez espoir, mais partagez cette lettre sur votre blog, je vous en remercie.
Cordialement (sic)
Gilles et John
dimanche 4 novembre 2018
Souvenirs de mon Grand-Père : le 11 novembre 1918
Les commémorations ont commencé, et je me souviens....
ED
Des mois passèrent encore, quatre ou cinq,
de ces mois qui précèdent une victoire et pendant lesquels on doute ou espère
tour à tour.
J’avais
quitté Maison-Blanche et j’étais chez moi, partageant comme je pouvais mon
temps entre le fauteuil de mon père et celui de mon frère, chez qui j’avais
presque élu domicile car ma belle-sœur considérait que ma mère ne saurait me
donner une nourriture convenable. Je sortais assez souvent et je ne manquais
guère d’occasions ni d’invitations.
Pour
ne pas allonger vainement ces lignes, j’en viendrai tout de suite au jour de
l’armistice, mais le récit que j’en ferai sera très bref et uniquement pour la
raison que j’en donne ici.
*
* *
Ce
matin-là, j’ai quitté d’un bond le fauteuil dans lequel je m’étais installé.
Depuis le matin courait le bruit que l’armistice serait signé dans la journée.
Or je venais d’entendre les cloches et c’était cela qui me mit d’un saut sur le
seuil du 5 de la rue F. de Neufchâteau, au contact de la rue. Il était onze
heures, exactement. Toutes les cloches de la capitale battaient et, en prêtant
l’oreille, on pouvait surprendre les notes puissantes et graves de la
Savoyarde. Mon cœur battait comme devait battre, en ces instants-là, tout le
cœur immense et innombrable de la France.
Des
camions montés par des Américains quittaient le gymnase Japy en donnant
éperdument du klaxon. Des cris et des chants me parvenaient de toutes parts.
Des gens dévalaient les escaliers précipitamment, se réunissaient devant les
portes et s’en allaient grossir des cortèges qui parcouraient déjà le boulevard
Voltaire, en marche vers le centre de la capitale. Le canon, sans doute celui
du Mont Valérien, tonnait.
La
Madelon répondait à la Marseillaise et la Marseillaise répondait à la Madelon.
La Victoire libérait les âmes de l’angoisse et les corps des servitudes
quotidiennes. La Victoire devait planer très haut dans le ciel, soulevée par
d’immenses ailes d’or.
Et
c’était fini, enfin fini, la guerre. On ne pouvait pas encore tout à fait
croire la réalité bouleversante. On avait envie de pleurer et de rire à la
fois, mais on ne savait pas très bien si l’on souffrait de trop de bonheur ou
si l’on frémissait de joie en souffrant. Je ne sais plus de quoi se composait
un tel moment, qui ne pouvait se traduire que par un besoin de sortir dehors,
de marcher avec n’importe qui, d’aller n’importe où, pourvu qu’il y ait
beaucoup de monde et beaucoup de bruit.
Je
me suis avancé jusqu’au boulevard Voltaire, où quelqu’un prit le temps de dire
qu’une boulangère de la rue de Belfort ne cessait de sangloter à cause d’un
mari qu’elle avait perdu depuis peu à la guerre.
Ma
vue avait baissé sérieusement depuis quelques semaines et je m’aperçus plus
particulièrement, en ce jour inoubliable, qu’elle ne me permettrait plus
désormais de me diriger seul dans la rue.
Je
rentrai donc non sans peine dans la loge d’où je venais de sortir et cela non
sans me heurter à des personnes qui couraient sans prendre garde à ma démarche
hésitante.
La
Victoire était là tout de même et elle m’exaltait comme une récompense suprême
et tellement attendue.
J’avais
regagné mon fauteuil et j’écoutais tinter des cloches encore. L’une d’elles, me
semblait-il, sonnait comme un glas.
samedi 27 octobre 2018
Qui paie ta retraite?
Grâce au débat sur les retraites et sa prochaine réforme, on en apprend un peu plus sur les caisses de retraite. C'est digne du regretté Ubu, mais il faut savoir que chaque caisse emploie des milliers de gens, et surtout fournit des sinécures bien payées pour leurs dirigeants, qu'ils soient patronaux, syndicalistes ou fonctionnaires.
A Pour les salariés, on trouve
4 L'ARRCO
A Pour les salariés, on trouve
- La MSA pour les salariés de l'agriculture
- La CNAV pour les salariés de l'industrie, du commerce et des services, les enseignants du privé, les contractuels de l'Etat et des collectivités locales
- Le FSPOEIE : fonds spécial des pensions des ouvriers des établissements industriels de l'Etat.
A cela s'ajoutent les régimes complémentaires :
4 L'ARRCO
5 l'AGIRC
6 l'IRCANTEC pour les contractuels
7 la CRPN pour les personnes navigants
8 la RETREP pour les profs du privés
Et, à part, les régimes spéciaux, qui depuis Sarkozy sont "alignés" (enfin, presque) :
10 La Banque de France
11 la CNIEG, pour les gaziers et électriciens
12 La CRPCF pour la Comédie Française
13 La CRPCEN pour les employés des notaires et autres clercs obscurs
14 L'ENIM pour les marins
15 La CROPERA pour l'Opéra de Paris
16 Le Port Autonome de Strasbourg
17 La RATP
18 La SNCF
B Pour les fonctionnaires :
19 Le Service de Retraites de l'Etat, pour les fonctionnaires de l'Etat, les magistrats et les militaires (On dit qu'ils sont inscrits dans "Le Grand Livre")
20 La CNRACL pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers
21 La Caisse de retraite des agents de l'Assemblée nationale
22 La Caisse de retraite des agents du Sénat
auxquels on ajoute
23 la RAFP, la retraite additionnelle de la fonction publique
C Pour les non-salariés :
24 La MSA pour les agriculteurs
25 La SSI, la sécurité sociale cdes indépendants
26 La CNAVPL, la Cnav des professions libérales, avec en complémentaires :
27 La CPRN pour les notaires
28 La CAVOM pour les huissiers, les greffiers des tribunaux de commerce, et les commissaires priseurs
29 La CARMF pour les médecins
30 La CARCDSF pour les dentistes et les sages-femmes
31 La CAVP pour les pharmaciens
32 La CARPIMKO pour les auxiliaires médicaux
33 La CARPV pour les vétérinaires
34 La CAVAMAC pour les assureurs
35 La CAVEC pour les experts comptables
36 La CIPAV pour les indépendants
37 La CNBF pour les avocats
38 les artistes et auteurs d'oeuvres originales sont à la 2 CNAV et à l'IRCEC
Les patrons pêcheurs sont aussi à 14 l'ENIM
39 La CAVIMAC pour les membres des cultes (plus 4 l'ARRCO)
40 La RAVGDT pour les gérants de débits de tabac
41 La caisse de retraite de l'assemblée Nationale
42 La caisse de retraite du Sénat
Vous me direz qu'un pays qui a 365 variétés de fromages peut bien avoir 42 organismes de retraites, chacun avec sa niche, et bien sûr son chien de garde.
Mais ce serait une erreur de croire qu'on en a fait le tour. Car il y a des caisses régionales liées à l'histoire : par exemple, les caisses d'Alsace-Moselle qui paient mieux - pour des gens qui, il est vrai, cotisent plus.
Et je ne sais rien en ce qui concerne l'outre-mer, où ce ne doit pas être triste non plus.
Bon courage!
mercredi 17 octobre 2018
Comment lire "A la Recherche du Temps Perdu" de Proust?
C'est une question qu'on me pose parfois, et une de mes connaissances me le demandait encore il y a peu, avec tant d'insistance que je me résous à vous livrer quelques réflexions.
Il y a déjà la question du pourquoi lire Proust. Il faut faire confiance à ceux qui s'y sont déjà lancés et qui en sortent enthousiasmés. Oui, mais encore? Parce que c'est la plus fabuleuse galerie de portraits qui ait jamais été écrite. Et encore parce qu'on y apprend à regarder les tableaux, dont il a une connaissance insondable. Surtout parce qu'on y apprend à vivre, non par l'exemple mais par la métaphore. Lisez plutôt, il le dit lui-même :
"On peut faire se succéder indéfiniment dans une description les objets qui figuraient dans le lieu décrit, la vérité ne commencera qu'au moment où l'écrivain prendra deux objets différents, posera leur rapport, analogue dans le monde de l'art à celui qu'est le rapport unique de la loi causale dans le monde de la science, et les enfermera dans les anneaux nécessaires d'un beau style, ou même, ainsi que la vie, quand, en rapprochant une qualité commune à deux sensations, il dégagera leur essence en les réunissant l'une et l'autre, pour les soustraire aux contingences du temps, dans une métaphore, et les enchaînera par le lien indescriptible d'une alliance de mots."
Ah, cette phrase "l'écrivain ... les enfermera dans les anneaux nécessaires d'un bon style... par le lien indescriptible d'une alliance de mots"! Car c'est un miracle de découvrir d'aussi belles perles au détour d'une phrase... Pour ma part, je suce comme un bonbon les adjectifs : "le double tintement timide, ovale et doré de la clochette..."
Je m'égare... Pour commencer, il est utile de disposer de quelques repères. D'abord Un amour de Swann peut se lire séparément, sachant que cet épisode d'une vie ratée, qui se suffit à lui-même, n'est que le prélude à l'ensemble, la première arche de ce qui deviendra une cathédrale. La vie du Narrateur aurait pu finir ainsi...
Je recommande aussi les excellentes BD éponymes de Stephane Heuet, chez Delcourt. Rien que des citations, avec un dessin délicat qui donne envie.
Ensuite, il est bon d'avoir auprès de soi un accès à Wikipedia, pour avoir une reproduction des tableaux dont le Narrateur nous parle. Vous perdez beaucoup, par exemple, en ne connaissant pas "la Charité" par Giotto, dont le Narrateur parle si bien.
Un ami très proche m'a offert un livre reproduisant, en face du texte, tous les tableaux- ou presque- évoqués. Un vrai livre de chevet.
Enfin, il n'est pas inutile de feuilleter le dernier tome dans la Pléiade : il y a là un dictionnaire des personnages. On repère bien sûr les principaux : le Narrateur, bien sûr, Maman, la Grand-Mère, Françoise (la bonne de Madame Octave), Madame Verdurin, Gilberte, mais on s'y perd un peu dans les titres de noblesse qui évoluent avec le temps : la princesse des Laumes devient la duchesse de Guermantes, et c'est un détail qui peut échapper. Et Madame Verdurin finira comme ...Non, je ne spoilerai pas!
Le peintre Elstir, le musicien Vinteuil, l'écrivain Bergotte, le docteur Cottard seront vite des connaissances. Vous verrez comment la haute noblesse tout autant que le petit peuple s'amuse, et vous en serez ébaubis. Vous frémirez à leurs turpitudes, en souriant de leurs réparties. Odette, Legrandin, Bloch, Charlus, Saint-Loup, Madame de Saint-Euverte, le giletier, s'intégreront dans votre univers comme ils sont dans celui du Narrateur.
Vous attendrez les passages célèbres, la madeleine trempée dans du thé, la mort de Bergotte devant un Vermeer (la "Vue de Delft", avec son petit pan de mur jaune, "si bien peint"), les pavés inégaux, les clochers de Martinville. Et tous les autres qui entreront dans votre panthéon personnel.
Vous vous méfiez des phrases longues? Méfiez vous plutôt de ceux qui ne savent pas lire, et ne sentent pas la respiration du texte. La phrase la plus longue concerne les fenêtres, à propos de celles du Grand Hôtel de Balbec, et elle se lit d'un trait. Mais il est vrai qu'il faut rentrer dedans, comme dirait Françoise.
Bon courage!
Il y a déjà la question du pourquoi lire Proust. Il faut faire confiance à ceux qui s'y sont déjà lancés et qui en sortent enthousiasmés. Oui, mais encore? Parce que c'est la plus fabuleuse galerie de portraits qui ait jamais été écrite. Et encore parce qu'on y apprend à regarder les tableaux, dont il a une connaissance insondable. Surtout parce qu'on y apprend à vivre, non par l'exemple mais par la métaphore. Lisez plutôt, il le dit lui-même :
"On peut faire se succéder indéfiniment dans une description les objets qui figuraient dans le lieu décrit, la vérité ne commencera qu'au moment où l'écrivain prendra deux objets différents, posera leur rapport, analogue dans le monde de l'art à celui qu'est le rapport unique de la loi causale dans le monde de la science, et les enfermera dans les anneaux nécessaires d'un beau style, ou même, ainsi que la vie, quand, en rapprochant une qualité commune à deux sensations, il dégagera leur essence en les réunissant l'une et l'autre, pour les soustraire aux contingences du temps, dans une métaphore, et les enchaînera par le lien indescriptible d'une alliance de mots."
Ah, cette phrase "l'écrivain ... les enfermera dans les anneaux nécessaires d'un bon style... par le lien indescriptible d'une alliance de mots"! Car c'est un miracle de découvrir d'aussi belles perles au détour d'une phrase... Pour ma part, je suce comme un bonbon les adjectifs : "le double tintement timide, ovale et doré de la clochette..."
Je m'égare... Pour commencer, il est utile de disposer de quelques repères. D'abord Un amour de Swann peut se lire séparément, sachant que cet épisode d'une vie ratée, qui se suffit à lui-même, n'est que le prélude à l'ensemble, la première arche de ce qui deviendra une cathédrale. La vie du Narrateur aurait pu finir ainsi...
Je recommande aussi les excellentes BD éponymes de Stephane Heuet, chez Delcourt. Rien que des citations, avec un dessin délicat qui donne envie.
Ensuite, il est bon d'avoir auprès de soi un accès à Wikipedia, pour avoir une reproduction des tableaux dont le Narrateur nous parle. Vous perdez beaucoup, par exemple, en ne connaissant pas "la Charité" par Giotto, dont le Narrateur parle si bien.
Un ami très proche m'a offert un livre reproduisant, en face du texte, tous les tableaux- ou presque- évoqués. Un vrai livre de chevet.
Enfin, il n'est pas inutile de feuilleter le dernier tome dans la Pléiade : il y a là un dictionnaire des personnages. On repère bien sûr les principaux : le Narrateur, bien sûr, Maman, la Grand-Mère, Françoise (la bonne de Madame Octave), Madame Verdurin, Gilberte, mais on s'y perd un peu dans les titres de noblesse qui évoluent avec le temps : la princesse des Laumes devient la duchesse de Guermantes, et c'est un détail qui peut échapper. Et Madame Verdurin finira comme ...Non, je ne spoilerai pas!
Le peintre Elstir, le musicien Vinteuil, l'écrivain Bergotte, le docteur Cottard seront vite des connaissances. Vous verrez comment la haute noblesse tout autant que le petit peuple s'amuse, et vous en serez ébaubis. Vous frémirez à leurs turpitudes, en souriant de leurs réparties. Odette, Legrandin, Bloch, Charlus, Saint-Loup, Madame de Saint-Euverte, le giletier, s'intégreront dans votre univers comme ils sont dans celui du Narrateur.
Vous attendrez les passages célèbres, la madeleine trempée dans du thé, la mort de Bergotte devant un Vermeer (la "Vue de Delft", avec son petit pan de mur jaune, "si bien peint"), les pavés inégaux, les clochers de Martinville. Et tous les autres qui entreront dans votre panthéon personnel.
Vous vous méfiez des phrases longues? Méfiez vous plutôt de ceux qui ne savent pas lire, et ne sentent pas la respiration du texte. La phrase la plus longue concerne les fenêtres, à propos de celles du Grand Hôtel de Balbec, et elle se lit d'un trait. Mais il est vrai qu'il faut rentrer dedans, comme dirait Françoise.
Bon courage!
mardi 18 septembre 2018
3615 RMTV 1
Un nouveau modèle de central téléphonique a été déployé en 1982 par
Thomson : Amiens, Amman, Annecy… Je suppose qu’ils avaient passé les commandes
par ordre alphabétique. Mais il ne s’agissait pas qu’on inaugure celui de
Jordanie avant un central bien français. Donc ce sera Amiens, au grand soulagement
de mon collègue et ami le DR de Lyon.
Les préparatifs furent hallucinants, car le ministre avait décidé pour
l’occasion d’inviter TOUS les ministres des PTT du monde ! Environ 150,
dont beaucoup d’africain(e)s. (J’ai pu constater que certains de ces ministresses
étaient en fait les maitresses de leur Président, mais chut). Ces ministres
sont venus accompagnés de leur ambassadeur, si bien qu’il y avait plus de 300/400
personnes.
Un TGV spécial avait été réservé pour le voyage, et il avait fallu tordre
le bras de la SNCF pour obtenir une rame un 1 juillet, immobilisée pour la
journée ! Et ils voulaient faire arriver le TGV, non pas à la gare
centrale à cause du grand escalier à monter, mais dans une gare annexe dans la
direction de Boulogne où les cars pourraient les attendre : jusqu’à ce que
je leur dise que cette partie n’était pas électrifiée, et que ça ferait mauvais
genre si on voyait le TGV tracté par une locomotive diesel de manœuvre.
Je me souviens d’un type du cabinet du ministre qui m’a appelé pour savoir
si on voyait la Tour Eiffel depuis le toit du bâtiment du central (2 étages).
J’ai répondu que la terre étant ronde, la distance théorique de visibilité
d’une tour de 300 m est la racine carrée de 2*R*h = 61.9 km, et Amiens, à 120 km de Paris, est
donc sous la ligne d’horizon (c’était pour renseigner TDF !)
Autre gag : ma secrétaire me dit la veille : le cabinet de
Mexandeau a encore changé le menu ! - Bon, qu’ils se débrouillent avec le
traiteur ! – Et on a reçu les nouveaux menus imprimés (faits donc en
urgence). Là, je vois « pintade aux raisins marinés au marc de
Champagne» ! Je pousse un hurlement : le tiers des invités vient de
pays d’Islam, on va avoir une crise diplomatique... La dame du cabinet à
l’origine de cette initiative, appelée, me dit qu’elle ne voit pas le problème.
Je prends sur moi de réimprimer les menus : la pintade ne sera plus qu’aux
raisins tout court. On n’en a plus entendu parler, et personne ne s’est plaint.
Du coup, j’ai fait vérifier aussi qu’il y aurait assez d’eau et de jus de
fruit.
J’ai appris comment un préfet gère ce genre de situation. Le mien a voulu
tout voir, tout inspecter, tout faire répéter. Il avait peur de la manif prévue
par la CGT qui voulait faire l’accueil (j’avais échoué à les convaincre que ce
n’était pas une bonne idée, ni pour le moment, ni pour le lieu – mais il faut
se souvenir du contexte, moins d’un an après l’élection de Mitterrand, ils attendaient la lune qu'on leur avait promise). Des
cars de CRS étaient cachés pas loin. Quand on est arrivé, il y avait une
dizaine de mecs pouilleux, avec deux pancartes ridicules. J’avais honte pour
eux, mais j’ai eu un petit sourire en reconnaissant dans le groupe le petit gars
des RG qui avait été envoyé là comme espion.
A l’arrivée en gare, nous étions tous là sur le quai, préfet en uniforme,
et toute la cour de la Région. On se réjouissait de voir un TGV, tout juste
inauguré entre Paris et Lyon. Il arrive, le préfet accueille le ministre, me
présente à lui, et je conduis cette excellence pour monter l’escalier.
Mexandeau, très socialiste, ne manque pas de serrer la paluche d’un contrôleur
rencontré en route. Quelle ne fut pas ma joie de dire au ministre :
« M le ministre, je vous présente M X… ! ». Il a eu l’air
surpris que je le connaisse par son nom ! Je ne lui ai pas dit que c’était
le père d’une fille qui venait baby-sitter à la maison.
Dans une grande salle toute vide (construite pour un central
électromécanique de surface 30 fois plus grande…), mais bien décorée dans la
nuit par la comm de la DGT, avec plein de démos de télématique et de minitels, ces
messieurs-dames s’installent, et là je vois la « bataille du 2ème
rang ». Car le premier rang était placé : le ministre, le préfet, le
PDG de Thomson, le Directeur général des Télécom, le président du Conseil
Régional, etc. Mais derrière, les gens se mettaient comme ils voulaient, sauf
que les Conseillers Généraux du département de la Somme, invités par je ne sais
qui dans une manifestation de relations publiques où ils n’avaient rien à
faire, jouaient méchamment des coudes pour être juste derrière le ministre, au
point de marcher sur les pieds et virer de dignes ambassadeurs et ministres en
turban, boubous et autres…
Je fais un petit discours d’accueil en vantant les mérites de la Picardie,
et montre un schéma pour montrer comment ce centre de transit s’insère dans le
réseau général : trafic départ, trafic arrivée national et international,
trafic de débordement, etc.
Mexandeau prend alors la parole, vante le mérite des nationalisations, de
la Picardie, et répète tout ce que je viens de dire ! Je comprends
pourquoi son cabinet avait voulu que je communique d’avance mon discours :
c’était pour le pomper… Cependant, assis auprès de lui, j’avais vu dans sa main
la première page de son discours imprimé très gros. Je lui chuchote qu’il y a
une erreur : il faut lire « compatibilité » et non
« comptabilité ». C’était évident d’après le sens, encore faut-il en
avoir un peu. Et bien sûr, le ministre parle de la « comptabilité »
du central MT20 !!!!
A la fin des discours, on part en une grande file pour visiter le central
qui faisait vraiment très petit ! Merveilles de l’électronique !
Quelques armoires, avec le bruit de la ventilation : il a fallu 3 minutes…
Certains avaient fait un voyage bien long pour ça.
Et on repart en car pour le déjeuner, précédé de motards pimponnant. Et on
roule, on roule, on met ¾ d’heure pour faire les 5 km à vol d’oiseau que
j’avais repérés. Là, c’était une initiative du préfet : les Ponts et
Chaussées lui avaient dit qu’il y avait un petit pont dont ils ne
garantissaient pas la solidité pour le passage d’une dizaine de cars. Du coup,
on a fait un détour invraisemblable, on est arrivé en retard au « château »,
le déjeuner n’en finissait pas, et je craignais qu’ils ratent leur train.
Mais ils ne l’ont pas raté. Le préfet n’a pas été viré (du moins pas pour
ça).
Le lendemain je partais enfin en vacances.
mardi 19 juin 2018
Mon Corrigé du bac philo 2018
Evidemment, je ne saurais engager les correct.eurs.rices (ceci pour vous montrer que l'écriture inclusive est vraiment stupide), auxquels je présente mes meilleurs vœux.
L 1 La culture nous rend-elle plus humain ?
Ca dépend, puisque la culture est le propre de l'homme, mais que certaines formes dites artistiques , le rap, "le hard métal" ou d'autres, se rapprochent plus d'une curée de chiens de meute que d'un thé à l'Académie française.
Mallarmé : "la chair est triste, et j'ai lu tous les livres", vous voyez bien que cela ne l'a mené à rien.
Savoir tout sur tout est impossible, sauf aux énarques, savoir tout sur rien ne m'avance pas.
Comme si la Vie s'apprenait dans les livres!
2 Peut-on renoncer à la vérité ?
Réponse : Jamais!
La vérité, il faut la traquer, la chercher, mais ne jamais renoncer.
C'est difficile parfois, parce que le secret Défense y met obstacle, que la propagande immonde inonde nos réseaux sociaux au point de changer le résultat des élections.
C'est difficile quand un dirigeant, censé être intelligent, nous bombarde de tweets idiots (par exemple que le réchauffement climatique est un hoax des chinois), que les médias nous serinent que les migrants sont la cause et la conséquence de l'insécurité, ou autres fake news, devenues la plaie de notre siècle.
C'est difficile, parce qu'il faut toujours recouper les informations et ne prendre pour vrai que ce que l'on a constaté soi-même.
S 1 Le désir est-il la marque de notre imperfection ?
Un peu oui, car le désir exprime un manque, qu'on veut combler.
Un peu non, car sans désirs nous n'existerions pas.
C'est une quête sans fin. Nous ne serons donc jamais parfaits, et c'est tant mieux, car qui veut faire l'ange fait la bête. Ce sont nos imperfections qui nous font, c'est très bien ainsi.
Débrouillez-vous avec ça.
2 Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?
Réponse théorique : non. Il suffit d'avoir fait son droit et d'avoir de solides bases morales.
Réponse pratique : oui! Parce qu'on réagit à l'injustice, qui est l'ordinaire de nos tribunaux, d'une façon violente qui nous fait bien prendre conscience de notre droit à une vraie justice. Certains se sont même révoltés pour elle, contre tous les pouvoirs : affaire Dreyfus, mai 68.
ES 1 Toute vérité est-elle définitive ?
Réponse : jamais! Elle n'est établie que lorsqu'on en connait les tenants et aboutissants. Et encore! Il y a forcément l'apparition de faits nouveaux, qui force à un ré-examen.
Le doute perpétuel est la seule solution, face à ceux qui veulent nous inculquer leur vérité, définitive bien sûr. M Poutine est un homme épris de paix, très bon sportif ; M Trump est un excellent diplomate qui conjure la guerre en Corée : ben voyons!
2 Peut-on être insensible à l’art ?
Réponse, oui, tout à fait! Pour la démonstration, il suffit de proposer un contre-exemple. M Sarkozy, qui fut président, était totalement, viscéralement, insensible à l'art. Seuls les 4 F l’intéressaient : les Femmes, le Fric, la Frime et le Foot.
Je ne sais si c'est la question, mais c'est ma réponse.
Car on pourrait pinailler, trouver moche ce que d'autres trouvent joli, être sensible à la beauté d'une Vierge à l'enfant, déhanchée, de la période dite gothique, et n'avoir rien à faire de masques africains du musée Chirac. Ou l'inverse.
Nous aimons la Joconde, parce qu'elle est de Léonard, mais les américains parce qu'elle vaut des millions de dollars, et les chinois parce qu'il faut faire un long voyage dangereux (dans un "no-go-land") pour la voir. Chacun son truc.
Vivement les sujets de maths!
L 1 La culture nous rend-elle plus humain ?
Ca dépend, puisque la culture est le propre de l'homme, mais que certaines formes dites artistiques , le rap, "le hard métal" ou d'autres, se rapprochent plus d'une curée de chiens de meute que d'un thé à l'Académie française.
Mallarmé : "la chair est triste, et j'ai lu tous les livres", vous voyez bien que cela ne l'a mené à rien.
Savoir tout sur tout est impossible, sauf aux énarques, savoir tout sur rien ne m'avance pas.
Comme si la Vie s'apprenait dans les livres!
2 Peut-on renoncer à la vérité ?
Réponse : Jamais!
La vérité, il faut la traquer, la chercher, mais ne jamais renoncer.
C'est difficile parfois, parce que le secret Défense y met obstacle, que la propagande immonde inonde nos réseaux sociaux au point de changer le résultat des élections.
C'est difficile quand un dirigeant, censé être intelligent, nous bombarde de tweets idiots (par exemple que le réchauffement climatique est un hoax des chinois), que les médias nous serinent que les migrants sont la cause et la conséquence de l'insécurité, ou autres fake news, devenues la plaie de notre siècle.
C'est difficile, parce qu'il faut toujours recouper les informations et ne prendre pour vrai que ce que l'on a constaté soi-même.
S 1 Le désir est-il la marque de notre imperfection ?
Un peu oui, car le désir exprime un manque, qu'on veut combler.
Un peu non, car sans désirs nous n'existerions pas.
C'est une quête sans fin. Nous ne serons donc jamais parfaits, et c'est tant mieux, car qui veut faire l'ange fait la bête. Ce sont nos imperfections qui nous font, c'est très bien ainsi.
Débrouillez-vous avec ça.
2 Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?
Réponse théorique : non. Il suffit d'avoir fait son droit et d'avoir de solides bases morales.
Réponse pratique : oui! Parce qu'on réagit à l'injustice, qui est l'ordinaire de nos tribunaux, d'une façon violente qui nous fait bien prendre conscience de notre droit à une vraie justice. Certains se sont même révoltés pour elle, contre tous les pouvoirs : affaire Dreyfus, mai 68.
ES 1 Toute vérité est-elle définitive ?
Réponse : jamais! Elle n'est établie que lorsqu'on en connait les tenants et aboutissants. Et encore! Il y a forcément l'apparition de faits nouveaux, qui force à un ré-examen.
Le doute perpétuel est la seule solution, face à ceux qui veulent nous inculquer leur vérité, définitive bien sûr. M Poutine est un homme épris de paix, très bon sportif ; M Trump est un excellent diplomate qui conjure la guerre en Corée : ben voyons!
2 Peut-on être insensible à l’art ?
Réponse, oui, tout à fait! Pour la démonstration, il suffit de proposer un contre-exemple. M Sarkozy, qui fut président, était totalement, viscéralement, insensible à l'art. Seuls les 4 F l’intéressaient : les Femmes, le Fric, la Frime et le Foot.
Je ne sais si c'est la question, mais c'est ma réponse.
Car on pourrait pinailler, trouver moche ce que d'autres trouvent joli, être sensible à la beauté d'une Vierge à l'enfant, déhanchée, de la période dite gothique, et n'avoir rien à faire de masques africains du musée Chirac. Ou l'inverse.
Nous aimons la Joconde, parce qu'elle est de Léonard, mais les américains parce qu'elle vaut des millions de dollars, et les chinois parce qu'il faut faire un long voyage dangereux (dans un "no-go-land") pour la voir. Chacun son truc.
Vivement les sujets de maths!
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